Le château de Montrottier est une ancienne maison forte, du , remaniée plusieurs fois et restaurée au , qui se dresse sur la commune de Lovagny dans le département de la Haute-Savoie en région Auvergne-Rhône-Alpes, à une dizaine de kilomètres à l'ouest d'Annecy, près des gorges du Fier.
Situation Le château de Montrottier est situé dans le département français de la Haute-Savoie sur la commune de Lovagny, dans l'avant-pays savoyard. Il se dresse à au sud-est du bourg sur une colline de d'altitude qui domine toute la contrée. Du chemin de ronde, la vue embrasse la campagne vallonnée et s'étend au-delà des montagnes qui dominent le lac d'Annecy jusqu'au Mont Blanc.
Élevé sur un piton rocheux qu'encercle l'ancien lit du Fier ; « la Grande-Fosse », il surveillait le passage de la rivière Le Fier sur la route reliant Chambéry à Genève.
Historique thumb|upright=1.4|Château de Montrottier thumb|upright=0.4|left|Armoiries de la branche des Menthon-Montrottier Le site aurait été occupé probablement à l'époque romaine ou sarrasine avec un poste de défense.
Les bâtiments du château sont édifiés entre les , avec des ajouts aux .
En 1263., la famille de Montrottier est citée dans un acte signé à Lovagny. Cette famille le tient soit des mains des comtes de Genève ou des sires de Pontverre. En 1266, le château échoit à la famille de Grésy. Le dernier du nom le donne en 1425. à de Savoie, qui le vend deux ans plus tard, le , à Pierre de Menthon, Bailli du Genevois, conseiller et ambassadeur de Savoie à Paris en 1417, à Rome en 1432 et à Gênes en 1441, du duc de Savoie , contre une somme de . Cette acquisition donne naissance à la branche des Menthon-Montrottier. Pierre de Menthon fait faire des travaux de construction et de rénovation. Il meurt au château, le , d'une blessure occasionnée à Chambéry à la suite d'un duel avec Jean de Compey.
La famille de Menthon-Montrottier conserve le château jusqu'à la Révolution et voit ses terres érigées en baronnie en 1596 et le le duc Victor-Amédée, l'érige en comté.
En 1796, il est vendu comme bien national à un consortium genevois puis à Bénédict Dufour, qui le laisse en héritage à son fils Guillaume Henri Dufour. La famille Dufour le vend en 1839 au baron Jules de Rochette, dont l'épouse effectuera aussi d'importants travaux, en remaniant le « Logis des Comtes » et en remplaçant l'escalier du « Logis des Chevaliers » par un escalier d'honneur.
Il est vendu en 1876 à Victor Frerejean, maître de forges, ancien président de la Chambre de commerce de Lyon, chevalier de la Légion d'honneur et officier de l'ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, qui achève le grand escalier.
En 1906, par le décès de Marie-Louise Marès, veuve de Georges Frèrejean, le château devient la propriété de Léon Marès, un grand collectionneur d'objets d'art. Léon Marès meurt au château de Montrottier le . Il institue comme légataire du château et du domaine de Montrottier l'Académie florimontane, dont il est membre depuis 1909.
L’Académie prend alors possession du domaine en 1919.
Elle organise l’ouverture du château aux publics et l’aménagement des collections riches et variées conformément aux dispositions testamentaires sous la direction du premier conservateur Joseph Serand.
Description Château thumb|La tour du château de Montrottier. Le château de Montrottier se présente sous la forme d'une enceinte pentagonale construite au , qui épouse la forme du terrain, protégée au nord par les gorges du Fier, autour d'un donjon cylindrique isolé dans une cour, d'une tour carrée, la « Tour des religieuses », des logis grands et petits ainsi qu'un bâtiment pour le corps des gardes. Cet ensemble constitue un bel exemple de l'architecture médiévale savoyarde ; les logis et la tour datant du . et réemploient des éléments des .
C'est à Pierre de Menthon que l'on doit la construction du « Logis des chevaliers », du « Logis des Comtes », et du donjon cylindrique surmonté de mâchicoulis. Ce dernier est construit après 1425, en blocage de cailloux roulés, briques et gravier, et son appareil est constitué de moellons de tuf. Haut de , il a des murs épais de plus de à sa base qui est construite en gros appareil et talutée en forme de tronc de cône. Comptant cinq étages planchéiés, il est accessible par une passerelle de bois depuis le premier étage du « Logis des Comtes » située à du sol. Un escalier de mène à son sommet, d’où l'on a une vue remarquable. Quant aux mâchicoulis, qui en compose le couronnement, ils reposent sur une rangée de corbeaux triples et dont les trois merlons qui dominent la route au sud-est sont percés de bouches à feu circulaires.
Pierre de Menthon fait aussi effectuer la réfection des courtines.
