Antoinette de Préval, née le à Béziers (Hérault) et morte le à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), est une femme politique et militante associative française.
Elle a été une dirigeante des Croix-de-Feu puis du Parti social français (PSF), responsable de l'action sociale de ces deux mouvements politiques dirigés par le colonel François de La Rocque dans les années 1930 et 1940.
Biographie
Marie Françoise Jeanne Antoinette de Préval est issue d'une famille de militaires, nobles et catholiques. Elle est la fille du vicomte Paul de Préval (1846-1919), qui termina sa carrière comme général de brigadeDossier de Légion d'honneur de Paul de Préval dans la base Léonore, et de Madeleine Rebut de la Rhoêllerie (1854-1923). Son père, fils d'un capitaine démissionnaire, est le petit-fils du comte Claude Antoine Hippolyte de Préval, lieutenant-général et pair de France. Les frères de son père, oncles d'Antoinette, sont également officiers - l'un, Claude, baron de Préval, est aussi général de brigade, l'autre, Gaston, comte de Préval, l'aîné, est lieutenant-colonelLe Gaulois, 27 juillet 1919 (confusion entre Claude et Paul de Préval), Ibid., 27 avril 1922, Le Temps, 6 août 1919, Le Gaulois, 24 juillet 1915. Cf. les dossiers de la Légion d'honneur de ses frères dans la base Léonore.. Un frère aîné, Roger, décédé en 1925, était chef de bataillonChevalier de la Légion d'honneur et titulaire de la croix de guerre, il a été réformé à la suite d'une intoxication aux gaz: Dossier de Légion d'honneur dans la base Léonore, Comoedia , 26 septembre 1911, Le Gaulois, 23 septembre 1911.
Durant la Première Guerre mondiale, elle est infirmière, d'abord en chirurgie puis au service des contagieux, à l'hôpital auxiliaire 232 à Paris, où sa mère est infirmière-major, préposée au service des grands blessés. Antoinette de Préval a été grièvement brûlée durant son service, à la suite de l'explosion d'un vaporisateurJournal officiel, 28 mars 1921.
Sa mère était une amie intime de la grand-mère de l'épouse du colonel de La Rocque. Antoinette de Préval a été pour les enfants de ce dernier à la fois une tante d'adoption et une infirmière, s'occupant du fils aîné (Jean-François) en 1926, alors que La Rocque et sa femme étaient au Maroc, du deuxième fils en 1930 après une opération, et elle a été au chevet de leur fille Nadine, décédée en 1934L'Action française, 9 mars 1937 (Lettre de Mme de La Rocque). Cf. aussi cette lettre d'A. de Préval à propos de Jean-François de La Rocque (décédé au combat à 22 ans): Le Petit Journal, 25 octobre 1941.
Secrétaire personnelle de La Rocque à partir de 1928, elle l'accompagne dans son itinéraire politique au cours des années 1930 et 1940. Elle va être la fondatrice, l'animatrice, et la doctrinaire des œuvres sociales des Croix de feu puis du PSF, tout en étant pour La Rocque une conseillère politique très écoutée. Elle dirige la section féminine d'action sociale des Croix de feu, fondée en , au lendemain du 6 février, mettant en œuvre le mot d'ordre Jacques Nobécourt, op. cit., . Elle est secondée par des cousines ou amies : la comtesse de Gérus, femme de général et cousine, Germaine Féraud, filleLe général Féraud, ancien inspecteur de la cavalerie, était membre du comité d'honneur des Croix de feu. Il a connu La Rocque. et petite-fille de général, Jeanne Garrigoux. Sous la direction de La Rocque, les femmes gèrent de façon autonome l'action sociale de la ligue : soupes populaires, camps de vacances, distribution de vêtements, ventes de charité, création d'une école d'assistantes sociales et d'un centre médical. Cette section crée en outre, à partir de 1935, des centres sociaux destinés aux jeunes dans les bastions communistes de la banlieue parisienne - le premier est créé par Antoinette de Préval à Saint-Ouen - puis en province. Mlle de Préval siège en outre au comité directeur des Croix de feu.
