Le château d'Ecot-la-Combe est un château du entièrement remanié tout à la fin du construit sur un ancien château-fort plus ancien, situé au cœur du bourg d'Ecot-la-Combe, au bord d'une rivière la Sueurre, en région Grand Est dans le département de la Haute-Marne. Propriété privée, cet « édifice à métamorphoses » porte la marque des familles seigneuriales qui l'ont habité depuis le jusqu'à la fin du . Les trois ailes du château avec leurs tours, les façades et toitures de la porterie et celles des communs ainsi que le pigeonnier sont inscrites au titre des monuments historiques le .
Histoire Du au sept familles seigneuriales se succèdent. Les premiers seigneurs d’Écot Fief dépendant du comté de Reynel, la seigneurie d’Écot, occupait un point stratégique, à la frontière du comté de Champagne et du Bassigny, mouvant de la couronne de France et du duché de Lorraine, lequel relevait du Saint-empire romain germanique. C’est donc dès le haut moyen âge qu’une « villa nomine Escaus » attestée en 1172 puis une « meson d’Escoz » est établie au méandre d’une rivière poissonneuse : la Sueurre. Ferme fortifiée puis maison forte suffisamment importante au début du pour qu’elle soit déclarée jurable et rendable (c’est-à-dire mise à disposition du suzerain en cas de guerre) au sein d'une liste d’une petite dizaine de forteresses dépendant du comte de Champagne (Girars d'Escoz doit l'hommage lige à Thibault IV)Histoire des ducs et des comtes de Champagne 1172-1222..
La Baronnie d’Écot et la famille de Mailly : un château bourguignon Simon de Mailly, chevalier, chambellan du Roi aurait reçu la terre d’Écot de son mariage avec Henriette de Saint Seine, dite « dame de Clinchamp et d’Écot » autour de 1490Histoire généalogique et héraldique des pairs de France Par Jean-Baptiste-Pierre Courcelles 1822 Tome premier p. 39.. Africain de Mailly dit d’Écot (baron d’Écot de 1509 à 1560) accumule les charges au cours d’une longue existence : « capitaine de Nogent le Roi, Grand Bailli de Dijon en 1532, chambellan de Charles duc d’Orléans, capitaine de Langres, conseiller au parlement de Bourgogne en 1545, panetier du Roi etc… »dictionnaire des origines des maisons nobles (Lainé -1819).. Les premiers barons d’Écot Africain puis Gaspard de Mailly (lui aussi bailli de Dijon), ont laissé leur empreinte dans la pierre par l’introduction de l’architecture de la Renaissance comme la création d’une longue loggia à l’italienne sur pilastres à chapiteaux ioniques construite autour de 1550 (détruite en 1796).
Le marquisat d’Ecot et la famille de l’Hostel
vignette|gauche|150px|Armoiries de l'Hostel XVIIIe siècle La seigneurie passe à une famille champenoise : les de l’hoste (ou hostel). François de l’Hostel, seigneur d’Ecot (1622-1667), baron de Semoutiers obtient l’érection de la terre d’Écot en Marquisat (avant 1655, ce dernier réside à Paris rue du Temple, paroisse Saint-Nicolas des Champs.)Noblesse seconde et pouvoir en Champagne aux , Laurent Bourquin.. Le château est embelli notamment d'une porterie et les dépendances sont reconstruites formant la basse-cour.
Un plan de la seigneurie de 1722 commandité par Bazile Ignace de l'Hostel, marquis d'Escot est conservé aux Archives départementales de la Haute-Marne après des travaux d'arpentage. La seigneurie y est représentée avec son église primitive au pied des remparts du château (la nouvelle est reconstruite en 1847 un peu plus haut), sa forge, ses fourneaux, son moulin
Un « costeau en bois » est mentionné où figure un lieu-dit « la justice » avec une représentation de ce qui pourrait être un gibet : en effet, les seigneurs d'Écot disposent de droits de justice, ainsi qu'un droit de fuite (droit de pourchasser les paysans serfs) sur l'ensemble des terres du Comte de Champagne, droit acquis par Girard d'Écot en augmentation de fief au début du XIIIe siècle. "Thibault donne en augment de fief à Girard d'Écot ce privilège que ni Thibault ni ses héritiers ne pourront retenir dans leurs cités, châteaux ou villages aucun des hommes ni des femmes dudit Girard qui habitent Écot, Mareilles, Humbeauville" peut on lire dans l'histoire des comtes de Champagne de l'érudit Jubainville.
