La fédération charbonnière de Belgique (Fédéchar) était une association sans but lucratif« L'organisation du patronat charbonnier belge et son influence politique », Courrier hebdomadaire du CRISP, (), , , et plus précisément une organisation privée, indépendante et professionnelle, regroupant les associations patronales des bassins charbonniersAssociation Houillère du Couchant de Mons (AEM), Sauvegarde des Archives industrielles du Couchant de Mons, inventaire, 2011, ..

Elle a été fondée le . Elle constituait le groupe d'intérêtR. Hannecart, Le dernier carré : les charbonniers belges, libres entrepreneurs face à la CECA (1950-1959), Bruxelles, P.I.E. Peter Lang, 2010, , des sociétés houillères belges de 1918 à 1993. Son siège central était situé à Bruxelles (31 Avenue des Arts, 1000 Bruxelles).

Contexte historique Le charbon a constitué, pendant des siècles, la principale source de richesse de la Belgique. Au , les gisements houillers se situent principalement dans la région du sud à savoir celle de la Campine, de Charleroi, du Borinage et de LiègeR. Hannecart, Le dernier carré: les charbonniers belges, libres entrepreneurs face à la CECA (1950-1959), Bruxelles, P.I.E. Peter Lang, 2010, , ..

La Fédération des associations charbonnières de Belgique a été fondée dans le but de remplacé le Comité général de l'industrie charbonnière, créée en 1877. Ce Comité représentait un groupe de pression pour l'industrie charbonnière belge. À la fin de la Première guerre mondiale, la fédération sera réorganisée. En effet, le , 24 sociétés houillères créent entre elles une société coopérative sous le nom de Groupement charbonnier belge À partir de 1921, ce groupement charbonnier a été nommé Fédération des charbonnages de BelgiqueBulletin d'information de Blegny-Mine asbl, Province de Liège, , 2010, , .

Le , face à la montée en puissance de la concurrence étrangère, les progrès de la législation sociale en Belgique mais aussi l'apparition d'organisations nationales dans d'autres secteurs industriels, les associations des cinq bassins charbonniers de Charleroi et de la Basse-Sambre, de la Campine, du Centre, de Mons et de Liège, toutes fondées en septembre et , vont établir, entre elles, une association sans but lucratif sous la dénomination de Fédération des Associations Charbonnières de Belgique (Fédéchar). C'est seulement à partir de 1953, qu'on parlera de la Fédération charbonnière de BelgiqueR. Hannecart, Le dernier carré : les charbonniers belges, libres entrepreneurs face à la CECA (1950-1959), Bruxelles, P.I.E. Peter Lang, 2010, , .

Fonctions Sans but lucratif, la fédération avait , à savoir formuler des avis, définir des objectifs communs et les moyens de les atteindre, promouvoir l'application de ceux-ci, accomplir ou faire accomplir toutes missions et de représenter les intérêts charbonniers tant sur le plan national qu'international. Elle ne s'occupait donc pas des prix ni des opérations commerciales.

Celle-ci défendait les intérêts de l'industrie houillère belge notamment auprès des autorités publiques, des Ministères, de l'Administration des mines et du Directoire de l'industrie charbonnière ou dans le cadre des négociations avec les pouvoirs publics et les syndicats.

Elle assurait également le recrutement de la main-d'œuvre étrangère nécessaire aux charbonnagesA. Morelli. « L'appel à la main d'œuvre italienne pour les charbonnages et sa prise en chargz à son arrivée en Belgique dans l'immédiat après-guerre », BTNG-RBHC, XIX, 1988, 1-2, à 130..

Composition Les origines de la fédération charbonnière sont sur le plan régional, . La concurrence entre les bassins . Cependant, : elles sont rassemblés au sein d'une Fédération des associations Charbonnière de Belgique en 1926. La fédération regroupait les cinq associations charbonnières des bassins houillers belges et même les sociétés charbonnières, elles-mêmes affiliées à l'une des associationsR. Hannecart, Le dernier carré : les charbonniers belges, libres entrepreneurs face à la CECA (1950-1959), Peter Lang, 2010, , ; « L'organisation du patronat charbonnier belge et son influence politique », Courrier hebdomadaire du CRISP, 1958, et 5..

