La famille d'Assignies est une maison noble originaire d'Artois, proche d'Aire-sur-la-Lys, ayant une enclave à Tourmignies dans la châtellenie de Lille, (département du Nord). Retrouvée dès le , elle sert, au , le duc de Bourgogne Philippe le Bon puis l'empereur Maximilien , ou encore au Charles Quint. Par la suite, des membres prennent le nom de Tournay d'Assignies, en étant comtes d'Oisy (Oisy-le-Verger). Selon une sourceBulletins de la société historique et littéraire de Tournai, cité dans la bibliographie, ils auraient participé aux croisades, mais ceci n'est pas confirmé.

En 1676, un descendant de cette « très ancienne famille dont les membres ont occupé des emplois considérablesAmédée le Boucq de Ternas, Recueil de la noblesse des Pays-Bas, de Flandre et d'Artois, Douai, 1884, , lire en ligne », bénéficie du titre de marquis pour lui et sa descendance.

De nos jours, un domaine, ensemble de , situé sur la commune de Tourmignies et en partie sur celle de Mérignies, (dans le Pévèle, arrondissement de Lille, département du Nord), porte encore le nom d'Assignies et contient un bâtiment classé au titre des monuments historiques, vestige de l'ancien château de la famille, vendu et rebâti au .

La famille d'Assignies s'est éteinte en 1831 avec son dernier représentant masculin. Le nom a été relevé par adjonction par les descendants du baron Albert-Baptiste Picot de Moras d'Aligny (1806-1888), marié en 1851 avec Marie-Antoinette d'Assignies (1813-1858).

Armes Les armes d'Assignies sont « Fascé de gueules, et de vair de six (ou huit) piècesDe Vegiano, cité dans la bibliographie, ».

Histoire La famille d'Assignies est retrouvée dès le en Artois : Thierri d'Assignies, époux de Mélisande de Cysoing, y vit en 1096Le Mercure de France, cité dans la bibliographie, . Le lien avec Tourmignies, où demeure de nos jours, le domaine d'Assignies, a lieu au , avec un Jean II, sire d'Assignies, reçu bourgeois d'Arras en , qui épouse Marie de TourmigniesDe La Chesnaye-Desbois, cité dans la bibliographie, Jean-Jacques Gaillard, Bruges et le Franc, Volume 1, Bruges, 1857,p. 464, lire en ligne. Au , la famille se scinde en différentes branches et rameaux, qui se distinguent notamment par le titre dont bénéficient les derniers membres (baron, comte, marquis). La famille prospère en Artois, en Flandre, en Hainaut. Elle s'éteint au , faute de descendant masculin.

Barons d'Assignies Les barons d'Assignies constituent le premier rameau de la branche aînée de la famille. Celle-ci débute au et se perpétue jusqu'au début du . Les d'Assignies de ce rameau restent en Flandre française, sont d'abord barons de Bailleul, par le mariage d'un des descendants à la fin du et, peu de temps après, sont dits barons d'Assignies au . Le dernier membre expire en 1831, sans descendant masculin, ce qui marque la fin du rameau.

