Le régiment de Dauphiné est un régiment d'infanterie du royaume de France, créé en 1629 sous le nom de régiment de Nettancourt, devenu sous la Révolution le d’infanterie de ligne.
Création et différentes dénominations : création du régiment de Nettancourt : renommé régiment de Dampierre : renommé régiment de Chappes 1690 : renommé régiment d'Humières : renommé régiment de Charost : renommé régiment de Béthune : renommé régiment de Saillant 1732 : renommé régiment d'Estaing : renommé régiment de Noailles : renommé régiment de Custine : renommé régiment de Saint-Chamond : renommé régiment de Rosen 10 décembre 1762 : renommé régiment de Dauphiné : renommé d'infanterie de ligne
Colonels et mestres de camp : Louis marquis de NettancourtLe régiment est formé par Louis marquis de Nettancourt qui est alors est capitaine au régiment de Vaubécourt nommé maréchal de camp le 7 juin 1638 : Claude comte de Nettancourt de VillersClaude comte de Nettancourt de Villers est le frère du précédent mestre de camp Louis marquis de Nettancourt : Louis comte de Nettancourt de VillersFils du précédent mestre de camp Claude de Nettancourt il meurt en hiver 1647. Son père reprend alors le commandement du régiment : Claude comte de Nettancourt de VillersPère du précédent mestre de camp, Claude de Nettancourt, qui était déjà mestre de camp de 1638 à 1645 : Henri du Val marquis de DampierreIl est le premier des brigadiers d'infanterie. Son nom ouvre la liste des officiers nommés à ce grade le 7 mars 1668. Touché par un boulet au siège de Landrecies en 1655, il est tué durant le siège de Candie le 25 juin 1669 : Henri du Val comte de DampierreFils d'Henri du Val marquis de Dampierre, précédent mestre de camp, et de Claude Charlotte de Galéan il nait à Hans (Marne), le 31 janvier 1665 et meurt le 10 février 1723 au même endroit : Louis François d'Aumont marquis de Chappes puis duc d'HumièresLouis François d'Aumont marquis de Chappes prend, en 1690, le titre de duc d'Humières, en épousant Anne-Louise-Julie de Crevant duchesse d'Humières, la fille du maréchal d'Humières. Il devint brigadier le 3 janvier 1696, maréchal de camp le 29 janvier 1702, et lieutenant général le 26 octobre 1704. : Louis Joseph de Béthune marquis de CharostLouis Joseph de Béthune marquis de Charost est brigadier le 19 juin 1708. Il est tué, l'année suivante, à la bataille de Malplaquet : Michel François chevalier de BéthuneMichel François chevalier de Béthune est le frère de Louis Joseph de Béthune marquis de Charost le précédent mestre de camp meurt à la fin de l'année 1711 : Charles François d'Estaing marquis du SaillantCharles François d'Estaing marquis du Saillant est nommé brigadier le 16 février 1719, maréchal de camp le 20 février 1734, et lieutenant général le 18 octobre 1734. Il avait pris, en 1732, le titre de comte d'Estaing. C'est le père de Charles Henri d'Estaing : Philippe comte de NoaillesLe comte de Noailles était brigadier du 20 février 1743, il devint maréchal de camp le 2 mai 1744, lieutenant général le 10 mai 1748, et maréchal de France en 1775, sous le nom de duc de Mouchy : Marc Antoine marquis de CustinesMarc Antoine marquis de Custines était colonel régiment de Hainault en 1738. Il est nommé brigadier le 1er mai 1745, et maréchal de camp le 10 mai 1748. Il se démet du régiment de Custine en janvier 1749, et meurt à la suite de ses blessures après la