Olympe Démarez, née le à Catillon sur Sambre (département du Nord) et morte le , est une avocate française. Personnalité à part, dans la lignée des pionnières Jeanne Chauvin et Olga Petit, premières femmes avocates en France en 1900, Olympe Démarez est la première femme à accéder à la profession d'avocate dans le département du Nord.
Biographie Olympe Adolphine Démarez nait le à Rejet de Beaulieu, hameau de Catillon-sur-Sambre. Il s'agit d'une fille naturelle, sa mère Bernard Amélie Olympe, journalière, est âgée de La Voix du Nord du 15 2 2014, citée dans la bibliographie. Olympe sera reconnue et légitimée par le mariage, le , un an et demi plus tard, à Catillon-sur-Sambre, de Démarez Léocade Léopold ( par son père et grand père ) et de Bernard Amélie Olympe. Lors du mariage de 1879, les deux époux exercent la profession de tisseurs (ouvrier travaillant dans le textile), et une partie des témoins et de leurs proches ne sait pas signer l'acte. Les origines d'Olympe Démarez sont donc modestes, voire très modestes. En 1914, son père est effectivement garde-chasseChristian Vincent, cité dans la bibliographie.
Olympe Démarez suit les cours de l'école primaire de son cher hameau de naissance et y obtient le certificat d'études en Tourisme Cambrésis, cité dans la bibliographie. Le registre de l'école mentionne: «Demarez Olympe a été une très bonne élève sous le rapport de la conduite et du travail».
Elle quitte l'école pour apprendre le métier de modiste, mais finalement elle peut reprendre ses études..
En 1898, elle a , elle entre dans l'Enseignement sur un poste situé à de son village de naissance, ce qui, en considérant les mœurs et les moyens de déplacement de l'époque, sort de l'ordinaire. Elle suit néanmoins un parcours classique au tournant du siècle, pour les femmes ayant fait des études, en se destinant au métier d'institutrice: d'abord à Petit-Fort-Philippe (hameau de Gravelines) de 1898 à 1901, puis à Dunkerque de 1902 à 1908.
À l'âge de , elle quitte l'Enseignement et la sécurité du métier d'institutrice, suivant son inclination pour les études de droit alors que ces études ne font encore que s'entr'ouvrir pour les femmes et que celles-ci demeurent peu nombreuses à faire des études supérieures. Pour subvenir à ses besoins et financer ses études, elle entre comme secrétaire dans le cabinet de Charles Valentin, jeune avocat, il a Nord , cité dans la bibliographie, inscrit récemment au barreau de Dunkerque.
Après la capacité en droit, elle obtient en 1913 la licence en droit qui lui permet d'accéder à la profession d'Avocat.
Ses relations avec Charles Valentin évoluent: il n'est plus seulement son employeur mais aussi son amant et son compagnon. Malgré ce mode de vie de concubinage, qui n'est pas vraiment la norme dans leur milieu bourgeois, le couple est très honorablement respecté en Flandre. Le , Charles Valentin est victime d'un grave accident de la circulation dans la banlieue lilloise. Malgré les soins d'Oscar Lambret, éminent chirurgien lillois, son état empire. Olympe Démarez demande alors au député-maire de Lille Charles Saint-Venant de les marier. Son mari expire peu de temps après la cérémonie.
Olympe Démarez revient alors dans sa ville natale, où pendant la durée de la Seconde Guerre mondiale, elle s'occupe de «l'œuvre des petits réfugiés».
Elle regagne Dunkerque à la Libération et, à la demande du maire, travaille à réorganiser les archives municipales.
Les femmes acquièrent le droit de vote en 1944, et votent pour la première fois aux élections municipales d' (Droit de vote des femmes). Olympe Démarez-Valentin, veuve de l'ancien maire, devient la première femme élue au conseil municipal de Dunkerque à l'issue de ces premières élections ouvertes aux femmes, c'est-à-dire pouvoir voter et pouvoir être éligible.
Elle continue de participer à des réunions publiques, à l'occasion d'évènements organisés par sa famille politique et lors des cérémonies d'hommage à son mari à la date anniversaire de sa mort.
Elle décède le , à l'âge de 86 ans à Dunkerque.