Au temps du Parti social français (PSF), héritier des Croix de Feu à la suite de leur dissolution forcée, elle anime sa filiale, Travail et Loisirs (1936), dont elle est la secrétaire généraleLe Petit Journal, 24 septembre 1937. Elle intègre comme seul membre féminin le comité exécutif du nouveau parti en Le Petit Journal, 2 décembre 1938, Le Petit Journal, 26 avril 1939. Elle est ensuite la directrice technique des Auxiliaires de la défense passive (ADP, 1939); cet organisme de protection civile se transforme en service social après la défaite de : il devient les Artisans du devoir patriotique. Le , cette organisation répandue sur les principaux points du territoire est dissoute par une ordonnance du Général SS Carl Oberg, en même temps que le Progrès Social Français. , écrit le biographe de La Rocque, Jacques NobécourtJacques Nobécourt, op. cit., . Dans son testament politique rédigé en , La Rocque écrit : Colonel de La Rocque, Pourquoi je suis républicain, Seuil, 2014, . Elle appartient en 1942 à la Commission administrative permanente (CAP) du PSF ; elle est là-encore la seule femme de cette commission de Le Petit Journal, 16 octobre 1942, Jacques Nobécourt, op. cit., . À la Libération, elle tente sans succès de préserver quelques noyaux de l'ancien PSFJacques Nobécourt, op. cit., .
Avec Noël Ottavi, elle a fait partie du duo le plus proche du colonel François de La Rocque, ce qui suscita des jalousies et des calomnies au sein des Croix de feuJacques Nobécourt, op. cit., . Calomnies également diffusées par les adversaires de gauche du colonelJuvénal, 20 août 1938, Le Populaire, 15 avril 1937, Ibid., 28 novembre 1936, Supplément de L'Humanité, 29 juin 1939, comme par ceux de l'extrême droite, tels Xavier Vallat lors du procès qui opposa le duc Joseph Pozzo di Borgo à La Rocque en 1937-1938 - il accuse La Rocque d'avoir gardé pour lui les fonds secrets qu'aurait donné André Tardieu afin d'éponger les dettes d'Antoinette de Préval L'Action française, 8 décembre 1937, L'Action française, 9 décembre 1937, , Ibid., 22 décembre 1937, Jacques Nobécourt, op. cit., - ou Léon Daudet, qui met en cause la du colonelL'Action française, 11 décembre 1937, Ibid., 9 mars 1938, Ibid., 7 avril 1938.
Selon l'historienne Laura Lee Downs, son action sociale en faveur des déshérités et de la jeunesse, fondée sur le christianisme social, n'a pas seulement répondu à la distinction classique entre le monde masculin de la politique et celui, féminin, de la charité ; elle a eu une visée politique, partagée par La Rocque : l'engagement en faveur des milieux populaires vise à concurrencer les partis de gauche et à attirer l'électorat ouvrier. En outre, son action sociale s'explique par l'idéologie des Croix de feu puis du PSF qui prône la collaboration des classes et la réconciliation.
Il n'en reste pas moins que Jean-Pierre Le Crom et Jean-Noël Retière, Une solidarité en miettes, Presses Universitaires de Rennes, 2018, .
Après la Seconde Guerre mondiale et la mort de La Rocque en 1946, elle s'occupe en tant que secrétaire (générale) de l'« Aérium des Croix », une œuvre philanthropique fondée et présidée par la mère de Jean Mermoz au profit des orphelins des victimes civiles et militaires de l'Air, qu'elle fait bénir par le pape Pie XII en 1949 à Rome. L'oeuvre fait construire des pavillons à Vic-sur-Cère (Cantal) pour les accueillirFonds Antoinette de Préval« Qu'est-ce que l'Aérium des Croix ? », L'Écho d'Alger, 25 février 1950 (Interview d'A. de Préval, secrétaire du conseil d'administration), Le Journal de Madagascar, 7 novembre 1953,France-Soir, 29 novembre 1955 (mort de Gabrielle Mermoz. A. de Préval est citée).. Elle fait aussi partie de de l'association Les Amis de La Rocque.
Bibliographie
Jacques Nobécourt, Le colonel de La Rocque, ou les pièges du nationalisme chrétien, Paris, Fayard, 1996 Caroline Campbell, Women and Gender in the Croix de Feu and the Parti Social Français: Creating a Nationalist Youth Culture, 1927–1939, dans Journal of the western society for french history, volume 38, 2008 : Lire en ligne.
Articles connexes Croix-de-Feu Parti social français Artisans du devoir patriotique
Liens externes
Notes et références
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