La typologie jungienne est une théorie des types psychologiques proposée en 1921 par le psychiatre suisse Carl Gustav Jung pour caractériser le mode de fonctionnement psychologique d'un sujet..
Elle aboutit à distinguer seize types psychologiques, suivant la fonction cognitive dominante (quatre possibilités), l'orientation introvertie ou extravertie de cette fonction, et l'orientation de la fonction cognitive auxiliaire sur l'axe complémentaire.
Les types psychologiques de Jung doivent être vus comme des outils permettant de mettre en évidence les différences de fonctionnement psychologique entre les individus. Au lieu de reprocher à une personne son mode de raisonnement, on peut comprendre que cette personne est d'un type différent et donc aborde le monde selon d'autres priorités que les siennes. Les différences de types psychologiques peuvent être utilisées comme un outil pour comprendre les différences de fonctionnement des autres. Ces types sont applicables, selon Jung, à toutes les cultures.
Cette typologie a été reprise (sous une présentation différente) par la typologie du Myers Briggs Type Indicator et par celle de la socionique.
Introduction Dans son ouvrage Les Types psychologiques (1921), Carl Gustav Jung définit trois grandes paires de caractéristiques de la psyché humaine, caractéristiques qu'il fonde à la fois sur sa pratique de la psychologie analytique et sur une étude assez poussée de la différenciation psychologique au cours des différentes époques pré et post-chrétiennes.
Afin d'éviter les récupérations mal comprises de ces travaux, en particulier celles proposant par exemple ou , il développe dans l'un de ses ouvrages, (L'Homme et ses symboles), une mise en garde, au travers d'un passage ayant pour sujet l'un des aspects de la personnalité de la femme, à savoir la part masculine de celle-ci, que l'on nomme l'animusCarl Gustav Jung, L'Homme et ses symboles, page 194 à 195..
Cette page est illustrée, entre autres, par une image de Gandhi, personnage à la fois introverti parce qu'à l'image d'un sage, un être ouvert à l'introspection pendant une grande partie de sa vie puis qui par la suite fut aussi extraverti, à l'image d'un chef d'État, d'un révolutionnaire, même si ce fut au nom de la non-violence.
Il met aussi en garde en indiquant qu'C. G. Jung, L'Homme à la découverte de son âme, première édition en français : Genève, éditions du Mont-Blanc, dernière édition française : Paris, Albin Michel, 1987. .
Orientation de l'énergie
L'individu a deux façons de se charger en énergie : l'introversion et l'extraversion. Jung a observé que les individus ont tendance à trouver leur énergie et à être dynamisés : soit par le monde extérieur, en côtoyant les autres pour se ressourcer : extraversion E ; soit par son monde intérieur, en passant du temps seul pour se ressourcer : introversion I.
Ces deux notions ne sont pas à entendre tout à fait au sens où ces termes sont entrés dans le langage courant. En effet, l'extraverti prend son énergie principalement du monde, tandis que l'introverti prend son énergie principalement de lui-même. On a tendance à penser que l'introverti est timide, solitaire et peu sociable et que l'extraverti est très expansif et parfois superficiel, or ce sont des stéréotypes. D'ailleurs, la timidité et la sociabilité n'ont rien à voir avec l'introversion ou l'extraversion.
Introversion et extraversion constituent les deux types psychologiques principaux.
Chaque personne possède une inclinaison plus ou moins prononcée vers l'une ou l'autre de ces orientations. En effet, on ne peut pas être des deux types à la fois, même si certaines personnes sortent, à l'occasion de tests psychologiques, comme relativement équilibrées par rapport aux types (dominante très légère pour l'un des deux types). On a coutume de symboliser l'introverti par un tandis que l'on symbolise l'extraverti par un .
