Le secteur de l’électricité de l’Uruguay repose traditionnellennnment sur l’hydroélectricité nationale ainsi que sur les centrales thermiques. L’Uruguay dépend aussi des importations en provenance d’Argentine et du Brésil en période de pic de demande.

Au cours des 10 dernières années, des investissements dans des sources d'énergie renouvelables telles que l'éolien et le solaire ont permis au pays de couvrir, au début de 2016, 94,5 % de ses besoins en électricité avec des sources d'énergie renouvelables. L'hydroélectricité fournit un grand pourcentage de la production du pays, presque entièrement produite par quatre centrales hydroélectriques, trois sur le Río Negro et une sur le barrage de Salto Grande, sur le fleuve Uruguay partagé avec l'Argentine. La production de ces sources hydroélectriques dépend des précipitations saisonnières, mais dans des conditions hydrologiques normales, la demande intérieure peut être satisfaite. La puissance thermique des centrales électriques au pétrole, activée pendant le pic de demande, est utilisée pour fournir la capacité de production installée restante. La production à partir de combustibles fossiles a considérablement diminué ces dernières années, les énergies renouvelables représentant 94,5 % de la production d'électricité en 2015.

L’énergie thermique de la biomasse offre également une capacité de production d’énergie supplémentaire. Le passage aux sources d’énergies renouvelables ces dernières années a été rendu possible grâce aux efforts de modernisation, fondés sur les réformes législatives et réglementaires de 1997, 2002 et 2006, qui ont conduit à de nouveaux investissements importants dans les capacités de production électrique, y compris dans le secteur privé. La capacité éolienne est passée de négligeable en 2012 à 10 % de la capacité installée en 2014. Un certain nombre de centrales solaires photovoltaïques ont été construites. En outre, une nouvelle interconnexion du réseau électrique a amélioré la capacité d'importer ou d'exporter de l'électricité avec le Brésil.

Historiquement, le secteur de l’énergie est principalement détenu par des entreprises d’État tels que l’UTE et l'ANCAP. Comme déjà dit précédemment, L’UTE est l’administration nationale des centrales électriques et de la transmission électrique. Elle est établie en 1912, et détient depuis le monopole du secteur. L’ANCAP est impliqué dans la production de produits pétroliers, de ciment et de boissons alcoolisées. Elle exploite la seule raffinerie de pétrole du pays à La Teja, avec une capacité de () par jour.

Histoire de l'Uruguay

Réforme du secteur Énergie En 1997, la loi nationale sur l’électricité a été mise à jour et met en place l’agence de règlementation URSEA et l’administrateur de marché ADME. La réforme prévoit de rémunérer les producteurs d’énergie par ordre de mérite. Elle crée un marché national de transmission et distribution, et régule les prix. La concurrence n’existe donc pas.

La réforme n’étant pas mise en œuvre efficacement, un nouveau modèle est créé en 2002. Celui-ci incite de nouveaux opérateurs à s’engager sur un marché concurrentiel. Le marché ne s’est pas développé comme prévu et la demande a en fait diminué à cause de la crise économique dans la région.

Dépendance à l'égard des importations Pendant une décennie complète, aucune capacité électrique n'a été ajoutée au système énergétique. Avant la construction de la centrale diesel de à Punta del Tigre en , l'UTE n'avait pas ajouté de centrale au système depuis 1995. C’est l’année de la mise en service de la dernière unité de Salto Grande. L’absence de mise en service de nouvelles installations de production au cours de cette longue période est le produit d’une décision consciente et stratégique de tirer parti des développements du marché en Argentine et dans la région, qui permettrait aux importations de combler les déficits de l’Uruguay. L’Uruguay vendait ainsi tous ses excédents de production hydroélectrique à l'Argentine et le Brésil pendant les années humides.

La dépendance aux importations provenant d’Argentine a commencé à devenir problématique en 2004. Avant 2004, le SEI était en mesure de répondre à sa demande grâce à la combinaison de contrats et d’achats sur le marché au comptant argentin. En raison des difficultés énergétiques rencontrées par l'Argentine, les contrats d'UTE avec l'Argentine pour une fourniture ferme de ont été ramenés à et n'ont pas été prolongés au-delà de 2007. Malgré cette réduction forcée de l'approvisionnement de l'Argentine au cours de la période de faible hydrologie de 2004-2006, UTE a pu maintenir ses importations d’énergie grâce à une augmentation notable de ses importations en provenance du Brésil et à des achats d’énergie sur le marché au comptant argentin. En 2008, les coûts d'approvisionnement ont considérablement augmenté en raison de la sécheresse, des coûts élevés du carburant et de la faible disponibilité de l'électricité dans les pays voisins. La Direction Nationale de l’Énergie est le corps principal qui se charge de la politique énergétique.

Nucléaire L’utilisation de l’énergie nucléaire est interdite depuis 1997. L’Uruguay possède un petit réacteur nucléaire, amené par les États-Unis en 1964. Celui-ci est destiné à des fins de recherches et entrainements. Il a été fermé en 1985 après la détection de corrosion potentiellement dangereuse. Un an après, l’accident de Tchernobyl et la tentative d’un accord avec le Canada pour construire une centrale nucléaire en Uruguay ont bousculé l’opinion publique et entraîné des manifestations anti-nucléaire. Cela a débouché sur l’interdiction de l’utilisation de l’énergie nucléaire en 1997.

