Aleilton Santana da Fonseca (Firmino Alves, Bahia, 1959) est un poète, romancier, nouvelliste, critique littéraire, essayiste, anthologiste et professeur d’université brésilien.

Aleilton Fonseca mène de front deux carrières, d’une part une carrière universitaire, comme enseignant-chercheur dans les facultés de lettres du Nordeste brésilien principalement, où il joue un rôle très actif comme animateur de recherches sur la littérature brésilienne (Mario de Andrade, Guimarães Rosa, Da Cunha…) et plus particulièrement baianaise (Castro Alves, Jorge Amado…), multipliant les articles de revue, les essais et les anthologies, et d’autre part une carrière littéraire en tant qu’auteur de fiction qui, s’il a débuté comme auteur lyrique, s’est acquis une renommée (nationale et aussi internationale) surtout comme romancier, même si d’aucuns aiment à souligner avant tout son habileté dans l’art du récit :

Plusieurs séjours dans des universités françaises en tant que professeur invité, ainsi que la traduction de quelques-unes de ses œuvres, en particulier de La guerre de Canudos. Une tragédie au cœur du Sertão, où l’auteur revisite le sanglant conflit de Canudos, l’ont fait connaître en France.

Biographie

Né à Itamirim, localité nommée aujourd’hui Firmino Alves, Aleilton Santana da Fonseca passa son enfance et adolescence à Ilhéus, dans l’État de Bahia. Encore élève du secondaire, il lisait déjà assidûment poèmes, romans et chroniques, et publia ses premiers textes dans des journaux.

En 1977, il s’inscrivit à l’École moyenne régionale d’agriculture (Escola Média de Agropecuária Regional, acronyme EMARC) de la Commison exécutive du plan de culture cacaoyère (Comissão Executiva do Plano da Lavoura Cacaueira, CEPLAC), à Uruçuca, où il se forma comme technicien arpenteur de terrains agricoles, sans cependant chercher à acquérir son diplôme. Cette même année, il commença à publier ses premiers récits et poèmes dans le Jornal da Bahia, de Salvador. Ayant remporté à trois reprises le Concours permanent de la nouvelle, il put également publier dans le supplément littéraire Suplemento A Tarde/Novela du journal A Tarde, puis tenir une chronique intitulée Entre Aspas dans le Jornal da Manhã de Bahia (aujourd’hui intégré dans le groupe Rede Bahia). À 18 ans, il accorda son premier entretien au Jornal da Bahia, où il fut présenté par l’auteur Adinoel Motta Maia comme un nouvel écrivain surgi dans le sud bahianais, et remporta la même année le prix de la nouvelle décerné par la maison d’édition Grafipar du Paraná. En 1979, s’étant inscrit à la faculté de lettres de l’université fédérale de Bahia (UFBA), il se fixa à Salvador, et composa son premier recueil de poèmes, qui obtint en 1980 la mention honorable au concours Prêmios Literários de l’UFBA. Il fut choisi pour inaugurer la série de poésie Coleção dos Novos (littér. Collection des nouveaux) éditée par la Fondation culturelle de l’État de Bahia, laquelle série publiera dans les premières années de la décennie 1980 quatorze nouveaux auteurs baianais et aida par là à fixer les contours de la génération littéraire dite Geração 80 dans la Bahia.

Alors qu’il enseignait le portugais dans l’enseignement primaire, Aleilton Fonseca fonda un bureau littéraire, dont la plupart des productions étaient publiées sur affiches murales, dans de petits recueils ou dans les suppléments pour la jeunesse des journaux, tels que le JOBA du défunt Jornal da Bahia. Après qu’il eut achevé son cursus de lettres, il se mit à enseigner la littérature et la langue portugaises. Il publia en 1981 son premier livre, intitulé Movimento de Sondagem, chez la Fondation culturelle de Bahia, ce qui lui valut d’attirer l’attention notamment de Carlos Drummond de Andrade, qui lui écrivit une lettre d’encouragement, et également de Rubem Braga, qui reproduisit deux de ses poèmes dans la rubrique A Poesia é Necessária de la Revista Nacional, publication hebdomadaire qui circulait comme encart dans les principaux journaux des capitales des États fédérés du Brésil.

