Saint-Andéol-le-Château (en arpitan : Sent-Anduér) est une ancienne commune française, située dans le département du Rhône en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Le , la commune fusionne avec Chassagny et Saint-Jean-de-Touslas pour donner la commune nouvelle de Beauvallon. Cette fusion transforme les trois anciennes communes en « communes déléguées »
Le village s'est construit autour d’un ancien bourg médiéval remarquablement bien conservé.
Ses habitants sont les Andéolais et les Andéolaises, et ont comme sobriquet les Tchibes.
Géographie
Localisation Saint-Andéol-le-Château est un village situé à dans le département du Rhône en région Auvergne-Rhône-Alpes à au sud de Lyon, entre Givors et Mornant, chef-lieu de canton et siège de Communauté de communes du Pays mornantais (COPAMO) à laquelle elle appartient.
La latitude de Saint-Andéol-le-Château est de 45.586 degrés Nord et la longitude est de 4.697 degrés Est.
Géographie et relief Le village est à la porte sud des coteaux du Lyonnais, aux pieds des Monts du Lyonnais à la croisée des chemins entre Lyon, Vienne et Saint-Étienne.
Saint Andéol-le-château est situé à d'altitude. Les altitudes minimum et maximum sont respectivement de 189 et .
Le village est accroché sur un socle de granit. La grande moitié nord de la commune déléguée est située sur un plateau granitique. Le sud de la commune est beaucoup plus vallonné et se situe sur le versant nord de la vallée du Gier.
La superficie de l'ancienne commune est de soit .
Hydrographie
Saint-Andéol-le-château est traversé par les Ruisseaux du Godivert et de Barny qui se jettent dans le Gier et est bordé par la rivière du Mornantet.
Paysages Le paysage de Saint-Andéol-le-Château est composé d'une importante dominante agricole notamment sur sa grande moitié nord correspondant au plateau granitique. Au sud du village, le paysage est beaucoup plus boisé et vallonné.
Le village est un point d'observation sur les massifs alpins, les contreforts du massif central et dispose notamment d'une vue remarquable sur le massif du Pilat et le Parc naturel régional du Pilat.
Histoire
La genèse du château de Saint-Andéol Le château de Saint-Andéol a pour origine une église paroissiale. La dédicace de l'église de Saint-Andéol-le-château serait directement lié au culte du martyr Andéol du Vivarais en qui se diffusait dans la région au cours du .
Théodore Ogier dans La France par canton dit qu'au , sous le règne de Thierry III s'est installée une communauté religieuse de femmes appelée « Notre-Dame des Bois ». Bien qu'aucun élément confirmant cette hypothèse n'ait été trouvée, elle est somme toute assez probable.
La première mention écrite est datée de 984 (charte de Burchard - AD Rhône) qui énumère les possessions du chapitre Saint-Jean de Lyon qui avait le titre collectif de comtes de Lyon. Le village avait pour nom « Sanctus Andeolus », sur les actes en latin. À partir du , on voit apparaître les noms de « Sainct Andiol », « Sainct Anduel » parfois complété par « en Jarez » ou « en Lyonnais ». Sous la Révolution, les noms à connotation religieuse ont tous été changés et le nom devint alors « Andéol Libre ».
Le Moyen Âge De 984 à la Révolution, Saint-Andéol était une seigneurie avec tous les droits de haute et basse justice. Les chanoines du chapitre Saint-Jean de Lyon seigneurs collectifs déléguaient leurs pouvoirs à un « capitaine châtelain » qui était chargé de l'administration, un notaire assurait l'enregistrement des actes. Le territoire actuel était à l'époque divisé en trois fiefs indépendants : « La Lévretière », « la Roche » et « Saint-Andéol » proprement dit.
Renaud de Forez (archevêque de Lyon) fait fortifier le bourg au .
C'était un village prospère au Moyen Âge, les vignerons, les commerçants et artisans étaient nombreux. Nous dénombrons en 1596 (terrier Loirivière – AD Rhône) 62 laboureurs, 15 artisans, 4 voituriers, nobles, et de nombreux bourgeois de Lyon possédant des maisons et des vignes.