Politique énergétique / comparaison avec les voisins

Politique énergétique L'Uruguay est un pays sans énergie fossile. Il ne dispose pas de réserves prouvées de pétrole, de gaz naturel ou de charbon. Ainsi toutes les la production d’électricité se base sur l'énergie hydroélectrique.

Au cours des dernières années, l’Uruguay a connu une croissance constante. Cette situation nécessite de plus en plus d'énergie, pour répondre aux besoins de l'industrie, tels que les transports ou le secteur résidentiel. Ainsi, le Conseil des ministres a approuvé en 2008, pour la première fois de l'histoire de l'Uruguay, une politique énergétique à long terme. Il s’agit donc de mettre en place une stratégie qui incorpore des éléments économiques, technologique mais aussi environnementaux, culturels, éthiques et sociaux.

Une commission composée de représentants de tous les partis politiques ayant un pouvoir parlementaire a approuvé la politique établie dans toutes ses composantes. L’Uruguay a ensuite adopté une stratégie à long terme, largement approuvée au niveau national. Il est de même devenu un exemple représentatif au niveau international.

Le décret /2006 du Ministère de l’Industrie, de l’Énergie et des MinesMIEM repose sur quatre grands axes stratégiques, les objectifs à court, moyen et long termes (prévus pour 2015, 2020 et 2030, respectivement), ainsi que sur un ensemble de plusieurs douzaines de lignes d’action qui garantiront la réalisation des objectifs préétablis. C’est-à-dire :

- Diversifier les sources d’énergie afin de réduire les coûts et les émissions et accroître la sécurité énergétique

- Augmentation de la participation privée dans la nouvelle production d’énergie renouvelable

- Intensification du commerce régional de l’énergie

- Faciliter la disponibilité et l’acquisition de biens et services économes en énergie

Les axes stratégiques définissent le rôle des différents acteurs tout en soulignant le rôle de l’État dans l’élaboration et la conduite de la politique énergétique, la diversification du mix énergétique avec un accent particulier sur les énergies renouvelables, la promotion de l’efficacité énergétique et la prise en compte d'accès universel et sûr à l'énergie en tant que droit de l'homme pour tous les secteurs sociaux.

L’aide de l’état permet de rassurer l’investisseur privé en créant des lois favorisant l’échange entre le secteur public et privé. Le succès du système Uruguay repose donc sur ce principe à travers lequel une entreprise publique qui centralise et les entreprises innovatrices étrangères qui viennent investir dans ce marché prometteur. Cela est dû au fait que l’état n’avait pas la capacité d’investissement à lui tout seul pour générer toute cette énergie verte.

Comparaison avec les autres pays En comparaison, d’après un rapport du Fonds mondial pour la nature (WWF), le Costa Rica, l’Uruguay, le Brésil, le Chili et le Mexique sont à l’avant-garde dans le développement des énergies renouvelables en Amérique latine. Pourtant, ceux que l’on considère souvent à tort comme les pays les plus avancés en la matière sont le Danemark, l’Espagne, et l’Allemagne, pour qui l’éolien représente respectivement 28 %, 21 %, et 12 % de l’électricité.

Offre et demande en électricité

Capacité installée

L’Uruguay représente une grande source d’énergie renouvelable et locale. En effet, l’Uruguay utilise l’énergie hydraulique depuis longtemps mais celle-ci atteint ses limites et est dépendante des conditions météorologiques.

La capacité électrique installée en Uruguay est d’environ en 2017. Environ 63 % de la capacité installée est de l’hydroélectricité. Le reste de la capacité de production est principalement thermique et une faible part représente l’énergie éolienne et la biomasse.

Environ 56 % de la capacité de production est détenue et exploitée par UTE, le service public national. La capacité restante correspond à la centrale hydroélectrique de Grande Salto qui est partagé à moitié avec l’Argentine, et à des investissements privés dans les énergies renouvelables. Le tableau ci-dessous montre les usines qui sont exploitées et détenues par le SEI en 2008: alt=|centré|vignette|Tableau référençant la capacité de production électrique en Uruguay par centrale

La puissance installée éolienne de l'Uruguay à la fin 2017 atteignait , en progression de 24 % () par rapport à 2016..

Depuis 2010, grâce à la politique énergétique du pays, l’Uruguay a diversifié sa production, notamment en laissant des entreprises privées investir et construire des parcs éoliens et solaires en Uruguay. Voir la liste des centrales en Uruguay. alt=|vignette|476x476px|Production d'électricité en Uruguay par source, 2017|centré alt=|vignette|438x438px|Carte des centrales hydrauliques, thermiques et parcs éolien en Uruguay 2017.|centré

Importations et exportations Au cours de l’année, l’Uruguay peut généralement répondre à ses besoins en électricité. Cependant l’Uruguay importe parfois de l’électricité du Brésil ou de l’Argentine, notamment grâce au barrage de Grande Salto. L’Uruguay vise l’indépendance énergétique. Les exportations ont toujours été négligeables. Ce tableau montre l’évolution de l’électricité importé depuis 1999 : alt=|centré|vignette|Tableau référençant la puissance électrique importé en Uruguay (1999-2009) Demande D’après les statistiques de l’UTE, la consommation d’électricité par habitant était d’environ par habitant en 2010. Ce chiffre tend à augmenter avec la population et de la consommation et atteint plus de par habitant par an en 2017.

Ressources importées