Manufrance (nom commercial pour la Manufacture française d'armes et cycles de Saint-Étienne) est une entreprise française créée en 1887 dans la ville industrielle de Saint-Étienne. C'est l'une des premières sociétés de vente par correspondance française.
Autrefois très connue pour ses fusils de chasse (Robust, Falcor, Idéal et Simplex), les vélos (Hirondelle) et les machines à coudre (Omnia), elle conçoit et produit désormais en France des articles divers (nature, maison, loisirs).
Elle produit également des collections d'articles , notamment des anciennes affiches, rééditions d'anciens catalogues ou réédition du maillot de foot porté par les joueurs de l'AS Saint-Étienne lorsque Manufrance en était le sponsor officiel.
Historique Création thumb|Catalogue annexe de la Manufacture d'armes de Saint-Étienne. Le , Étienne Mimard et Pierre Blachon, qui ont déposé le le brevet du fusil Idéal., achètent la Manufacture française d’Armes et de Tir de Monsieur Martinier-Collin pour .. Deux ans auparavant, en 1885, est créé Le Chasseur français, un périodique sur le monde de la chasse. En 1892, s'ouvre le premier magasin de vente à Paris au . À la suite de l'invention de la bicyclette dans les années 1860, l'entreprise lance la sienne sous le nom d'« Hirondelle » en 1891.. L'entreprise est rebaptisée Manufacture française d'armes de Saint-Étienne. La mention « et cycles » sera ajoutée en 1901.
Années de gloire En 1893, commence la construction des bâtiments du cours Fauriel à Saint-Étienne. La même année est introduite la gamme d'articles de pêche Tarif-Album. En 1887, est lancé le fusil Idéal, un fusil de chasse à double canon. En 1895, est créée la carabine mono-coup Buffalo, une carabine de tir et de jardin. En 1900, sont déjà ouvertes dans les colonies françaisesDocument constitué le 15 juin 1996 par Manufrance MF Saint-Étienne (sources : Archives de Saint-Étienne - Dernière mise à jour : décembre 2010) ..
En 1902, une centrale électrique est construite pour l'usine. En 1904, l'entreprise propose à ses clients ses premières cartouches prêtes à l'emploi. En 1906, est créée la machine à coudre Omnia. La société possède huit magasins en France et à l'étranger et dans les départements d'Outre-Mer. En 1908, est lancé le fusil Simplex.
En 1911, la Manufacture française d'armes et cycles de Saint-Étienne prend le nom de Manufrance et devient une société anonyme ; Étienne Mimard en est le premier directeur général. Le choix du nom Manufrance, au-delà de l'aspect commercial permet des économies pour le client. Les télégrammes étant facturés au mot..
En 1913 est lancé le fusil Robust, un fusil de chasse à double canon, la référence pour ce type de fusil. Manufrance sort une bicyclette modèle grand tourisme, avec six vitesses rétro-directe et roue libre, pour un prix de .
En 1914, Pierre Blachon meurt et lègue la majorité des actions aux hospices civils de Saint-Étienne. Manufrance lance le pistolet Le Français et met au point le pneu démontable. À cette date, Manufrance a des magasins dans quinze des plus grosses villes françaises dont Rouen, Paris, Avignon, Toulouse, Nantes, Lille, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Nancy, Troyes, Valence, Lyon, Nice
En 1929, avec la crise et la multiplication des taxes et des impôts sur la société, les affaires sont plus difficiles. La société propose alors une large gamme de produits allant des bicyclettes aux armesD. Venner, Encyclopédie des armes de chasse : carabines, fusils, optique, munitions, Maloine, Paris, 1997., en passant par les appareils photos, radios ou les instruments de remise en forme tels que le Spiro développé par le médecin Jos JullienLaurent Jullien, Le spiroscope à eau du médecin-artiste Jos Jullien, de la médecine au bien-être, La nouvelle cigale Uzégeoise, , , décembre 2015.Laurent Jullien, Le spiroscope du médecin ardéchois Jos Jullien, Éditions universitaires européennes, janvier 2017..
