de Saint-Sauveur dit le Vieux (parfois nommé Nigel), issu de la famille de Saint-Sauveur, est au baron de Saint-Sauveur, d'Aubigny, vicomte du Cotentin.
Origines Son ascendance est certainement scandinave, l'anthroponyme Néel étant issu de l'ancien scandinave d'origine gaëlique NiallLucien Musset, « Naissance de la Normandie », dans Michel de Bouard (dir.), Histoire de la Normandie, Privat, 1970, p.122. Le prénom Néel (sans l'accent aigu à l'époque : Neel) était d'un usage courant en Normandie, il a subi parfois dans les textes la fausse latinisation en Nigellus (> Nigel), dérivé de niger « noir » en latin, dont le féminin nigella a donné la nielle (anciennement neele) « plante à graines noires et toxiques, qui pousse souvent dans les blés ». Ce prénom est comme bien d'autres, devenu nom de famille vers le . Encore aujourd'hui le patronyme Néel (mentionné dès 1210 à Néville, Seine-Maritime, puisque qu'un R. Neel y tenait un fief) est surtout très fréquent dans le nord Cotentin et dans le pays de Caux. On le retrouve dans des toponymes : Néhou, Néville-sur-Mer (Cotentin) et Néville (pays de Caux)Cependant, la présence d'un foyer du nom dans le Lyonnais est obscure, peut-être s'agit-il d'un autre nom, lui-même dérivé de niger en francoprovençal ?.
On le dit fils de Roger de Saint-Sauveur lui-même descendant d'un certain Malahulc Eysteinsson, un jarl païen norvégien né vers le milieu du , frère cadet de Ragnvald Eysteinsson, père possible de Rollon le Marcheur, « duc de Normandie » (en réalité comte de Rouen). Mais tout cela semble légendaire.
Les coups d'éclat du vicomte Un acte du duc de Normandie daté entre 1013 et 1020 nous apprend que Néel était vicomte du Cotentin. Il dirigeait donc pour le compte du duc de Normandie, , une région excentrique du duché.
En 1001, près de Barfleur, il repousse un débarquement anglo-saxon du roi Æthelred le Malavisé : l'invasion anglo-saxonne, échoue grâce à l'énergie de Néel qui extermine les envahisseurs à la bataille du Val de Saire. Guillaume de Jumièges explique que ce débarquement visait à capturer la personne du ducGuillaume de Jumièges, Histoire des Normands, éd. Guizot, 1825, p.114-115. L'historien François Neveux émet quelques doute sur cette affirmation, constatant l'éloignement de Rouen du champ de bataille. Pour lui, il s'agit juste d'un raid de pillage en représailles des expéditions vikings dans le royaume anglo-saxonFrançois Neveux, La Normandie des ducs aux rois (), Ouest-France, Rennes, 1998, p.68.. Le duc, en dédommagement du pillage, remit à Néel cent mille marcs d'argent et accrut ses prérogatives comme comte du Cotentin.
Vers 1013, en compagnie de Raoul de Tosny et de son fils Roger, il est chargé par le duc de garder le château de TillièresDavid Douglas, « The Earliest Norman Counts », The English Historical Review, , (mai 1946), pages 129 à 156, ., à l'autre extrémité du duché. assiège la nouvelle forteresse mais il est repoussé. Le duc Richard lui confie aussi la garde du château du Homme.
Sous Robert le Magnifique (1027-1035), Néel reçoit la garde d'un autre château, Charuel en Sacey, à la limite de la Normandie et de la Bretagne. Le comte est en effet en conflit avec le duc. En représailles d'un raid de pillage, l'armée bretonne pénètre en Avranchin mais Néel aidé d'Alfred le Géant repousse encore une fois l'envahisseurGuillaume de Jumièges, Orderic Vital, Robert de Torigni, Histoire des Normands, éd. Guizot, 1825, p.157. Pierre Bauduin précise que ce fait d'armes est plutôt l'œuvre de Pierre Bauduin, la première Normandie (), Presses Universitaires de Caen, 2002, p.186..
Il meurt vers 1040.
Il aurait épousé Hélène de Normandie (1045) et est le père plusieurs enfants dont : dit le Jeune, Mauger, son second fils que le duc de Normandie maria à l'une de ses filles qu'il avait eue d'une concubine.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Château de Saint-Sauveur-le-Vicomte Famille de Saint-Sauveur
Catégorie:Noblesse du XIe siècle Catégorie:Noblesse de Normandie Catégorie:Date de naissance incertaine (Xe siècle) Catégorie:Date de décès incertaine (Xe siècle)