La chronologie du Rassemblement national présente les faits importants depuis la création du parti en 1972.
Années 1970
1972
Les et , lors du deuxième congrès de l'organisation Ordre nouveau, un vote avait décidé de participer aux élections législatives de 1973 au sein d'une structure plus large, nommée « Front national », par , soit 83 %. Une autre proposition « Front national pour un ordre nouveau » avait obtenu 17 % des voix.
Les fondateurs proposent la présidence à Jean-Marie Le Pen qui s'était retiré de la vie politique pour se consacrer à sa société d'éditions (la Serp) après la dissolution des Comités Tixier-Vignancour le , ce qui avait marqué la dislocation et l'émiettement de l'extrême droite en plusieurs partis éphémères.
Le a eu lieu le congrès constitutif du Front national pour l'unité française, communément appelé Front national, l'élection de Jean-Marie Le Pen comme président et du journaliste François Brigneau comme vice-président.
Parmi les fondateurs du nouveau mouvement, on pouvait relever les personnalités suivantes : Victor Barthélemy, collaborateur, participant volontaire à la rafle du Vél’ d’Hiv’., a d'abord été membre du Parti communiste français, du Secours rouge international et employé à l'Internationale communiste. Il rejoint en 1936 le PPF, l’un des deux principaux partis collaborationnistes dont il deviendra secrétaire général de la région (voir son livre de mémoires Du communisme au fascisme), puis il rejoint la LVF (Légion des volontaires français qui font allégeance au Reich allemand). Il est l'un des animateurs français avec Maurice Bardèche du Mouvement social européen ; Pierre Bousquet, secrétaire général du Parti de l'unité française et ancien de la division SS Charlemagne. Trouvant le Front national trop modéré, il partira en 1981 pour fonder le Parti nationaliste français ; Emmanuel Allot, dit François Brigneau, ancien sympathisant socialiste membre du Parti frontiste puis milicien, condamné pour collaboration avec les nazis, puis à Ordre nouveau, journaliste à Minute et au Crapouillot, cofondateur avec Antoine Blondin et Pierre Boutang de nombreux journaux comme La Dernière Lanterne qui deviendra La Fronde et enfin Rivarol, ancien des Comités Tixier-Vignancourcf. sa cassette vidéo sur la campagne.. Il participe en à la scission du FN qui donnera naissance l'année suivante au Parti des Forces Nouvelles, rival pendant plusieurs années du FN, auquel il reviendra en 1979 sans y jouer de rôle important pour le quitter de nouveau en 1999 ; Dominique Chaboche, ancien d'Occident ; Jean-Maurice Demarquet, ancien membre de la française libre, Croix de guerre 1939-1945 André Dufraisse, ancien secrétaire adjoint de la CGT de Nice puis collaborateur, membre du Parti populaire français (PPF) et de la LVF ; François Duprat, journaliste et ancien d'Ordre nouveau, diffuseur du négationnisme, assassiné en 1978. Les auteurs du crime n'ont jamais été retrouvés ; Pierre Durand, responsable de propagande du comité Tixier-Vignancour de 1963 à 1966, condamné pour "provocation à la haine raciale" au début des années 1990 ; Roland Gaucher, ancien trotskyste successivement membre de la Fédération des étudiants révolutionnaires, des Jeunesses socialistes ouvrières, et du Parti socialiste ouvrier et paysan puis collaborateur au sein des Jeunesses nationales populaires, historien du communisme et romancier engagé dans la dénonciation de la dictature dans les démocraties populaires, journaliste à Minute, Initiative nationale, Itinéraires, L'Auto-Journal, avec Barthélemy et Brigneau la personnalité la plus influente et la plus décisive sur le nationalisme recomposé de la seconde moitié du . Il quitte le Front national en octobre 1973 puis fonde l'année suivante le Parti des forces nouvelles. Il reviendra au FN en 1979 et le quittera définitivement en 1993 après avoir été entre-temps député européen et conseiller régional de Franche-Comté ; Léon Gaultier, professeur d’histoire, ancien membre de la Waffen-SS, membre fondateur du conseil national du Front national« Le Pen et ses fantômes », Le Point, , . ; Roger Holeindre, ancien résistant, ancien de l’OAS, alors président du Parti de l'unité française ; Serge Jeanneret, ancien résistant, membre du réseau Alliance, Croix de guerre 1939-1945, Croix du combattant volontaire de la résistance. Il quitte le FN en 1975 pour retourner à son poste de chef de cabinet de Bernard Lafay puis y retourne en 1986 pour s'en faire élire conseiller régional d'Île-de-France ; Alain Robert, pour Ordre nouveau et le GUD, quitte le FN dès 1973 pour fonder le PFN. Aujourd'hui membre de l'UMP .