E - Extraversion I - IntroversionJe suis à l'aise avec les autres Je suis à l'aise avec moi-mêmeJe suis orienté vers le monde extérieur Je suis orienté vers mon monde intérieur Je profite de mes loisirs pour bouger et être avec les autres Je profite de mes loisirs pour me détendre et être seulJ'ai besoin de contacts pour me ressourcer J'ai besoin de solitude pour me ressourcerJe préfère être en groupe pour en discuter Je préfère être seul pour y réfléchirJe préfère m’exprimer par la parole en général Je préfère m’exprimer par l’écriture en général
Fonctions psychologiques vignette|Schéma des types psychologiques, d'après L'âme et la vie de C.G. Jung. Les fonctions psychologiques ou processus mentaux sont, chez Jung, au nombre de quatre : la sensation (sous-entendu notre faculté à nous placer dans et à percevoir le présent) ; la pensée (sous-entendu l'intellect) ; le sentiment (sous entendu l'évaluation affective) ; l'intuition (ou évaluation globale).
Ces quatre fonctions vont aussi par paire, mais d'une manière moins claire que pour les types. Jung distingue, au sein de l'activité de l'esprit humain, deux grands types d'activité : recueillir de l'information ou « perception » P, de deux manières opposées : l'intuition N (I étant déjà utilisé pour introversion) et la sensation S ; traiter cette information pour aboutir à des conclusions ou « jugement » J, de deux manières opposées : la pensée T (pour ) et le sentiment F (pour ). Les termes employés pour désigner ces processus ne correspondent pas au sens usuel, les processus devant être compris à travers les rapports qu'ils entretiennent les uns avec les autres. Comme mode de perception, la sensation s'oppose à l'intuition, en ce que le sujet axé sur la sensation s'intéresse spontanément aux caractéristiques (détaillées et pratiques) des éléments qui peuplent son environnement, alors que celui axé sur l'intuition s'intéresse à la signification (globale et synthétique) de ces éléments.
Chaque être humain a des facultés plus ou moins développées dans les quatre fonctions psychologiques, qui sont nécessaires à son fonctionnement quotidien. Néanmoins, certaines dominent dans des domaines où l'on note une moindre utilisation d'une autre fonction, mettant ainsi en évidence les couples fonctionnels : pensée/sentiment et sensation/intuition. Si une personne a une tendance naturelle à approcher les choses au travers de son intellect, le côté sentimental passera souvent mécaniquement au second plan, et vice-versa. De la même façon, les personnes « intuitives » ont souvent tendance à aborder les problèmes de la vie en tentant de trouver une solution à long terme alors qu'elles auront du mal à percevoir le problème immédiat. À l'inverse, les « perceptifs » (ceux dont l'appréhension du monde est plutôt basée sur la sensation) auront eux plus de mal à envisager des solutions qui ne répondent pas à un problème se posant dans le présent.
Afin de donner au lecteur des moyens de continuer une éventuelle investigation sur les types psychologiques dans la littérature actuelle et sur internetDe nombreux sites, comme 16personalities.com, proposent des questionnaires en ligne qui déterminent automatiquement le type de la personne ayant répondu et présentent le résultat à l'aide de cette notation standard., on reprendra la notation anglo-saxonne de Myers-Briggs des fonctions, qui tend à devenir un standard de fait : la sensation : pour Sensation, la pensée : pour Thinking, le sentiment : pour Feeling, l'intuition : pour iNtuition.
Perception dominante La Sensation consiste simplement à percevoir son environnement à travers les sens, c'est une fonction cérébrale qui constate ce qui existe autour de nous.
Par opposition, l'Intuition est beaucoup plus difficile à appréhender dans une culture rationnelle. C'est une perception qui nous parvient à travers les couches subliminales de notre être, « une de ses particularités étant que l'on ne saurait préciser où et comment elle prend naissanceC. G. Jung, L’Homme à la découverte de son âme, op. cit. ». L'intuition se manifeste de manière privilégiée quand on se trouve en présence de conditions nouvelles et inconnues, pour lesquelles on ne dispose pas de valeurs et de concepts établis rationnellement et consciemment. Elle peut se manifester sur différent plans : physique (on pressent un danger) ; émotionnel (la première impression qui est souvent la bonne) ; intellectuel (tout s'éclaire et la solution apparaît)...
