Thurins est une commune française, située dans le département du Rhône en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie

Thurins se situe à 390 m d’altitude et à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Lyon dans un espace appelé monts du Lyonnais. La commune est limitrophe de Saint-Martin-en-Haut, Rontalon, Messimy, Yzeron et Soucieu-en-Jarrest.

S'étendant sur , le village compte au recensement de 2015. La densité de population est de 156 habitants/km.

Hydrographie le ruisseau de l’Artilla, long de ., affluent du Garon ; le ruisseau de la Goutte de Bellevue, long de ., affluent du Garon.

Transports et communications Transports en commun Une ligne des Transports en commun lyonnais (TCL) dessert la commune : la ligne 11 reliant la station Gare d'Oullins de la ligne B du métro de Lyon à Thurins en passant notamment par Chaponost.

En outre, une ligne du réseau Les cars du Rhône traverse aussi la commune : la ligne 2Ex, reliant Lyon - Gorge de Loup à Chazelles-sur-Lyon.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Nord-est du Massif Central, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 800 à , bien répartie dans l’année.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Brindas à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Thurins est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de LyonUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération inter-départementale regroupant , dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Lyon comprend une ville-centre et ... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lyon, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (67,8 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (69,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (32,9 %), forêts (24 %), prairies (17,8 %), cultures permanentes (17,1 %), zones urbanisées (8,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Histoire

Présentation géographique alt=Le Garon|vignette|Le Garon.

C’est sur la commune de Saint-Martin-en-Haut, à 725 mètres d’altitude, que se situe l'unique seuil de franchissement facile des monts du Lyonnais. En venant de l’est, on y accède en traversant la commune de Thurins par une brèche orientée sud-ouest/nord-est drainée par l’Artillat, affluent de rive droite du Garon. Celui-ci, rejoint juste en dessous du bourg, en prolonge le cours de manière rectiligne jusqu’à la sortie de la commune en direction de Messimy. Par rapport à cet axe le territoire de Thurins apparaît comme un tronçon de vallée mais il en occupe les versants de manière très dissymétrique. Le versant nord en constitue la plus grande partie. Sa pente est longuement étirée sur 450 mètres de dénivelée depuis le point cuminant à 788 mètres. Le Garon, dont c’est le bassin versant supérieur, le traverse en écharpe. Le versant sud, lui, se limite à un étroit liseré qui ne s’élargit qu’à l’extrême aval, sa majeure partie appartenant à la commune de Rontalon.

Cette situation explique le trafic très animé de la route départementale 311 car il est possible de rejoindre le département de la Loire au-delà de Saint-Martin-en-Haut par la vallée de la Coise. Il est d'ailleurs étonnant de constater que cette voie n'a été réalisée que très tardivement entre 1847 et 1851. Le plus grand soin a été apporté à son aménagement par Benoît Carteron, originaire de Saint-Symphorien-sur-Coise, qui fut président du conseil général du Rhône de 1957 à 1979. Cet itinéraire a même été celui du chemin de fer à voie étroite et à crémaillère de Messimy à Saint-Symphorien-sur-Coise de 1914 à 1933.

Des origines obscures Il faut se résigner à avouer notre ignorance sur les origines de la commune de Thurins jusqu’au Moyen Âge. Le texte déjà en place et reproduit ci-dessous inchangé concernant les origines gallo-romaines fait état d’un reste de pont et d’un lieudit mais ne cite pas ses sources. De surcroît, ce lieudit est situé sur la commune de Messimy et non de Thurins.

« Thurins a gardé de l'occupation romaine qui dura du au des traces matérielles et patentes. Ces traces, à Thurins, sont rares, et y existent pourtant. On peut encore voir, sur le Garon, au pied du hameau de la Côte, un petit pont, à moitié ruiné, mais dont l'arc solidement cintré, semble bien se rapporter à l'époque romaine. Dans la direction opposée, au hameau du Jarricot, existe un bois de pins qu'on a pris l'habitude d'appeler le bois de Saint-Romain, mais qu'en réalité, on avait toujours appelé le Camp des Romains auparavant. Sur la montagne la plus proche de ce bois aurait existé un petit château-fort dont les vieillards d'aujourd'hui ont encore vu les ruines et d'où viendrait à la montagne le nom du Châtelet, sous lequel elle est désignée dans les cartes d'état-major. C'est du haut du Châtelet et du Camp des Romains que les vainqueurs des Gaulois auraient, pendant l'occupation, surveillé nos campagnes. S'ils en défendaient les habitants contre toutes agressions possibles, ils savaient aussi, car ils étaient pratiques, les faire travailler ».

