vignette|alt=un homme en veste et jeans, portant des lunettes, debout à côté d'un pupitre et tenant un micro.|Les récits de Stephen King, ici en 2011, ont déjà fait l'objet de plus de soixante adaptations cinématographiques et télévisées.

La liste des adaptations des œuvres de Stephen King recense les films, téléfilms, séries télévisées, bandes dessinées et œuvres théâtrales ou musicales adaptés de romans ou de nouvelles écrits par cet auteur.

La carrière de Stephen King est intimement liée au cinéma et à la télévision. La plupart de ses romans ainsi que bon nombre de ses nouvelles ont déjà été adaptés sous la forme de longs métrages, téléfilms ou séries télévisées avec plus ou moins de réussite. L'écrivain y a parfois contribué en tant que scénariste et, une seule fois, comme réalisateur. Au début du , Stephen King est l'écrivain encore en vie dont les œuvres ont été portées le plus souvent à l'écran.

Le succès du premier film tiré de son œuvre, Carrie au bal du diable (1976) de Brian De Palma, lui a permis d'acquérir une plus grande notoriété. Depuis lors, ses récits ont été adaptés par d'autres réalisateurs notoires, tels que Stanley Kubrick avec Shining (1980), George Romero avec Creepshow (1982) et La Part des ténèbres (1993), David Cronenberg avec Dead Zone (1983), John Carpenter avec Christine (1983), Rob Reiner avec Stand by Me (1986) et Misery (1990) ou encore Bryan Singer avec Un élève doué (1998).

Des metteurs en scène ont démontré leurs talents en adaptant des œuvres de Stephen King comme Frank Darabont avec Les Évadés (1994), La Ligne verte (1999) et The Mist (2007) ou Mick Garris, qui détient le record d'adaptations de l'écrivain réalisées. Après une période assez creuse, le grand succès commercial remporté par le film Ça (2017), qui bat le record de recettes au box-office mondial pour un film tiré de l'œuvre de King, et même pour un film d'horreur, donne lieu à une nouvelle vague de projets d'adaptations.

Plus occasionnellement, les récits de l'écrivain ont donné naissance à des bandes dessinées, des pièces de théâtre, des comédies musicales et même des opéras, et ont inspiré des chansons à plusieurs musiciens, principalement des groupes de hard rock ou de heavy metal.

Cinéma Années 1970 et 1980 vignette|redresse|alt=un homme souriant, barbu et moustachu.|Brian De Palma, ici en 1991, signe avec Carrie au bal du diable l'un de ses films les plus célèbres.

Peu après la publication de Carrie (1974), premier roman publié de Stephen King, Brian De Palma lit le livre et persuade les producteurs d'United Artists d'en acheter les droits d'adaptation et de lui confier la réalisation du film. Carrie au bal du diable (1976) est porté par l'interprétation de Sissy Spacek et trouve son point culminant lors de la scène du bal de fin d'année, filmée en écran divisé, qui marque les esprits des spectateurs. En plus d'être une réussite esthétique qui lui vaut la reconnaissance critique, le film est aussi un succès commercial qui contribue à lancer la carrière de l'écrivain en faisant connaître son nom du grand public. Les ventes du livre triplent peu après la sortie du film, lequel remporte le Grand prix du Festival international du film fantastique d'Avoriaz 1977 tandis que Sissy Spacek et Piper Laurie sont nommées aux Oscars pour leurs interprétations.

Stanley Kubrick, qui cherche alors à mettre en scène , décide d'adapter le roman Shining, l'enfant lumière (1977) en écartant certains aspects du roman pour se concentrer sur la folie du personnage de Jack Torrance, interprété par Jack Nicholson qui livre ici . L'inexpérience de Kubrick dans le domaine de l'horreur lui permet paradoxalement d'être novateur et le film Shining (1980) se caractérise par son style visuel unique et son usage révolutionnaire du steadicam. Malgré des critiques initiales très mitigées, le film connaît le succès auprès du public et il est désormais considéré comme un classique du genre horrifique. Stephen King est quant à lui déçu de la façon dont son récit a été adapté même s'il reconnaît que le film possède .

Le film à sketches Creepshow (1982) naît d'une discussion entre Stephen King et George Romero à propos de leur passion commune pour les bandes dessinées publiées par EC Comics. King, qui fait pour l'occasion ses débuts de scénariste, écrit en deux mois le scénario des cinq histoires composant le film. L'écrivain interprète aussi pour l'occasion son unique rôle important, sa « carrière » d'acteur se limitant pour l'essentiel à des caméos lors d'adaptations de ses récitsEn dehors de son rôle dans (1982), Stephen King a fait de courtes apparitions à l'écran dans les adaptations suivantes : Maximum Overdrive (1986), (1987), Simetierre (1989), Contretemps (1991), La Nuit déchirée (1992), Le Fléau (1994), Les Langoliers (1995), La Peau sur les os (1996), (1997), La Tempête du siècle (1999), (2002), (2004) et (2014).. est considéré comme une réussite artistique par son et son mélange d'humour noir et d'horreur graphique, et il connaît un certain succès à sa sortie. Une suite, Creepshow 2, sort en 1987. Toujours produite par Romero, qui cède néanmoins à son chef opérateur (entre autres, du premier Creepshow), Michael Gornick, le rôle de réalisateur. Cette suite composée de trois histoires, dont une adaptation de la nouvelle Le Radeau, ne parvient pas à retrouver de l'original.

vignette|gauche|alt=un chien assez massif aux oreilles tombantes et la langue pendante.|Cinq saint-bernard sont utilisés pour incarner le chien atteint par la rage du film Cujo.