Personnages notables Jean III d'Assignies, sire d'Assignies, commande au cinq cents (ou cent) lances au service du duc de Bourgogne Philippe Le BonJ. Balteau, cité dans la bibliographie. Léon d'Assignies, sire d'Assignies, fils du précédent, est à la tête de cinq cents (ou quinze centsDe Vegiano, cité dans la bibliographie, p. 262) lances de la ville de Cambrai pour Maximilien d'Autriche. Prévôt de ValenciennesCommission départementale des monuments historiques, Dictionnaire historique et archéologique du Ps-de-Calais, Arrondissement de Béthune, tome 1, Arras, 1875,p. 159, lire en ligne, il meurt le De Vegiano, cité dans la bibliographie, p. 263.. Jacques d'Assignies, écuyer, sire d'Assignies, teste le . Il est l'auteur en 1586 d'un volume contenant la généalogie de la famille avec les écussonsG.A. van Trigt, Manuscrits et Autographes, Bruxelles, 1872, p. 8, lire en ligne. Il a été chef du magistrat de Douai en 1546, 1550Souvenirs de la Flandre wallonne, Tome 1, 1861, p. 136, lire en ligneMémoires généalogiques pour servir à l'histoire des familles des Pays-Bas, tome II, Amsterdam, 1781, p. 189, lire en ligne. Jean d'Assignies (?-1642), moine de l'abbaye cistercienne de Cambron Jean V d'Assignies, « messireLouis Lainé, cité dans la bibliographie, p. 36-37 », seigneur d'Assignies, devient baron de Bailleul, en Flandre maritime, par son second mariage, par contrat du Le Mercure de France, cité dans la bibliographie, p. 203., avec « noble et illustre dame » Marie-Françoise le Blanc, baronne de Bailleul, etc.. Marie-Aubertine d'AssigniesLouis Lainé l'appelle à tort Assignies-d'Oisy, et fait à tort de son père Jean IV un seigneur d'Oisy; les seigneurs d'Oisy concernent un autre rameau de la famille d'Assignies, voir ci-dessous, « noble et illustre demoiselle », fille du précédent, se marie, après contrat passé au château des Assignies à Tourmignies le , avec Jean-Baptiste-André de Nédonchel, (1639-1699), baron de Bouvignies, etc. Alexandre-Charles d'Assignies, chevalier, sire (baronLouis Lainé, cité dans la bibliographie, p. 38) d'Assignies, et de Bertoul, baron de Bailleul, peut être le premier baron d'AssigniesDe La Chesnaye-Desbois, cité dans la bibliographie, p. 470. Alexandrine d'Assignies, descend du second lit du précédent, épouse son cousin, après dispense du papeAlexandrine d'Assignies est la nièce de Marie Aubertine d'Assignies, ci-dessus; Octave Alexandre de Nédonchel est le petit-fils de Jean Baptiste André de Nédonchel, époux de Marie Aubertine, Octave- Alexandre de Nédonchel, (1697-1756), marquis de Nédonchel et de Bouvignies, comte du souverain Bruay-en-Artois, baron de Ravensberghe, (seigneurs de Ravensberghe), officier au service du roi de France. Eustache-Eugène d'Assignies, baron de Bailleul, seigneur d'Assignies, (baron d'Assignies?), est probablement le dénommé Eustache d'Assignies, seigneur de Godewaersvelde qui donne ses armes à la commune en 1776 Joseph-Alexandre d'Assignies, baron d'Assignies et de Bailleul, épouse en secondes noces en 1761, Marie-Éléonore de Nédonchel, (1739-1801), morte sur l'échafaud pendant la Terreur à Cambrai en 1794 (voir Terreur dans le Nord-Pas-de-Calais)Louis Lainé, cité dans la bibliographie, .De Vegiano, cité dans la bibliographie, p. 264.. Marie-Joseph-Louis Bonaventure d'Assignies, baron d'Assignies, nait en 1770 ou en 1775, peut-être à Douai, d'une mère née Nédonchel, et meurt en 1831Bulletins de la société historique et littéraire de Tournai, cité dans la bibliographie, p. 143.. Bonaventure d'Assignies, propriétaire d'importants domaines fonciers dans le Nord et le Pas-de-Calais et d'un hôtel à Douai, officier de province au régiment de Flandre, est appelé à Paris pendant la Révolution française. Il émigre en 1791 en apprenant l'échec de la fuite du roi Louis XVI (fuite de Varennes). Retiré à Clèves puis à Emmerich, il s'adonne à la peinture pour survivre et avec des semblables, il donne des concerts de musique. En rentrant en France en 1801, il passe un temps à Tournai, s'installe à Lille où il fonde une société qui donne des concerts dans les locaux du conservatoire de Lille. Il compose une messe à grand orchestre qui est exécutée dans l'église Saint-Maurice de Lille et qui rencontre un certain succèsBulletins de la société historique et littéraire de Tournai, cité dans la bibliographie, p. 144.. Il est l'auteur en 1810 d'un manuscrit Mémoires d'un exilé 1789-1801. Le texte renseigne sur la vie quotidienne d'un émigré de second plan Marcel Gillet, « Baron d'Assignies, Mémoires d'un exilé 1789-1801 », dans Revue du Nord, Année 1960, , p. 160, lire en ligne. En 1872, la cathédrale de Tournai possède encore un de ses tableauxSociété de Tournai, cité dans la bibliographie, p. 141-142. Il a obtenu à Paris dans une exposition une médaille pour un tableau de paysageBulletins de la société historique et littéraire de Tournai, cité dans la bibliographie, p. 142.. L'église de Tourmignies possède également en 1872 une de ses œuvres représentant les disciples d'Emmaüs. Et en 1830, encore, il a donné à l'église Sainte-Catherine de Lille un tableau Fuite en Égypte. Il meurt à Tourmignies en 1831, n'ayant eu que des filles, et cette branche prend fin avec lui. Bonaventure baron d'Assignes a épousé Jacqueline-Rose-Victoire Boucquel de Beauval. Leur fille Marie-Antoinette d'Assignies épouse en 1835 Albéric-Louis-Joseph Castellain de Lispré, mort à Ixelles en 1805 et, veuve, se remarie en 1851 avec le baron Picot d'Aligny. La famille d'Assignies récupère les biens lors de la Restauration. Ceux-ci changent de mains et sont vendus en 1860 à un industriel lillois Henri Boutry-Van Isselteyn lequel fait construire un nouveau château, dont il reste le domaine d'Assignies cité dans l'introduction.