Dès le apparaît une importante activité artisanale liée au textile.
La Révolution française Au cours de la Révolution française, la commune porte provisoirement le nom de Andéol-Libre et le déclin du village s'amorce.
Le soulèvement bonapartiste de 1817 200px|thumb|Monument à la mémoire des condamnés à mort après le soulèvement bonapartiste de 1817 En , après les Cent jours et le départ de , Louis XVIII s’installa sur le trône de France pour la deuxième fois.
Le retour de la royauté en France, après la Révolution et l'Empire, provoque de nombreuses tensions et troubles dans l'ouest lyonnais. Des rumeurs parvenaient aux autorités civiles et militaires concernant un prochain retour de Napoléon. De plus, le mécontentement provoqué par des difficultés économiques (hausse du prix du blé) vint intensifier le climat d’instabilité engendré par la situation politique. En , plusieurs soulèvement eurent lieu dans plusieurs communes de l'ouest lyonnais. À Saint-Andéol-le-Château, un soulèvement eu lieu le lundi et mené par une soixantaine d'hommes qui n'ont pu être empêchés par le maire et ses adjoints. Le soulèvement se fit entendre par les insurgés menés par Aimée Barret. Ils s’opposèrent à la garde nationale située aux alentours du bourg. L’un d’eux E. A. Colomban fut tué le en tentant de s’échapper, les autres ont été pendus le . Deux peines de déportation et huit peines d’emprisonnement sont prononcées. Le village sera occupé par , 23 sous-officiers jusqu’au . Un monument fut érigé au cimetière du village en mémoire de E. A. Colomban, C. A. Desgranges, J. B. Fillon, L. Colomban, les quatre habitants du village tués ou condamnés à mort après le soulèvement. Ce monument aux morts représente la mémoire républicaine du village et a été inauguré le après un banquet de 130 « républicains » avec fanfare et chorale.
Époque contemporaine Le déclin s'amplifie à la fin du avec la grande crise du vignoble pour atteindre son niveau le plus bas au milieu du . Pendant cette période, les emplois industriels de Givors ont permis le maintien d'un minimum de vie et la perte de population a été compensée par une forte immigration italienne, espagnole, portugaise et enfin citadine.
En 2001 la commune fait l'acquisition de la propriété Souchon-Neuvesel (Groupe BSN/Danone) et y transfère sa mairie. Cet achat dynamise l'activité économique de la commune, de nombreuses entreprises et services s'installent dans les locaux et un parc de est aménagé au cœur du village.
Grandes dates
: Installation de la communauté « Notre-Dame-des-Bois » vers le : Construction du transept de l'église actuelle fin : Fortification du bourg par Renaud de Forez (archevêque de Lyon) 1327 : Guerre entre le seigneur de Riverie et les comtes de Lyon (siège de Saint-Andéol) 1590 : Siège du village pendant les guerres de religion 1814 : Occupation du village par les troupes autrichiennes après la défaite de Napoléon 1817 : Soulèvement républicain/bonapartiste contre Louis XVIII 1884 : Installation de la famille Neuvesel 1931 : Décès de Eugène Souchon fondateur de groupe BSN 1995 : Tuerie de Saint-Andéol 2001 : Achat de la propriété Souchon-Neuvesel pour y installer la mairie et aménager le parc.
Politique et administration
Démographie
En 1596, la population se compose de 120 chefs de famille propriétaires soit avec par famille : . Si l'on ajoute un serviteur employé en moyenne : . étaient qualifiés de nobles (attention à la signification) mais au moins 2 (Lalliment — Lallement et choul-chol) sont des familles nobles de la région. Cela ne signifie pas qu'ils habitaient le village mais ils y avaient des possessions. 10 honorables personnes — activités de robe 15 honnêtes personnes — commerçants aisés 20 artisans 62 laboureurs (possèdent un attelage ou des terres — aisés) - vignerons Il a été dénombré plus de 20 pressoirs dans le village au début du siècle dernier
Vie économique
La chapellerie : bâtiment industriel de la fin du qui fabriquait essentiellement du feutre pour chapeaux. C'est la marque d'industrialisation d'une activité qui auparavant était réalisée par des ouvriers à façon dans le village. Son activité a cessé en 1939.