Le comité directeur était composé : de nationalistes issus du mouvement Ordre nouveau et du mensuel Militant de Pierre Bousquet ; de nationaux, dont Jean-Marie Le Pen et Roger Holeindre ; de centristes anti-gaullistes issus du Mouvement pour la Justice et la Liberté/Unité Française.
Le a lieu l'élection du premier bureau politique, avec le président Jean-Marie Le Pen, le vice-président François Brigneau, les secrétaires généraux adjoints Alain Robert (secrétaire général), Roger Holeindre, le trésorier Pierre Bousquet et le trésorier adjoint Pierre Durand. Le Mouvement pour la Justice et la Liberté/Unité Française quitte le FN.
En vue des élections législatives de mars 1973, le Front national adopte un programme intitulé Défendre les Français qui peut se résumer en sept points : le régime présidentiel doit être équilibré par une assemblée élue au scrutin proportionnel ; la dénonciation des accords d'Évian de 1962 et l'indemnisation des rapatriés considérée comme un préalable à la politique d'aide à l'étranger ; une réglementation très stricte de l'immigration ; la suppression du service militaire obligatoire remplacé par un service volontaire de six mois et une armée de métier ; la défense du commerce et de l'artisanat ; une politique d'aide à la famille qui comporte plusieurs mesures, en particulier des allocations spéciales et des dégrèvements fiscaux ; la dépolitisation de la fonction publique, en particulier celle de l'enseignement avec l'abrogation de la loi Faure.
La constitution légale du parti par le dépôt de ses statuts à la Préfecture de Paris a lieu le .
1973 Le , aux élections législatives le Front national obtient 1,32 % des suffrages exprimés (Jean-Marie Le Pen obtient le meilleur score du FN avec 5,22 % dans la de Paris). Du 28 au se déroule le premier congrès du Front national. Ordre nouveau sera dissous par Raymond Marcellin, le ministre de l'Intérieur, à la suite d'un meeting particulièrement dur contre « l'immigration sauvage » en juin 1973. Le divorce est alors consommé entre Alain Robert-Ordre nouveau et le Front national mené de plus en plus fermement par Le Pen. En novembre, une partie des dirigeants d'Ordre nouveau quittent le Front national dont Alain Robert et François Brigneau. Le Front de la jeunesse, auquel participe le Groupe union défense (GUD), s'en va aussi. Il constituèrent les Comités faire front qui se transformèrent en novembre 1974 en Parti des forces nouvelles. À la suite de cette scission, le nouveau bureau politique est composé de Jean-Marie Le Pen (président), Roger Holeindre (vice-président), Dominique Chaboche (secrétaire général), Victor Barthélemy (secrétaire administratif), Pierre Bousquet (trésorier) et Pierre Durand (trésorier adjoint). En décembre, le FN fonde sa propre organisation de jeunesse, le Front national de la jeunesse (FNJ) dont le premier dirigeant fut Christian Baeckeroot.
