Les Paléoesquimaux, ou Paléo-Eskimos et Tuniit, en langues inuites, sont l'ensemble des peuples de la Préhistoire ayant vécu en région arctique entre l'extrémité occidentale du détroit de Béring et le Groenland. Ces populations sont caractérisées par . La civilisation paléoesquimaude disparaît vers le début du , après l'arrivée des thuléens, l'un des peuples qui composent la civilisation néoesquimaude..

Les Paléoesquimaux, qui pourraient être des des actuelles populations de la zone arctique n'en sont pas les ancêtres directs. La civilisation paléoesquimaude est apparue il y a plus de ans AP.

Cette civilisation préhistorique de l'arctique, porteuse de la culture archéologique dite , regroupe les peuples , de , de l'Indépendance I, de l, , dorsetiens et Saqqaquiens..

La chronologie paléoesquimaude est subdivisée en deux périodes : le (ou Paléoesquimau ancien) et le (ou Paléoesquimau récent).

Définition et terminologie vignette|upright=0.9|Le géographe et ethnographe Hans Peder Steensby, inventeur du terme Paléoesquimau. En 1916, le géographe et ethnographe danois introduit le terme Paléoesquimau. Steensby fait alors état de l'existence de cultures datant l'« âge de la pierre » au sein de la région arctique. En introduisant ce terme, comme celui de Néoesquimau, Steensby initie des travaux sur l’origine des Inuits basée une . Il fonde l'hypothèse que la civilisation paléoesquimaude constitue un groupe amérindien dont la région d'origine est celle des , un territoire situé dans le Canada subarctique. Pour Steensby, ces peuples, après s'être adaptés au climat arctique du golfe du Couronnement, auraient opéré deux migrations simultanées : l'une vers l’est, pour atteindre le Groenland, et l'autre vers l’ouest, pour atteindre l'Alaska.

Dès les années 1920, l'anthropologue et philologiste Kaj Birket-Smith complète la notion de Paléoesquimau définie par Steensby une ..

Le terme Paléoesquimau est ensuite repris dans les années 1950 par James Louis Giddings et William Nathaniel Irving pour définir une technologie microlithique spécifique aux territoires englobant la région arctique.. Toutefois, le terme Tuniit est parfois employé pour faire uniquement référence au peuple de Dorset...

Les populations composant cette civilisation préhistorique de l'Arctique sont également désignées sous le terme de Paléo-Eskimos..... En outre, en langues inuites, les Paéoesquimaux sont appelés Tuniit..

Le terme Paléoesquimau, introduit au début du , désigne également une période correspondant au dans la région arctique. Ce terme ethnologique a été employé pour . Il désigne . Paléoesquimau, composé du préfixe "paléo-", signifiant ancien, vieux et du suffixe "-esquimau" fait aussi référence aux peuples de l'Arctique qui ont vécu avant les thuléens.

Histoire

Origine En 1988, l'archéologue russe Nicolaj N. Dikov, inventeur et fouilleur du site , suggère une probable entre les peuples paléoskimos nord-américaines et les populations paléosquimaudes tchouktches ayant occupé l'établissement est-sibérien. Le site archéologique de Chertov Ovrag, découvert en 1975 puis fouillé au cours des suivantes, présente un faciès archéologique ayant d'importantes similitudes avec celles de la tradition microlithique de l'Arctique, notamment en ce qui concerne la technologie et la morphologie des pièces d'industrie lithique. En outre, les têtes de harpons mises en évidence sur l'île de Wrangel montrent que les occupants du site pratiquaient très probablement la chasse des mammifères marins. Des ossements de phoques communs, de phoques annelés et de morses exhumés sur le site, ont permis de confirmer cette hypothèse.

vignette|gauche|upright=1.8|Les Paléoesquimaux au sein de deux arbres phylogénétiques nord-américains.

Au début des années 1990, l'archéologue Bjarne Grønnow fonde l'hypothèse que les populations paléoesquimaudes nord-américaines, comprenant celle de Saqqaq, auraient probablement opéré une migration à partir de deux points géographiques situés dans l'extrême-orient sibérien : le site de , daté au C entre et , localisé sur lîle Wrangel, et un second point établi à l'est de la péninsule Tchouktche. Pour l'archéologue, ces populations auraient atteint le continent américain sur une période s'étendant entre et avant le présent, puis seraient venues s'établir au sein de la région ouest du Groenland après avoir parcouru une distance d'environ . En 1996, l'archéologue canadien , en prenant appui sur les travaux archéologiques précédents, suggère que les peuples paléoesquimaux pourraient être probablement des descendants de populations originaires de Sibérie. Dikov vient confirmer son hypothèse initiale en 2004.

Des travaux plus récents, conduits en 2008 par des Danois et d'autres équipes européennes, grâce à une boule de cheveux datée d'environ AP et contenant une séquence d'ADN bien conservé, ont montré que le peuple de Saqqaq possédait un patrimoine génétique très proche des populations Koriaks, Nganassanes, et Tchouktches. De facto, les analyses de ces restes pilleux fossilisés, mis en évidence sur le site archéologique de Qeqertasussuk, au sein d'une couche sédimentaire gelée par le permafrost, ont permis d'établir que le peuple de Saqqaq, qui fait partie des populations paléoesquimaudes, possédait un patrimoine génétique différent de celui des Inuits et qu'ils n'avaient probablement pas pour ancêtres des peuples d'origine amérindienne, mais des populations paléo-sibériennes issues du centre et de l'est sibérien et ayant traversé le détroit de Béring il y a environ AP..