Par ailleurs, ce même texte ne fait pas mention du pont romain sur le ruisseau Savater, petit affluent de rive droite du Garon qui figure page 54 du pré-inventaire. Aucun secours à attendre de l’étymologie de Thurins dont on ignore l’origine et dont la première mention date de 1224.

Nous disposons également de peu d’informations sur les temps médiévaux. La seule certitude concerne la fixation de la première communauté organisée sur l’actuel chef-lieu. Pendant les troubles de la guerre de Cent Ans la population s’est abritée derrière un vingtain, comme dans bien des localités de la région lyonnaise Il est même question de deux voire trois enceintes. Quelques vestiges en sont encore visibles sous la forme d’une porte en plein cintre place de Verdun. La première église, mentionnée en 1183, bénéficiait de ces mêmes protections.

Le territoire a été partagé entre diverses seigneuries qui ont changé de mains au cours des siècles . Celle du château dépendait de l’abbaye de l’Île Barbe. Celle de Rochefort, sur la rive droite du Garon, appartenait aux chanoines comtes de Lyon. La baronnie d’Yzeron était la possession de l’archevêque. La rente noble de la Tour de Champt dépendait du chapitre de Saint-Nizier. Le seul point commun entre ces diverses autorités ecclésiastiques est d’avoir peu à peu été récupérées par la famille Dugas. Le premier du nom, en 1611, se prénomme Pierre. Il est le fils d’un Jehan Dugas, notaire royal à Lyon depuis 1555 avec le titre de greffier. Il inaugurera une lignée prestigieuse qui a marqué l’histoire lyonnaise aux . Les Dugas ont exercé dans la métropole les fonctions de prévôts des marchands, d’échevins. Laurent, le plus célèbre d’entre eux, (1670-1748) a même un temps été chargé de remplacer le gouverneur Villeroy en son absence et compte parmi les fondateurs de l’Académie de Lyon. La liste se clôt en 1861 quand une dernière héritière vend ses biens en viager à Jean-Aimé Marnas, négociant lyonnais dont les descendants sont toujours propriétaires. Fidèles à la mémoire de l'illustre famille des Dugas, les Thurinois lui ont élevé un obélisque au cœur du cimetière en 1862.

La prospérité du

Une activité soutenue alt=Monument aux morts de 1914-18|vignette|Monument aux morts de 1914-18. Avec en 1801, la commune de Thurins présente une bonne santé démographique. En croissance régulière, sa population atteint son maximum en 1851 (). Le déclin s’amorce à partir de 1866 (). Il s’accélère du fait de la Grande Guerre : le minimum est atteint en 1921 () et cet étiage se maintient jusqu’en 1946 (). Au total, on soulignera une assez bonne résistance au phénomène de l’exode rural caractéristique de cette époque. L’explication en est dans un certain équilibre entre la vie rurale traditionnelle et le développement d’une activité industrielle compensatrice grâce au voisinage de la métropole lyonnaise.

Nous disposons par chance d’une analyse détaillée des terres cultivées datée de 1824. Comme on peut s’y attendre, la polyculture est à base de céréales, seigle, blé, avoine : 61 % du sol leur sont consacrés. Il faut mettre en relation avec elle l’existence de plusieurs moulins répartis sur les divers ruisseaux. Leur existence est attestée dès le Moyen Âge, et ils figurent encore sur la carte de Cassini au . L’élevage joue un rôle secondaire comme en témoigne la part modeste de 12 % des prairies et pâtures. 6 % du terroir sont consacrés à la vigne 6 %. Plus marginales les cultures du lin se limitent aux rives du Garon. La forêt ne se maintient que sur les espaces résiduels les plus ingrats mais il faut y ajouter les 5 % de la châtaigneraie. La paysannerie vit au milieu de ses terres dans les très nombreux hameaux répartis sur l’ensemble de la commune - leur énumération occupe une page entière du pré-inventaire - des rives du Garon à 300 mètres jusqu’au voisinage de la crête (le Bayard à 699 mètres).