Pour Jung, l'Intuition est définie comme une perception acquise avant tout via l'inconscient. L'intuition est une fonction cérébrale qui établit une connexion avec les couches les plus profondes de l'inconscient, c'est-à-dire surtout de l'inconscient collectif, à travers les archétypes et les symbolesFrieda Fordham : Introduction à la psychologie de Jung, française, éditions imago, 2015. L'intuition relie la situation à un archétype, en en identifiant les traits essentiels, et en en dégageant la cohérence sous-jacente.
S - Sensation N - iNtuitionJe m'intéresse avant tout aux faits Je m'intéresse avant tout à la significationJ'ai plutôt les pieds sur terre J'ai plutôt la tête dans les étoilesJe me souviens plutôt des faits et des évènements Je me souviens plutôt des enjeux et des enchaînementsJe m'intéresse au présent et à ce qui m'arrive Je m'intéresse au futur et à ce qui pourrait m'arriverJe distingue spontanément les détails Je vois spontanément les implicationsJe suis plus à l'aise avec les procédures habituelles Je vois les nouvelles façons de faire les chosesJ'aime que les choses soient claires Je comprends à demi-motJ'appréhende les choses dans leurs détails J'appréhende les choses dans leur globalitéJe n'aime pas devoir deviner Je n'aime pas me noyer dans les détailsMon bon sens me suggère des solutions pratiques Mon imagination me suggère des solutions nouvellesJe m'appuie sur mon expérience pour trouver une solution Je m'appuie sur ma compréhension pour trouver une solution.
Jugement dominant La Pensée et le Sentiment sont deux fonctions psychologiques permettant de juger l'objet dont on a conscience ; la Pensée est un jugement sur sa nature, et le Sentiment un jugement sur sa valeur. La « raison » d'un jugement est objective et consciente pour le Penseur, elle est inconsciente et subjective pour le Sentimental.
La Pensée vise à déterminer si l'idée que l'on a est juste : c'est une fonction intellectuelle, analytique, organisatrice, et objective. Cette fonction s'appuie naturellement sur la compréhension logique du monde, et sur des catégories et des systèmes de pensées partagés ; mais le type « penseur » ne doit pas être confondu avec un degré élevé d’intelligence ou de culture.
Le Sentiment, au contraire, vise à déterminer si l'on apprécie ou non cet objet, si l'on y adhère ou si on le rejette : cette fonction purement subjective se joue indépendamment de toute considération logique, classificatrice ou analytique. Elle est affective, instinctive, et sélective. Dans la psychologie de Jung, le type « sentimental » ne doit pas être confondu avec le sens commun du terme (celui qui se laisse dominer par des sentiments amoureux ou amicaux). Il s'agit d'une fonction de jugement du monde, le jugement de valeur.
T - Pensée F- SentimentJe pense être impartial dans mes décisions Je me sens responsable de mes décisionsJe considère l'effet recherché Je me demande si c'est bien ou malJe vois bien comment on peut s'y prendre Je vois bien ce dont on a besoinJe me demande plutôt pourquoi ça ne marche pas Je suis surtout furieux que ça ne marche pasUne bonne discussion permet de mieux comprendre Une bonne discussion permet de mieux s'entendreJe choisis surtout ce qui est logique Je choisis surtout ce que je sens bienLa bonne décision est factuelle et logique La bonne décision doit avant tout faire consensusUne incohérence me rend malade Une dispute me rend maladeJe me demande surtout si c'est bien vrai Je me demande surtout si c'est bien importantLe monde ne peut pas vivre sans raison Le monde ne peut pas vivre sans amour
Théorie dynamique