Carnet de routes est un album-concept de jazz regroupant Aldo Romano, Louis Sclavis, Henri Texier et le photographe Guy Le Querrec – l'inspirateur du projet et membre à part entière de l'album – composé en 1994-1995 et paru le sur le Label Bleu. Il est considéré comme un album majeur de l'histoire du jazz français et l'un de ses plus gros succès de vente.Pierre Breton, « Aldo Romano », Dictionnaire du jazz–Encyclopaedia Universalis, 2015, , ..

Historique La formation du trio musical est à l'initiative Guy Maurette, directeur du centre culturel français de Malabo, alors capitale de la Guinée équatoriale sur l'île de Bioko, qui convainc en 1989 le batteur italien Aldo RomanoAu départ, Aldo Romano devait faire cette tournée en Afrique avec Michel Petrucciani, mais les tensions entre les deux musiciens font que ce projet échoue. Guy Maurette recommande alors Henri Texier. Voir références Nathalie Piolé (2018) et Marc Thouvenot (2017). de donner des cours dans son institution dans le cadre des séries « Jazz à… » menées depuis le début des années 1980 par les centres culturels français en AfriqueGuy Maurette, Livret de Carnet de routes, .Nathalie Piolé, « Henri Texier, "La musique de jazz est toujours si vivante" (5/5) », Les Grands Entretiens, France Musique, 20 avril 2018.Marc Thouvenot et Henri Texier, « Henri Texier, un contrebassiste-compositeur », nepantla.net, 9-10 juin 2017.. Il recommande également la présence de Guy Le Querrec, photographe de l'agence Magnum et passionné de jazz., pour les accompagner dans le projet, lequel doit comporter également un volet iconographique. Ce dernier, ami d'enfance du contrebassiste Henri Texier – qui a déjà collaboré avec Aldo Romano – fait pression pour que le trio soit complété par le clarinettiste Louis Sclavis en place d'Éric Barret, partenaire régulier et premier choix de Romano. Organisés à la suite de repérages faits par Guy Le Querrec, bon connaisseur de l'Afrique, un premier voyage est entrepris en février- à bord de minibus et de taxis-brousse, ponctué de rencontres dans le réseau de l'Alliance française et des centres culturels locaux, d'échanges avec les populations, et de concerts impromptus lors d'étapes improvisées, suivi d'un second voyage fait sur le même principe en mars- pour poursuivre le projet musical auquel les photographies de Guy Le Querrec – devenu le – sont intimement liées.

Le disque est donc le résultat des deux voyages en Afrique – organisés administrativement et financés par le centre culture français de Malabo – faits par les quatre membres du groupe ayant eu pour étapes : Premier voyage en Afrique centrale du au : N'Djaména (centre culturel français du Tchad) au Tchad du 22 au Bangui (quartier Fou et centre culturel français) et Trangué en République centrafricaine du 24 au Pointe-Noire et Brazzaville (quartier Madibou Kimpouomo) en République populaire du Congo du au Libreville au Gabon du 6 au Douala et Yaoundé (centre culturel français François-Villon) au Cameroun du 7 au Bata, Batété et Malabo (centre culturel français de Guinée) en Guinée équatoriale du 10 au Deuxième voyage en Afrique de l'Ouest du au : Nouakchott en Mauritanie du 24 au FarabaPour Henri Texier, cette étape à Faraba sera l'une des plus importantes du périple en raison de l'accueil des villageois et de la réception de leur musique. Voir référence Nathalie Piolé (2018)., Korokoro et Bamako au Mali du 26 au Bobo-Dioulasso, Laongo et Ouagadougou (centre culturel français Georges-Méliès) au Burkina Faso du au Niamey et Balléyara au Niger du 3 au Abidjan en Côte d'Ivoire du 8 au Accra au Ghana du 9 au Saint-Louis (lors du Festival international de jazz de Saint-Louis) et Dakar (île de Gorée) au Sénégal du 14 au

Voulant se dégager du free jazz, porté notamment par Louis Sclavis, et plutôt creuser le sillon du jazz fusion au soc des musiques africaines dont le jazz américain est en partie issu, le trio se confronte aux musiciens de rue et des villages qu'ils traversent – l'influence des rencontres au Ghana ayant été la plus importante selon Aldo Romano –, s'imprègnent des rythmes ternaires africains et des gammes pentatoniques. Au retour du second voyage africain, le trio compose en France, principalement à la Maison de la culture d'Amiens dirigée par Michel Orier, fondateur du Label Bleu, les neuf titres, inspirés de leurs souvenirs, qui constitueront l'album. L'influence des compositions du musicien sud-africain a également été rapportée. Ces morceaux originaux sont écrits par chacun des membres du trio, et Guy Le Querrec est chargé de sélectionner les photos des voyages destinées à constituer, tel un carnet de route(s) parcourues – qui donnera son titre à l'album – saisies par son propre instrument, le Leica., le livret du disque dont il constitue une partie indissociable de la musique.

L'album est ensuite enregistré et mixé durant la période 1994-1995 dans le studio Gil-Evans de la Maison de la culture d'Amiens sous la direction technique de Philippe Tessier du Cros assisté de Pierre Guinot ; le mastering est réalisé par Jean-Pierre Bouquet. Le disque paraît le sur le Label Bleu et fait l'objet d'une réédition le chez le même éditeur musicalLivrets du disque Label Bleu #LBLC 6569.. La parution de l'album est suivie d'une tournée en 1997, qui avec l'important succès du disque, entrainera la composition par le trio de deux nouveaux albums : Suite africaine (1999) et African Flashback (2005).

Pour les vingt ans de la parution de l'album – devenu dans l'intervalle une référence du jazz français – un concert anniversaire est organisé le par la Philharmonie de Paris. précédé en d'un concert au New Morning..

Liste des titres de l'album

Composition du « quartet » Aldo Romano : batterie Louis Sclavis : saxophone soprano et clarinette basse Henri Texier : contrebasse Guy Le Querrec : inspirateur du projet et appareils photo Leica M6 et Leica R6

Accueil critique

Franck Médioni, pour Les Inrocks, s'attache tout particulièrement à la synergie apportée par les images de Guy Le Querrec qui de « la musique, épouse[nt] la scansion, le rythme de la mélodie syncopée » proposant un disque au « son captivant […], un subtil jeu de miroirs au fort pouvoir d'évocation. ». Plus de vingt après sa parution, le journal québécois Le Devoir rappelle toujours l'importance du « splendide » disque que constitue Carnet de routes. tandis que Télérama lui consacre un long article « sur l'histoire d'un disque majeur [… devenu] un album culte du jazz français ».

En ce qui concerne les ventes, cet album est considéré comme l'un des plus gros succès du jazz français, voire européen de ce type de jazz, avec plus de exemplaires vendus, notamment en raison de la présence dans l'album d'un livret regroupant les quatre-vingts photographies de Guy Le Querrec..

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Articles connexes Suite africaine — African Flashback

Bibliographie Jazz Magazine de 1990 et de 1993. Guy Le Querrec et Philippe Carles, Jazz de J à ZZ, éditions Marval, 1996 . .

Liens externes

Carnet de routes sur le site de la Maison de la culture d'Amiens/Label Bleu.

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