Delphine Kemneloum Djiraïbé, née le , est une avocate tchadienne et la cofondatrice de l'Association tchadienne pour la promotion et la défense des droits humains. Elle a reçu le prix Robert F. Kennedy des droits de l'homme pour l’année 2004, ainsi que le prix Martin-Ennals pour l'année 2023.

Biographie

Delphine Djiraibé est née le à Koumra, sixième ville du Tchad par le nombre d’habitants, située dans la partie sud de ce pays. Elle obtient un baccalauréat à Moundou et un diplôme en droit à l'Université Marien-Ngouabi (situé en République du Congo) en 1989.

Lorsqu’elle revient dans son pays natal après ses études, elle y constate la famine et la pauvreté généralisées parmi la population. Elle découvre aussi les crimes de l’ex-président, Hissène Habré, avec l’ouverture des prisons de la Direction de la documentation et de la sécurité (DDS), la police politique du régime renversé par Idriss Déby en . Ces constats la motivent à devenir une militante des droits humains et à fonder l'Association tchadienne pour la promotion et la défense des droits humains.

Son activité se concentre dans un premier temps sur les revenus du projet de développement pétrolier et d'oléoduc Tchad-Cameroun financé par la Banque mondiale. Elle s’insurge contre le manque de volonté politique pour établir une gestion des revenus pétroliers plus transparente. Elle fait également valoir que les recettes du gazoduc devraient servir à soutenir le développement local plutôt que l'armée tchadienne, et que le projet de gazoduc a appauvri davantage les villages de sa région : . Elle soutient également que les revenus pétroliers sont un facteur de la guerre civile de 2005-2010.

Selon le Centre Robert F. Kennedy pour la justice et les droits de l'homme, son action militante conduit le gouvernement tchadien à lancer une campagne de relations publiques contre elle. En 2008, lors d'une vaste campagne de répression menée par IdrissDeby contre ses opposants politiques, elle est finalement amenée à se réfugier à Paris.

Elle critique l'Organisation de l'unité africaine, la qualifiant de « club privé d'amis au pouvoir » Elle est favorable au procès de l'ancien président Habré, déclarant que ce procès montrerait .

En 2005, le Centre Robert F. Kennedy lui décerne le Prix Robert F. Kennedy des droits de l'homme, louant .

Quatre ans plus tard, le magazine Jeune Afrique l'inclut parmi les 100 plus importants défenseurs du changement en Afrique, écrivant : . La BBC News la décrit comme . Références

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