Grézieu-la-Varenne est une commune française située dans le département du Rhône en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie Elle fait partie du canton de Brignais et de l'arrondissement de Lyon.

La superficie de la commune de Grézieu-la-Varenne est de .

Le sous-sol se compose essentiellement d'un gneiss granulitique dans la partie ouest de la vallée, jusqu'à la D 30 qui relie Grézieu à Brindas ; on compte moins de 4,7 % d'argile, et une plus forte proportion de quartz.

Dans la partie est, soit en direction de Lyon, on trouve du gneiss à cordierites, reconnaissable à ses stries noires ; 6,5 % d'argile : des terres plus riches, moins sableuses et plus franches.

L'hydrographie de la commune se présente de la manière suivante : au nord, les ruisseaux du Mercier et du Ratier séparent respectivement Grézieu des communes de Pollionnay et de Sainte-Consorce. Ils se rejoignent au niveau du Pont Rapaud pour former le ruisseau de Ponterle, qui se jette lui-même dans le ruisseau de Charbonnières, affluent de l'Yzeron, mais ce en dehors des limites de la commune.

La Chaudanne, qui prend sa source à l'ouest de la commune, au niveau du hameau de Montolvet, sépare Grézieu et Vaugneray au sud-ouest et rejoint l'Yzeron, qui marque la limite entre Grézieu et Craponne au sud-est.

Tous ces ruisseaux s'écoulent selon une direction ouest-est, à l'exception de la goutte de Chambarny, qui sépare Grézieu de Craponne selon une direction nord-sud.

En termes d'altitude, le point le plus haut de la commune se situe à l'ouest, au niveau du hameau du Recret, à . Le point le plus bas se trouve au sud-est, au pont Chabrol, au confluent de la Chaudanne et de l'Yzeron (). Le parvis de l'église s'élève à . Communes limitrophes

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Nord-est du Massif Central, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 800 à , bien répartie dans l’année.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Brindas à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Grézieu-la-Varenne est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de LyonUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération inter-départementale regroupant , dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Lyon comprend une ville-centre et ... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lyon, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (54,8 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (58,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (36,6 %), prairies (32,7 %), zones agricoles hétérogènes (22,1 %), forêts (8,5 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Pour ce qui est de l'étymologie du nom , plusieurs thèses s'opposent ou se complètent. L'abbé DevauxAbbé DEVAUX, Les noms de lieux dans la région lyonnaise aux époques celtique et gallo-romaine, Lyon, 1898, page 32, cité in Préinventaire des Monuments et Richesses artistiques, XV, Grézieu-la-Varenne, Lyon, Conseil Général du Rhône, 1987, page 5 penche pour une déformation du gentilice gallo-romain Gratius, mais d'autres mentions d'origines diverses se rencontrent aussi : (927) ; (1214, Cartulaire lyonnais, I, ); (Pouillé du publié en annexe du cartulaire de Savigny, ) ; ; (1581, A.D., fonds de Saint-Just) ; (1697, Enquête d'Herbigny) ; au Voir aux A.D. le fichier topographique de Gonon.

E. Catalon mentionne pour sa part une possible origine celtique du nom : grag (roche), ou graou, terre sablonneuse et pierreuse, tout en mettant en garde contre une interprétation facile consistant à voir grès dans Grézieu.

L'additif La Varenne, qui permet de distinguer Grézieu de Grézieu-le-Marché, apparaît en 1278 : Grayseu in Varena (Cartulaire lyonnais, II, ). E. Catalon rapporte que « selon certains », dans le Forez, on appelait varennes des terres sablonneuses et pierreuses peu épaisses. Il précise aussi que d'autres y voient une déformation de garenne.

Histoire

Antiquité Aucune trace d'occupation n'est attestée pendant la période romaine, tant au niveau archéologique que bibliographiqueOdile FAURE-BRAC, Carte archéologique de la Gaule - Le Rhône, 69/1, , ..

Toutefois, dans l'opuscule qu'il a consacré à l'histoire de la commune en 1977, M. Catalon précise que L'auteur fait également référence à un camp romain, installé à l'époque du triumvir Marc-Antoine sur une partie du plateau lyonnais où se trouvent aujourd'hui les communes de Tassin, Craponne, Grézieu et Saint-Genis-les-Ollières.

