Le Péril (traduction de l'allemand ) correspond au texte de la troisième des quatre conférences de Martin Heidegger prononcées au Club de Brême, sous le titre général (Regard dans ce qui est), le premier <ref group="N">Les titres en étaient : , , et '''</ref>, éditée pour la première fois en allemand en 1994 et ici traduite par Hadrien France-Lanord et publiée dans la revue L'Infini en 2006. Seule une version ultérieure, et intégralement remaniée, intitulée , correspondant à une conférence tenue le à Munich, était jusqu’ici accessible, traduite par André Préau, sous le titre « La question de la technique », dans Essais et conférences, Paris, Gallimard, Prise de contact Le texte de la conférence est précédé d'une courte présentation que l'on doit au traducteur. Par ailleurs, la conférence proprement dite est suivie d'une série de notes dans lesquelles traducteur tente de justifier, autant que faire se peut, ses choix et les partis pris de la traduction Cette troisième partie est à lire en toute priorité si l'on veut comprendre ce dont il est question dans ce texte difficile.
Le premier mot de la conférence est « Gestell » ou « Dispositif » . Ce mot L'origine du terme de « technique » est à situer dans le mot grec techné() : . Heidegger rappelle qu'à l'origine ce terme, ne désigne pas un moyen matériel (à usage de..) mais un savoir, un tour de main, dans le sens où l'artisan sait comment s'y prendre pour : c'est un mode, parmi beaucoup d'autres, de l'alètheuein, du déceler, ou capacité de dévoilement de l'« homo faber ». Toutefois, le point décisif dans la techné ne réside aucunement, selon Heidegger, dans l'action de faire et de manier et pas davantage dans l'utilisation de moyens de production, mais dans le dévoilement. Sauf que ce dévoilement n'est pas une production mais une provocation, remarque Hadrien France-LanordÀ partir de son sens allemand, les français traduisent le Gestell qui vise le déploiement de l'aître de la technique par Dispositif comportant un sens d'assemblage, mais, aussi, avec André Préau l'idée d'« arraisonnement ». François Fédier écrit -.De son côté Heidegger dira plus tard dans La question de la technique, Dominique Saatdjan décrit ainsi, dans le Dictionnaire, le mouvement de pensée qui fait remonter jusqu'au -. L'appellation (arraisonnement) ne désigne pas seulement la provocation il doit aussi conserver le sens de tous les modes de rassemblement et celui plus général où il est question de . La nature « traquée » et mise en demeure est, comme le remarque Heidegger dans La question de la technique, un mode de dévoilement complètement différent de celui qui conduit à .
écrit Hadrien France-Lanord . proclame d'entrée de jeu Heidegger ()Ce que recouvre le concept de proximité est exposé dans la conférence le Dispositif du cycle des conférences de Brême. Cette perte de « proximité » constitue le « péril ». écrit Hadrien France-Lanord-. C'est à l'examen de cette perte de proximité dans les choses, la langue, le monde et les êtres humains au niveau qui est le sien (en référence à la question de l'Être), que va procéder Heidegger dans cette conférence.
Les formes du péril La chose En ne laissant se déployer ce qui vient en présence que comme pièce du « fonds disponible », , il n'y a plus de place ni pour la « chose » ni même pour l'objet. Selon l'expression de Heidegger, le dispositif vient à « aître », -..
Avec la destruction de la proximité, l'être du dispositif peut se déployer (). Or écrit Guillaume Badoual-.
La langue . ()
Le monde tente de traduire en français, la concision de l'expression allemande (). écrit Hadrien France-Lanord. Le monde définit le Dictionnaire est ce à partir de quoi seulement l'étant peut prendre sens, ce qui dans le style de la conférence est repris dans les deux phrases suivantes : (). (). Ce refus advient avec l'abandonnement de la chose et l'installation de tout ce qui vient en présence comme pièce d'un « fonds disponible. . Heidegger parlera ailleurs d'« assombrissement » du monde et plus radicalement de « dévastation », de l'étant.
L'homme . énonce Heidegger dans la conférence sur le DispositifSylvaine Gourdain écrit : -.
La dissimulation du péril (). .
Heidegger expose:
commente Hadrien France-Lanord .
Dès lors, de ce fait comme tout est de plus en plus régi par des phénomènes techniques, nous nous méprenons partout sur la technique (). C'est pourquoi et à bon droit on peut défendre la neutralité de la techniqueHeidegger dit traduction de Hadrien France-Lanord ..
Cette manière de décrire la technique comme neutre consiste à la présenter comme un simple instrument au moyen duquel quelque chose d'autre est effectué et exécuté sur commande.().
()Heidegger définit l'essence de la technique au regard d'un certain destin de l'être et du décèlement de l'étant. Elle n'est donc plus un assemblage de moyens destinés à la production<re -.Heidegger s'appuie sur la conception grecque de la techné comme poésis, , c'est-à-dire tout d'abord un savoir et un savoir anticipateur de l'artisan. Le point décisif est que la techné, , qui écrit Jacques Taminiaux- .
Les jugements en bien ou en mal quant à la technique n'ont que peu d'importance car ().
()
Si nous voulons maîtriser la technique nous ne pouvons le faire aussi longtemps que nous ne nous posons pas la question sur l'aître de la technique et de son rapport essentiel à l'aître humain. ().
().
Là où la technique n'est plus considérée comme simple moyen, la dissimulation du dispositif par lui-même cache que c'est la technique elle-même qui traîne l'home derrière elle comme son instrument quand bien même s'efforcerait-t-il à partir de l'efficience de la technique à la retourner en quelque chose d'utile et de salutaire ().L'aître de la technique reste énigmatiquement en retrait (). Ceci n'est pas nouveau : ().
D'ailleurs, (). ()-Christian Dubois, s'interroge sur la signification de cette thèse comme quoi l'essence de la technique résiderait dans le Gestell..
À suivre Hadrien France-Lanord, on peut ainsi résumer la signification du en ce qu'il n'est pas la propriété commune des choses techniques c'est-à-dire son essence au sens métaphysique traditionnel, mais le déploiement, de la « Dispensation »"Ainsi le en tant qu'il recueille l'adresse destinale du dévoilement est bien de la technique, mais en aucun cas au sens du genre et de l'essence." ..
(). ().
Une page de Beda Allemann semble s'appliquer à ce difficile passage. .
Le danger en l'Être On doit à Gérard Guest le recours à l'expression de , en lieu et place du terme de péril Notre époque est l'époque du Ges-tell ou Dis-positif dans laquelle l'Être même se déploie comme « aître de la technique ». Heidegger consacre la dernière partie de sa conférence à une exégèse complexe de la signification présente du Gestell ou « Dispositif » en rattachant son origine à la thésis, grecque qui faisait système avec la notion de phusis, ()-
Heidegger cherche à comprendre selon quelle manière l'allégie de l'Être des anciens grecs s'est adressée à leur « être-le-là ». (). La signification profonde de ces termes est à rechercher à ce niveau là pour comprendre notre propre rapport à l'Être dans sa configuration technique. Ainsi penser à la manière grecque signifie : placer debout, poser.().
Les verbes grecs et énoncent deux manière d'être, deux manière d'entrée en présence différentes (). La cache en retrait dès l'origine un caractère de () .
().
()
Notes et références Notes
Références
Annexes
Bibliographie . . . . . . . . . . .
Articles connexes Conférences de BrêmeLa Chose (conférence de Martin Heidegger)Die Kehre (conférence de Martin Heidegger)Le Dispositif (conférence de Martin Heidegger)''
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