La seigneurie de Vouvant et la seigneurie de Mervent, sont deux anciennes seigneuries, puis baronnies, localisées en Bas-Poitou. Les hommages rendus à ces deux seigneuries se confondent à partir du . Ils sont dès lors rendus uniquement au château de Vouvant. Après avoir été possédées par de nombreuses familles, les seigneuries-baronnies de Vouvant-Mervent reviennent définitivement à la Couronne de France en 1694.

Selon les Archives nationales, la seigneurie de Vouvant est érigée en baronnie au moins à partir de 1468. La date de disparition de la baronnie de Vouvant est quant à elle fixée à 1788.

L'appellation de seigneuries de Vouvant-Mervent vient du fait que les deux seigneuries sont jumelées à partir de la fin du . En effet, c'est à partir de cette date que Geoffroy de Lusignan devient seigneur de Vouvant et de Mervent.

Héraldique Armes utilisées avant v. 1500

Nouvelles armes données vers 1500 Au moins dès le début du , de nouvelles armes sont données aux seigneuries de Vouvant, Mervent et Mouilleron. Elles sont décrites comme « ung escu burelé d'argent et d'azur à deux serpents de gueulles ». Les nouvelles armes remplacent alors celles des seigneurs de Parthenay et font directement référence à la légende de la fée Mélusine (présence de deux serpents) et à la famille de Lusignan (présence d'un burelé d'argent et d'azur). Les armes communes attribuées aux trois seigneuries sont visibles dans un ouvrage de Jean de Baudreuil daté entre 1524/25 et 1534 dans lequel sont présentes les armoiries des divers fiefs tenus par Louis II d'Orléans-Longueville.

Liste des seigneurs-barons Voici ci-après une liste présentant les seigneurs de Vouvant puis, dès la fin du , les seigneurs-barons de Vouvant et de Mervent.

La liste des premiers seigneurs de Mervent n'est pas indiquée, ces derniers étant peu connus. Hugues de Mervent est toutefois mentionné dans une charte de 1076 et Pierre de Mervent dans une charte de 1158 et en 1162 Hugues de Mervent dans un acte conclu "apud Pictavim juxta ecclesiam beati Andree" I. Poitou-Charentes. 1. Ville de Poitiers - Persée

On lit souvent que la seigneurie de Mervent a appartenu aux Chabot et serait venue aux Lusignan du mariage d'Eustachie Chabot avec Geoffroy de Lusignan. Il n'en est rien : Mervent a été une châtellenie de Richard Cœur de Lion Les châteaux des Lusignans en Poitou (1154-1242) - Persée qui a été confiée, à la mort de Richard par son frère Jean Sans Terre, à Geoffroy de Lusignan Les Lusignans entre Plantagenêts et Capétiens : 1200-1246 - Persée

Seigneurs de Vouvant (du début du à la fin du ) Premiers seigneurs-châtelains (av. 1040-av. 1076) Le château de Vouvant étant une résidence comtale édifiée par Guillaume le Grand d'Aquitaine, les premiers « seigneurs » de Vouvant sont des châtelains choisis par les comtes de Poitiers et ducs d'Aquitaine afin de tenir la forteresse pour ces derniers. L'identification de ces personnes est peu connue, mais des actes indiquent qu'il y avait Association Patrimoines du Vouvantais, exposition : Vouvant d'un millénaire à l'autre, à partir des recherches de Nicolas Prouteau (Maître de conférences en archéologie médiévale à l'Université de Poitiers - Directeur adjoint du CESCM) et des aquarelles historiques de Lionel Duigou, août 2016. Lire en ligne. :

en 1040 : Hélie. peut-être avant 1045 ou avant Hélie : Raymond. de peut-être après 1045 à, au moins, 1056 : Géraud, fils de Raymond. peut-être suivi par : Guillaume. vers 1065 : Bouchard, Raoul et Vossard. en 1076 et 1088 : Bouchard.

Maison de Craon (av. 1076) Dans la seconde moitié du : Robert Bourgoin. Le comte de Poitiers et duc d'Aquitaine Guillaume VIII d'Aquitaine lui aurait transmis la forteresse de Vouvant.

Maison de Rancon (v. 1076-v. 1140/50) Avant 1080 : Aimery III de Rancon, époux de Bourgogne de Craon (fille de Robert Bourgoin et de Avoie (ou Blanche) de Sablé). Début du : Geoffroy de Rancon, fils de Aimery III de Rancon et de Bourgogne de Craon.

