Ira Leon Rennert (né le ) est un riche investisseur (milliardaire) et homme d'affaires américain, créateur et président du Groupe Renco. Sa fortune serait d'environ 3,8 milliards de US $.. Il habite la maison de milliardaire considérée comme celle qui - selon Forbes - a coûté le plus cher à construire et qui aurait actuellement le plus de valeur.
thumb | upright=1.6|Photographie aérienne de la maison (groupe de bâtiments en réalité) d'Ira Rennert, située à Sagaponack (New York)
Enfance et éducation Les parents de Ira Rennert étaient des immigrants juifs venus de Pologne et de Roumanie.
Rennert est diplômé du Brooklyn College en 1954 et titulaire d'une maîtrise de l'université de New York (Stern School of Business) en 1956 où il se trouvait plus tard au conseil des surveillants..
Débuts professionnels En 1956, Renner se lance comme analyste du crédit à Wall Street. Il a aussi été partenaire de Rubin, Rennert & Co. avant de lancer sa propre entreprise (I.L. Rennert & Co.) en 1962.
En 1963 il est repéré par le National Association of Securities Dealers comme travaillant avec une quantité de capitaux insuffisante, ce qui lui fait perdre son permis exercer ; il est révoqué (le ), ce qui lui interdit l'accès au secteur des valeurs mobilières. Selon un porte-parole de la société, Jon Goldberg : , ce qui a terni son image et lui a fait perdre des investisseurs..
Financement d'obligations de pacotille (Junk bonds) ou à haut-risque Rennert a travaillé avec Michael Milken, négociateur en obligations de Drexel Burnham Lambert, un trader qui réussissait à vendre des obligations à haut-risque émises par des sociétés en difficulté ou sous-capitalisées. Integrated Resources a ainsi levé 2 milliards de dollars d'obligations à haut-rendement financées par Milken, mais s’est finalement effondré en étant à l'origine d'un scandale financier (faillite à un milliard de dollars de dette obligataire) en mai 1989 (scandale et délits d'initiés survenus dans les années 1980 et raconté par James B. Stewart dans un livre de 1991 : Den of Thieves (livre), un best seller ayant remporté en 1992 le prix Pulitzer).
Rennert étant membre externe au Conseil d'administration, il a pu éviter d'être entraîné par l'effondrement de l'entreprise ; il a alors commencé à lever des obligations à haut risque pour financer des acquisitions pour le Renco Group.
La stratégie de Rennert pour la construction de Renco était d'acquérir toutes les actions de sociétés en difficulté et à financer leur achat en émettant des obligations spéculatives. Au passage Rennert s'accordait d'importants dividendes.
À partir de 1995, grâce à une série d’émissions de Junk bond (obligations pourries) les filiales de Renco ont emprunté environ 1,1 milliard de dollars et transféré 322 millions de dollars (29 %) au groupe Renco (d’après les documents déposés au Royaume-Uni) à la Commission des valeurs mobilières et des changes (SEC) .
Soutenu par des fonds communs de placement et des fonds spéculatifs de premier plan tels que John Hancock Funds LLC et Putnam Investment Management LLC, Rennert n'a ensuite plus besoin de régulièrement investir une grande partie de son propre argent. En 1992 il achète AM General avec un acompte de seulement 10 millions de dollars.
En 1994 Renco rachète à Fluor Corp. de Los Angeles la compagnie Doe Run (52 millions de dollars en espèces + une dette d’environ 60 millions de dollars à verser en huit ans).
Trois ans plus tard, avant même d'avoir remboursé cette dette, en 1997 Doe Run débourse 247 millions de dollars pour racheter un complexe industriel de fonderie de plomb au gouvernement péruvien, en butte à de graves problèmes de pollution du cours d'eau, de la ville et de toute la vallée jouxtant la fonderie. Au passage il emprunte davantage pour rembourser sa dette à la Fluor Corporation. Et en 1998, Doe Run de son côté a vendu pour 305 millions de dollars d’obligations pour financer son acquisition au Pérou ainsi que pour acheter d’autres mines de plomb dans le Missouriselon les rapports de Doe Run auprès de la SEC où Doe Run est aussi accusé de gravement polluer l'environnement en affectant la santé de employés ou habitants vivant dans les zones polluées par l'entreprise.
