Gabriella Crespi, née le à Saronno (Italie) et morte le à Milan (Italie), est une designeuse et décoratrice d'intérieur italienne, associée au goût des années 1970.

Biographie Passionnée de poésie française, sa mère Emma Caima Pellini, est une créatrice de bijoux pour le secteur de la mode dans les années 1940-1950. Gabriella Crespi grandit près de Florence, à Rome au Palazzo Cenci, puis s'installe à Milan. Elle étudie l'architecture à l'École polytechnique de Milan, déclarant à ce sujet : . Ses références artistiques mêlent donc la culture classique aux innovations futuristes de l'après-guerre. En 1945, elle épouse Giuseppe Maria Crespi, dont la famille est propriétaire du journal Corriere della SerraCf. l'article Giulia Maria Crespi.. Elle est la mère d'une fille, Betty et d'un fils, Gherardo. Après son mariage, elle s'isole quelques mois aux îles HébridesVirginie Mouzat, « Genèse du bohème chic », Vanity Fair , février 2014, ..

Designeuse et décoratrice d'intérieur prisée des années 1960-1970, elle compte parmi ses clients Grace Kelly, Gunther Sachs, le shah d'Iran ou encore le roi Faycal d'Arabie saoudite, dont elle réalise la décoration intérieure de sa résidence de Ryad. Elle dessine aussi des objets et des meubles pour Dior. Elle se distingue par un goût sûr, l'antiquaire Yves Gastou saluant . Elle cultive une amitié avec l'architecte Jacques Couëlle, la journaliste Virginie Mouzat de Vanity Fair notant qu'elle .

La journaliste décrit son style comme , empruntant notamment des éléments artistiques à des cultures extra-européennes. Parmi ses créations, on peut citer la table Yang Yin (vers 1970), les tables basses Plurimi (1970), la table basse 2000 () un bestiaire d'une douzaine de statues (, entre 1970 et 1974), la table Ellisse (1976) ou encore l'étagère Menhir (1979). Alors qu'elle prise surtout au départ de sa carrière le travail sur le métal et la laque, elle se fait remarquer en 1974-1975 en sortant la collection de meubles Rising Sun en bambou, d'inspiration asiatique, à une époque où la culture hippie irrigue les mouvements artistiques occidentaux. La lampe Fungo originale en forme de champignon a été fabriquée avec un abat-jour en bambou, puis en plexiglas.En 2019, la fille de Crespi, Elisabetta Crespi, a remis en production la lampe Fungo de la collection Rising Sun avec les artisans d'origine.

Elles se rapproche des univers d'autres créateurs, comme pour ses animaux, de Pierre Cardin pour son étagère, de , Hervé van der Straeten ou encore Guy de Rougemont. Pour l'antiquaire Pierre Passebon, Gabriella Crespi .

En 1982, une exposition lui est consacrée au musée des sciences et des techniques Léonard de Vinci de Milan. Alors qu'elle fait partie de la jet set, elle abandonne sa carrière à la fin des années 1980, souhaitant rester fidèle à l'ambiance qu'elle promouvait dans ses créations. Elle part alors pour l'Inde, où elle reste vingt ans, s'habillant selon les coutumes locales. Sensible à l'enseignement du guide spirituel Shri Muniraji, elle vit dans un certain ascétisme afin de méditer et ne crée plus, si ce n'est lorsqu'elle participe à la décoration d'un temple indien. Elle retourne ensuite à Milan.

Associée aux années 1970, elle voit sa côte baisser à la fin du , ses créations étant jugées kitsch, à l'instar de celles de Philippe Hiquily et Willy Rizzo. À partir du début des années 2000, celles-ci recommencent au contraire à être prisées des collectionneurs. En 2008, Stella McCartney intègre des bijoux signés Gabriella Crespi dans sa collection d'accessoires. En 2013, Angelo Ruggeri, directeur artistique de Sergio Rossi, et son PDG, Christophe Mélard, s'inspirent de la forme de meubles qu'elle a conçus pour réaliser des accessoires.

Ouvrage Il segno e lo spirito, éd. Mondadori Electa, 2011.

Notes et références Notes

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