thumb|Sarcophage de Napoléon III dans la crypte de la chapelle de l'abbaye Saint-Michel à Farnborough L'empereur , mort en exil en Angleterre en 1873, est inhumé, aux côtés de son épouse, l'impératrice Eugénie et de leur fils unique, le prince impérial Louis-Napoléon dans la chapelle de l'abbaye Saint-Michel à Farnborough dans le nord-est du Hampshire en Angleterre. Honnie sous la République, l'image de l'Empereur a évolué en France et depuis la fin du différentes personnalités politiques ont demandé le rapatriement de sa dépouille en France, demandes dont les médias se sont parfois fait l'écho mais sans que celles-ci n'aient jamais eu l'approbation des descendants de la famille impériale, ni aient été portées ou soutenues par l'État français.
Historique de son inhumation en Angleterre thumb|Chapelle abbatiale de Saint-Michel en 1905. Napoléon III meurt en exil en Angleterre le dans sa résidence de Camden Place à Chislehurst. Il est inhumé quelques jours plus tard dans l'église catholique de cette petite ville du sud-est de Londres (aujourd'hui dans le borough londonien de Bromley). Leur fils unique, le prince impérial Louis-Napoléon y est également inhumé en 1879. Sa dépouille avait été rapatriée d'Afrique du Sud où il avait été tué dans une embuscade lors de la guerre anglo-zouloue alors qu'il servait comme engagé volontaire dans l'armée britannique. En 1881, l'impératrice Eugénie fonde l'abbaye Saint-Michel à Farnborough, non loin d'où elle réside alors, dans le sud de l'Angleterre, abbaye confiée à des moines français, d'abord des Prémontrés puis des Bénédictins. Elle conçoit alors l'abbaye comme un lieu de prière et un mausolée pour son mari et leur fils. où ils sont réinhumés dans la crypte de la chapelle abbatiale dans des sarcophages offerts par la reine VictoriaLa reine Victoria avait rendu plusieurs visites au couple impérial à Camden Place et les avaient également invités plusieurs fois au château de Windsor.. Eugénie meurt au palais de Liria à Madrid en et conformément à sa volonté de reposer à côté de son mari, elle est inhumée quelques jours plus tard dans un troisième sarcophage dans cette même crypte.
Question du rapatriement de la dépouille La question du rapatriement en France de la dépouille de Napoléon III ne se pose pas dans les années suivant sa mort. Aucun officiel français n'assiste aux obsèques de l'Empereur (mais plus de 6000 Français feront le déplacement sur les personnes présentes aux funérailles). Hors Bonapartistes, le Second Empire est alors un régime honni sous la République et l'Empereur fait l'objet d'une . Le gouvernement Millerand, en ira même jusqu'à protester contre les honneurs que les Bénédictins avaient accordés à l'Impératrice Eugénie lors de ses obsèques à l'abbaye Saint-Michel, quelques jours après sa mort au palais de Liria à Madrid..
Depuis, avec les travaux d'historiens dont ceux de Pierre Milza et d'Éric Anceau, l'image de l'Empereur est devenue plus positive en France. Ainsi en 1988, le président François Mitterrand envoie un détachement de la Garde républicaine lors d'une messe de requiem pour le anniversaire de sa mort à l'église Saint-Louis des Invalides.
Depuis la fin du , le rapatriement de la dépouille a été plusieurs fois évoquée par différentes personnalités mais sans réel projet ou demande officielle de la France.
Le gaulliste et homme d'État Philippe Séguin, admirateur de l'Empereur et auteur d'une biographie en 1990, était un partisan du retour de ses cendres que, selon son biographe Arnaud Teyssier, il évoquait fréquemment..
En 2007, Christian Estrosi, alors secrétaire d'État à l'Outre mer sous la présidence de Nicolas Sarkozy et président du Conseil général des Alpes-Maritimes, milita pour le rapatriement de la dépouille de en France.. Il se rendit ainsi à l'abbaye Saint-Michel le , date anniversaire de l'élection au suffrage universel de Louis-Napoléon Bonaparte comme président de la République en 1848.. Il souhaitait alors un rapatriement pour 2010 et le anniversaire du rattachement du comté de Nice à la France.
En 2008, l'abbé de Saint-Michel, le Britannique francophone Dom Cuthbert Brogan, a rappelé que ce genre de demande était formulée par les Français . Il dit attendre, avant de se prononcer, une demande officielle du président de la République française.
Dom Cuthbert a précisé qu'avant la demande de Christian Estrosi, la dernière relation entre l'abbaye et l'État français avait été un télégramme du gouvernement français en qui s'indignait des derniers honneurs que les Bénédictins avaient rendus à l'ex-impératrice Eugénie.
En , lors d'un meeting électoral à Ajaccio pour l'élection présidentielle, Marine Le Pen proposa que sa dépouille soit rapatriée en Corse. Lors de son meeting, Marine Le Pen a justifié le rapatriement de la dépouille de Napoléon III en disant : ..
En , une pétition en ligne, destinée au ministre de la Culture Franck Riester, a été initiée par l'essayiste Dimitri Casali pour ce rapatriement.. Le texte de la pétition comporte une erreur. Il est écrit . Or si les moines de l'abbaye Saint-Michel sont désormais anglais, ils sont toujours bénédictins catholiques.. Selon la journaliste et chroniqueuse d'histoire Clémentine Portier-Kaltenbach, auteure de Histoires d'os et autres illustres abattis (2007), .
