Grâce à Dieu est un film dramatique franco-belge écrit et réalisé par François Ozon, sorti en 2018.

Il s'agit d'une œuvre inspirée des affaires Bernard Preynat et Philippe Barbarin. Le film relate le combat judiciaire mené par des victimes d'abus sexuels sur mineurs dans l'Église catholique en France. Les noms des protagonistes de l'archidiocèse de Lyon ont été conservés mais ceux des victimes ont été changés..

Le film obtient le Grand prix du jury de la Berlinale en 2019.

Synopsis vignette|La basilique Notre-Dame de Fourvière qui ouvre et clôt le film. Alexandre Guérin habite la région lyonnaise. Cadre bancaire épanoui d'une quarantaine d'années, époux d'une femme aimante et père de cinq enfants, c'est un catholique pratiquant, tout comme sa famille. Un jour, après une conversation avec un camarade jadis scout comme lui, il se rappelle les abus sexuels dont, enfant, il a été victime de la part d'un prêtre catholique pédocriminel, le père Bernard Preynat. Les faits sont prescrits. Mais, assailli de souvenirs douloureux, Alexandre décide d'entreprendre une enquête. Il entre en contact avec la psychologue de l'archevêché, Régine Maire. Par son entremise, il obtient un rendez-vous avec le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon. Il découvre alors que malgré l'alerte de plusieurs parents, l'Église a étouffé l'affaire. Régine Maire organise une brève confrontation entre Alexandre et le père Preynat, qui se conclut par une prière commune . Malgré les nombreux courriers électroniques d'Alexandre, les autorités ecclésiastiques tergiversent et se défaussent. Pire, lors d'une messe, Alexandre constate que le père Preynat, maintenu en fonctions, se trouve toujours au contact d'enfants.

Alexandre ne parvient pas à trouver d'autres victimes qui accepteraient de témoigner. Il décide donc de déposer plainte seul. Le capitaine Courteau, qui a reçu sa déposition, recherche des victimes pour lesquelles les faits ne seraient pas prescrits. C'est ainsi qu'il rencontre François, aujourd'hui athée. Ce dernier décide de témoigner devant les médias et crée, à cette fin, l'association La Parole libérée. D'autres victimes le rejoignent, dont le chirurgien Gilles et Emmanuel, un être tourmenté qui garde de lourdes séquelles. Alexandre s'unit à eux. Ensemble, ils entament une action judiciaire.

Soumis à une pression grandissante et pressé d'agir par Régine Maire, le cardinal Philippe Barbarin organise une conférence de presse. Mais il laisse échapper que les faits sont . Cette parole malheureuse choque l'assistance. L'association obtient la mise en examen du père Preynat, qui reconnaît les faits. Les plaignants espèrent que leur action interpellera la hiérarchie catholique. Mais tous auront été confrontés à leur famille et à eux-mêmes. Alexandre s'interroge sur sa foi chrétienne.

Fiche technique

Titre original : Grâce à Dieu Titre anglophone international : Titre de travail : Alexandre Réalisation et scénario : François Ozon Musique : Evgueni Galperine et Sacha Galperine Décors : Emmanuelle Duplay Costumes : Pascaline Chavanne Photographie : Manu Dacosse Son : Brigitte Taillandier Montage : Laure Gardette Production : Éric et Nicolas Altmayer Sociétés de production : Mandarin Cinéma ; FOZ et Scope Pictures, avec la participation de France 2 Cinéma ; en association avec les SOFICA A+ Images 8 et Manon 8 Société de distribution : Mars Distribution (France) Budget : 5,9 millions d'euros Pays de production : / Langue originale : français Genre : drame Durée : 137 minutes Dates de sortie : France : (avant-première mondiale à Angers). ; (sortie nationale) Allemagne : (Berlinale) Suisse romande : Belgique : Québec :

Distribution

Production Sous le faux titre Alexandre, le tournage a secrètement lieu en Belgique et au Luxembourg pour les scènes d'intérieur dans les églises...

Lieux de tournage à Lyon : pont Bonaparte, cathédrale et place Saint-Jean, quai Tilsitt, gare de Perrache, lycée Aux Lazaristes La Salle, jardin des Curiosités, théâtres romains, bibliothèque Saint-Jean, Fourvière, place et café Bellecour, place Antonin-Poncet, passerelle du Collège...

Le titre Grâce à Dieu a pour origine la phrase suivante prononcée par le cardinal Barbarin, en , lors d'une conférence de presse, à propos des accusations portées contre le père Preynat : , le cardinal remerciant immédiatement après, un journaliste qui l'interroge sur « la violence » de son propos, et jugeant « maladroite » la formulation de celui-ci« Cardinal Barbarin : « On s'est peut-être trompé » », La Croix, 15 mars 2016. Selon certains de ses proches, il voulait dire que la majorité des faits reprochés au père Preynat étant prescrits, cela signifiait peut-être qu'heureusement aucun autre ne s'était produit depuis 1991« Affaire Barbarin, nous sommes témoins », La Croix, 29 août 2018..

