Oly Ilunga Kalenga est un médecin et homme politique congolais né le à Lubumbashi. Il fut ministre de la Santé de la République démocratique du Congo de 2016 à 2019. Accusé d'avoir détourné des fonds destinés à la lutte contre Ebola, il est condamné à cinq ans de travaux forcés le . Libéré de prison après avoir purgé sa peine en , le Comité des Droits de l'Homme des Nations Unies a confirmé en que sa condamnation par la Cour de Cassation de la RDC avait violé ses droits à un procès équitable.

Biographie Jeunesse et vie en Belgique De son nom complet Oly Ilunga Kalenga Tshimankinda, il naît le à Lubumbashi (RDC), à l'époque dénommée Élisabethville. Son père, Placide Ilunga Kakasu, est un militaire ayant participé au coup d'État contre Albert Kalonji dans le Sud-Kasaï, et qui atteindra le rang de général de brigade avant d'être mis à la retraite à la suite du « coup d'État monté et manqué » de 1975.

Oly Ilunga Kalenga arrive à l'âge de 13 ans en Belgique pour y poursuivre sa scolarité. Il étudie notamment à l'université catholique de Louvain (UCLouvain), où il obtient le grade de « docteur en médecine chirurgie et accouchement » en 1984. De 1985 à 1986, il obtient un diplôme de statistiques appliquées à l'épidémiologie et à la recherche clinique à l'université Pierre-et-Marie-Curie (France) avant de décrocher à l’UCLouvain un doctorat en santé publique en 1990 et une spécialisation en médecine interne en 1991. Il est également titulaire d’un MBA en management obtenu à la Louvain School of Management en 1992.

Il travaille pendant plus de 25 ans aux « Cliniques de l'Europe », groupe hospitalier bruxellois où il devient chef de service des soins intensifs en 1993, ainsi que directeur médical et administrateur délégué en 2013. Durant ces années, il acquiert le surnom de « Docteur Jim ».

Proche de l'ancien Premier ministre Étienne Tshisekedi, il lit son « message au peuple congolais » depuis Bruxelles, où ce dernier est convalescent, lors du anniversaire de l'Indépendance. Il veille également sur sa santé durant les dernières années de sa vie.

Carrière politique vignette|left|Oly Ilunga Kalenga (à gauche) avec le virologue Jean-Jacques Muyembe lors d'une émission de Radio Okapi en 2018 à Beni sur l'épidémie d'Ebola. À partir de 2000, Oly Ilunga Kalenga travaille en tant que consultant pour le ministère congolais de la Santé pendant ses vacances.

Il est nommé ministre de la Santé dans le gouvernement de Samy Badibanga en , et quitte officiellement son poste aux Cliniques de l'Europe le pour se consacrer à ses nouvelles fonctions. Lors du remaniement de , il conserve son portefeuille ministériel dans le gouvernement de Bruno Tshibala.

En , à la suite de révélations de Jeune Afrique dénonçant la double nationalité de certains membres du gouvernement alors que la loi congolaise l'interdit, il fait savoir qu'il a renoncé à sa nationalité belge dès sa nomination en 2016.

Le , il annonce que la RDC fait face à une nouvelle épidémie de maladie à virus Ebola, une semaine seulement après la fin de la précédente. Le mois suivant, il dénonce la qualité médiocre des diplômes congolais du secteur de la santé, estimant qu'il s'agit là d'un défi à surmonter pour lutter contre Ebola. Début décembre, il affirme que cette nouvelle épidémie est la plus grave au monde après celle de 2014 ayant touché l'Afrique de l'Ouest.

Lors de l'élection présidentielle de 2018, il soutient Emmanuel Ramazani Shadary, assurant la coordination de la « cellule santé » du candidat. À la suite de l'élection de Félix Tshisekedi à la présidence, il reste en poste pendant plusieurs mois dans le gouvernement Tshibala, le temps de la nomination d'un nouveau gouvernement.

En , alors que l'épidémie d'Ebola est déclarée par l'OMS « urgence de santé publique de portée internationale », il démissionne de ses fonctions, indiquant être opposé à la reprise en main par la Présidence de la lutte contre cette épidémieLettre de démission Oly Ilunga. Il dénonce des lignes de commandement peu claires, des risques de confusion préjudiciables à la riposte, ainsi que de « fortes pressions » pour qu'un nouveau vaccin, auquel il s'oppose, soit administré à la population. Cette démission est également sous l’angle du différend politique et personnel entre le nouveau président de la République Félix Tshisekedi et Oly Ilunga, dont l'entrée dans le gouvernement de transition a été ressentie à l'UDPS comme une « trahison »Machtkampf um Ebola-Aufsicht im Kongo. Il est remplacé le par Pierre Kangudia.

Ennuis judiciaires Le , Oly Ilunga Kalenga est auditionné par le parquet général dans le cadre d'une enquête sur la gestion des fonds publics destinés à la lutte contre Ebola. Trois de ses ex-collaborateurs sont également mis en garde à vue. Le , il est lui-même interpellé et placé en garde à vue par la police, qui l'accuse de vouloir quitter le pays, ce qui sera démenti par ses avocatsPlacé en garde à vue, Oly Ilunga sera déféré ce lundi devant le parquet. Il est notamment accusé d'avoir détourné 4,3 millions de dollars destinés à la lutte contre Ebola.

Le , il comparait devant la Cour de cassation, qui l'assigne à résidence. Le , il est condamné à 5 ans de travaux forcés, aux côtés de son ancien conseiller financier Ezechiel Mbuyi Mwasa, pour avoir détourné fin 2018 plus de destinés à la lutte contre l'épidémie d'Ebola. À la suite de cette condamnation, il clame son innocence dans un communiqué qu'il publie le jour même sur Twitter. Après avoir été accepté, son pourvoi en cassation est finalement rejeté en par le greffier de la cour, une décision critiquée par ses avocats qui dénoncent un déni de justice.

Le Dr Oly Ilunga a été libéré de la prison de Makala le après avoir intégralement purgé sa peine de cinq ans.

En Juillet 2025, près d'une année après avoir purgé sa peine, l'ancien ministre de la Santé Publique Oly Ilunga Kalenga a obtenu gain de cause devant le Comité des Droits de l'Homme des Nations Unies. Ce dernier a confirmé que la condamnation du Dr Oly Ilunga en 2020 par la Cour de cassation de la République Démocratique du Congo en première instance, sans possibilité de se prévaloir d’un recours permettant le réexamen de la condamnation et de la peine, constituait une violation de ses droits fondamentaux. Conformément à l’article 2 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le Comité des Droits de l'Homme des Nations unies rappelle que l’état congolais a l’obligation d’accorder une réparation intégrale aux individus dont les droits garantis par le Pacte ont été violés. Le Comité estime que, dans le cas du Dr Oly Ilunga, un recours utile consisterait à lui accorder une indemnisation adéquateRDC : Le Comité des droits de l'homme de l'ONU confirme la violation des droits de l'ancien ministre de la Santé Oly Ilunga Kalenga, sur Actualité.cd, 24 août 2025.  

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