Chaque association charbonnière régionale était juridiquement indépendante de la structure nationale en vertu de leur statut de 1952 qui prévoyait que . Par conséquent, le risque existait qu'en dépit de leur faible influence sur le fonctionnement de la fédération, les associations puissent annihiler les décisions de cette dernière en prenant en leur sein d'autres dispositions. Cette crainte était d'autant plus fonder que chaque association avait ses propres procédures de vote et ses propres modalités de délégation envers leur mandataire. Il existait donc un risque de voir l'action de la structure nationale bloquée par le désaccord d'une seule association. En d'autres termes, chaque association disposait d'un droit de vétoR. Hannecart, Le dernier carré: les charbonniers belges, libres entrepreneurs face à la CECA (1950-1959), Bruxelles, P.I.E. Peter Lang, 2010, , .

Organisation et fonctionnement La fédération était dotée d'une Assemblée générale, d'un Comité de direction et d'un Collège des présidents« L'organisation du patronat charbonnier belge et son influence politique », Courrier hebdomadaire du CRISP, 1958, .. Le rôle des cinq associations de la Fédéchar se limitait à un droit de vote symbolique au sein de l'Assemblée générale de la Fédéchar, à la représentation de leurs candidats au Comité de direction et indirectement à la désignation des membres du Collège des présidents.

Assemblée générale L'Assemblée générale était composée des 5 associations et des entreprises charbonnières. Elle se réunissait obligatoirement minimum 2 fois par an. Sur proposition faite par les associations, elle nommait en son sein les membres du Comité de direction. Elle décidait du budget de la fédération ainsi que du montant de la cotisation et devait rendre le rapport au Comité de direction. À l'Assemblée Générale, la voix des présidents d'association de bassin faisait poids ainsi que celle des gros producteurs (une voix par tranche de cent mille tonnes produites annuellement). Les décisions étaient toutefois prises à l'Assemblée générale à la majorité de 85 pour cent des voix présentes ou représentées.

Comité de direction Le Comité de direction étaient chargé de l'administration générale de la Fédéchar. Ses membres étaient nommés pour 3 ans (renouvelables) : le président de chaque association de bassin était accompagné, en fonction de la production assurée dans le bassin en question, d'un ou de plusieurs membres supplémentaires dont obligatoirement le vice président d' association. Le comité se réunissait une fois par semaine mais pouvait également se réunir à titre d'exception à l'appel d'un de ses membres ou d'une association. Les décisions étaient prises à la majorité des voix. Le comité pouvait, cependant, déléguer au Collège des présidents la mission de représenter le secteur auprès de toutes les institutions et de toutes les autorités, et de lui donner un pouvoir de négociation. Lors des questions urgentes et importantes nécessitant l'avis de l'ensemble des producteurs, le Comité de direction pouvait convoquer l'Assemblée générale notamment à la demande d'une des associations. Un système de présidence tournante entre associations de bassins était prévue pour assurer la continuité dans la gestion des affaires, le vice président devenait automatiquement président l'année suivanteR. Hannecart, Le dernier carré: les charbonniers belges, libres entrepreneurs face à la CECA (1950-1959), Bruxelles, P.I.E. Peter Lang, 2010, , .

Collège des présidents Le Collège des présidents était l'organe d'exécution des décisions du Comité de direction, prises à l'Assemblée générale. Il était composé de cinq membres dont chacun était le directeur ou le président d'un bassin. La présidence était assurée par un des membres du collège selon une formule de tournante annuelle. Le Collège des présidents était constitué, en majorité, de personnes représentatives des grands groupes financiers : un de la société de Brufina, deux de la Société Générale et un d'Evence-Coppée, tenant en fait leur mandat de l'Assemblée Générale (où les charbonnages contrôlés par les groupes sont majoritaires) et des groupes eux-mêmes.