bataille de Rossbach en 1757. : Charles Louis Auguste de La Vieuville marquis de Saint-Chamond : Eugène Octave Augustin comte de RosenEugène Octave Augustin comte de Rosen est brigadier du 25 juillet 1762, et devient maréchal de camp le 3 janvier 1770. : Charles Armand Augustin vicomte de PonsCharles Armand Augustin vicomte de Pons est brigadier du 5 décembre 1781, et devient maréchal de camp le 9 mars 1788. : Charles Laure marquis de Mac-MahonCharles Laure marquis de Mac-Mahon était maréchal de camp le mars 1791. : Charles Le BœufCharles Le Bœuf, était lieutenant-colonel de l'ancien régiment de Beauvaisis, devenu 57e régiment d'infanterie. Il est désigné pour devenir le colonel commandant du régiment d’infanterie de ligne ci-devant Dauphiné. Mais cet officier supérieur donna sa démission avant d'avoir rejoint le corps. : Charles Philibert de La Cour de La GardiolleCharles Philibert de La Cour de La Gardiolle est né le 11 décembre 1732 à Conqueyrac était lieutenant puis capitaine au régiment du Dauphiné. Étant le plus ancien officier du corps, il est nommé lieutenant-colonel le 25 juin 1791 afin de remplacé le précédent colonel qui avait démissionné avant d'avoir rejoint le corps. Il est mort le 17 octobre 1817, également à Conqueyrac
Historique Le régiment est formé par le marquis Louis de Nettancourt, capitaine au régiment de Vaubécourt, en vertu d'un ordre du , au moment où Louis XIII arme contre Charles-Emmanuel Ier duc de Savoie, certainement avec la compagnie que Louis de Nettancourt commandait dans le régiment de Vaubécourt, et probablement avec d'autres compagnies de ce corps corps, car la famille de Vaubécourt était une grande vendeuse de troupes.
Ce régiment, comme celui de Guyenne, était d'origine lorraine et avait eu pour fondateur un membre de la famille de Nettancourt.
En 1629, son uniforme comprend un habit, veste et culotte blancs, parements, revers, et collet cramoisi, patte en demi-écusson garni de 7 boutons, 3 en hauteur de chaque côté, et un à la pointe de dessous de la manche et du parement fermé par 6 petits boutons, 5 au revers et 3 au-dessous, boutons jaunes . Chapeau bordé de galon blanc. Drapeau Vert pomme Claude-Antoine Littret : Uniformes militaires, drapeaux, étendards et guidons, de tous les régiments de France, tant de la cavalerie que de l'infanterie, page 37.
Régiment de Nettancourt (1629-1652)
Guerre de Trente Ans En 1631, le régiment fait ses premières armes dans le cadre de la guerre de Trente Ans, au siège de la citadelle de Verdun.
En 1633, on le voit au siège de Nancy
En 1634, il se trouve à la prise de Bitche, de La Mothe, de Saverne et de Haguenau. Il passe ensuite le Rhin, il occupe Mannheim en octobre et marche en décembre au secours d'Heidelberg. A cette période il comprend 14 compagnies.
En 1635, le régiment de Nettancourt prend part à la défaite du duc de Lorraine près de Fresche, en Alsace, aux prises de Spire et de Vaudémont et à la chasse donnée en octobre au général Gallas, qui avait pénétré jusqu'aux confins de la Champagne.
En 1636, on le trouve aux ravitaillements de Colmar et d'Haguenau et au siège de Saverne durant lequel le mestre de camp, Louis marquis de Nettancourt, est blessé d'une mousquetade au cou lors d'un assaut.
L'année suivante, le régiment passe en Flandre et contribue aux prises de Landrecies, de Maubeuge, de La Capelle, ainsi qu'à la défense de Maubeuge.