Les carrières : sur les 3 sites importants d'exploitation de la commune, il ne reste que la carrière de Barny encore en activité. Il est possible de la voir en suivant le chemin de randonnée de Barny. Celles de Flaches et du Molard sont abandonnées.
La soierie : de nombreux petits ateliers de soierie se sont installés dans les campagnes pour y trouver une main d'œuvre facile et bon marché. Comme dans tout le Lyonnais, cette diffusion a redonné un peu de dynamisme à la région au mais en la rendant très dépendante de la bonne santé économique.
La vigne : l'activité principale du Lyonnais pendant tout le Moyen Âge. La vigne est attestée dans les tout premiers documents d'archive concernant le village.
Culture locale et patrimoine Lieux et monuments Place Nicolas-Paradis thumb|Monument place Nicolas Paradis Monument de 1891. Nicolas paradis était un notable du village pendant la Révolution. Il légua une rente à la commune pour la création d'une école « chrétienne de garçons » en 1843.
Entrée du parc Souchon La porte de Ouest dont il ne reste aucune trace existe encore sur le plan terrier de 1775. Les bâtiments ont été démolis au , et en 2003. Il subsiste sous la rue Centrale des vestiges du pont qui enjambait les fossés (en face de la rue des Écoles) ainsi que des caves voûtées sous la rampe de la poste.
La maison de la prébende avec l'échauguette Cette maison était celle du prébendier de Saint-Andéol (un ecclésiastique qui bénéficiait des rentes des biens de l'église et avait la charge de la paroisse). Il était désigné par le seigneur du lieu ou par le patron d'une chapelle. Nous connaissons trois prébendes (celle de la paroisse principale Saint-Andéol, celle de la Flachat et celle de la Sainte-Trinité). Dans la courette, il reste le puits et les fenêtres à meneaux, les encadrements moulurés au style de construction typique du Lyonnais du -.
La maison à la galerie Une maison avec cette galerie typique de l'architecture du Lyonnais mais rare à Saint-Andéol. Dans la cour, ce qui est maintenant la bibliothèque est une ancienne salle de classe construite au . Sa charpente est remarquable.
La rue Centrale Les maisons aux façades anciennes et les passages « traboules ». De nombreuses maisons du centre bourg présentent au-dessus des portes des écussons dont l'origine n'est pas connue.
La porte Barre Les fortifications ont été construites au début du par Renaud du Forez. L'entrée du village se faisait par cette porte. Les fossés étaient sous la route de Mornant, la rue des Écoles, dans le parc Souchon et la rue Centrale n'était pas encore ouverte sur la place de la Pèse. Saint-Andéol à l'époque était situé sur les terres du royaume de France mais Lyon appartenait au royaume burgonde. Le chapitre de Lyon (vassal des seigneurs Burgonde) était seigneur de Saint-Andéol avec comme voisin le comté du Forez (vassal du roi de France). Les territoires étaient fortement imbriqués, ce qui provoqua de nombreux litiges : Au , le seigneur de Riverie/Dargoire tente de prendre le village de Saint-Andéol sans y parvenir. Nous trouvons encore aux archives départementales plusieurs actes de transaction.
Les fortifications n'ont pas souvent servi. Peut-être pour les tard-venus vers 1367 qui ont sévi dans la région ainsi que pour les guerres de religion mais les autorités du village ont négocié l'abandon du siège contre 500 écus.
L'impasse du Carre La tour avec l'escalier en colimaçon, les colonnes et les maisons hautes aux façades étroites et les portes.
La place derrière l'église S'y troue la croix de Mission en fonte avec ses décors de la passion du Christ (probablement du ou ).
La rue Alphonse Mathevet, curé du village de 1919 à 1952.