Les Capizuchi Bologne et les frères Michel Camille Antoine de Capizucci, marquis de Bologne et de Bonnecourt, baron d’escot, capitaine au régiment de Toulouse cavalerie hérite d’Écot en 1735 de sa tante Elizabeth. Son fils, « haut et puissant seigneur Charles Camille de Capichussi de Bologne, marquis de Bonnecourt et d’Écot, seigneur d’Andilli, Choiseul, Choinou, Maracq et autres lieux, Capitaine des carabiniers chevalier de Saint Louis… Un bail signé par le marquis de Bologne en 1768 (renouvelé en 1774 et 1780), au profit de Charles Michel, maître des forges d'Écot montre que ce dernier ne se réserve que « l’appartement bas du château ». En effet, veuf et inconsolable le vétéran de Fontenoy avait quitté Écot dès 1750 pour le petit manoir de Thivet ou les révolutionnaires le trouveront en 1793, les frères Michel occupent donc dès le dernier quart du une partie du château. La tourmente révolutionnaire leur permet d'acquérir le mobilier en 1790 puis de saisir l'opportunité de l'émigration du Comte de Foudras (seigneur d'Écot dès 1780 et héritier du marquis de Bologne) pour le racheter après qu'il eut été saisi comme bien national de deuxième origine.
Des frères Michel aux comtes de Beurges Cités parmi les premiers maîtres de forge du Premier Empire et première fortune du département sous la Restauration, les frères Michel entreprennent d'importants travaux au château. Peut être pour tourner la page de l’Ancien Régime, ils s’attachent à supprimer tous les vestiges de la féodalité à Écot tout en donnant au château un aspect classique : Les douves qui entouraient le château de profonds fossés avec murs en pierre sont comblées. Le châtelet, la loggia, la chapelle et le donjon disparaissent. L'aile sud est agrandie. L’essentiel est fait avant 1807. L’intérieur est entièrement réaménagé et décoré et constitue un ensemble homogène de décors d’époque Empire et Restauration dans un style Louis XVI tardif.
Sans héritier, les Michel font donation du domaine en 1839 aux descendants des comtes de Foudras : Charlotte Lallemant qui épouse Louis François de Beurges, comte de Beurges en 1816. Un jardin à l'anglaise est dessiné entre 1807 et 1832 en remplacement du grand parterre à la française coté Est. Henri Charles Louis de Beurges, comte de Beurges, député de la Haute-Marne, meurt sans héritier à Écot en 1912, le domaine est alors vendu. vignette|centre|Le château à l'époque du comte de Beurges.
Architecture Aspect général et extérieur
vignette|droite|Gravure de 1722.
La forteresse construite aux subsiste dans le plan général malgré les transformations de l’époque classique : seule la façade nord-est une reconstruction à neuf amorcée en 1796 sur le niveau inférieur d’une courtine médiévale et les trois ailes actuelles du château correspondent au plan en trapèze de l'origine. Le castrum ou castellum du , (attesté dans la liste des forteresses dites « jurables et rendables » au profit du comte de Champagne) ne nous est pas connu, seule la chapelle pourrait en avoir été un vestige jusqu’à sa destruction à la fin du .
Les deux tours rondes
Le corps de logis de l'aile Nord est encadré par deux tours rondes du d’un peu plus de 8 m de diamètre, avec des murs de 2,10 mètres d’épaisseur au niveau inférieur.
