vignette|230px|L'église. vignette|right|230px|Le monument aux morts '39-'45 vignette|230px|Ruisseau l'Ardières.
Chénelette est une commune française, située dans le département du Rhône en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Géographie Chénelette est un petit village situé dans le nord-ouest du département du Rhône, au milieu des bois, prairies, et montagnes. Le village est élevé de .
Communes limitrophes
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Centre et contreforts nord du Massif Central » et « Nord-est du Massif Central ».. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Didier-sur-Beaujeu à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Chénelette est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (51 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (51 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (51 %), prairies (41,4 %), zones agricoles hétérogènes (7,7 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Histoire
Le mont Tourvéon et l'ancien château de Ganelon Au sommet du mont Tourvéon qui culmine à environ , se situait un château, le château de Ganelon qui a été rasé sous l'ordre de Louis le Pieux. La légende raconte que Ganelon a été enfermé dans un tonneau hérissé de piques puis précipité sur les pentes assez raide du Tourvéon pour atterrir au niveau de l'église de Chenelette. Aujourd'hui les ruines du château sont visibles au sommet.
Pour y accéder à pied, il faut monter depuis le village une première partie sur la route puis arriver au terrain de terre, prendre la deuxième à droite puis à gauche où s'engage une dure montée. Au moment d'un croisement après la montée raide il est conseillé de prendre à gauche puis marcher sur lesquels à certains endroits la vallée de la Saône, de l'Ardières, la chaine du Mont Blanc et la carrière de Saint-Didier-sur-Beaujeu se dessinent.
Tolvedunum : naissance du village de Tourvéon
Même s'il n'y a aucune trace actuellement visible, le village existe avant la conquête des Gaules par Jules César. Il était situé sur le territoire des gaulois segusiaves. En 27, l'empereur Auguste jette les bases de l'administration en Gaule. Le pays des Ségusiaves s'émancipe de la tutelle éduenne en devenant une civitas à part entièreSource : Auguste Bernard, "Histoire des Segusiaves", 1858.
Le pays Segusiave est divisé en 5 cantons ou "pagus" : Pagus Forensis (Feurs) Pagus Rodonensis (Roanne) Pagus Jarensis (le Pays de Jarez) Pagus Condatensis (le pays du confluent) Pagus Tolvedunensis (le Pays de Tourvéon)
Durant la Pax Romana, le pays de Tolvedunensis était dominé par un castrum romain, lui-même bâti sur un oppidum gauloisSource : Xavier de Plainhol. "An historical geography of France". vignette|Le Torvéon, paysage au début du . S'il s'agit bien d'un oppidum gaulois, c'est avant tout un lieu de vie fortifié et donc bien un village à proprement parler. L'étymologie de Tolvedunum le confirme : Tolve Dunum. Dunum signifie sur les hauteurs. TOLVE serait une déformation de Thor/Taranis, dieu du ciel et du tonnerre. Une autre interprétation, purement latine, serait "turres validae" que l'on peut traduire par "tours valides". Les vestiges du village primitif doivent probablement se situer sous les ruines du château de Tourvéon.
La fonction principale du village de Tolvedunum était donc probablement militaire : protéger les routes et les échanges d'une des plus grandes métropoles de l'Empire d'Occident. Le pagus s'étendait sur les hauteurs du Beaujolais : de la plaine de la Saône jusqu'à la plaine de la Loire.
Tourvéon et les grandes invasions
En 407-410, lors de la plus grande vague d'invasion, la capitale des Segusiaves, Feurs, fut détruite. Le civitas segusiavi prit pour capitale Lugdunum la romaine. Le nord du pays ségusiave fut dirigé par le pagus Masticonensis (Mâcon). Une garnison romaine de taille notable s'établit au petit castrum de Tolvedunum.
En 538, Tolvedunum est rattaché à l'évêché de Mâconsource : cartulaire de l'abbaye de Savigny. À cette date, dans l'évêché de Mâcon, seule la paroisse de Tolvedunum n'était pas pourvue de prêtre ce qui indique certainement que le pays de Tourvéon était très faiblement peuplé mais qu'il existait une population rurale et sédentaire à cet endroit. Le mot pagus est remplacé par le terme romain d'ager alors que la région était sous le joug des burgondes. Les envahisseurs n'ayant pas vu de différence entre les gaulois ségusiaves et les romains. Les Burgondes n'ont laissé que peu d'impact dans la vie du pays.
En 727, 732, et en 737, il y eut des raids de pillage sarrasins. Celui de 727 fut de loin le plus sanglant : Lunna Visco (Belleville) et Matisco (Mâcon) furent rasées. Celui de 737 fut terrible par la répression menée par Charles Martel : les patriciens gallo-romains furent déposés. Bien entendu, l'armée franque pilla ce qui restait à piller et n'épargna personne.
