Lîle d'Ouessant () est une île française de la mer d'Iroise (incluse dans une zone plus vaste appelée mer Celtique) située à l’ouest de la partie continentale de la Bretagne.

Cette île a donné son nom à la commune dont elle forme l'essentiel du territoire. Elle fait partie du parc naturel régional d'Armorique et du parc naturel marin d'Iroise.

Toponymie

Géographie thumb|left|Carte de l'île.

Localisation Distante de à l'ouest-nord-ouest de la pointe de Corsen, sur la côte occidentale du Finistère, longue de huit kilomètres et large de quatre, elle est la terre la plus occidentale de la France métropolitaine, si l’on excepte le rocher de An Ividic à quelques encablures de l'île, sur lequel est ancré le phare de Nividic.

L’île est séparée de l’archipel de Molène par le passage du Fromveur, un courant de marée de huit à dix nœuds, l'un des plus forts d'Europe, qui résulte d’une faille locale de de profondeur.

Cette île du Ponant était l'ultime escale avant l'Amérique. Les marins la surnommaient « L'île haute », « l'île de l'épouvante », « l'île des naufragés », pour ses écueils, ses brumes fréquentes et ses courants marins.

« Qui voit Ouessant voit son sang », dit un dicton bretonLe célèbre dicton des îles du ponant au complet est : .

Îles de l'archipel d'Ouessant

Youc'h Korz Ouessant Keller Île Cadoran Penn ar Roc'h

Géomorphologie Ouessant est la septième île de la France métropolitaine par la taille. En forme de pince de crabe, l’ouest de l’île se divise en deux « branches » : la « branche » de Locqueltas au nord, se terminant par la pointe de Pern, et celle de Feunten Velen au sud, se terminant par la pointe de Porz Doun. Ces deux branches encadrent la baie de Lampaul, au fond de laquelle se trouve le bourg de Lampaul, unique agglomération de l'île. L'altitude maximale est de , l'altitude la plus basse étant celle du niveau de la mer.

À l’est, la baie du Stiff est la seule facilement accessible par la mer avec la baie de Lampaul et le petit port d'Arland. Au fond de cette baie se situe le port du Stiff, où accostent les navires à passagers ou à marchandises en provenance du continent.

À marée basse, les quatre plages de sable fin de l'île sont accessibles. La plus grande, celle du Corz, est située sous Lampaul.

Géologie Géologiquement, Ouessant est formée principalement de leucogranites dans sa moitié nord, datée à 303 millions d'années, et, dans sa partie centrale, de micaschistes injectés de filons de trondhjémite de couleur claire. L'unité sud, datée à d'années, est interprétée comme un ancien bassin volcano-sédimentaire. Le principal corps magmatique de cette unité sud, initialement considéré comme une intrusion granitique, s'avère être une épaisse coulée trachydacitique, bordée de brèches explosives à « fiamme » et de pépérites. Les formations géologiques d'Ouessant ont été déformées au cours de l'orogenèse varisque (ou hercynienne), entre d'années au sud et d'années au nord. L'île possède un gisement de graphite dans sa partie sud-ouest et des grenats dans sa partie sud.

À Porz Nenv, près de l'ancien hameau de Pern, se trouve une levée de gros galets basaltiques qui seraient venus d'Islande, transportés par des icebergs lors des glaciations quaternaires ; ils forment une plage suspendue, témoignant d'un niveau de la mer plus élevé lors des périodes de réchauffement interglaciaires.

L'archipel d'Ouessant-Molène est un morceau détaché de l'anticlinal du Léon, formé de granites et de roches volcaniques du Carbonifère. Il peut être subdivisé en deux parties : la première, composée de la seule île d'Ouessant, est séparée du continent depuis très longtemps ; la seconde, qui comprend Molène et les îles de son archipel, dont la séparation d'avec le continent est récente. Une ancienne barrière granitique unissait les îles de l'archipel de Molène au continent au niveau de l'actuel chenal du Four ; cette barrière s'abaissa lentement, provoquant un ennoiement progressif dont des forêts submergées ; on en retrouve des traces dans l'anse de Goulven ou à Tréompan, des monuments mégalithiques engloutis et des légendes de villes englouties (Ys, Tolente)Camille Vallaux, Sur les oscillations des côtes occidentales de la Bretagne, "Annales de Géographie", janvier 1903, .

Habitat et démographie L'île compte une centaine de hameaux répertoriés, qui ne comptent pas plus de quelques maisons. habitent l'île à l'année en 2022 ; la population monte à en été. sont répertoriés en 2022. Ces estivants « du continent » habitent dans des résidences secondaires, habitats historiques rénovés ou constructions récentes. Le nombre de résidences secondaires est passé d'une centaine en 1968 à plus de 500 en 2021.

La population de l'île est plus âgée que la moyenne française : plus de 50 % des habitants ont plus de .

Signalisation maritime L’île d’Ouessant compte les phares et sémaphores suivants : Kéréon, la Jument, Nividic, Créac’h et le Stiff ainsi que la tour radar homonyme du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage contrôlant le rail d'Ouessant. Du fait de sa situation géographique et de ses dispositifs de signalisation, Ouessant est surnommée l'« île sentinelle ». L'expression est souvent reprise dans les publications et reportagesEn 1958, l'écrivain Pierre Devaux évoque ce rôle de sentinelle vigilante : Cf ..

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie Françoise Péron, Ouessant, l'île sentinelle, préface de Pierre-Jakez Helias, éditions de la Cité, 1985, 448 pagesQuéniart Jean. Françoise Péron. Ouessant, l'île sentinelle., Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, 1986, vol. 93, n° 3, pp. 361-362.. Une réédition aux éditions Chasse-Marée est parue en 2004.

Articles connexes Commune d'Ouessant Rail d'Ouessant Parc naturel marin d'Iroise Îles du Ponant

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