Le Symposium national de sculpture monumentale métallique est un congrès rassemblant des artistes venus du monde entier afin de mettre en avant la ville de Thiers et son histoire industrielle. L'unique édition s'est tenue sur la commune de Thiers dans le département du Puy-de-Dôme en .

Origine du nom L'origine du nom vient du fait que dans ce symposium, le travail du métal — qui est présent depuis le à Thiers - soit mis en avant par la création de « sculpture monumentale métallique »..

Histoire

Histoire industrielle de Thiers

Moyen Âge La force hydraulique de la Durolle est utilisée à Thiers dès le Moyen Âge pour mouvoir les moulins à farine, les foulons des tanneurs, les maillets des papetiers, et avec le développement de la coutellerie, les martinets des fondeurs et les meules des émouleurs... Dès le , un quart de la population Thiernoise exerce le métier de coutelier. Les objets produits dans la vallée sont exportés dans plusieurs pays au , en Espagne, en Italie, en Allemagne, en Turquie et « aux Indes »Legrand d'Aussy remarque dans son livre, Voyage en Auvergne, en 1788, que les industriels thiernois luttent efficacement contre les industriels anglais jusque dans les Indes..

Travail du métal vignette|Des émouleurs de Thiers au début du . Depuis le , Thiers est reconnue pour sa fabrication d'objets métalliques, allant des couteaux aux ciseaux. Le travail du métal, très présent dans la ville, est à l'origine de la renommée que Thiers tient dans la fabrication de couteau, dont elle est la capitale française et le plus gros bassin mondial en nombre d'entreprises et d'employés.

Pour monter un couteau il y a plusieurs étapes qui restent proches du travail du métal. Les barres d'acier que les entreprises reçoivent sont d'abord confiées aux « martinaires » qui les amincissent (afin qu'elles puissent être aiguisées) grâce à des martinets mus par la force hydraulique de la rivière. Les forgerons reçoivent ensuite ces barres avec lesquelles ils forgent les pièces de couteau. Ces pièces sont ensuite envoyées aux limeurs, aux perceurs, aux émouleurs puis aux polisseurs qui aiguisent et polissent les lames sur des meules entraînées par la Durolle. Le fabricant effectue lui-même la trempe, puis, après que le cacheur. ait livré les manches, toutes les pièces sont finalement remises aux monteurs qui habitent les faubourgs de Thiers.

Volonté de mettre en valeur l'histoire de la ville Les de tradition artisanale et industrielle de la ville de Thiers donnent l'idée au conseil municipal de Thiers — alors présidé par Maurice Adevah-Pœuf — de montrer que l'art et l'artisanat possèdent une frontière qui s'est estompée. Pour ça, la ville de Thiers décide d'innover « sans trahir, sans renier » : c'est le but principal du symposium national de sculpture monumentale métallique. Ainsi, Thiers proclame ses du travail du métal par la voix de grands artistes mondiaux venus relayer l'œuvre des plus modestes artisans et ouvriers..

À ce propos, Jack Lang, alors ministre de la culture, déclare : . Maurice Adevah-Pœuf, alors député-maire de Thiers, déclare quant à lui : .. Organisation de l'événement vignette|Vladimír Škoda dans son atelier en juillet 2011.|alt=|255x255px

Appel à des artistes internationaux Au milieu des années , six artistes de renom sont invités par la municipalité de Thiers, à imaginer et créer des œuvres sur la commune pour un Symposium international de sculpture monumentale métallique, avec l'aide des associations et entreprises locales. Les six se présentent pour l'événement et imaginent des œuvres avant de les construire. Les artistes invités sont Michel Gérard, Dennis Oppenheim, Patrick Raynaud, Vladimír Škoda, George Trakas et Yves guérin. Deux groupes de séigners sont également appelés pour proposer de nouvelles créations : Totem et Sowden-Du Pasquier.

Artistes venus rejoindre les premiers Aux côtés des six artistes internationaux appelés par la ville de Thiers., onze créateurs ont souhaité s'associer au Symposium « In », c'est-à-dire à l'événement prévu à l'origine, pour venir réaliser dans la ville des sculptures — qui forme le Symposium « Off ». Leurs sculptures, généralement plus petites, sont installées de la même manière que celles du Symposium In sur la commune, avec l'accord de la municipalité.

Œuvres créées Plusieurs œuvres sont imaginées, dessinées puis construites en acier Corten en grande partie avec l'aide d'associations et d'entreprises du bassin Thiernois sur toute la commune.. +Liste des œuvres construites lors du Symposium en 1985ŒuvreArtisteDimensionsIllustrationÉtat de conservation ()Les Orbes de BorbeMichel Gérardhauteur : largeur :

