thumb|upright=1.4|alt=Carte des départements français.|Localisation du gisement sur la carte des bassins houillers français.
Le bassin houiller de Faymoreau (ou bassin houiller de Vouvant) est le principal lambeau du bassin houiller de Vendée situé entre commune de Vouvant, Faymoreau et les communes voisines en Vendée jusqu'à Saint-Laurs en Deux-Sèvres, dans l'ouest de la France.
Le charbon est connu depuis le milieu du et exploité de façon industrielle entre 1830 et 1958. De nombreuses concessions sont accordées tout au long du mais seront regroupées avant la fin du siècle par les houillères de Faymoreau. L'activité, décline au et connait un regain lors des pénuries sous l'Occupation. La production totale du gisement s'élève à de tonnes.
Son territoire est marqué économiquement, socialement, paysagèrement, écologiquement et culturellement par l'exploitation intensive de la houille entre la seconde moitié du jusqu'au milieu du . Le centre minier de Faymoreau ouvre en 2000 pour préserver la mémoire de ce passé minier dont plusieurs vestiges comme des corons et un chevalement.
Géologie vignette|redresse=1.8|Carte de l'étendue du bassin houiller de Vendée.
Le gisement appartient au bassin houiller de Vendée qui s'est principalement formé au Stéphanien (daté entre - et - millions d'années..
La puissance des couches est très variable de à plus de . Les couches ont une allure « en chapelet » présentant de nombreux passages stériles ou « crains ». De fréquents rejets augmentent l’irrégularité du gisement.
Le bassin est divisé en plusieurs compartiments paraissant contenir chacun des systèmes de couches différents. Il est impossible d’établir une continuité des couches dans toute la longueur du bassin.
Histoire vignette|gauche|Maisons ouvrières.
Une madame Delavau, veuve Defontaine, prétendait que son père avait découvert et exploité la houille dès 1775 à Puyrinsens (commune d’Antigny). Mais c’est officiellement dans les années 1820 que la houille aurait été découverte par Ignace Dobrée, conseiller général et maire de Chassenon. On assista à cette époque à une ruée vers le charbon. Ignace Möller et Thomas Dobrée (armateur à Nantes) projettent même l'installation de trois hauts fourneaux par pétition du . Par ailleurs, Eutrope-Barthélemy de Cressac, ancien ingénieur en chef et ancien député de la Vienne, et Arnaud Désiré de La Fontenelle de Vaudoré, conseiller général des Deux-Sèvres, déposent en novembre 1826 une demande de concession. Une autre demande est faite par M. de la Termeilière au nom de la Société des Mines et des Houillères. Cette demande portait également sur les gisements de fer de La Termelière en Vendée.
Trois concessions sont accordées : LA BOUFFERIE (ou Bouffrie) par ordonnance royale du à MM de Fontanelle de Cressac, FAYMOREAU le même jour à MM Molier et Dobrée (puis Möller et Cie après la mort de T. Dobrée) et la concession de PUYRINSINS, instituée par ordonnance royale du sur . Après plusieurs propriétaires successifs, cette dernière est acquise en 1910 par la société des mines de Faymoreau. Le décret de mutation ne sera publié que le . Elle est renoncée le .
Enfin, la concession de CEZAIS, est créée le sur . Elle passe entre différentes mains avant de venir propriété de la société des mines de Faymoreau le . Elle est renoncée le .
Dans le bassin de Chantonnay, est accordée en 1840 la concession de La Tabarière attribuée à MM. Mailhos et Cousin puis une autre concession, à Épagne, en 1847 cédée par son propriétaire Léon Devillaine à la Société Bally et Cie.
Concessions vignette|centre|redresse=1.8|Carte des concessions du bassin houiller de Faymoreau.
Principaux charbonnages :
De nombreuses concession sont accordées tout au long du sous l'euphorie de la découverte, sans véritable compagne d'identification. La plupart connaissent des mutations, cessions et regroupement, les houillères de Faymoreau récupère ainsi l'ensemble des concessions avant 1900..
