Ludwik Wiśniewski OP, né le à Skierbieszów, près de Zamość est un dominicain polonais, aumônier universitaire, prêcheur et prédicateur réputé, militant de l'opposition démocratique anti-communiste.
Biographie Activités pastorales sous le communisme En 1952, il entre chez les dominicains et est ordonné prêtre le Clergé diocésain et membres des instituts de vie consacrée des hommes et des associations de vie apostolique 2005, éd. Apostolicum, Zabki 2006.. Dans les années 1963-1966, il est aumônier catholique des milieux universitaires à Gdańsk. Il reprend ensuite des études à l' (1966-1968).
En 1968, il revient à Gdańsk et y reprend jusqu'en 1972 son activité pastorale auprès des étudiants et des enseignants de l'université. Il organise des réunions avec des intellectuels catholiques indépendants, notamment avec , , Tadeusz Mazowiecki, . Parmi ses étudiants, il faut nommer Aleksander Hall, , , , et Piotr Zaremba, Młodopolacy (Jeunes Polonais), ARCHE, Gdańsk 2000, p. 21-28..
De 1972 à 1981, il exerce les mêmes fonctions à Lublin en tant qu’aumônier universitaire. Il y invite là aussi des personnalités des cercles catholiques indépendants, dont , Władysław Bartoszewski, Tadeusz Mazowiecki, , Stefan Kisielewski, ou . Il soutient avec ses étudiants les ouvriers victimes des événements de . Les et , il organise un séminaire « catholicisme-patriotisme-nationalisme », auquel participent quelque 300 personnes. Ses étudiants de Lublin les plus connus sont Bogdan Borusewicz, , Małgorzata Choma-Jusińska, Cercles d'opposition dans la région de Lublin 1975-1980, éd. IPN, Varsovie-Lublin 2009.
De 1981 à 1988, il est aumônier universitaire à Wrocław. Il met en œuvre l'idée d'un combat « sans violence » contre le régime communiste. Dans les années 1985-1988, il organise les Semaines sociales — série de réunions visant à construire des structures collectives indépendantes du pouvoir. En 1986, sa participation à une manifestation silencieuse dans le centre de Wrocław pour défendre le militant Władysław Frasyniuk condamné pour son militantisme rencontre un grand écho. Les participants de son aumônerie créent, un conseil indépendant des étudiants de l'université de Wrocław qui organise un camp d’intégration existant encore aujourd’hui pour les étudiants des premières années, à Biały Dunajec. Parmi ses étudiants de Wrocław, on peut noter et Kenney Padraic, Les problèmes de Wrocław ATUT, Wrocław 2007, p. 70-111..
Engagement politique sous le communisme En 1976, il adresse une lettre ouverte au chef du parti ouvrier unifié polonais au pouvoir Edward Gierek, publiée par Radio Free Europe, en réponse à ses affirmations selon lesquelles la République populaire polonaise était un État laïcMałgorzata Choma-Jusińska; Cercles d'opposition dans la région de Lublin 1975-1980 , éd. IPN, Varsovie-Lublin 2009, page 362.. Il est en contact avec le comité de défense des travailleurs (KOR). En , il est signataire d'un "Appel à la société polonaise" premier document du (ROPCiO), et prend part ensuite aux premières réunions nationales (17-, ) du mouvement. Il appelle sans succès à éviter les divisions au sein du ROPCiOGrzegorz Waligóra, ROPCiO , ed. IPN, Varsovie 2006. Il apporte son soutien à d'anciens étudiants de Gdańsk, membres du et du Comité provisoire d'autodéfense paysanne de la région de Lublin, organisé par .
Son activité indépendante est également remarquée par la police politique de RDA la Stasi. En , il figure sur une liste de "60 opposants polonais signalés pour leurs activités anti-socialistes en République populaire polonaise"Wojciech Sawicki, Le rapport de Kiszczak pour Moscou, éd. Fondation pour la documentation de l'action pour l'indépendance, Cracovie 2002, p.132..
Actions menées après la fin du communisme En 1988-1990, il est en poste à Cracovie, où il renouvelle l'expérience des Semaines sociales. De 1990 à 1996 il est affecté dans la paroisse catholique de l'Église Sainte-Catherine de Saint-Pétersbourg. De retour de Russie, il vit à Ustroń - (1996), Małe Ciche (1996-1998) et Szczecin (1998-2005). Il travaille ensuite à Lublin où il fonde l'Académie « Złota 9 »de l'adresse des dominicains à Lublin : ul. Złota 9, où il organise à nouveau des réunions avec des personnalités publiques. En 2010, sa lettre au nonce apostolique en Pologne, Celestino Migliore fait l'objet de nombreux commentaires, notamment sur ses critiques relatives à l'organisation de l'Église catholique en Pologne.
En 2019, son intervention très forte contre la violence du débat politique en Pologne lors des obsèques du maire de Gdańsk Paweł Adamowicz, qui était de ses amis, rencontre un large écho.
Décorations et distinctions En 2006, le président de la République de Pologne Lech Kaczyński, lui décerne la croix de commandant de l'ordre de Polonia Restituta. En 2011, il est nommé citoyen d'honneur de la ville de Gdańsk. En 2015, le président de la République de Pologne, Bronisław Komorowski, lui décerne la Grand-Croix de l'ordre Polonia Restituta. La même année, il devient citoyen d'honneur de Wrocław, reçoit le "" et la Perle d'honneur de l'économie polonaise (dans la catégorie "Promotion des traditions polonaises et des valeurs patriotiques"), remis par les rédacteurs de Polish Market . En 2011, il reçoit la (Medal świętego Jerzego), décernée par l'hebdomadaire Tygodnik Powszechny.
Notes et références
Bibliographie Opozycja w PRL. Słownik biograficzny 1956-1989. Tom 2, Ośrodek Karta, Varsovie 2002. Piotr Zaremba, Młodopolacy, Arche, Gdańsk 2000. Małgorzata Choma-Jusińska, Środowiska opozycyjne na Lubelszczyźnie 1975-1980, IPN, Varsovie-Lublin 2009. Grzegorz Waligóra, ROPCiO, IPN, Varsovie 2006. Padraic Kenney, Wrocławskie zadymy wyd. Atut, Wrocław 2007. Bożena Szaynok, Duszpasterz. Rozmowy z ojcem Ludwikiem Wiśniewskim, Znak, Cracovie 2012.
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