Maison de Lusignan (v. 1140/50-av. 1200) Vers 1140-1150 : Hugues VIII de Lusignan, acquiert la seigneurie de Vouvant par le biais de son mariage avec Bourgogne de Rancon (fille de Geoffroy de Rancon et de Fossifia de Moncontour) Généalogie de Hugues VIII de Lusignan sur le site Medieval Lands. Avant 1169 : la seigneurie est donnée à Geoffroy de Lusignan, fils de Bourgogne de Rancon et de Hugues VIII de Lusignan.

Seigneurs de Vouvant et de Mervent (de la fin du à 1788) Maison de Lusignan (av. 1200-1247/48) De av. 1200 à 1216 : Geoffroy de Lusignan, déjà seigneur de Vouvant, acquiert la seigneurie de Moncontour et peut-être celle de Mervent par son mariage avec Eustach(i)e Chabot. Mais en fait Mervent a été une châtellenie de Richard Coeur de Lion Les châteaux des Lusignans en Poitou (1154-1242) - Persée qui a été confiée, à la mort de Richard par son frère Jean Sans Terre, à Geoffroy de Lusignan Les Lusignans entre Plantagenêts et Capétiens : 1200-1246 - Persée De 1216 à 1247/48 : Geoffroy II de Lusignan, hérite des deux seigneuries de Vouvant et de Mervent à la suite du décès de son père Geoffroy en 1216.

Famille de Parthenay-l'Archevêque (1247/48-1419) De 1247/48 à 1271 : Hugues II de Parthenay-l'Archevêque, époux de Valence de Lusignan (héritière des fiefs à la mort de son oncle Geoffroy II). De 1271 à ???? : Guillaume VI de Parthenay-l'Archevêque, fils du précédent. De ???? à ???? : Hugues (III), fils du précédent. De ???? à ???? : Jean de Parthenay-l'Archevêque, frère du précédent. En 1349, les châtellenies de Parthenay, Vouvant et Mervent sont réunies en un seul fief à la demande de Jean de Parthenay-l'Archevêque. De ???? à 1419 : Jean II de Parthenay-l'Archevêque, fils du précédent. Il vend définitivement ses terres de Vouvant et de Mervent en 1419 au dauphin régent Charles VII.

Couronne de France (1419-1424)

De 1419 à 1424 : Couronne de France. Le roi de France Charles VII remet les seigneuries de Vouvant et de Mervent à Arthur III de Bretagne. Ce dernier en prend possession uniquement à partir de 1427.

Arthur III de Bretagne (1427-1458) 1427-1458 : Arthur III de Bretagne, dit le « Connétable de Richemont » ou « le Justicier », s'empare de Vouvant en 1415 lors du combat l'opposant à Jean II de Parthenay-l'Archevêque. Il prend alors possession de la seigneurie jumelle de Vouvant-Mervent de 1427 à sa mort en 1458.

Famille d'Orléans-Longueville (1458-1694) Dès 1458 : Jean de Dunois, dit « le bâtard d'Orléans », à qui le roi de France Charles VII donne les deux seigneuries à la mort d'Arthur III de Bretagne. François d'Orléans-Longueville, fils du précédent. François II de Longueville, fils du précédent. Louis d'Orléans-Longueville, fils de François d'Orléans-Longueville. Claude d'Orléans-Longueville, fils du précédent. Louis II d'Orléans-Longueville, fils du précédent. François III d'Orléans-Longueville, fils du précédent. Léonor d'Orléans-Longueville, cousin germain du précédent. Henri d'Orléans-Longueville, fils du précédent. Henri II d'Orléans-Longueville, fils du précédent. Jusqu'en 1694 : Jean-Louis d'Orléans-Longueville, fils du précédent.

Couronne de France (1694-1788) La lignée des d'Orléans-Longueville s'éteignant en 1694, la seigneurie jumelle de Vouvant-Mervent revient définitivement à la Couronne de France.

Fiefs dépendants de la seigneurie

Paroisse de Vouvant Huit fiefs situés à proximité immédiate du château de Vouvant dépendaient de la seigneurie. Deux de ces fiefs avaient droit de haute justice tant que celle rendue ne gênait pas la justice donnée par le seigneur de Vouvant. Ces deux fiefs étaient :

la prévôté de Vouvant composée d'une maison, d'un moulin et d'un office de sergenterie. Les aveux de la prévôté sont rendus par les seigneurs du Puy du Fou et de Faymoreau entre 1399 et 1532. le prieuré de Vouvant composé du presbytère et de ses dépendances. Les aveux du prieuré de Vouvant sont rendus au départ au nom des moines, puis des évêques de Maillezais et enfin du chapitre de La Rochelle jusqu'à la Révolution.