Cezais La concession de Cezais est instaurée en 1876 avec une superficie de , elle est renoncée en 1935. Six puits y sont creusés, mais la production est très faible, le charbon étant de médiocre qualité.. Elle est considérée comme le pire échec du bassin.
Puyrinsant La concession de Puyrinsant (Saint-Maurice-des-Noues) est instituée en 1833 avec une superficie de . La qualité du charbon est médiocre, seuls quelques tranchées et puits modestes sont creusées. Les travaux sont abandonnées une première fois en 1848 avant de reprendre entre 1855 et 1866. La production est dérisoire et la concession renoncée en 1935. Cette concession a toujours été déficitaire.
Epagne La concession d'Epagne (hameau de Saint-Maurice-des-Noues) est accordée en 1847 avec une superficie de . La qualité du charbon est légèrement meilleure que dans les deux concessions précédentes mais reste mauvaise. Les travaux réalisés dans cette concession sont d'importance moyenne, la production est peu importante. Les travaux sont abandonnés une première fois en 1875 avant de reprendre entre 1917 et 1923 pour finalement connaitre une dernière relance en 1935. La concession est renoncée en 1961. Elle est considérée comme une concession de second plan, derrière Faymoreau et Saint-Laurs, mais plus intéressante que les quatre autres. Le charbonnage le plus notable est le puits Saint-Michel qui a atteint une profondeur d'au moins .
La Boufferie La concession de La Boufferie (hameau de Faymoreau) voie le jour en 1853 avec une superficie de . La qualité du charbon est assez bonne, plusieurs puits sont creusées. Les travaux sont abandonnées une première fois en 1857 avant de reprendre entre 1897 et 1905. La production reste faible et la concession renoncée en 1961. Elle est considérée comme l'une des deux concessions les plus riches et intéressantes. Cette concession a toujours été déficitaire.
Faymoreau La concession de Faymoreau instaurée en 1831 avec une superficie de . La qualité du charbon est assez bonne et la production est importante. Cette concession compte plusieurs puits importante tel que le puits du Centre, puits Saint-Joseph, puits du Couteau ou puits Bernard ( de profondeur). Les mines ferment en 1959 et la concession renoncée en 1961. Elle est considérée comme l'une des deux concessions les plus riches et intéressantes.
Saint-Laurs La concession de Saint-Laurs est accordée en 1840 avec une superficie de La qualité du charbon est moyenne et la production est importante. Cette concession compte plusieurs puits importante tel que le puits Saint-Laurent ( de profondeur), puits Sainte-Marie, puits Sainte-Claire, puits Sainte-Clotilde. Les mines ferment en 1916 et la concession, reprise par les houillères de Faymoreau, est renoncée en 1961.
Exploitation vignette|Le puits Le Couteau.
Dans les années 1835, le charbon extrait dans la région de Chantonnay est vendu essentiellement aux fours à chaux de la région. Une première société des mines est créée en 1838 et dissoute dès 1842. Le fonds social est acquis par un ancien capitaine, Bodet de La Fenestre. La société est transformée en société anonyme des Houillères de Vendée au capital de francs. Elle possède les concessions de Faymoreau, de la Boufferie et celle de Puyrinsens. Elle sera ensuite transformée en société à commandite par actions avec pour gérant Joseph Hilper puis, à partir de 1847, Pierre Bally.
L'exploitation dans les années 1867 est toujours assurée par la société des houillères de Vendée qui crée des fours à chaux à Payré ; la société devint par la suite (1843) "Société civile particulière des houillères et verrerie de la Vendée". La concession de Faymoreau était exploitée par les puits des Dorderies, le Bois Menias et à l'Agdesière. En 1851, la société devint Société Bally et Cie. En 1858, Léon Devillaine, propriétaire de la concession d'Épagne, la cède à Bally, les concessions sont dès lors réunies, Bally devenant seul propriétaire. En 1874, la société passe aux mains de la veuve de Bally.