En 1939, Le Chasseur français est tiré à . En 1944, le fondateur, Étienne Mimard, meurt. Il avait renoncé, depuis les grèves de 1937, à léguer la moitié des actions qu'il détenait à ses employés ; il les transfère à la mairie de Saint-Étienne. Pierre Drevet devient PDG. En 1945, Manufrance s'adjoint des commerces indépendants pour ouvrir des magasins agréés Manufrance. En 1952, Jean Fontvieille succède à Pierre Drevet.
La Seconde Guerre mondiale a un lourd impact sur Manufrance. En effet, Étienne Mimard ne souhaite pas collaborer avec les Allemands et, de ce fait, ne bénéficie pas du matériel que ceux-ci pourraient fournir.
En 1952, Manufrance crée la carabine Reina à répétition automatique et calibre .22 Long Rifle à huit coups. En 1958, se crée le fusil Rapid, fusil de chasse à pompe. En 1962, est lancé le fusil Perfex, fusil de chasse semi-automatique à trois coups et en 1968, le fusil Falcor, fusil de chasse et de ball-trap.
En 1970, Manufrance fabrique plus de 70 % des armes de chasse françaises. L'entreprise dispose de d'usines à Saint-Étienne. Elle expédie chaque année de marchandises en France et dans le monde entier. sont répartis dans toute la France. reçoivent le catalogue.
En 1973, à son apogée, Manufrance dispose de 64 magasins dans toute la France, sont présentes dans le catalogue, à coudre Omnia sont livrées. Le Chasseur français est vendu à plus de . Manufrance est une société industrielle et commerciale à dimension internationale produisant plus de par an, avec plus de .
Cependant l’élargissement de la Communauté économique européenne (CEE) accentue la concurrence et celle-ci devient plus difficile encore à supporter avec l'ouverture au monde (lorsque sont introduites des machines à coudre japonaises sur le marché français par exemple).
Manufrance a aussi été le sponsor des Verts de l'Association sportive de Saint-Étienne (ASSE) de 1973 à 1979, bien que le sponsor, à l'époque, n'apparût pas sur les maillots lors des rencontres européennes.
Fin En 1944, le fondateur, Étienne Mimard, avait légué à la municipalité de Saint-Étienne la moitié des actions détenues.
En 1975, les premières difficultés apparaissent à cause notamment du manque d'évolution de l'outil de production et des effets négatifs du premier choc pétrolier sur la consommation. Entre 1976 et 1978, les problèmes s'amplifient, l'intérieur de l'entreprise commence à bouger. En , les premières manifestations apparaissent.
En 1979, la société est mise en liquidation judiciaire. La Société nouvelle Manufrance est alors créée mais elle ne peut pas servir les commandes par manque de fonds de roulement, non accordés par les banques.
Le , le tribunal de commerce de Saint-Étienne annonce le dépôt de bilan.. Le tribunal de commerce vend Le Chasseur français. Fin décembre, une société coopérative ouvrière de production et distribution (SCOPD) est mise en place en six jours avec la coopération de : Bernard Tapie, sans réussir à mettre la main sur les actifs de l'entreprise, obtient l'exploitation de la marque. Un plan de relance est établi en 1982 mais sans succès.. Ainsi une liquidation judiciaire est une nouvelle fois prononcée en 1985. Le , le matériel, le mobilier et les immeubles sont vendus.
Renaissance Après le rachat de quelques marques du portefeuille de l'ancienne société Manufrance, et la création le de la SARL Manufacture française d'armes de Saint-Étienne dont il est le gérant., Jacques Tavitian relance l'activité par le biais d'un magasin à Saint-Étienne et un catalogue de vente par correspondance. La production de fusils (Robust et Simplex) est également relancée.
Les archives départementales de la Loire qui conservaient depuis vingt ans le fonds d’archives de Manufrance ont décidé en 2010 avec le conseil général et l’université Jean-Monnet d'inventorier et de classer ces documents. Les archives départementales inaugurent cette renaissance par une exposition intitulée « De l’entreprise à l’histoire, les archives traversent le temps : l’exemple de Manufrance » entre janvier et .. Cette exposition relate sur des panneaux l’histoire de l’entreprise, montre quelques produits qui en ont fait la gloire (machine à coudre Omnia, fusil Robust) ainsi que le fameux magazine Le Chasseur français qui fut diffusé à des centaines de milliers d'exemplaires dans les plus belles années, au cours desquelles travaillaient dans l'usine du cours Fauriel à Saint-Étienne.