On accède à la cour du château par une porte de facture récente. À l'intérieur, outre le donjon, en face on voit le petit et grand logis. Ces deux bâtiments qu'éclairent des fenêtres à meneaux ont été restaurés en 1860 dans un style Renaissance. Une courtine les relies à la « Tour des Religieuses », qui est le bâtiment le plus ancien du château et dont le gros œuvre remonte au , dressé à l'angle sud-ouest. C'est un logis rectangulaire, dont l'un des angles est muni d'une échauguette, de de côté crénelée. Sa base percée d'archères a une épaisseur côté extérieur de et côté cour de . Ses poutres ne furent pas incrustées dans les murs mais seulement posées sur des corbeaux, afin d'évacuer l'humidité et permettre un changement plus facile. Il est à noter que les créneaux sont de dimensions inégales. Au on a ajouté une tourelle d'angle à cette dernière ; elle abrite un escalier à limon suspendu. L’accès à la tour se fait par une porte ogivale et ouvre sur une pièce qui dut servir de corps de garde, et qui devait abriter des pièces d'artillerie, comme le laisse supposer les larges ouvertures dont est percée la muraille. Après avoir emprunté l'escalier on atteint une première salle dite « Salle des Armes » et au deuxième étage la salle dite « Salle Orientale ».
Bordant la cour au nord et à l'ouest, le « grand logis » est composé d'un corps de trois bâtiments. Le premier abrite la « Salle des Chevaliers » ; c'est l'ancienne salle de réception du château, bâti à la fin du . Cette salle rectangulaire mesure et a des murs épais de . Elle s'éclaire par des fenêtres à croisillons Renaissance et voit sa porte d'accès surmontée des armoiries des Menthon-Montrottier. À l'intérieur on peut y voir un plafond boisé divisé en dix-huit caissons ; modèle en vogue aux et que l'on retrouve au château de Chillon, ainsi qu'une cheminée placée en face de la porte. Au premier étage de cette salle le linteau de la porte portait autrefois la date de 1344. Les autres bâtiments ont au très restaurés. Le château bénéficia des innovations qui portèrent sur les enceintes et on dota la forteresse d'un mur-bouclier formant un angle de 140°, ..
Collections Le château contient de vastes collections d'armes et d'armures, de faïences, porcelaines et verreries, de tapisseries (dont des tapisseries des Flandres), de meubles d'époque, de dentelles, ainsi qu'une collection d'objets rares d'Extrême-Orient et d'Afrique, réunis par Léon Marès, l'un des derniers grands collectionneurs de la fin du .
Cette collection a reçu en 2003 l’appellation « musée de France » en application de la loi du relative aux musées de France, codifié au du Code Patrimoine.
Elle compte par exemple :
Quatre bas-reliefs en bronze datant de la Renaissance allemande de Peter et Hans Vicher, célèbres fondeurs à Nuremberg au . Cinq tapisseries murales, manufacture bruxelloise, époque , représentant la chasse : chasse au cerf, chasse au sanglier, chasse au lièvre, chasse au loup, chasse au renard. Un groupe sculpté. Vierge de pitié avec Saint Jean et Sainte Marie Madeleine, . Une statue Pietà dite grande pietà bois polychrome et doré . Une statue Pietà dite petite pietà bois polychrome et doré . Une statue de la Vierge en majesté bois polychrome et . Un coffre aux armes de France . Un ensemble de tableaux dont une représentation de l’église Notre Dame de Liesse à la période révolutionnaire.
Parc et jardins Au temps de la famille de Rochette (1839-1876), avec le concours de l'architecte Francis Delimoges, les terrasses ont été aménagées, ont été construits des serres aujourd’hui disparues et trois jardins successifs sur chacun des niveaux avec un escalier pour les desservir.. L'Académie florimontane travaille en étroite collaboration avec le corps des architectes des Bâtiments de France pour l'aménagement de l'entretien du domaine.
Publication L'Académie florimontane publie, dès 1949, les recherches et travaux de Joseph Serand et celles de Julien Coppier sur le château de Montrottier, ses collections, les propriétaires successifs et la vie de Léon Mares. Chaque année figure dans la Revue Savoisienne, une rubrique qui regroupe toutes ces informations et recherches. Jusqu'en 2022 cette rubrique était tenue par Julien Coppier sous les termes Les Glanes et La lettre de Montrottier, à la suite de Marie-Claire Courtial.
Protection Au titre des monuments historiques ; le donjon, le corps de logis des Chevaliers et la tour de la Religieuse font l’objet d’un classement par arrêté du ; les terrains entourant le château font l’objet d’un classement par arrêté du ; la ferme et les bâtiments composant le château à l’exception des parties classées font l’objet d’une inscription partielle par arrêté du .
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
. Julien Coppier, attaché de conservation du patrimoine, chargé des collections du Domaine de Montrottier : Le domaine de Montrottier au temps de la famille Frèrejean (1876-1906), Revue savoisienne, 2013, . Archives départementales de la Haute-Savoie. Coppier (Julien), Généreuse Haute-Savoie, histoire des dons et legs 1860-1940 : Léon Marès et son legs du château de Montrottier à l'Académie florimontane, in « des Philanthropes œuvrant pour les Beaux-arts et loisirs », Annecy, 2012, . . . . . .
. J. Serand, Le château de Montrottier, étude historique et archéologique, Annecy, 1949, (Réédition en ligne).
Articles connexes Glossaire de la fortification médiévale Liste des monuments historiques de la Haute-Savoie Liste des châteaux de la Haute-Savoie
Liens externes
Château de Montrottier sur le site autour-des-châteaux/
Montrottier Montrottier Catégorie:Monument historique en Haute-Savoie Catégorie:Monument historique classé en 1919 Catégorie:Monument historique classé en 1935 Catégorie:Monument historique inscrit en 1987 Catégorie:Tourisme en Haute-Savoie Catégorie:Académie florimontane