Trois films issus de romans de Stephen King sortent au cinéma en 1983, l'écrivain commençant alors à devenir un phénomène de société. Cujo, adaptation du roman du même nom, doit être réalisé par Peter Medak mais celui-ci abandonne le projet dès le début du tournage. Medak est remplacé en urgence par Lewis Teague sur la recommandation de Stephen King. Teague signe un film fidèle au livre malgré une fin plus optimiste qui est approuvée par l'écrivain. En dépit de critiques mitigées, le film obtient un raisonnable succès commercial. David Cronenberg, choisi par le producteur Dino De Laurentiis sur les conseils de sa fille après la défection de plusieurs réalisateurs, met en scène avec Dead Zone sa première production au budget important. Il reste fidèle au livre mais choisit de mettre le héros au centre de ses visions et de découper l'action en trois actes bien distincts contrairement à la structure parallèle du roman. Christopher Walken interprète pour l'occasion l'un de ses rôles les plus mémorables, et le film est un succès critique et commercial qui remporte par ailleurs le Saturn Award du meilleur film d'horreur et trois prix au Festival international du film fantastique d'Avoriaz 1984. Stephen King vend les droits d'adaptation de son roman Christine (1983) alors que celui-ci n'a pas encore été publié. Le film Christine, réalisé par John Carpenter, sort donc seulement quelques mois après le roman. Carpenter tourne le film principalement pour se remettre de l'échec commercial de The Thing (1982) et déclare par la suite que sur le tournage même si sa assurent au film d'être considéré comme supérieur au roman dont il est issu.

Conçu dès le départ comme un slasher de série B, Les Démons du maïs (1984) reçoit à sa sortie des critiques cinglantes, qui pointent notamment du doigt la qualité de son scénario et de ses effets spéciaux. Son relatif succès commercial, qui se poursuit sur le marché vidéo, lui vaut cependant de donner naissance à une saga de huit suites et à un . Par ailleurs, King fait publiquement part, pour la première fois, de sa consternation face à cette adaptation. À l'inverse des Démons du maïs, Charlie (1984) est une production aux moyens importants pour l'époque. John Carpenter, d'abord associé au projet, est remplacé par Mark L. Lester. En dépit de la fidélité du scénario et de la présence d'acteurs renommés, le film déçoit le public et les critiques par la platitude de sa mise en scène et le jeu d'actrice peu expressif de Drew Barrymore dans le rôle-titre. Pour la deuxième fois en quelques mois, King se plaint publiquement de la qualité du film par voie de presse. Le film à sketches Cat's Eye (1985) se compose d'adaptations des nouvelles Desintox, Inc. et La Corniche et d'un scénario original de Stephen King. Ce dernier, satisfait du travail du réalisateur sur Cujo, suggère Lewis Teague pour le mettre en scène. Hésitant , le film n'a qu'un modeste succès. Après , Charlie et , Dino De Laurentiis met en chantier la production de Peur bleue (1985), adaptation du court roman L'Année du loup-garou (1983) d'après un scénario de King, afin de profiter de l'intérêt pour les films de lycanthropes qui a été ravivé par Hurlements et Le Loup-garou de Londres (1981) mais Peur bleue pâtit de la comparaison avec ses prédécesseurs.

vignette|redresse|alt=un homme au crâne dégarni, barbu et moustachu et portant une chemise à carreaux.|Rob Reiner, ici en 1988, est le réalisateur de Stand by Me et Misery, deux adaptations considérées comme faisant partie des plus réussies de l'œuvre de Stephen King.

En 1986, Stephen King, toujours en association avec De Laurentiis, décide de passer derrière la caméra en réalisant Maximum Overdrive, adaptation de sa nouvelle Poids lourds. Malgré un rythme soutenu et des effets spéciaux et des cascades spectaculaires pour l'époque, le film est plombé par des et une distribution . Cet échec enlève à King tout désir de rééditer l'expérience, l'écrivain qualifiant même son long métrage de . La même année, Rob Reiner adapte la longue nouvelle Le Corps (1982) avec Stand by Me. Récit dépourvu de tout élément surnaturel, cette escapade en forme de quête initiatique de quatre pré-adolescents remporte au cinéma un succès inattendu. porté par un , et considéré comme l'une des meilleures adaptations de l'œuvre de King, ce film marque une étape importante dans la carrière de Rob Reiner. 1986 est donc une année charnière dans la filmographie de l'écrivain puisqu'elle marque la fin de sa collaboration avec Dino De Laurentiis, dont toutes les productions à l'exception de ont été des échecs, et le début de l'ère Castle Rock Entertainment, la compagnie de production créée par Rob Reiner juste après .

Running Man (1987) est un film mettant en vedette Arnold Schwarzenegger qui ne présente que peu de similitudes avec le roman homonyme de King, l'écrivain allant jusqu'à affirmer que les deux œuvres . Abandonnant les thèmes du roman sur la manipulation médiatique et la téléréalité comme , le film . Il plagie par ailleurs le film Le Prix du danger (1983), dont le réalisateur Yves Boisset intente aux producteurs de un procès qu'il finit par gagner après plusieurs années de bataille juridique. Simetierre (1989), adaptation du roman homonyme, doit d'abord être mis en scène par George Romero, qui doit cependant céder sa place à Mary Lambert car le projet traîne beaucoup en longueur en raison des réticences des producteurs devant la noirceur du scénario écrit par Stephen King. L'écrivain s'implique beaucoup dans la production et insiste pour que le film soit tourné dans le Maine. Le film s'avère être aussi nihiliste et dérangeant que le roman et remporte un grand succès auprès du public.

Années 1990