En 1984, devenu enseignant en lettres à l’université de l’État du sud-ouest de Bahia (UESB), il alla s’établir dans la ville de Vitória da Conquista, et fit paraître le livre de poésies O espelho da consciência (littér. le Miroir de la conscience). En 1988, il se spécialisa en littérature brésilienne, et, nommé à la faculté de lettres de l’université fédérale de Paraíba, il se fixa avec sa famille à João Pessoa. En 1990, il reprit ses activités à l’UESB, s’investissant dans le cursus littéraire de cette université, travaillant à diffuser des œuvres d’écrivains, et s’employant à former des enseignants en poésie à travers des cours préparatoires pour professeurs.

En 1992, il soutint une thèse de maîtrise portant sur la musique et la littérature romantique, qui paraîtra en 1996 sous forme d’ouvrage, chez l’éditeur 7 Letras, à Rio de Janeiro, sous le titre Enredo romântico, música ao fundo: manifestações lúdico-musicais no romance urbano do romantismo (littér. Intrigue romantique, musique en arrière-fond : manifestations ludico-musicales dans le roman urbain du romantisme). Il se mit ensuite à publier des essais et des comptes-rendus de lecture dans des suppléments littéraires de journaux et dans des revues universitaires. En 1993, il commença un doctorat en littérature brésilienne à l’université de São Paulo (USP), et vint alors vivre avec sa famille dans la capitale paulista. En 1994, il fit paraître, dans une édition artisanale, le métapoème intitulé Teoria particular (mas nem tanto) do poema, littér. Théorie particulière (mais pas tellement) du poème. Sa soutenance de thèse eut lieu à l’USP en 1997, avec un travail intitulé A poesia da cidade: imagens urbanas em Mário de Andrade (littér. la Poésie de la ville : images urbaines chez Mário de Andrade).

Cependant, il s’en retourna à Salvador en 1996 et y fixa son domicile. Avec son livre Jaú dos Bois, il concourut pour les Prix culturels de littérature de la Fondation culturelle de l’État de Bahia, et se classa troisième ; ledit livre fut ensuite publié par la maison d’édition Relume Dumará de Rio de Janeiro, en 1997. Renouant dans le même temps avec son activité d’essayiste, aux côtés des autres écrivains de la Génération 80, il compila, en collaboration avec Carlos Ribeiro, le florilège Oitenta: poesia & prosa (Coletânea comemorativa dos 15 anos da Coleção dos Novos), qui parut chez BDA-Bahia à Salvador en 1996, et sur lequel ensuite s’appuiera l’anthologie A poesia baiana no século XX (composée par Francisco de Assis Almeida Brasil et parue aux éditions Imago de Rio de Janeiro en 1999) pour élaborer sa définition de la Génération 80.

En 1998, il cofonda et dirigea, conjointement avec Carlos Ribeiro et d’autres écrivains, la revue Iararana, revista de arte, crítica e literatura, organe de diffusion de la Génération 80, tout en poursuivant entre-temps ses activités d’enseignant et de directeur de thèse à l’UESB. En 1999, il fut nommé à l’université d'État de Feira de Santana (Bahia) et rejoignit le groupe fondateur du cours de post-graduat Littérature et Diversité culturelle (PPgLDC), où il avait déjà auparavant orienté plusieurs thèses. En tant que professeur de maîtrise, il poursuivit des travaux de recherche sur les représentations lyriques de la ville dans la poésie moderne et contemporaine, dans le cadre du projet « images urbaines dans la littérature », dont il assuma le volet consacré à la représentation imagée de la Bahia dans la poésie brésilienne.