Avocate
Contexte L'accession à la profession d'avocate demeure un évènement en 1914. Comme il a été dit ci-dessus, les femmes n'ont pu devenir avocates qu'à compter de 1900. L'extension de cette possibilité demeure difficile, du fait du "corporatisme" masculin. En 1908, seulement, une femme, Maria Vérone, peut plaider devant une Cour d'assises puis devant les tribunaux pour enfants. Ce n'est qu'en 1913 qu'une avocate, Mme Valat à Toulon accède à un tribunal militaire. En 1929, on compte seulement avocates en France. Il faut attendre 1946 pour qu'une femme puisse être magistrateFlorence Montreynaud, Le siècle des femmes, Paris, Nathan, 1989, p.26.
Carrière Le , à l'âge de , Olympe Démarez prête serment devant la chambre civileLe Journal de Fourmies, du 8 février 1914, p. 1, lire en ligne de la cour d'appel de Douai en tant qu'avocate. Elle est la première femme à accéder à la profession dans le département du Nord, après les pionnières, Jeanne Chauvin, femme française docteur en droit, et Olga Petit, reçues avocates en 1900, en application de la loi du (rapporteur: Raymond Poincaré) qui permet aux femmes munies des diplômes de licencié en droit de prêter le serment d'avocat et d'exercer cette profession.
Elle demeure auprès de Charles Valentin, qui, dans l'intervalle s'est lancé dans une carrière politique : « le métier d'avocat et la politique sont au début du siècle intimement liésBernard Sur, Histoire des avocats de France, des origines à nos jours, Dalloz, 1997, cité par Christian Vincent » ce qui explique en partie les difficultés à admettre les femmes dans la profession d'avocat, alors qu'elles n'ont toujours pas le droit de vote, etc. obtenu seulement en 1944.
Charles Valentin mène de front son ascension politique (conseiller général dans le canton de Gravelines en 1913, battu en 1919, maire de Dunkerque en 1925, et constamment réélu, député en 1936) et une brillante carrière d'avocat : il est considéré comme un des ténors du barreau. Situé à gauche de l'échiquier politique, il gagne la réputation d' « avocat des pauvres et des déshérités ».
Il semble qu'Olympe Démarez ait peu plaidé note n'avoir pu obtenir confirmation de cet élément auprès du Palais de justice de Dunkerque: elle met en retrait sa réussite personnelle et consacre tout son temps à la double carrière de son compagnon en préparant, de l'avis unanime, de main de maître, ses dossiers. Son intelligence et le travail remarquable accompli ont frappé les personnes ayant eu l'occasion de côtoyer le couple.
Malgré une carrière personnelle très discrète, Olympe Démarez reste néanmoins une référence pour nombre de jeunes avocats
Portraits Une photographie d'Olympe Démarez en robe d'avocat, à sa table de travail, illustre l'article de Christian Vincent.
Une photographie d'Olympe Démarez en robe d'avocat figure sur le site de Tourisme Cambrésis.
Une photographie d'Olympe Démarez, lors d'une cérémonie d'hommage à Charles Valentin, le , au cimetière de Dunkerque figure dans .
Hommage Une école porte son nom à Rejet-de-Beaulieu depuis le ..
Articles connexes Rejet-de-Beaulieu Charles Valentin Féminisme en France
Bibliographie «Démarez (Olympe), Le Cateau-Cambrésis, (1878-1964) - Profession libérale - Avocate», dans . Christian Vincent, «Olympe Desmarez, première avocate du Nord», dans Cent ans de vie dans la région, Tome 1: 1900-1914, La Voix du Nord éditions, , p.85, lire en ligne. «Olympe Demarez», sur Tourisme Cambrésis, site en ligne, lire en ligne. «Rejet-de-Beaulieu: il y a cent ans, Olympe Démarez devenait la première avocate du Nord», sur La Voix du Nord du , lire en ligne. «Olympe Démarez, première avocate du Nord», dans Nord le Département, n°254, , p. 53, lire en ligne.
Notes et références
Catégorie:Avocate française du XXe siècle Catégorie:Femme politique française Catégorie:Personnalité de la Section française de l'Internationale ouvrière Catégorie:Naissance en janvier 1878 Catégorie:Naissance dans le département du Nord Catégorie:Décès en septembre 1964 Catégorie:Décès à 86 ans Catégorie:Décès à Dunkerque