Depuis 1998 la plupart des financements de Renco sont des dettes bancaires.
Transactions et filiales Production d'acier avec WCI En 1988, Renner via Renco rachète (140 millions de dollars) une entreprise sidérurgique Warren (Ohio) à sa société mère en faillite (LTV Steel Co.). L'entreprise est renommée WCI Steel Inc.. Rennert est en mesure de vendre des obligations pour un montant total de 300 millions de dollars, en versant 108 millions de dollars du produit du dividende à Renco.
10 ans plus tard (en 1998) une holding (Renco Steel Holdings Inc.) est créée pour servir de société de portefeuille à la WCI. Cette société de portefeuille a ensuite vendu pour 120 millions de dollars d’obligations-junk, en versant cette fois un dividende supplémentaire de 100 millions de dollars à Renco.
Lors de la faillite, la Pension Benefit Guaranty Corporation avait calculé que le régime de retraite générerait un manque à gagner de 117 millions de dollarscorpwatch.org http://www.corpwatch.org/article.php?id=13215 . Renco a accepté d'assumer la responsabilité du régime de retraite existant, avec le soutien continu de la WCI. Selon des journaux de l'époque, la Pension Benefit Guaranty Corporation aurait menacé de placer le patrimoine de Rennert en gage du régime de retraite des métallos. Harbinger a vendu l'entreprise à Severstal, un aciériste basé en Russiehttp://www.tradingmarkets.com/.site/news/Stock%20News/2455462/..
MagCorp, devenu US Magnesium (USM) En 1989, Renco achète le plus grand producteur de magnésium des États-Unis, installé dans l'Utah : Magnesium Corp., qui utilise des produits chimiques et des process très polluants pour extraire du magnésium et d'autres minéraux de l’eau du Grand Lac Salé, afin d'ensuite raffiner le magnésium utilisé dans des produits aussi divers que des bombes au magnésium aux vélos en passant par des médicaments ou suppléments alimentaires.
En 1996, Renco a créé Renco Metals, Inc. en tant que société de portefeuille pour Magnesium Corp. et émet des obligations pour un montant de 150 millions de dollars. Tout comme WCI, la société a versé à Renco 90 millions de dollars de dividendes à la fin de l'année.
En 2001, le Ministère de la Justice (DOJ) américain engage une action en justice contre Magnesium Corp. pour de multiples violations des lois américaines sur l'environnement et la gestion des déchets dangereux. Rennert est à l'occasion aussi accusé d'avoir pris à Magnesium Corp. trop d'argent via l'émission d'obligations . Le procès a duré 6 ans (jusqu’en 2007, où un juge s’est finalement prononcé en faveur de Renco et contre le DOJ).
En 2010 (le ) une décision de la Cour d'appel (10th Circuit Court of Appeals) annule la décision du d'un juge de tribunal de district selon laquelle l'installation américaine de magnésium sise à Rowleyn (Utah) ne se débarrassait pas illégalement de cinq types de déchets toxiques (la poursuite initiale, déposée par le ministère de la Justice au nom de l’EPA en 2001, affirmait que l'entreprise ne respectait pas plusieurs règlements promulgués en vertu du Resource Conservation and Recovery Act de 1976, qui édicte des principes d'élimination des sous-produits et déchets dans le respect de l'environnement). Renco continue d'exploiter l'entreprise sous le nom de US Magnesium (qui est devenu le seul producteur de magnésium pour tous les États-Unis).
En 2008, le le complexe chimique US Magnesium est si polluant que l'EPA propose qu'il soit placé dans la liste des sites prioritaires National Priorities List (NPL) éligibles au Superfund" (dans le "Federal Register").