Initialement prévu en tant que documentaire, François Ozon opte pour le choix de la fiction. En 2023, Claire Duguet réalise un documentaire Il était une fois… « Grâce à Dieu » sous forme de court métrage, qui décrit le projet et le déroulement du tournage en collaboration avec une partie de l'équipe du film..

Accueil Festival et sorties Le film sort en avant-première mondiale le à Angers, même s'il est sélectionné et présenté le à la Berlinale en Allemagne, où il récolte le grand prix du jury..

Il sort le dans toute la France et en Suisse romande, le en Belgique, et le au Québec.

Accueil critique

Le film reçoit de très bons retours, avec une note moyenne de 4,1/5 pour de presse sur Allociné.

Elle accorde la note de 5/5 au film, .. Le Figaro écrit que ..

Le théologien François Euvé compare le film Grâce à Dieu, qui , à l'essai Histoire d'un silence de Isabelle de Gaulmyn..

Box-office

Distinctions Récompenses Berlinale 2019 : Grand prix du jury Prix des auditeurs 2019 du Masque et la Plume César 2020 : Meilleur acteur dans un second rôle pour Swann Arlaud

Nominations César 2020 : Meilleur film Meilleur réalisateur pour François Ozon Meilleur acteur pour Melvil Poupaud Meilleur acteur dans un second rôle pour Denis Ménochet Meilleure actrice dans un second rôle pour Josiane Balasko Meilleur scénario original pour François Ozon Meilleur montage pour Laure Gardette Lumières 2020 : Lumière du meilleur film Lumière du meilleur scénario pour François Ozon Lumière du meilleur acteur pour Swann Arlaud Lumière de la meilleure musique pour Evgueni Galperine et Sacha Galperine Lumière de la meilleure image pour Manuel Dacosse

Autour du film Actions en référé Avant la sortie en salle prévue le , François Ozon est assigné en référé. deux fois car la défense veut obtenir le report de la sortie du film ou le retrait de la bande sonore des noms de Régine Maire et Bernard Preynat en raison de la protection de la vie privée pour la première et de la présomption d'innocence pour le second... François Ozon se défend d'avoir établi un portrait à charge contre Régine Maire. et estime que son film .. Le , le tribunal de grande instance de Paris se prononce pour la sortie du film à la date initialement prévue, en relevant que le procès de Bernard Preynat n’est ni fixé ni prévu à une date proche et qu'un report « pourrait à l’évidence conduire, compte tenu des divers recours possibles, à ne permettre la sortie du film que dans plusieurs années » dans des conditions qui « porteraient atteinte à la liberté d’expression et de création » et « créeraient des conditions d’exploitation économiques insupportables ».. La demande de Bernard Preynat de suspension de l’exploitation du film est rejetée par la cour d’appel de Paris en .. Par ailleurs, le recours de Régine Maire, qui souhaitait que son nom soit retiré du film, est rejeté par le tribunal de grande instance de Lyon mardi ... En , le pourvoi en cassation de Bernard Preynat est rejeté, indiquant que le film s'inscrivait dans un « débat d'intérêt général ».

Les Noces rouges, film de Claude Chabrol sorti en 1973, reste ainsi le dernier film français relatant une affaire judiciaire à avoir vu sa sortie reportée de 15 jours sur décision administrative et non judiciaire, car cette sortie devait tomber au beau milieu du procès aux assises..

Sommet du Vatican La semaine de la sortie du film en France, le pape François a organisé un sommet de plusieurs jours consacré aux abus sexuels sur mineurs dans l'Église catholique..

Autres Frédéric Pierrot retrouve le rôle de policier de la Brigade de protection des mineurs qu'il tenait en 2011 dans Polisse, où il était commandant de brigade.

Le scénario du film, ainsi que de nombreux documents utilisés dans son élaboration, ont également été retranscrits dans un texte théâtral publié par Les Solitaires intempestifs sous le même titre..

L'annulation de la participation financière de Canal+ au film de François Ozon a été décidée à la suite d'une demande sur ordre de Vincent Bolloré..

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Affaire Philippe Barbarin Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église Spotlight

Bibliographie . Stéphane Goudet, « Laissez venir à moi les petits enfants », Positif, 696, Paris, Institut Lumière/Actes Sud, , , . Entretien avec François Ozon. Propos recueillis par Philippe Rouyer et Yann Tobin, « La parole était forte, il fallait la restituer », Positif, 696, Paris, Institut Lumière/Actes Sud, , , . Nathalie Chifflet, « Pédophilie : l'omerta puis la parole », Le Républicain lorrain, Groupe Républicain Lorrain Communication, Woippy, , , .

Liens externes

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