1974 À la suite du décès subit du Président Georges Pompidou le , Jean-Marie Le Pen décide de se présenter aux élections présidentielles en tant que candidat « de choc » de la droite « nationale, populaire et sociale », afin de « dire la vérité aux Français » avant qu’il ne soit trop tard. Il préconise notamment la limitation des fonctions de l’État, la lutte contre la subversion à l’intérieur, le renforcement du pacte atlantique à l’extérieur, la séparation nette du secteur de l’État et du secteur privé en matière économique, la primauté de l’intérêt national, la limitation de l’immigration étrangère, l’abrogation des accords d’Évian de 1962, la protection de l’environnement, l’hostilité à la politisation des syndicats, la limitation du droit de grève en matière sociale, la promotion de la famille et de la natalité, ainsi que la création d’une armée de volontaires. Concurrencé par le ministre démissionnaire des PTT, Jean Royer, et, surtout par le ministre d’État à l’Économie et aux Finances, Valéry Giscard d'Estaing, soutenu notamment par les Comités faire front et Minute, Jean-Marie Le Pen n’obtient, le , que 0,75 % des suffrages. Pour le second tour, il appelle à voter pour Valéry Giscard d'Estaing. À l'occasion du deuxième congrès, en , l'historien Jean-François Chiappe et le cimentier richissime Hubert Lambert (qui lèguera fortune et manoir de Montretout à Le Pen) rentrent au comité central. À partir d'octobre, la Fédération d'action nationale et européenne (néo-nazis) tente un rapprochement avec le courant nationaliste-révolutionnaire dirigé par François Duprat, suivis par les néo-nazis de la FANE de Fredriksen.
1975 Présence de Jacques Dominati et son directeur de cabinet, Jean-Marie Le Chevallier. À l'occasion du troisième congrès, en mai, Gilbert Sincyr devient vice-président du parti.
1976
Le Pen hérite personnellement de la totalité de la fortune d'Hubert Lambert, décédé le sans héritier. Philippe Lambert, cousin d'Hubert conteste la validité du testament. Le parti tient son congrès du 30 au novembre à Bagnolet. Le , un attentat détruit l'appartement parisien de Jean-Marie Le Pen. L'attentat n'a jamais été élucidé.
1977 En mars, aux élections municipales, le FN est présent sur certaines listes RPR/UDF, notamment à Toulouse, où il obtient une élue. En septembre 1977, l'Union solidariste dirigée par Jean-Pierre Stirbois, Jean-Claude Nourry et Michel Collinot, se rallie au Front national. L'anticommunisme viscéral du Front commence à être supplanté au niveau des thèmes par les mots d'ordre contre l'immigration. Le même mois, la question de l'héritage Lambert est réglée à l'amiable. Le Pen a cédé un tiers du patrimoine au profit de la famille qui a renoncé a toute poursuite.
1978 Le , au premier tour des élections législatives, le Front national obtient 0,33 % des suffrages exprimés. Le , François Duprat est assassiné. À la suite de cet assassinat, et après que Jean-Marie Le Pen refuse la vice-présidence à Michel Faci, les Groupes nationalistes révolutionnaires et la FANE rompent les liens avec le Front national en mai et juin. Aux élections législatives, le thème de l'immigration occupe une place importante dans la campagne du Front national. Le parti tient son congrès les 11 et 12 novembre à Rueil-Malmaison.
1979 Le , les élections européennes voient un échec de la constitution d'une liste commune entre le FN et le Parti des forces nouvelles (PFN), issu des dissidents de . L'idée avait été de présenter en tête de liste une personnalité qui fît l'unanimité au sein de l'extrême droite : il s'agissait du célèbre écrivain monarchiste, le marquis Michel de Saint Pierre. Cependant Jean-Marie Le Pen — troisième de la liste — plus encore que par le problème posé par le candidat à choisir pour la , est outré par le fédéralisme libéral de Jean-Louis Tixier-Vignancour et du PFN. En conséquence, le FN prône l'abstention tandis que le PFN présente sa « liste d'Union française pour l'Eurodroite des patries » que conduit Jean-Louis Tixier-Vignancour et qui obtient 1,31 % des suffrages.
Années 1980 1980 Le Front national ne compte que ..
1981