François Legault (Prononciation en français québécois retranscrite selon la norme API.), né le à Lachine (Québec), est un comptable, homme d’affaires et homme politique québécois. Fondateur et chef de la Coalition avenir Québec, il est le premier ministre du Québec du au .

Après un début de carrière comme vérificateur chez Ernst & Young, il se tourne vers l'aviation civile. Après un court passage chez Nationair et Québecair, il cofonde en 1987 Air Transat dont il devient le président-directeur général, poste qu'il occupe jusqu'à son départ en 1997.

Le , il se lance en politique en acceptant l'offre de Lucien Bouchard qui le nomme ministre de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie avant même qu'il soit élu député. Deux mois plus tard, il obtient ce statut lorsqu’il est élu député de Rousseau, sous la bannière du Parti québécois lors des élections générales québécoises du . Il occupe ensuite les fonctions de ministre de l'Éducation (1998-2002) puis de ministre de la Santé et des Services sociaux (2002-2003). En 2009, après cinq ans dans l'opposition parlementaire, il démissionne comme député.

En , il publie avec l'homme d'affaires Charles Sirois le manifeste de la Coalition pour l'avenir du Québec qui, en suivant, se transforme en parti politique, la Coalition avenir Québec (CAQ), dont il devient le chef. Élu député de L’Assomption à l'élection de 2012 sous cette bannière, il est réélu à ce poste en 2014 et 2018. À cette dernière élection, son parti obtient une majorité de députés et il devient ainsi le nouveau premier ministre du Québec.

Son début de mandat est marqué par sa popularité qui dépasse rapidement celle de tous les autres premiers ministres provinciaux du Canada, par l'adoption de la Loi sur la laïcité de l'État et, plus tard, par la gestion de la pandémie de Covid-19 au Québec. En 2021, il dépose un projet de loi inscrivant unilatéralement dans la constitution canadienne le fait que le Québec forme une nation et que cette nation est francophone, au sein de plusieurs autres changements légaux visant à renforcer le français.

François Legault entame un nouveau mandat de premier ministre en après la victoire de la CAQ aux élections générales de 2022.

Le , il annonce sa démission comme premier ministre, effective à partir de l'élection d'un remplaçant. Christine Fréchette est choisie par les militants de la CAQ le comme cheffe du parti et assermentée comme première ministre le .

Biographie Généalogie L'ancêtre patronymique de François Legault, le Français Noël Legault dit Deslauriers (1674-1747), arrive en Nouvelle-France en 1695 et serait originaire du village de Lavadur, commune d'Irvillac, en Bretagne, dans l'actuel département du Finistère.. Il arrive en Nouvelle-France comme militaire dans le régiment de François Le Verrier de Rousson, mousquetaire du roi. À Montréal, Noël Legault épouse Marie Benard (Besnard) (1678-1760) le Registre paroissial de l'église Notre-Dame de Montréal, acte du mariage du 18 novembre 1698. et François Legault figure donc dans leur descendance directe.

Jeunesse et études Aîné d'une famille de trois enfants, François Legault est le fils de Lucien Legault, maître de poste, et de Pauline Schetagne, dont le mariage est célébré le par le chanoine Lionel Groulx, un parent de cette dernièreLionel Groulx est le fils de Philomène Salomé Pilon, la grand-tante de Pauline Schetagne.. Il naît à l'Hôpital de Lachine et grandit à Sainte-Anne-de-Bellevue. Il fait ses études primaires et secondaires à l'école Saint-Georges, puis collégiales au Collège Marguerite-Bourgeoys.. Ayant complété un baccalauréat en administration des affaires à l'École des hautes études commerciales de Montréal en 1978, il a reçu une maîtrise en administration des affaires en 1984 et est devenu comptable agréé. Il lui est décerné en 2000 le titre de fellow de l'Ordre des comptables agréés (FCA) pour son implication pour la profession et pour l’avancement de la société.

Carrière précédant la vie politique Legault est au départ un administrateur de Provigo et un vérificateur chez Ernst & Young. À 29 ans, après un bref passage chez Nationair, il entre chez Québecair. Peu de temps après, le gouvernement du Québec annonce la privatisation de la compagnie. Avec trois associés et un groupe de pilotes de Québecair qui avaient mené la bataille des Gens de l’air pour protéger l’utilisation du français dans les conversations avec les tours de contrôle, il lance en 1986 Air Transat, qui deviendra en quelques années la plus grande compagnie aérienne de vols nolisés au Canada. Il est le vice-président des finances de cette entreprise jusqu'en 1997, avec un chiffre d'affaires de 1,3 milliard et employés. En 1997, il quitte l'entreprise et vend ses actions, devenant financièrement indépendant.

Parcours politique Ministre des gouvernements Bouchard et Landry vignette|gauche|François Legault en 2000. Il devient le ministre de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie avant même d'être élu député de la circonscription de Rousseau à l'élection générale québécoise de 1998. Il remporte sa première élection avec 55,35 % du vote, une majorité de plus de sur son adversaire du Parti libéral du Québec.

Lucien Bouchard le nomme alors au ministère de l'Éducation et comme vice-président du Conseil du Trésor.

Le , il devient le ministre de la Santé. Ses mandats ministériels favorisent les plans de performance pour les institutions d'éducation et de santé et le lancement des premiers groupes de médecine familiale (GMF).

Réélu à l'élection québécoise de 2003, il devient le porte-parole de l'opposition officielle (Québec) pour les finances et le développement économique. À ce titre, il est l'auteur d'un budget du Québec souverain qui tente de prouver que la souveraineté du Québec est économiquement rentable. Il critique Ottawa dans le dossier du déséquilibre fiscal.

