, est une fête qui se déroule à Kyōto, au Japon.
Cette fête fut instaurée en 869 comme un rite pour lutter contre la peste et autres catastrophes naturelles qui ravageaient la région.
Elle est l'un des trois grands festivals du Japon avec Tenjin matsuri et Kanda matsuri. Depuis 2009, les 33 grands chars de la 1re procession (saki-matsuri) sont reconnus à l'UNESCO comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité sous le titre "Yama, Hoko, Yatai, festivals de chars au Japon".
Histoire La principale rivière de Kyōto, la Kamo-gawa, était sujette à de violentes crues pendant la saison des pluies au mois de juin : par la suite ses eaux stagnaient et étaient la cause d'épidémies en été, qui faisaient de nombreuses victimes. À l'époque, on pensait que les catastrophes naturelles (crues, séismes, tsunamis, éruptions volcaniques) étaient causées par les malédictions des âmes de morts brutales : c'est ainsi que le Gion Matsuri est né, étant à l'origine un du sanctuaire Gion-jinja, aujourd'hui le Yasaka-jinja. Le kami vénéré, Gozutennō, résulterait de la fusion d'une divinité indienne protectrice du monastère de Gion Shōja (Jetavana) et d'une divinité chinoise liée à l'onmyōdō, elle-même combinée au Japon avec Susanoo. À partir de 975, le sanctuaire devint destinataire d'offrandes de la cour impériale (Gion rinjisai) ; durant la période Insei, les empereurs retirés en devinrent les mécènes. Outre la coutume consistant à habiller des enfants pour en faire des umaosa (cavaliers montant des chevaux offerts par le gouvernement), la pratique du furyū no dashimono, où la foule se costumait, jouait de la musique et dansait, était caractéristique de Gion dès cette époque, préfigurant les processions de chars costumées d'aujourd'hui. Quand la capitale revint à Kyoto à l'époque de Muromachi (1336-1573), les fabricants de saké et les financiers commençaient à former l'élite montante du commerce et de l'industrie. Pour le Gion Matsuri, chaque quartier tenait à présenter son char pour faire étalage de son abondance et de sa richesse.
Festivités Le , jour du , trois divinités sont déplacées en palanquin jusqu’à un où ils résident jusqu'au , jour de la fête du où ils retournent alors dans leur sanctuaire. Les processions de chars se divisent en deux événements, l’un le pour inviter les dieux à sortir (saki-matsuri 前祭), et le pour remercier les dieux de leur visite (ato-matsuri 後祭). La deuxième procession ne se tenait plus à partir de 1966, mais elle a été reprise en 2014.
Avant les processions, tous les quartiers traditionnels sont illuminés et décorés avec des lanternes, des tentures et des bannières de fleurs. La nuit du 16 au s'appelle . Pendant les deux nuits précédentes, appelées le et le Gion Matsuri et l’hospitalité légendaire des Kyotoïtes | nippon.com, Nippon.com, le 3 octobre 2013, les rues sont réservées aux piétons et les vendeurs ambulants s'y installent. On peut visiter certains des 23 chars de la procession à venir pour un prix d'entrée ou à l'achat de produits reliés au festival. On peut les diviser en deux catégories : les yama, surmontés d'un pin et sont occupés par des mannequins représentant des personnages légendaires, et les hoko, plus hauts, surmontés d'un objet de métal (naginata, croissant de lune) et occupés par les musiciens, les deux servant à attirer l'attention des dieux. De la même manière, il y a un yoiyama de moindre envergure du 21 au pour les 11 chars du ato-matsuri qui participeront à la procession du .
La grande procession du saki-matsuri, le du , débute au sanctuaire Yasaka, près du quartier de Gion. A lieu alors un véritable défilé de appelés , accompagnés d'ensembles de flûtes, de tambours et de gongs nommés Gion-bayashi. Le premier char s'appelle Naginata-hoko et il transporte un enfant maquillé, le chigo ("enfant immature") qui sortira du char tout à la fin de la procession, porté sur les épaules d'un homme.
Les trois moments les plus spectaculaires sont ceux où chaque char tourne à angle droit au coin d’une rue, appelé . Comme les essieux des chars ne sont pas directionnels, il faut les faire pivoter à 90° en disposant des bambous mouillés sous les roues pour leur permettre de glisser.
On peut apercevoir des geiko et des maiko sur le seuil de leur maison lors de ce festival.
Dans la culture populaire Littérature Dans son roman Kyoto, paru au Japon en 1962, l'écrivain japonais Yasunari Kawabata évoques les festivités de Gion matsuri.
Notes et références
Voir aussi
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