épaisseur : centré|sans_cadre|80x80pxUne des cinq sculptures a été enlevée pour être récupérée par son créateur La GuillotineDennis Oppenheimlongueur : hauteur : Sculpture démontée en pour être entreposée dans les locaux des services techniques de la villeLe navirePatrick Raynaudlongueur : hauteur :

largeur : centré|sans_cadre|60x60pxSculpture toujours placeLes sphèresVladimír Škodadiamètre max : diamètre min : centré|sans_cadre|60x60pxLes cinq sphères sont toujours en placeLe pont Épée et ses passerellesGeorge Trakaslongueur passerelle : longueur pont : 12 mcentré|sans_cadre|60x60pxFermé en partie au public à cause de sa dangerositéLe BalancierYves Guérinhauteur : 3 m longueur : 6 m largeur : 1 mUne pierre manque au bon fonctionnement du balancierPierre plateJacques Bechonhauteur : 2,7 m longueur : 15 m largeur : 10 mcentré|sans_cadre|60x60pxSculpture toujours placeBasalte et acierJean-Marie Boutaudhauteur : 2,4 m largeur : 1,5 mSculpture déplacée vers la maison du parc Livradois-Forez à Saint-Gervais-sous-MeymontLe couteauRoland Cognethauteur : 3 m largeur : 0,8 mSculpture démontée en 2016 pour des travaux, sans avoir été remise à sa place d'origine. Actuellement entreposée dans les services techniques de la villeAcierSerge Héliaslargeur : 2,2 m hauteur : 3 mSculpture jamais mise en placeEnsemble de structuresEric Ladavièresurface au sol : Sculpture rapidement démontée à cause de sa dangerosité pour la circulationMur de bétonPierre Landry et Jean-Yves Leblanclongueur : 7 m hauteur : 2 mSculpture emportée par une crue de la DurolleToujours vers le cielMart Legerstéhauteur : 7,5 mcentré|sans_cadre|123x123pxSculpture toujours en placeHéliceManon Morinhauteur : 2,5 m longueur : 3 m largeur : 3 mSculpture démontéeCréationFrank Pélissierhauteur : 1 m longueur : 2,7 mSculpture démontéeVers l'espaceRené Rochehauteur : 12 m longueur : 6 m largeur : 4 mSculpture démontée Les cases grisées signifient qu'aucune photographie de l'œuvre est disponibleLa Bibliothèque du Patrimoine de Clermont-Ferrand conserve sous la cote Gra H 9012bis les photographies officielles prises par Jean-Paul Judon pour les publications du Symposium..

Partenaires vignette|240x240px|Jack Lang, ancien ministre de la culture qui aide à organiser le symposium. Sous le haut patronage de Jack Lang, ministre de la culture, ce symposium est organisé par la ville de Thiers avec la participation du ministère de la culture, de la direction régionale des affaires culturelles, du ministère de la recherche et de la technologie, de la délégation régionale de la recherche et de la technologie, du ministère du commerce, de l'artisanat et du tourisme, du ministère de l'éducation nationale, du conseil régional d'Auvergne, du département du Puy-de-Dôme, du Parc naturel régional du Livradois-Forez, de la fédération des industries mécaniques et transformatrices des métaux ainsi que de la Société des Autoroutes du sud de la France..

Plusieurs autres organisations viennent également participer à l’élaboration des œuvres comme des entreprises du bassin Thiernois (Aciers Bonpertuis, Ets Boudal ou encore Brosson), des forges (Forges Brunel, Forges Delaire ou encore Forginal), des lycées (Lycée Germaine-Tillion et Lycée Montdory) ou encore les Transports urbains thiernois qui participent aux déplacements des différents acteurs et touristes voyageant entre les œuvres..

Entretien des œuvres depuis 1985 Après la mise en place des œuvres — qui pour une partie devaient rester seulement quelques mois sur la commune, la ville de Thiers est garante de l'entretien de ces dernières. Jusqu'au début du , les œuvres sont suivies par les services municipaux et remises en place lorsque celles-ci tombent ou se cassent — c'est le cas par exemple de l'oeuvre de Dennis Oppenheim qui fut démonté par des manifestants agriculteurs mécontents de la sculpture en , puis rapidement remontée par la ville quelques jours après.

Aujourd'hui, même si la majorité des œuvres sont encore en place, une partie de celles-ci sont démantelées. La plus grande œuvre, La Guillotine de Dennis Oppenheim, est démantelée au début des années 2000 sous l'impulsion de Thierry Déglon. Elle est ensuite entreposée dans un entrepôt (la future maison de la jeunesse au Moutier) avant que l'ancien maire de Thiers ne donne pas de réponse quant à sa localisation en 2018 au journal La Montagne. Les autres œuvres principales sont toujours en place — bien qu'une partie d'entre elles soient en mauvais état de conservation, comme le Pont Épée devant le Creux de l'enfer, Le Navire devant le pont du Navire ou encore les Orbes de Borbe qui sont restaurées en 2015 par la ville de Thiers alors qu'elles étaient tombées.

Signalisation des œuvres Pour être signalées, les œuvres sont à l'origine toutes indiquées par une plaquette rappelant qu'elles ont été construites en lors du Symposium national du sculpture monumentale métallique, ainsi qu'avec le nom du sculpteur en dessous du cadre. En , seules deux sculptures sont toujours indiquées par une plaquette : Les Sphères de Vladimír Škoda et l'œuvre de Mart Legersté.

Notes et références

Notes

Références Maurice Adévah-Poeuf, Symposium national de sculpture monumentale métallique, Thiers, 1985

Autres références

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