Isaac Comnène (en grec : Ἰσαάκιος Κομνηνός), (vers 1113-1154), est le troisième fils de l'empereur byzantin et d'Irène de Hongrie. Du fait que son plus jeune frère, , lui est préféré pour succéder à , les deux frères entretiennent des relations tendues. Néanmoins, il participe aux campagnes de Manuel en Asie mineure et est un fervent partisan du patriarche de Constantinople .

Biographie

En 1122, son frère le plus âgé, Alexis, est couronné co-empereur et Isaac reçoit le rang de sébastokrator avec ses autres frères. C'est un homme grand et imposant selon les sources byzantines, sévère et sujet à des accès de colère violents, contribuant apparemment à en faire un personnage peu apprécié par son entourage.

Selon Jean Cinnamus, Isaac participe à la campagne de 1136 contre le royaume arménien de Cilicie. Lors du siège d'Anazarbe, il conseille à son père de recouvrir les engins de siège de brique pour éviter qu'ils ne s'enflamment du fait des flèches enflammées envoyées par les assiégés. Ce stratagème semble fonctionner et permet aux Byzantins de prendre la ville. En 1142, ses deux frères aînés, Alexis et Andronic, décèdent. Isaac devient alors le candidat favori pour la succession mais, peu avant sa mort en Cilicie en , désigne son quatrième fils Manuel comme son successeur. Les raisons de cette préférence sont obscures et les chroniqueurs byzantins tentent longuement de le justifier, laissant apparaître que ce choix est surprenant. L'historien latin, Guillaume de Tyr, estime que le choix de Manuel s'explique par sa présence aux côtés de Jean lors de ses dernières heures. L'empereur agonisant estime alors que Manuel, accompagné du gros de l'armée byzantine, peut aisément se reposer sur elle pour faire valoir ses droits à la couronne, contrairement à Isaac resté à Constantinople. Toujours selon Guillaume de Tyr, le grand domestique Jean Axouch, le chef de l'armée et proche ami de , tente de le persuader de désigner Isaac, sans résultat. Cela n'empêche pas Jean Axouch de soutenir Manuel après la mort de .

Si Manuel dispose de l'armée, Isaac est toujours à Constantinople et a, de ce fait, accès au Grand Palais et à ses richesses. Il pourrait donc tenter de s'emparer du trône. Selon Nicétas Choniatès, Manuel envoie en toute hâte Axouch pour la capitale pour qu'il y parvienne avant l'annonce de la mort de l'empereur. Le général byzantin remplit sa mission et sécurise le palais pour éviter qu'Isaac ne s'y installe et le confine dans le monastère du Pantocrator. Un grand nombre de dignitaires de la ville aurait été prêt à soutenir Isaac mais, celui-ci renonçant au trône, la menace d'un soulèvement s'éloigne. arrive à Constantinople le et autorise Isaac à quitter le monastère, estimant sa position suffisamment solide. Cependant, de tels événements ont notablement compromis les relations entre les deux frères. En , le patriarche est accusé de conspirer contre Manuel au profit d'Isaac, un fervent partisan du patriarche, ce qui conduit à la déposition de , illustrant les divergences toujours profondes entre les deux fils de .

En 1145-1146, Isaac accompagne son frère lors d'une campagne contre Iconium, la capitale du sultanat de Roum. Il est alors l'un des principaux commandants de l'armée avec Jean Axouch. Selon Jean Cinnamus, un débat houleux serait intervenu durant la campagne alors que sont comparés les qualités martiales de et de . Jean Axouch, soutenu par Isaac, aurait loué celles de au détriment de Manuel. Isaac aurait été jusqu'à attaquer le futur empereur , son cousin, avec son épée. Le coup aurait été dévié par l'empereur aidé d'un de ses soldats, laissant Manuel avec une légère blessure. Isaac aurait alors été sanctionné en étant écarté de l'empereur quelques jours, tandis que Jean Axouch perd le droit d'utiliser le sceau impérial. Cet épisode est le dernier connu de la vie d'Isaac.

Famille La première épouse d'Isaac s'appelait Théodora, mais sa famille et sa vie sont inconnues. Elle mourut probablement vers 1142/43, le laissant libre de se remarier avec Irène Diplosynadène (ses parents étant tous deux issus de la famille des Synadènes). De son premier mariage, Isaac eut cinq enfants : Alexis ( – avant ), mort en bas âge, est commémoré dans le « typikon » du monastère du Pantocrator fondé par Jean II et dans un poème de Théodore Prodromos. Une fille, probablement prénommée Irène (née ), qui a épousé un Doukas Kamateros anonyme, petit-fils de Grégoire Kamatèros et Irene Doukaina, nièce de Alexis Ier Comnène. Elle était la mère de Isaac Doukas Comnène. Jean ( – avant ), mort en bas âge et est commémoré dans le « typikon » du monastère Pantokrator fondé par Jean II et dans un poème de Théodore Prodromos. Une fille, probablement prénommée Anne, qui épousa le riche propriétaire terrien et commandant militaire Constantin Makrodoukas. Marie Comnène, reine de Hongrie (née vers 1140), fiancée à Frédéric , empereur du Saint-Empire romain germanique, mais qui épousa finalement Étienne IV de Hongrie en 1156.

De sa seconde épouse, Isaac eut deux filles : Théodora Comnène, reine de Jérusalem (née vers 1145 – après 1185), qui épousa en 1158 le roi Baudouin III de Jérusalem et devint la maîtresse du futur empereur. Andronic Ier Comnène après la mort de son époux. Eudoxie Comnène, qui épousa Guilhem VIII de Montpellier.

Ascendance

Notes

Sources . . . .

Catégorie:Maison Comnène Catégorie:Jean II Comnène