D'autres personnalités y sont plutôt opposées ou réticentes. Ainsi en , le sénateur socialiste Bernard Piras posa une question écrite à la ministre de la Culture Christine Albanel pour savoir la réalité d'un projet de rapatriement de la dépouille de en soulignant .. La ministre répondit le qu'.
Lors de la venue de Christian Estrosi, Dom Cuthber faisait remarquer que et il ajoutait .
Les descendants de la famille impériale ne se sont jamais montrés favorables à un rapatriement de la dépouille de . En 2008, l'aîné de la famille, Charles Bonaparte, expliquait ainsi que et qu'il .
De plus comme l'impératrice Eugénie avait formulé avant sa mort la volonté que la famille ne soit jamais séparée, il faudrait rapatrier les dépouilles de l'Empereur, de l'Impératrice et du prince Louis-Napoléon. Le , à l'occasion du anniversaire de la mort de , le député du Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy formule à nouveau dans un courrier transmis au président de la République Emmanuel Macron le souhait d'un rapatriement des trois dépouilles, exprimant la nécessité de « clore un long exil de la mémoire de l'histoire de France de 1848 à 1870 dont la connaissance et l'étude ne sont pas à la hauteur des changements considérables que notre nation a connus sur ces deux décennies »..
Quel lieu d'inhumation ? Si la dépouille de était rapatriée en France se poserait alors la question du lieu d'inhumation. Deux endroits parisiens sont principalement évoqués : thumb|Le dôme des Invalides avec la crypte où se trouve en son centre le tombeau de L'hôtel des Invalides
Le site où a été inhumé - à la suite du rapatriement en 1840 de ses cendres depuis Sainte Hélène - ainsi que les autres membres de la dynastie impériale (son frère Jérôme, ancien roi de Westphalie, en 1860, son autre frère Joseph, ancien roi de Naples puis d'Espagne, en 1863, son fils Napoléon II en 1940) parait le lieu le plus approprié. Le choix de ce site est celui figurant expressément dans le testament du Prince Impérial mais pose un problème, le prince impérial ayant servi et ayant été tué sous l'uniforme britannique. thumb|L'église Saint-Augustin de Paris L'église Saint-Augustin Elle fut construite sous le Second Empire lors des grands travaux haussmanniens dans la capitale, boulevard Malesherbes, dans l'actuel arrondissement. Après la restauration de l'Empire, Napoléon III comptait être inhumé à Saint-Denis (comme il l’avait confié à la reine Victoria lors de la visite d'État de la souveraine britannique en 1855 à ParisJournal de la reine Victoria, 24 août 1855) ; par décret du , il consacra la basilique à la sépulture des Empereurs (après avoir pris les dispositions nécessaires en chargeant l'architecte Viollet-le-Duc de la construction d'un caveau impérial). Cependant, il aurait prévu la possibilité de faire inhumer en l’église Saint-Augustin d’autres membres de la famille impériale que le couple souverain et que l'héritier du trône, dans la crypte : ., faisant de l'église un « Saint-Denis impérial » avec un mausolée des Bonaparte.. Une messe est d'ailleurs célébrée en mémoire de l'Empereur dans l'église chaque , jour anniversaire de sa mort.
D'autres lieux hors de Paris ont aussi été évoqués mais de manière plus anecdotique : thumb|Monument à Louis Bonaparte, père de Napoléon III, dans l'église Saint-Leu Saint-Gilles à Saint-Leu-la-Forêt. Sa tombe se trouve dans la crypte de l'église. L'église Saint-Leu-Saint-Gilles de Saint-Leu-la-Forêt Napoléon III a passé une partie de son enfance à Saint-Leu-la-Forêt (aujourd'hui dans le Val-d'Oise) où en 1804 son père, Louis Bonaparte (1778-1846), frère de l'empereur , avait fait l'acquisition d'un château où il s'installa avec son épouse Hortense de Beauharnais. Alors qu'il est président de la République, Louis-Napoléon Bonaparte fit reconstruire l'église du village avec une crypte où sont aujourd'hui inhumés son père Louis Bonaparte et ses deux frères Napoléon-Charles Bonaparte (1802-1807) et Napoléon-Louis Bonaparte (1804-1831). En 2008, le maire UMP de la ville Sébastien Meurant souhaitait publiquement cette inhumation dans sa commune.. La chapelle impériale à Ajaccio. Souhait du cardinal Fesch (1763-1839), oncle de et qui avait baptisé , cette chapelle fut construite à la demande de ce dernier entre 1857 et 1859. En 1860, il y fit transférer les dépouilles du cardinal, de la demi-sœur de celui-ci et mère de , Letizia Bonaparte, et du prince Charles-Lucien Bonaparte, cousin de . L'empereur vint se recueillir dans la chapelle quelques jours après ces réinhumations. plus tard, en 1951, la dépouille de Charles Bonaparte, grand-père de et père de y fut transférée depuis l'église Saint-Leu-Saint-Gilles de Saint-Leu-la-Forêt.
Souverains français inhumés à l'étranger est l'un des deux seuls monarques français inhumés hors de France, avec le roi Charles X, mort en exil à Goritz en 1836 en Autriche (aujourd'hui Gorizia, en Italie) et inhumé non loin au couvent de Görz (aujourd'hui au couvent de Kostanjevica en Slovénie) .
Notes
Références
Articles connexes Retour des cendres Souverains français enterrés hors de la basilique de Saint-Denis
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