Comtes d'Assignies Les comtes d'Assignies forment le second rameau de la branche aînée. Il débute à la fin du avec Pierre II d'Assignies. Les d'Assignies de ce rameau servent puis s'implantent dans le Hainaut. Dits comtes d'Assignies, au , sans que la date précise de cette élévation ait pu être retrouvée, ils disparaissent peu de temps après.

Personnages notables Pierre II d'Assignies, fils de Ponthus d'Assignies, à la tête d'un régiment d'infanterieLe Mercure de France, cité dans la bibliographie, p. 202., est armé chevalier devant Saint-Quentin par Charles Quint. Seigneur du Planty-en-Beauce, sergent major du régiment de Brigincourt, des États nobles du Hainaut, gouverneur du château de Valenciennes puis de Maubeuge, mort en 1595Emmanuel Auguste Hellin, cité dans la bibliographie, p. 126Baron de Herckenroode, Nobiliaire des Pays-Bas et du Comte de Bourgogne, supplément, tome I, Gand, 1865, p. 984, lire en ligne. Louis d'Assignies, seigneur d'Angest en Flandre, fils du précédent, commandant de cinq compagnies d'infanterie, gouverneur de Presbourg, (actuelle Bratislava), en Hongrie, où il est tué en combattant les ottomans (guerres ottomanes en Europe). Il prend alliance avec Isabeau de Massiet, fille de Baudouin de Massiet. Guillaume d'Assignies, frère du précédent, est gouverneur de Maubeuge après son père. Antoine IV d'Assignies, capitaine d'infanterie, frère du précédent, épouse Marie de Saint-Genois, fille de Jean de Saint-Genois, et de Jossine de Zuutpeene (sans doute Zuytpeene). Il peut être le Antoine d'Assignies, gouverneur de Maubeuge puis gouverneur de Cresne sur le Danube à moins que ce commandant de Cresne ne soit Louis d'Assignies son frèreEmmanuel Auguste Hellin, cité dans la bibliographie, p. 132.. Jean IV d'Assignies, (1563-1642), frère du précédent, nait à Bauffe, près de Chièvres. Moine de l'abbaye de Cambron, où il est novice puis sous-prieur, l'abbé de Cambron, Jean Farinart, le nomme en , à la tête de l'abbaye de Nizelles. Jean IV d'Assignies est un érudit, auteur de plusieurs ouvrages mystiques et historiques, publiés entre 1598 et 1639, le plus souvent à DouaiAnnales du Cercle Archéologique de Mons, Volume 14, Mons, 1877, p. 131-132, lire en ligneF. Hennebert, Assignies Jean d', dans Biographie nationale de Belgique, Tome 1, lire en ligne. Il meurt à Nizelles quasi octogénaire. Ferdinand-Alphonse (ou Philippe) d'Assignies, comte d'Assignies, seigneur de Betissart, Angest, etc.Mémoires généalogiques pour servir à l'histoire des familles des Pays-Bas, tome II, Amsterdam, 1781, , lire en ligne, a un fils Ferdinand d'Assignies, appelé messire, comte d'Assignies, seigneur de Baudimont, etc., député de l'ordre noble du HainautBaron de Herckenroode, Nobiliaire des Pays-Bas et du Comte de Bourgogne, supplément, tome I, Gand, 1865, p. 518, lire en ligne, qui épouse dame Marie Odile de la Barre, baronne du Maisnil Mémoires généalogiques pour servir à l'histoire des familles des Pays-Bas, tome II, Amsterdam, 1781, p. 51, lire en ligne.