Opposition officielle Il est pressenti comme un favori pour succéder à Bernard Landry lors de la course à la direction du Parti québécois de 2005, mais il ne se présente pas pour consacrer plus de temps à sa famille. L'organisation qu'il bâtit pendant un an avant le départ de Landry se divise surtout entre les candidats André Boisclair et Richard Legendre, que Legault appuie.

Le , Radio-Canada affirme que Legault annonce officiellement qu'il quitte la politique. Lorsqu’il l'a annoncé à Pauline Marois , elle lui a demandé de rester. Quelques députés ont également tenté de le convaincre de rester, car son départ est perçu comme une catastrophe politique pour le Parti québécois. Jean Dussault, chef de bureau à l'Assemblée nationale, souligne son efficacité lors de la dernière session parlementaire. Son efficacité a été démontrée face aux dirigeants de la Caisse en commission parlementaire et face au ministre des Finances Raymond Bachand, au sujet des fonds régionaux d’Investissement Québec.

Nouveau projet politique Il refait parler de lui en 2010-2011 alors qu'il tâte l'opinion publique au sujet d'une Coalition pour l'avenir du Québec (CAQ). Lui et l'homme d'affaires Charles Sirois publient le manifeste de la Coalition pour l'avenir du QuébecTexte fondateur intégral de la Coalition pour l'avenir du Québec, le 28 février 2011.. Ce mouvement vise à amener des propositions aux partis politiques en place et à fonder, si nécessaire, un parti politique. Le manifeste est signé par dix autres personnalités québécoises : Bruno-Marie Béchard Marinier, Lionel Carmant, Jean Lamarre, Sylvie Lemaire, Michel Lemay, Chantal Longpré, Marie-Eve Proulx, Stéphanie Raymond-Bougie, Annie Samson et Jean-François Simard.

Chef de parti de la Coalition pour l'avenir du Québec La Coalition pour l'avenir du Québec (CAQ) change de nom et devient officiellement un parti politique le . En raison du redécoupage des circonscriptions de la carte électorale, il annonce son intention de se présenter dans la circonscription de L'Assomption. Le parti est officiellement enregistré sous le nom « Coalition Avenir Québec » et est renommé « Coalition avenir Québec – L'équipe François Legault » le . Lors des élections générales du 4 septembre 2012, il remporte sa circonscription électorale avec 42,21 % des votes exprimés avec une majorité de plus de sur la candidate du Parti québécois, Lizabel Nitoi. La Coalition avenir Québec obtient à l'échelle provinciale , soit plus de 27 % des suffrages exprimés. Elle devient ainsi officiellement le troisième parti politique québécois, derrière le Parti québécois et le Parti libéral du Québec.

À l'occasion des élections générales du 7 avril 2014, le Parti québécois dépêche Pierre Paquette, ancien député et chef parlementaire du Bloc québécois, pour l'affronter dans L'Assomption. François Legault améliore son résultat de 2012 en remportant 49,38 % des votes exprimés avec une majorité très confortable de plus de . Néanmoins, la CAQ enregistre un recul net de son score par rapport à celui de 2012. Elle récolte seulement un total de , soit environ 23 % des suffrages exprimés. François Legault choisit néanmoins de continuer son combat politique. Il se maintient à la tête de la CAQ et remplit le rôle de chef du deuxième groupe d'opposition officielle à l'Assemblée nationale. Il constitue une voix forte de contestation du pouvoir libéral en place, conduit par le premier ministre Philippe Couillard.

Lors de la campagne pour les élections québécoises du , il adopte un discours nationaliste, axé sur la défense des valeurs québécoises, proposant notamment une réduction de 20 % de l'immigration au Québec et l'imposition d'un test de valeurs et de français aux immigrants afin d'attester leur bonne intégration à la société québécoise. Il refuse toujours de défendre l'indépendance du Québec, mais rejette également le fédéralisme, proposant une « troisième voie ». Sur les questions économiques, il revendique une approche « business », promet des baisses d'impôts, le maintien de l'équilibre budgétaire, ou encore de réduire le nombre de fonctionnaires.

Certains voient dans son profil un caractère davantage pragmatique qu'idéologique. Au soir de l'élection, la CAQ obtient la majorité absolue, passant de 21 sièges dans la législature précédente à 74 (sur un total de 125 députés). Dans sa circonscription de l'Assomption, François Legault rassemble plus de 57 % des voix.

Premier ministre du Québec

vignette|gauche|Le premier ministre québécois François Legault avec le chef conservateur canadien Andrew Scheer, fin 2018. François Legault est ainsi en mesure de former et conduire un gouvernement majoritaire. Il succède au libéral Philippe Couillard, premier ministre depuis 2014, dont le parti perd 36 sièges. Ce résultat déjoue la plupart des prévisions des commentateurs et des observateurs politiquesLes derniers sondages publiés créditaient seulement la CAQ de 32 % des intentions de vote environ, c'est-à-dire au coude à coude avec le Parti libéral du Québec.. Au lendemain de sa victoire, François Legault fixe comme priorité de son action gouvernementale la remise de « l'argent dans le portefeuille des Québécois ». Il déclare également vouloir réformer l'éducation afin de repérer les difficultés d'apprentissage dès le plus jeune âge, faciliter l'accès aux médecins de famille et réduire le nombre d'immigrants afin de mieux les intégrer au Québec.

Il devient le premier ministre du Québec le lors de son assermentation par le lieutenant-gouverneur Michel Doyon et présente son cabinet ministériel. En , la CAQ dépose son projet de loi pour hausser l'âge légal de consommation du cannabis.