Liste des PDG 1892 : Étienne Mimard 1944 juin : Pierre Drevet. 1952 : janvier : Jean Fontvieille 1969 : Georges Drevet 1975 (avril) : André Blanc 1977 (mai) : Henri Fontvieille. 1977 (juin) : Jacques Petit 1978 (février) : Henri Fontvielle. 1978 (mars) : François Gadot-CletAuteur du livre Une certaine idée de Manufrance, mes 300 jours de PDG, éditions Filipacchi, 1979. 1979 (janvier) : René Mestries 1988 : Jacques Tavitian
Activités Activités jusqu'en 1985 Cette entreprise s'est fait connaître dans le monde entier par son catalogue de vente par correspondance et son journal, Le Chasseur français. Elle produisait entre autres des armes, des cycles, des machines à coudre, des articles de pêche.
En 1977, le catalogue de 960 pages comprenait quatre parties : la vie en plein air jardin, camping, chasse la pêche, cycles, les sports autos, voyage habillement la maison blanc, machines à coudre électroménager, chauffage ameublement, tapis, luminaires coutellerie, orfèvrerie, ménage les loisirs radio-télé, photo, le bureau moderne, lecture, dessin reliure, jeux et jouets, horlogerie, cadeaux bricolage - jardinage bricolage, outillage, quincaillerie jardin, élevage, travaux d'extérieur
Activités aujourd'hui Manufrance conçoit et réalise des collections d'articles marqués Manufrance pour la nature, le textile, les loisirs, la maison... Elle commercialise également des articles vintage comme des rééditions de ses anciens catalogues ou une réplique du maillot de foot porté par les joueurs de l'ASSE lorsqu'elle en était le sponsor.
Site de la manufacture À Saint-Étienne thumb|upright=1.0|Les anciens bâtiments de Manufrance, aujourd'hui réhabilités en pôle tertiaire. Le site de la manufacture a été transformé dans les années 90DENIS Meynard, Saint-Etienne a réinvesti le patrimoine de Manufrance, Les échos, 29 aout 2007 : en pôle tertiaire, avec : le centre des congrès, le siège de la chambre de commerce et d'industrie de Saint-Étienne / Montbrison, le planétarium ; et en centre d'enseignement et de recherche, avec : l'École nationale supérieure des mines, un campus de l'EM Lyon Business School.
Magasins en métropole française En 1977, Manufrance disposait de cent magasinsCatalogue Manufrance, 1977, 936. dont les plus importants étaient : à Paris, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Bordeaux, Nice, Nantes, Toulon, Grenoble, Rouen, St-Etienne, Tours, Dijon, Clermont-Ferrand, Nancy, Valence, Avignon, Troyes, Aix-en-Provence et Cannes.
Références
Voir aussi
Bibliographie Ouvrages François Gadot-Clet, Une certaine idée de Manufrance : mes 300 jours de PDG, Paris, édition Denoël-Filipacchi, 1979. Textes Anne-Catherine Marin, Cendrine Sanquer, Nadine Besse et Martine Font, De Manufrance à Sup de Co : Saint-Étienne, 100 ans de photographies, Lyon, éditions lyonnaises d'art et d'histoire, 1997. Philippe Munck, Manufrance, nous accusons, Paris, éditions de La Vie ouvrière, 1993. Pierre Kuwaka, Manufrance : radiographie d'une lutte, Paris, éditions sociales, 1980. Nadine Besse François Bouchut Gérard Finel, Manufrance. Les Regards de la Mémoire, Les éditions de l’Épargne, 1992. P. Petitot, Analyse sémiologique du catalogue Manufrance, Nice, Centre du , 1977. Pierre-Alain Four, Ce que l’industrie fait à l’art sur le territoire lyonno-stéphanois, 2006. D. Venner, Encyclopédie des armes de chasse : carabines, fusils, optique, munitions, Maloine, Paris, 1997. Nadine Besse (dir.), C'était Manufrance, un siècle d'innovations 1885-1985 : journal de l'exposition, Saint-Étienne, Ville de Saint-Étienne : Musée d'art et d'industrie, 2011