De fait, la commune de Grézieu abrite, parmi ses vestiges archéologiques, des restes notables de l'aqueduc romain de l'Yzeron. Voici ce qu'en dit à la page 19 le Préinventaire des Monuments et Richesses artistiques de la commune (1987) :

Grézieu abrite également une section de l'ancienne voie d'Aquitaine, tracée en 43 après Jésus-Christ sous le règne de l'empereur Claude. Elle traverse le bourg à l'emplacement approximatif de la grande-rue pour atteindre, en direction de l'ouest, le Recret et le col de Saint-Bonnet en direction de l'Atlantique.

Moyen Âge Le village fut également, pendant plusieurs siècles, la dernière étape d'un pèlerinage dédié à saint Bonnet et situé entre le col de la Luère et le col de Malval, sur l'emplacement d'un ancien site druidique. Saint Bonet ou Bonnet, auvergnat de naissance naquit vers 623 dans une famille d’anciens sénateurs romains. Il fit des études remarquables pour l’époque : grammaire, droit et sans doute rhétorique. Il se préparait ainsi à une carrière à la cour du roi. Il servit comme échanson de Sigisbert III et de Thierry III. Il devint préfet de Marseille vers 677. Il géra cette ville avec beaucoup de douceur, s’opposant au commerce des esclaves. Il pratiquait un ascétisme sévère. Son frère saint Avit était alors évêque de Clermont. Se sentant près de sa fin, il demanda son frère comme successeur et obtint l’accord du roi pour cette nomination épiscopale. Avit mourut rapidement et Bonet devint évêque de Clermont vers la fin de 690. Il continua de vivre pauvrement en jeûnant plusieurs jours par semaine. Sa nomination par son frère lui causa des scrupules : il démissionna et se retira à l’abbaye de Manglieu dans le Puy-de-Dôme. Il entreprit le pèlerinage de Rome, au passage il passa par Lyon où il apaisa un conflit entre l’évêque et le duc des Burgondes. Il poursuit son chemin jusqu’à Rome et la légende rapporte qu’en chemin il racheta de nombreux captifs pour les libérer. À son retour il s’installa à Lyon, où il mourut vers 705.

Son corps fut transféré à Clermont, d’abord à l’église Saint-Maurice vers 712 puis à la cathédrale au .

Le baron Raverat rapporte des éléments similaires, mais avec quelques différences : .

Il est à noter que ce site, Saint-Bonnet-le-Froid (à ne pas confondre avec une localité du même nom dans la Haute-Loire), qui se trouve sur la commune de Chevinay, abrite depuis des siècles un château plusieurs fois modifié, et dont l'un des propriétaires fut le philosophe lyonnais Antoine Blanc de Saint-Bonnet.

En 913, une église aurait été bâtie à Grézieu par le Comte Guillaume dit le Pieux, qui peu d'années auparavant avant fondé l'abbaye de Cluny, suivie par la création d'une paroisse.. Cette église, plusieurs fois remaniée, existait encore en 1867, mais elle fut remplacée par un édifice plus vaste en 1870-1871.

La tradition veut que la cuve baptismale conservée à l'église de Grézieu, qui date de la fin du -début du Pierre Tuaillon, La cuve de Grézieu-la-Varenne, bénitier ou cuve baptismale ?, in Actes des Journées d'études 2001, XVIII - Vaugneray et sa région, Union des Sociétés Historiques du Rhône, Lyon, Conseil Général du Rhône, 2001, page 37, ait été offerte à la nouvelle paroisse par Guillaume le Pieux.

À la fin de l'empire carolingien, l'Ouest lyonnais dont fait partie Grézieu connaît successivement plusieurs souverainetés : royaume de Provence (879-928), royaume d'Arles (928-1032), puis Saint-Empire jusqu'au commencement du . L'éloignement de la région du centre du pouvoir politique la mettait évidemment à la merci des luttes d'influence locale. Ainsi, Grézieu se trouva placé dans une zone de contacts entre les influences antagonistes des chanoines-comtes de Lyon et des comtes du Forez.

C'est au cours de ces deux siècles de heurts entre pouvoirs rivaux pour le contrôle du plateau lyonnais que se place l'épisode de la bataille d'Yzeron (1158), au cours de laquelle les troupes de l'archevêque de Lyon Héraclius furent battues par l'armée de Guy II, comte de Forez. En 1173, un accord conclu entre les parties adverses mit fin au différend, le comte du Forez conservant les pays de la vallée de la Loire, et l'archevêque de Lyon ceux du Rhône et de la Saône dont Grézieu faisait partie.

Vestiges de la tour ronde.|vignette