Cenebrun est un personnage légendaire du début de l'ère chrétienne, présenté au comme le premier « roi de Bordeaux ».
Légende Selon cette légende, la ville de Bordeaux est fondée sous les empereurs Titus et Vespasien (). Le fils cadet de ce dernier, Cenebrun, a épousé Gualienne ou Galienne, l'aînée de Titus. Vespasien en fait le premier roi de la ville.
De là, Cenebrun conquiert ou gouverne plusieurs provinces du midi de la Gaule (Gaule narbonnaise, Gaule aquitaine). À Bordeaux, il fait ériger le temple des Piliers de TutelleConstruit à la fin du ou au début du sous la dynastie des Sévères et détruit en 1677, il s'agissait vraisemblablement d'un temple dédié à la déesse tutélaire de la ville., qu'il consacre à Priape et où des visiteurs « de toutes les parties du monde viennent s'adonner à la luxure et au coït ». Galienne, quant à elle, fait construire le palais GallienEn réalité une arène romaine datant du début du et dont il subsiste aujourd'hui des vestiges. Son possible éponyme Gallien ne régna que bien plus tard, de 260 à 268, et ce nom aurait été attribué à l’amphithéâtre vers 1367. Une autre légende locale, tout aussi imaginaire, en fait le château d'une Galiène, « fille du roi de Tolède Galafre ou Galastre et amante de Charlemagne » (Roderic de Tolède, Jean Curion...)., « qui était alors le plus noble et le plus beau palais qui fût sous le ciel ».
Cenebrun a sept enfants de sa femme, et une quarantaine de diverses concubines. Entre eux, il répartit son immense royaume, conservant la suzeraineté à Bordeaux. À son cadet nommé aussi Cenebrun échoit le Médoc, à l'époque « célèbre pour la bonté de ses eaux, la grandeur de ses forêts et la quantité de poissons qu'on prenait sur ses côtes », et pour ses « deux villes, Huiraut et Brivat (parfois Hivrans et Hivrac), qui (seront plus tard) détruites par Charlemagne ». Pour lui rendre visite aisément, Gallienne fait ouvrir aux frais de l'habile courtisane Brunisende une « route plate et rectiligne comme une corde » entre son palais et la merC'est la lébade du Médoc, ou Grand camin bourdelès ou Magna via de Solaco (grand chemin de Soulac)., qu'elle parcourt régulièrement dans son char d'or.
Pour ses aînés, Cenebrun obtient du « roi de VianeViana, en Navarre espagnole. Le titre « prince de Viane » est porté depuis le début du par l'héritier du royaume de Navarre. » la main de ses deux filles. Ammys, Aunys ou Annys, épouse le jeune Cenebrun, comte du Médoc.
Origine
Les documents les plus anciens qui rapportent cette légende sont :
le Livre des Bouillons (du nom des gros clous de cuivre qui ornent sa couverture), manuscrit des archives de l'ancienne Jurade de Bordeaux rédigé du au début du ; le Livre Velu de Libourne (ainsi qualifié en référence à la peau de veau qui le couvre), cartulaire de la ville de Libourne, écrit en trois langues (gascon, latin, français) entre 1399 et 1498 ; le Livre des Coutumes de la ville de Bordeaux.
Elle est peut-être inspirée par l'importance de la maison de Lesparre entre 1324 et 1394, dont le seigneur Cenebrun IV (ou Gaucem-Brun) puis son fils Florimont possédaient des fiefs jusqu'à Bordeaux.
On peut aussi penser que la propagation de cette version romancée, à la fin de la guerre de Cent Ans, est un moyen pour l'autorité royale de forger un mythe fondateur qui ignore les véritables ducs d'Aquitaine, Aliénor, le Prince noir et la domination anglaise.
Notes et références
Notes
Références
Catégorie:Gaule Catégorie:Monde gallo-romain Catégorie:Aquitaine antique Catégorie:Personnalité gallo-romaine Catégorie:Personnalité liée à Bordeaux Catégorie:Mythologie par culture Catégorie:Roi légendaire