Les travaux de La Boufferie s’arrêtent dès 1830 et sont intermittents sur celle de Puyrinsens. La concession de Puyrinsens a été exploitée de 1834 à 1848 ( extraites). Une tentative de reprise a lieu en 1856 puis de 1861 à 1863 où sont extraites. Le gisement est très irrégulier et la qualité du charbon médiocre. En 1887, la production est de , en 1888 : , en 1912, et en 1913 : .
vignette|Le puits du Centre.
Mais c'est la concession de Faymoreau qui s’avérera la plus intéressante. Les puits les plus récents ont été le puits Saint-Laurent (exploitation terminée en 1916), le puits du Couteau (arrêté en 1918 et dont le gisement a été repris par le puits Bernard), le puits du Centre (arrêté en 1926 à la suite d'un accident), le puits d'Épagne et enfin, le puits Bernard, le dernier en activité. La production annuelle a oscillé entre en 1920 et en 1936.
Le puits d’Épagne foncé en 1847 à a été arrêté en 1869. L'exploitation se faisait par un puits rectangulaire boisé et une cheminée d'aérage dans la veine Nord. Par suite de la mauvaise qualité du charbon, du manque de communication, la mine a été fermée lors de la découverte du gisement plus riche du houiller inférieur du puits du Centre située sur la voie ferrée Niort-Bressuire (à l'emplacement sur lequel sera ensuite construite la Centrale électrique).
En 1917, le siège d'Épagne est repris et des travaux importants sont entrepris. Le puits est approfondi à en vue de l'exploitation des 4 couches connues du houiller supérieur déjà déhouillées jusqu'au niveau 100. Mais ces travaux sont à nouveau arrêtés en 1921, pour être une nouvelle fois repris en 1923 avant d'être abandonnés en 1925 après avoir reconnu à cette profondeur et à , deux faisceaux de couches.
Pendant la période 1923-1925 les travaux suivants avaient été exécutés : Achèvement équipement d’un puits circulaire de de diamètre jusqu’à l’étage ; Reconnaissances poussées au Nord et au Sud du puits ; Traçages dans un ensemble de couches.
Le faisceau Nord comporte 3 veines (1, 2 et 3) de très faible puissance (0,5 à ) et le faisceau Sud comportant une seule veine exploitable, la veine Bonneraye
Dans le faisceau Nord, la veine 1 a été reconnue sur à l'étage 125 et à l'étage 200 ; elle a une épaisseur moyenne de ; elle est considérée comme non exploitable. La veine 2 distante de la 1 de environ, a été reconnue sur à l'étage 125 et à l'étage 200 ; son épaisseur moyenne de . Enfin, une a été identifiée à de la couche 2.
Dans le faisceau Sud, la veine Bonneraye, au sud du puits à au Sud de la veine 1 du groupe Nord a été recoupée à l'étage 125 et à l'étage 200. D’une puissance de 0,80 à et donnant un charbon ½ gras tenant de 15 à 20 % de cendres, cette veine a été suivie à sur environ par un traçage qui a permis de reconnaître l'exploitabilité de cette couche sur environ 50 %. Le siège a été déséquipé en 1925. La mine fut ensuite ennoyée puis, à la fin des années 1940, dénoyée pour exploiter la veine Bonneraye.
En 1929, la profondeur moyenne des travaux est de , les veines ont une épaisseur moyenne de . Le dépilage qui concerne la veine Bernard uniquement, de l’étage compris entre les niveaux 28 et 68 a été achevé et le dépilage de l’étage suivant 68-108 a été amorcé. La longueur totale des traçages a été portée au niveau 28 de 958 à et au niveau 68, de 1051 à , dans des parties de veines très irrégulières.
On a, en outre, atteint le niveau 108 par 2 descenderies situées l’une à à l’Ouest et l’autre à à l’Est du plan incliné d’extraction. On a tracé ce niveau à l’Est sur dont la plus grande partie en veine de et à l’ouest sur dans une veine de 2 à .
Enfin, on a repris au niveau 28 une bowette qui avait été arrêtée en 1927 à de la couche, dans le but de recouper un faisceau de filons charbonneux découvert par des travaux de surface dans une carrière à remblais située à de la veine Bernard.
vignette|Le puits Bernard après 1930.