En 1638, il fait le siège de Saint-Omer. un jour qu'il était chargé de la garde de deux redoutes sur la gauche de Nieurlet, il est vivement attaqué et malgré une belle résistance la première de ces redoutes est emportée par l'ennemi. La seconde qui est conservée était défendue par le capitaine Claude de Nettancourt, qui remplaça, cette année, son frère à la tête du corps. A la fin de 1638, le régiment retourne en Lorraine et se trouve aux prises de Blamont et de Lunéville, et se met en route, le , pour rallier l'armée du duc de Saxe-Weymar, occupée au siège de Brisach. Depuis ce moment jusqu'au traité de Münster en 1648, le « régiment de Nettancourt » est constamment employé en Allemagne et se recrute dans ce pays. Il advint que le corps, au bout de peu de temps, ne compta plus dans ses rangs que des soldats de langue allemande. Aussi Mazarin voulut le congédier. Mais sur la menace du mestre de camp, qui n'était pas un sujet français, et qui annonçait l'intention de conduire le régiment au duc de Lorraine, il consentit à capituler et à mettre ce régiment sur le pied d'égalité avec les troupes weymariennes et suédoises, qui composaient la majeure partie de l'armée entretenue par la France, au-delà du Rhin, et à lui accorder la paye étrangère, qu'il a conservée jusqu'en 1687. En sa qualité de régiment lorrain, le « régiment de Nettancourt » prit en même temps l'écharpe verte et des drapeaux verts marqués d'un losange blanc dans chaque quartier. Lorsque l'uniforme fut donné aux troupes, cette couleur verte a été rappelée dans l'habillement du corps qui, pendant longtemps, s'est ainsi distingué de tous les autres. Il avait habit et veste blanc ou gris-blanc, avec le collet et le parement vert clair ; boutons et galon de chapeau dorés ; 3 boutons sur le parement et 7 sur la poche, coupée en écusson. Ce n'est que sous Louis XV que la couleur distinctive verte est remplacée par la couleur rouge. En 1776, on lui donna les revers et les parements cramoisis avec le collet bleu de roi.
Après la prise de Brisach, en 1638, le « régiment de Nettancourt » est mis en garnison à Kreutznach. En , il fournit un détachement pour le secours de Bingen.
Dans les premiers jours de , il participe à ce fameux passage du Rhin, effectué au moyen de trente petits bateaux, et qui dura huit jours et huit nuits. Il est alors établi à Wetter, et rejoint en mai l'armée du général suédois Bannier.
Le , l'unité prend une part glorieuse à la puis il occupe Kempen jusqu'à la belle saison. Il se trouve ensuite à la prise d'assaut de Nickenich et à quelques affaires secondaires, et il prend ses quartiers d'hiver dans le Brisgau.
En 1643, il sert en Souabe, sous le commandement du maréchal de Goësbriand, et il ouvre la tranchée devant Rothweil il fait des prodiges à l'assaut du et Rothweil capitule le 19. Goësbriand , mortellement blessé durant ce siège, est remplacé par le comte de Rantzaw, qui se fait battre à Dutlingen. Le régiment soutint à l'arrière-garde les efforts du vainqueur.
L'année suivante, le « régiment de Nettancourt » est à la bataille de Fribourg, qui dure quatre jours. Le régiment contribue ensuite aux conquêtes de Philippsbourg, de Worms, de Mayence, de Landau, de Manheim, de Neustadt, au secours de Spire et de Baccharat, et à la prise du château de Kreutznach. Il passe l'hiver à Kreutznach.
En 1645, conduit par Louis de Nettancourt, qui vient de succéder à son père, le régiment se trouve à l'escalade de Germersheim, à la prise de Stuttgart, à la défaite de Mariendal, à la conquête de Rothembourg et à la victoire disputée de Nordlingen.
Il demeure inactif pendant la campagne de 1646.
En 1647, il fait les sièges de Tubingen, d'Aschaffembourg et de Darmstadt, et vient prendre ses quartiers sur le Rhin. Le mestre de camp étant mort cet hiver, le régiment est repris par son père.
Guerre franco-espagnole - La Fronde Malgré sa composition allemande, le « régiment de Nettancourt », résiste aux séductions de Turenne, qui se déclarait contre la Cour. Cette conduite est peut-être la vraie cause de son maintien sur pied, dans un temps où tant d'autres corps étaient supprimés. Après la prise de Münster, il est appelé des bords du Rhin à l'armée de Flandre.
En 1649, dans le cadre de la guerre franco-espagnole, il se trouve à la prise de Condé.
En 1650, il sert sous le maréchal du Plessis-Praslin et combat à Rethel.
En 1651, il passe l'année dans le Nord.
En 1652, il est aux ordres de Turenne, raccommodé avec Mazarin et fait le siège d'Étampes et combat au faubourg Saint-Antoine. Il se fait remarquer le jour où Turenne, cerné par l'armée lorraine dans son camp de Villeneuve-Saint-Georges, faillit être pris dans cette occasion, le « régiment de Nettancourt » avait combattu à l'arrière-garde avec beaucoup de résolution.
Régiment de Dampierre (1652-1689)
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