La tour Nord conserve notamment au sommet une cheminée sur corbeaux soutenus par deux colonnes lisses posées sur des patins en pierre, dans le style du château de Gombervaux et datable du . Cet étage de défense est doté d’une bretèche avec assommoir, et est éclairé de deux petites demi croisées à cordon régnant en guise d’appui (simple meneau). Le niveau intermédiaire est percé de deux hautes fenêtres à traverse (simple meneau) dont l’une est installée en lieu et place d’une ancienne canonnière ovale dont seul l’appui est conservé tandis que le rez de chaussée ouvrait sur une ancienne canonnière légèrement en saillie du mur (dissimulée dans l’actuel four à pâtisserie de la cuisine). vignette|Salle des gardes du XVe.
La tour « Saint Jacques » (en raison de la coquille sculptée qui orne le linteau d’une fenêtre) forme l’angle est de la forteresse, elle présente aussi une bretèche au étage et a été percée de trois hautes fenêtres à traverse (ou demi croisées) aux linteaux en accolade. Le rez de chaussée est percé d’une intéressante canonnière à double bouche surmontée d’un cran de mire (percé vers l'intérieur dans un petit tableau carré délardé en feuillure de quelques cm, sans doute destiné à un volet), très proche des éléments défensifs de la forteresse de Lafauche. Les deux tours sont coiffées d’ardoises dès le (tandis que le reste du logis est couvert de tuiles), le mâchicoulis n’est pas utilisé et une corniche moulurée en pierre fait la jonction avec la toiture.
La tour carrée
vignette|gauche|Tour carrée. Une tour carrée de défense plus modeste est accolée à la courtine sud. Une petite archère est encore visible au premier niveau tandis qu'une batterie au premier étage est équipée de deux canonnières rectangulaires. Le dernier niveau est percé de trois petites fenêtres à large chanfrein. Cette tour se voit accolée un conduit circulaire en saillie à usage de latrines se déversant dans les fossés.
Le château comprenait un donjon visible sur la gravure de 1722 : une tour octogonale couvertes en tuiles avec tourelle en encorbellement comprenant un escalier à vis, et disposant d’une chambre haute dont le mobilier nous est connu : « chambre du donjon : un lit garni de serge verte, un plumeau, une couverture de toile, un buffet etc… »Inventaire des biens meubles de 1790 AD Chaummont. Seule une petite portion de mur en subsiste au niveau de la descente de cave du corps de logis central.
Les courtines
vignette|droite|Échauguette à encorbellement du XVIe siècle. Une imposante échauguette à encorbellement couverte de plomb protège l'angle Sud-Ouest de la forteresse, de petites fenêtres cintrées ont remplacé à l’époque moderne les arquebusières du lorsque l'oratoire de la chambre basse est créé.
La courtine Ouest (murs de 1,50 m d’épaisseur) est percée de trois archères basses encore visibles, datée sans doute de la fin du , (on renonça à cette époque aux meurtrières percées aux étages inférieurs des tours et courtines en raison des progrès de l’art du mineur) et de trois croisées à meneaux (disparus) avec encadrement chanfreiné du début du . vignette|gauche|Meurtrière de la courtine Ouest.
Les caves voûtées présentent une ouverture en arc gothique brisé caractéristique : un arc ogival au tiers point du encadrant deux placards avec serrure en pierre pris dans l'épaisseur des murs. vignette|gauche|Placard médiéval.
La courtine Sud (murs de 1,40 m d’épaisseur) est percée de croisées hautes à doubles accolades (avec moulures en équerre et appuis à moulures pour l’une et large cavet et listel pour les deux autres) typiques du et dont seul le linteau subsiste (meneaux et traverses ont disparu). La croisée basse a perdu ses meneaux mais conserve son encadrement chanfreiné, tandis qu’un jour a large chanfrein pour l’éclairage de l’ancien escalier est encore visible. Au niveau inférieur un escalier étroit est pris dans l'épaisseur de la muraille. vignette|droite|Escalier de la courtine Sud.
La façade Nord percées de multiples fenêtres est une reconstruction de la toute fin du établie sur les bases du rempart médiéval renfermant les vastes caves voûtées hautes de 5 m dont l'une permet l'accès à une poterne avec souterrain aujourd'hui fermée par une grande grille. vignette|centré|Château d'Ecot, façade Nord.