En 2009 (le ) l'entreprise USM a déposé devant la Cour d'appel des États-Unis pour le circuit du district de Columbia une requête en révision de la liste, mais le la cour d'appel des États-Unis s'est rangée du côté de l'EPA et a confirmé que le site pouvait être placé sur la liste des priorités nationales.
AM General En 1993, Renco a acheté AM General (constructeur de véhicules spéciaux ; à usage industriel, militaire et/ou gouvernemental tels que le Humvee) au groupe LTV Corporation alors au bord de la faillite. Les conditions comprenaient un paiement en espèces de 67,5 millions de dollars, le reste devant être versé sous diverses formes sur une période de 10 ans. Le , il a été annoncé que la société MacAndrews & Forbes Holdings de Ronald Perelman achèterait 70 % de AM General à Renco (pour environ 1 milliard de dollars américains).
Bilan environnemental du groupe Aux États-Unis
Dans les années 1990 le bilan environnemental du groupe était très mauvais, en particulier à cause du bilan catastrophique de Doe Run qui en 1998 a fait classer le Groupe Renco (par l’EPA) au rang des 10 plus gros pollueurs des États-Unis, principalement en raison des pollutions de l'air, de l'eau et des sols du complexe chimique de US Magnésium dans l’Utah, anciennement MagCorp, racheté par Renco en 1989, a émis jusqu'à de polluants par anet en 1998 année où la pollution de l'usine avait été réduite de moitié, mais était encore très élevée par rapport aux normes environnementales américaines ou européennes.. En 2005, dernière année de publication des données par l'EPA, les émissions de polluants (hors ) avaient été réduites de 97%.
En 2001, le ministère de la Justice et l’EPA ont conjointement intenté une action contre Renco, en proposant des amendes de près d'un milliard de dollars, au motif que MagCorp (l'une des filiales de Renco Metals Inc.) avait déversé une partie de ses déchets toxiques dans les zones humides et étangs du Grand Lac Salé, déchets contenant notamment des boues et eaux usées polluées par des PCB et obstruant le réseau hydrographique, dont certains contaminants dépassaient de 12 fois le seuil autorisé pour les rejets accidentels. MagCorp a tenté de se défendre en prétendant être exemptée de la loi fédérale obligeant les entreprises à surveiller plusieurs types de déchets dangereux.
Magcorp s'est mis en faillite au titre Chapitre 11 de la loi sur les faillites des États-Unis, peu de temps après le début de la procédure judiciaire. Un juge fédéral a autorisé Rennert à restructurer MagCorp - de puis renommé American Magnesium - dans le cadre d'une procédure qui exonère Rennert et Renco de toute responsabilité légale antérieure. La poursuite de l'EPA est restée cependant en suspens jusqu'en quand un juge fédéral s'est finalement prononcé contre l'EPA et contre le ministère de la Justice et en faveur de Renco et de MagCorp / US Magnesium.
Mise aux normes et récompense US Magnesium est aujourd'hui (2018) l'unique producteur de magnésium aux États-Unis et le troisième au monde. Le complexe chimique a réduit de 90 % ses émissions atmosphériques depuis 2000 (de 97 % depuis 1989), ce qui en fait selon l'EPA la réduction la plus importante parmi les polluants atmosphériques dangereux depuis le début du TRI en 1987 (pour une seule usine).. Dans le même temps l'efficacité énergétiques des processus de fabrication du magnésium a aussi été grandement améliorée, permettant une réduction nette de d'émissions de dioxyde de carbone par an. US Magnesium a été récompensé par le Climate Protection Award 2004 de l'EPA. et a remporté le prix de la protection du climat offert par l'EPA en 2006 pour la responsabilité environnementale.
Une autre filiale américaine de Renco a aussi été confrontée à de graves problèmes environnementaux, à Herculeanum, dans le Missouri. Elle a amélioré son bilan environnemental, mais en laissant de lourdes séquelles sociale et environnementales, malgré des améliorations substantielles (séquelles du saturnisme, sols pollués... par la fonderie de plomb de Renco : Doe Run, exploitée localement depuis 1892.