En 2001, Aleilton Fonseca publia le recueil de nouvelles O Desterro dos Mortos, et reçut en 2003 le Prix national Herberto Sales, décerné par l’Académie des lettres de Bahia, pour son livre O Canto de Alvorada. Toujours en 2003, il enseigna au titre de professeur invité à l’université d'Artois en France, prononça des conférences et présenta ses travaux dans les universités Sorbonne Nouvelle, de Nanterre, d’Artois, de Rennes, de Toulouse Le Mirail, de Nantes et à l’ELTE de Budapest. Au Brésil, il prit part à différents événements universitaires et culturels dans divers États du pays. Le livre O Canto de Alvorada connut une deuxième édition en 2014, chez l’éditeur José Olympio. En 2005, il composa, en collaboration avec l’écrivain Cyro de Mattos, l’ouvrage O Triunfo de Sosígenes Costa: estudos, depoimentos, antologia, qui lui valut en 2005 le prix Marcos Almir Madeira, attribué par l’Union brésilienne des écrivains.

Le lycée des Arènes de Toulouse lui rendit hommage à travers une exposition de travaux autour de son livre les Marques du feu, et à l’occasion de son cinquantième anniversaire, ce fut au tour de l’Institut des lettres de l'université fédérale de Bahia (IL-UFBA) de l’honorer d’un séminaire critique en 2009. L’Académie brésilienne des lettres décida de lui remettre la médaille Euclides da Cunha, comme à l’un des plus éminents auteurs d’ouvrages et de conférences sur Hautes Terres (Os Sertões), Aleilton Fonseca ayant en effet publié cette même année le roman O Pêndulo de Euclides, qui eut une certaine répercussion dans la presse, notamment littéraire, et dans lequel un périple entrepris dans le sertão du Vaza-Barris par trois hommes férus d’Euclides da Cunha forme le prétexte d’une réflexion sur la guerre de Canudos. La même année encore, le roman Nhô Guimarães fut adapté au théâtre, avec des représentations à Salvador et dans d’autres villes du Brésil.

Aleilton Fonseca est membre de l’Union brésilienne des écrivains (UBE) de São Paulo et du PEN Club du Brésil. Il appartient depuis 2005 à l’Académie des lettres de Bahia, occupant le fauteuil et ayant pour patron Augusto Teixeira de Freitas, ainsi qu’à l’Académie des lettres d’Ilhéus, où il est titulaire du fauteuil , occupé autrefois par Hélio Pólvora.

En 2013, il fut distingué du titre de Professeur d’honneur de l’humanité par l’Universidad del Norte, à Asunción, au Paraguay. En 2014, il se vit conférer par le Núcleo de Letras e Artes de Lisbonne la Comenda Luiz Vaz de Camões, dont il prit réception au Cabinet de lecture portugais de Bahia, puis la Comenda do Mérito Cultural, catégorie jeunesse, octroyée par le gouvernement de l’État de Bahia.

Outre ses publications au Brésil, Aleilton Fonseca est correspondant de la revue française Latitudes: cahiers lusophones et publie des œuvres également en France. En 2006 notamment parurent de lui des poèmes en français, dans une traduction de Dominique Stoenesco, à l’occasion d’un numéro spécial de la revue Autre Sud, éditée à Marseille, dans le cadre du dossier poétique Voix croisées Brésil-France.

Œuvres de fiction

Movimento de sondagem, publié en 1981, premier livre de Fonseca dans le champ de la poésie, fut choisi par la Fondation culturelle de l’État de la Bahia pour occuper le deuxième volume de la série Coleção dos Novos consacrée à la poésie et publiée par cette fondation. Les poèmes réunis dans ce volume eurent un retentissement dans tout le Brésil et valurent à leur auteur les encouragements de Carlos Drummond de Andrade et une republication par les soins de Rubem Braga. Toujours dans le domaine de la poésie, Fonseca a fait paraître O espelho da consciência, en 1984 ; le métapoème Teoria particular (mas nem tanto) do poema, en 1994 ; As formas de barro & outros poemas, en 2006 ; et Um rio nos olhos, en 2012 (dont une traduction en français fut réalisée la même année par Dominique Stoenesco, sous le titre Une rivière dans les yeux, ainsi qu’une traduction espagnole par Alain Saint-Saëns, Un río en los ojos, l’année suivante).