L'appel à la main d'œuvre de la Fédéchar La politique de stabilisation de la main-d'œuvre étrangère n'était pas une nouveauté pour la Belgique. De l'entre-deux-guerres à la fin des années 1970, la Fédéchar était un interlocuteur majeur des gouvernements nationaux et étrangers. Dans sa recherche d'une main-d'œuvre bon marché, l'organisation a joué un rôle important en attirant des immigrants en BelgiqueM. Khoojinian, Fixer la main-d'œuvre turque en Belgique : la tâche d'un mensuel officiel (1964-1970), 2007, BTNG/RBHC, à 520..

En effet, après la Première Guerre mondiale, elle a recouru à la main d'œuvre étrangère afin de mener une politique protectionniste de l'industrie charbonnière« L'organisation du patronat charbonnier belge et son influence politique », Courrier hebdomadaire du CRISP, vol. 7, , 1959, et 4.. . Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, l'industrie charbonnière était en plein essor. En revanche, après la seconde guerre, elle entra en crise pour diverses raisons comme : l'épuisement des réserves, le vieillissement des exploitations, l'augmentation du coût de revient et l'amplification de la concurrence étrangère. Cette période, marquée par la reconstruction, a donné lieu à la bataille de charbon, politique menée par d'Achille van Acker« L'organisation du patronat charbonnier belge et son influence politique », Courrier hebdomadaire du CRISP, vol. 7, , 1959, .. Cette bataille de charbon a donné lieu au miracle économique belge de 1945 à 1948 grâce au recrutement de mineurs étrangers. La tendance croissante de la population ouvrière belge à refuser les travaux lourds et insalubres crée une tension importante sur cette partie du marché de l'emploi. L'industrie minière, particulièrement concernée par ce phénomène social, décide à nouveau de recourir à l'embauche d'étrangers. La Fédéchar, fédération patronale, disposait de son propre réseau de recrutement dans chaque pays avec qui elle concluait des conventionsM. Khoojinian, Fixer la main-d'œuvre turque en Belgique : la tâche d'un mensuel officiel (1964-1970), BTNG/RBHC, 2007, .. Pour maintenir l'unanimité du groupe, Fédéchar est disposé à S. Panciera et B. Ducoli, « Immigration et marché du travail en Belgique : fonctions structurelles et fluctuations quantitatives de l'immigration en Belgique – période 1945-1975 », Courrier hebdomadaire du CRISP, vol. 709-710, , 1976 ; « Structure de l'industrie charbonnière Belge. Reprise des négociations », Courrier hebdomadaire du CRISP, vol. 11, , 1959, ..

Différents accords seront alors signés, notamment : le protocole belgo-italien du 23 juin 1946F. Dassetto et M. Dumoulin, L'immigration italienne en Belgique. Histoire, langues, identité. coll. Collana di cultura e umanità - 3, Istituto Italiano di cultur, Bruxelles, 1985, . ; l'accord du 28 novembre 1956 entre la Belgique et L'Espagne relatif à la main-d’œuvre espagnole en Belgique ; l'Accord bilatéral d'échange de main-d'œuvre entre la Belgique et le Maroc du A. F. De Keyser, « La convention belgo-marocaine du 17 février 1964 relative à l'occupation de travailleurs marocains en Belgique », Courrier hebdomadaire du CRISP 2003/18 (), , ; l'accord du 16 juillet 1964 entre la Belgique et la Turquie relatif à l'occupation des travailleurs turcs en BelgiqueM. Khoojinian, « L'accueil et la stabilisation des travailleurs. Leurs immigrés turcs en Belgique, 1963-1980 », CHTP-BEG - / 2006, à 16..

Par ce fait, les autorités belges décident de M. Khoojinian, « Fixer la main-d'œuvre turque en Belgique : la tâche d'un mensuel officiel (1964-1970) », BTNG/RBHC, 2007, ..