Les autres fiefs situés au sein du territoire de la paroisse de Vouvant n'étaient que des fiefs de basse justice :

le Pré du Buignon, que la famille Brunet possède pendant une très longue période. la Grange Cagouilleau, qui devait payer une maille d'or (évaluée à environ ) au château de Vouvant à chaque changement de vassal. la Grange-Talusseau. le Paillot-Duplessis, fief mouvant de Vouvant créé le au profit de Jacques-Claude Paillot du Plessis. Ce fief comprenait l'étang de Puy-de-Serre, le champ du Château-Neuf (situé à Vouvant à l'emplacement d'une motte castrale portant le même nom) et le pré de la Porte. L'ensemble de ces éléments sont achetés par Paillot du Plessis pour un prix de . la Grande Rhé. le Vernon, fief mouvant de Vouvant créé par l'édit fiscal de 1702. Le pré des Gillottières est alors vendu à Jacques Baron (conseiller du roi) le pour .

Paroisse d'Antigny Sept fiefs de la paroisse d'Antigny relevaient directement de la seigneurie de Vouvant :

la seigneurie d'Antigny, qui avait droit de haute justice et qui comprenait quinze arrière-fiefs. la Cressonnière, qui avait seulement le droit de basse justice et qui comportait six arrière-fiefs. la Grassière, qui avait droit de haute justice et qui comprenait deux arrière-fiefs. l'Audouerie, qui avait seulement le droit de basse justice. le moulin à froment de Vouvant, dit le Cadroux, qui avait droit de basse justice. le Poussin, fief avec droit de basse justice comportant deux borderies nommées le Poussin et les Echevières. Puyrincent, qui avait droit de basse justice.

Paroisse de Bazoges Cinq fiefs de la paroisse de Bazoges devaient rendre hommage au seigneur de Vouvant :

la seigneurie de Bazoges-en-Pareds, qui possédait la haute justice, dont le premier aveu effectué à la seigneurie de Vouvant date de 1412 au nom de Marie Luneau ; 86 arrières-fiefs en 1541. Cette seigneurie est officiellement vassale de Vouvant à foi et hommage lige, mais les seigneurs de Bazoges ne sont pas astreints aux devoirs vassaliques (conseil, aide militaire, etc.)Poitiers, archives départementales de la Vienne, C 507, mouvance féodale de Vouvant, "Bazoges". Aveux et dénombrements de la seigneurie de Bazoges. . Clisson ou Ciclon, qui avait uniquement le droit de basse justice. Maison-Neuve, qui avait haute, moyenne et basse justice (premier aveu en 1465). la Mercerie, fief-borderie avec basse justice (premier aveu en 1390). Villeneuve, fief avec moyenne et basse justice.

Paroisse de Bourneau Trois fiefs de la paroisse de Bourneau devaient hommage au château de Vouvant :

la seigneurie de Bourneau, qui avait droit de moyenne et basse justice. l'Orière, appelé aussi fief de la Chabossière ou Bourolière qui avait droit de haute justice. la Simonnière, qui avait droit de basse justice.

Paroisse de La Caillère Trois seigneuries de la paroisse de La Caillère rendaient hommage au château de Vouvant :

la seigneurie de la Caillère, qui avait droit de basse justice. le fief de la Baronnie en l'air, qui ne reposait sur aucun immeuble et qui n'avait donc pas de chef d'hommage. le fief Suzannet, qui est réuni avec la seigneurie de la Caillère en 1675 lors du mariage d'Hélène Dubois avec Frédéric-Henri Suzannet.

Paroisse de Cezais Sept seigneuries et fiefs de la paroisse de Cezais relevaient du château de Vouvant :

la seigneurie de Cezais, qui avait droit de basse justice. la seigneurie de la Brandasnière (haute justice). le bois des Brandasnière (basse justice). la Chouatière (basse justice) le prieuré de Saint-Hilaire de Cezais. la Frouardière (haute justice). la seigneurie de la Tournerie (haute, moyenne et basse justice).

Paroisse de Chaillé-les-Marais

la seigneurie de Chaillé (haute justice). le Sableau (basse justice), qui appartenait à l'abbaye de la Grâce-Dieu.

Paroisse de Charzais

la seigneurie de Charzais et Ranconnay.

Paroisse de La Châteigneraye