Paléoesquimau ancien

Paléoesquimau récent

Culture et société

Organisation sociale Langue Rites funéraires et religieux Domestication des chiens Les éléments archéologiques révèlent que la présence de chiens dans la société paléoesquimaude est sporadique. Les populations canines, servant parfois de denrées alimentaires, se trouvent en faible nombre et leur répartition géographique est éparse. En outre, la documentation taphonomique met en évidence une très probable absence de l'espèce canidé aux côtés des peuples paléoesquimaux durant de longues périodes. Toutefois ce constat est à nuancer : cette absence est factuelle uniquement à une échelle locale..

Après la première découverte dans les années 1980 de restes de canidés datés de l'époque préhistorique., d'autres restes de canidés ont été exhumés sur les sites archéologiques de et de Qeqertasassuk, au sein de la baie de Disko, dans la partie ouest du Groenland, la découverte de ces restes organiques venant ainsi confirmer la coexistence des paléoesquimaux avec les chiens. Les saqqaquiens étaient probablement accompagnés par quelques chiens (par groupes de ) lors de leurs déplacements, et en particulier pendant les périodes de chasses. L'espèce canine a très probablement fait l'objet d'une domestication par les peuples paléoesquimaux, en particulier ceux de Saqqaq. Toutefois, aucun élément matériel de harnais n'ayant été encore découvert, il n'existe pas encore de preuve directe que les chiens aient été employés comme bêtes d'attelage..

Territoire

Habitat Les habitations paléoesquimaudes typiques présentent sous forme de tentes munies d'une base en pierre ou d'un muret composé de cailloutis amalgamées à de la tourbe. Ces habitats comportent des foyers soit sous forme d'un caisson fermé, soit sous forme d'un périmètre de pierre non-recouvert..

Productions et subsistences Production lithique : Tradition microlithique de l'Arctique La civilisation paléoesquimaude est porteuse d'un ensemble de cultures archéologiques désigné sous les termes de Tradition microlithique de l'Arctique.....

La tradition microlithique de l'Arctique (en anglais : ), a été définie par l'archéologue William N. Irving. en 1957, regroupe l'ensemble des cultures archéologiques et technologies lithiques sur un territoire s'étalant de l'est du détroit de Béring, en passant par l'Alaska (y compris les îles Aléoutiennes) et le nord du Canada, jusqu'à l'est du Groenland. Cet ensemble, l', est attribué, selon les estimations, entre et AP (soit à ) et est caractérisé par un faciès archéologique incluant un outillage et un débitage de très petite taille (l'industrie microlithique), dont des microlames, des éclats, des burins et des bifaces retouchés. Outre le Saqqaquien, ce groupe comprend le Pré-Dorsétien, l'Indépendancien I et II et le Denbighien...... ...

À ces cultures archéologiques identifiées comme appartenant au groupe dit de la tradition microlithique de l'Arctique, les archéologues ajoutent le , qui marque une phase de entre les cultures pré-dorsétienne et dorsétienne dans la région arctique orientale. Le Groswatérien, introduit par l'archéologue et anthropologiste québécois en 1972, s'est développé entre et sur les territoires de Terre-Neuve et du Labrador, dans sa partie sud...

Le dorsétien et la , dérivent, quant à elles, de la phase finale de l'ASTt...

Autres productions

Peuples et cultures archéologiques

Pré-Dorset Denbighien Groswatorien Dorsetien

Indépendancien I et II

Saqqaquien

Notes et références Notes

Références

Pour en savoir plus Bibliographie

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Articles connexes Premier peuplement de l'Amérique, Paléoaméricains Arctica (continent), Béringie, (8000-5000 AEC), Archaïque maritime Paléoesquimaux : (4500-2300 AEC), Culture de Saqqaq (2500-800 AEC, Groenland-Sud) Culture de l'Indépendance I (2500-1600 AEC) (3200-850 AEC), (lieu historique national du Canada) Culture de Dorset (800/500 AEC - 1000/1500) (Tuniit / Tunit) (800-200 AEC) (700-80 AEC) Ancienne culture de la mer de Béring (200 AEC - 500, OBS, Old Bering Sea) Culture Ipiutak, Culture de Birnirk (500c-1150c), Utqiagvik Culture de Punuk (500c-?) Culture de Thulé (1000c-1600c), proto-inuit Qilakitsoq, site de découverte (1972) de huit corps momifiés (vers 1460)

Néoesquimaux (800c-1600c) Skræling, dénomination viking des populations du Groenland et du Vinland Béothuks, population de Terre-Neuve au (?-1829) Norembergue, comptoir imaginaire

Lignée béringienne ancienne (AB, 11500 AEC) Langues tchouktches-kamtchadales, dont tchouktche, koriak, alioutor Toungouses, langues toungouses Peuples turciques Langues eskimo-aléoutes Inuits, , Sadlermiuts Yupiks, Yupiks de Sibérie, Alutiiq (Yupiks du Pacifique, Sugpiaq) Aléoutes Youkaguirs (isolat) Langues ouraliennes, dont langues samoyèdes, langues finno-ougriennes

Traite de la fourrure maritime, traite des fourrures en Sibérie, , Treize factoreries Navigation / embarcations : oumiak (angyak), canoë, kayak, pirogue, rabaska , chasse à la baleine, baleinier, baleinière, (fonte de graisse, traiol) Histoire du Groenland, histoire du Canada

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