Vers 768, sous la férule de Charlemagne, les armées franques reprirent définitivement le pays. Ils installèrent leurs propres nobles et continuèrent à piller tant et plus la population gauloise. Il n'est pas certain que la légende de Ganelon soit véridique mais elle date de cette époque. Le seigneur de Tourvéon, celui qu'on nomme Ganelon, était un noble franc qui a simplement dépassé les limites du supportable dans les actes de vols, de brigandage, et de toute chose de ce genreSource : "Les bords de la Saône de Lyon à Châlon" de Kauffman. En 824, Charles le Simple chargea un cadet de la famille du comte de Flandre de reprendre ce château, de le raser entièrement et de punir son occupant. Il réussit à prendre la citadelle par surprise et enferma le bandit dans un tonneau percé de pointes (torture assez commune à l'époque). La citadelle fut rasée conformément au souhait de l'empereur. Le cadet de Flandre devint maître des terres de Tourvéon. Ses descendants, pas peu fier du fait d'armes de leur ancêtre, prirent le nom de "Belli Joci" que l'on peut traduire par "beau jeu de guerre". Le premier descendant attesté de cette famille est Onfroi de Beaujeu. Bien sûr, les populations gauloises survivantes et dispersées sur le plateau ne furent pas au bout de leurs supplices. Les seigneurs de Beaujeu gardèrent jalousement le plateau et pressurèrent la population pour servir leurs propres ambitions dans le Forez et face à l'influence croissante de l'abbaye de Cluny.
À partir de cette période, le droit romain des Gallo-Romains fut partiellement aboli, le droit germanique des vainqueurs le domina. Le village rentrait brusquement dans la féodalité.
En 882, le cartulaire de Saint-Vincent de Mâcon informe que l'"agro tolvedunensi" fait toujours partie du Pagus Marticonensi (le comté de Mâcon). Les limites de "l'agro" sont plus claires et surtout plus petites : Claveisolles, Lamure-sur-Azergues, Saint-Nizier-d'Azergues, Cublize, La Gresle, Saint-Vincent-de-Reins, Saint-Bonnet-le-Troncy.Rhins
Par contre, il n'est pas stipulé qu'un village existe encore à l'endroit même du château. L'agro a perdu son appellation romaine pour une appellation de territoire féodal. L'appellation "tolvedunensi" disparait quand les seigneurs de Beaujeu décident de construire le château de Beaujeu vers 1060. C'est ainsi que le village de Tourvéon s'éteint sous la lumière et la puissance des seigneurs de Beaujeu. Chênelette renaîtra des cendres de l'antique TourvéonSource : "Histoire du Beaujolais et des Sires de Beaujeu" de Ferdinand la Roche La Carelle.
Chênelette, bourgade médiévale
Le blason de Chénelette comporte une coquille de Saint-Jacques car le village était situé sur le chemin de Saint-Jacques allant de Cluny au Puy-en-Velay sans précision sur le lieu de son passage. Toutefois, on sait qu'il passait par le sommet du mont Saint-Rigaud où il y avait une abbaye bénédictine. Il devait probablement descendre en suivant le petit ruisseau d'Azergues à partir de sa source pour bifurquer sur la curée de Poule (les Echarmeaux n'existaient pas encore).
Les voies romaines n'étant pas entretenues, il est impossible de voyager en voiture. Quand on voyage à cheval ou à pied, on prend toujours le chemin le plus court et cela même si ce chemin traverse des montagnes. Or, l'itinéraire le plus court entre Paris et Lyon passe par le col des Écharmeaux (aujourd'hui la Route Buissonnière).
Chanaletes (petit canal) apparaît pour la première fois dans les pouillés du diocèse de Mâcon à la fin du . Le village est trop modeste pour payer la dîme mais sa taille est suffisamment importante pour l'ouverture d'une curée. Il y a donc un curé et une église.
La somme récoltée de 28 sols est bien modeste en rapport aux autres paroisses dépendant du chapitre de Beaujeu (à la même époque, Poule, Vernay, et Claveisolles s'acquittent d'une dîme de 20 livres et 44 sols chacune). Chénelette n'est qu'un gros hameau de quelques feux perdus dans la montagne. On ne sait où se situait exactement le village médiéval. La toponymie le localise à proximité de l'Azergues. Au , Chênelette dépend directement de l'abbaye de Cluny tandis que les communes avoisinantes de Poule, Vernay, Claveisolles dépendent du prieuré de Charlieu. On ne sait de combien mais le village paye la dîme, preuve que le village s'est développé.