Abdelrahman Ayachi, dit Abou Hajar, né en 1980 à Aix-en-Provence, en France, et mort le à Senjar, près d'Ariha, en Syrie, est un islamiste franco-syrien et un chef rebelle de la guerre civile syrienne.
Biographie Jeunesse Abdelrahman Ayachi est le fils de Bassam Ayachi, un imam syrien, et d'une FrançaiseEtienne Jacob, L'imam Bassam Ayachi, figure de l'islamisme belge, écroué en France, Le Figaro avec AFP, 4 avril 2018.. Il naît et grandit à Aix-en-ProvenceStéphane Malterre, Au nom du père, du fils et du dihad, documentaire, 2016.Syrie, la mort en face – un documentaire inédit, RTBF.be, 18 octobre 2013.. Il a une sœur aînée et deux frères cadets. Son grand-père maternel, Charles Putetto, d'origine italienne, est un ancien militaire de l'armée française qui fut notamment maquisard pendant la Seconde Guerre mondiale.
En 1996, la famille Ayachi quitte la France et s'établit en Belgique, à Molenbeek-Saint-JeanMargaux Lannuzel, Qui est Bassam Ayachi, le djihadiste de 72 ans arrêté en France ?, Europe 1, 5 avril 2018.. Bassam Ayachi prend alors la tête du Centre islamique belge (CIB)Souvent confondu avec le Centre islamique et culturel de Belgique, abrité par la Grande mosquée de Bruxelles de 1979 à 2018.. Abdelrahman Ayachi fait ses études en Belgique et devient ingénieur informaticien. Il se marie également et devient père de famille.
Affaires judiciaires Dans les années 2000, Abdelrahman Ayachi fonde avec un de ses amis, Raphaël Gendron, le site assabyle.comPierre Laurent, "Raphaël Gendron ne prêche pas la haine", L'Express, 13 mai 2009.. Plusieurs commentaires antisémites sont postés sur le forum de discussion du site. En 2006, Abdelrahman Ayachi et Raphaël Gendron sont condamnés par le Tribunal correctionnel de Bruxelles à dix mois d'emprisonnement, dont cinq fermes, et euros d'amende pour . Au cours de son procès, Abdelrahman Ayachi nie les accusations d'antisémitisme mais affirme être en faveur de la destruction de l'État d'Israël. En , la peine est revue à la baisse en appel et passe à un mois de prison avec sursis. Les deux accusés sont également condamnés à euros d'amende.
En 2006, Abdelrahman Ayachi tente de rejoindre l'armée belge et demande à entrer dans la Marine pour avoir accès à une formation sur les radarsChristophe Lamfalussy, Des islamistes repérés dans l'armée belge, La Libre.be, 21 novembre 2012.Isabelle Lasserre, L'armée belge redoute l'infiltration des salafistes, Le Figaro, 22 novembre 2012.. Cependant, sa demande d'habilitation de sécurité est bloquée par le Service général du renseignement et de la sécurité (SGRS).
En 2007, il part vivre en Syrie et créé une société d'informatique à IdlebAu nom du père du fils et du Jihad : à voir cette nuit sur France 2., TV News, 18 octobre 2016..
En 2011, alors que le printemps arabe débute en Syrie, Abdelrahman Ayachi participe dans la région d'Idleb aux manifestations contre le régime de Bachar el-Assad.
Au début des années 2010, Abdelrahman Ayachi a de nouveau affaire à la justice. Il est alors accusé de faire partie d'une cellule ayant envoyé une vingtaine de personnes faire le djihad en Irak et en AfghanistanBelgique : jusqu'à huit ans de prison pour une cellule de recrutement de djihadistes, Le Monde avec AFP, 25 juin 2012.. Il est désigné comme étant le second d'Ali Tabich, le chef de la cellule, et est accusé de s'être spécialisé dans la mise en ligne de vidéos sur le site Internet Ribaat.org. Le , Abdelrahman Ayachi est condamné par contumace à huit ans de prison et à une amende de euros. Depuis la Syrie, il conteste les accusations et affirme désapprouver les méthodes et la politique d'al-Qaïda.
Rébellion syrienne En , Abdelrahman Ayachi retourne en Syrie pour prendre part à la guerre civileGeorges Malbrunot, Abou Hajjar, combattant français en Syrie, Le Figaro, 4 août 2012.. Il rejoint le groupe rebelle islamiste Suqour al-Cham, affilié à l'Armée syrienne libreChristophe Lamfalussy, Un condamné échappe à la justice belge en se battant en Syrie, La Libre, 8 janvier 2013.. Au sein de cette formation, il combat dans les régions d'Alep et d'Idleb et prend la tête d'une brigade de 600 hommes. Dépourvu de formation militaire, il lit les écrits de Che Guevara, de Carlos Marighella et de Mao Zedong.
En Syrie, Abdelrahman Ayachi se revendique comme islamiste et défend l'instauration d'un État islamique en Syrie, il désapprouve cependant le djihadisme d'al-Qaïda et l'arrivée de combattants étrangers en Syrie. Il déclare alors au Figaro : .
Fin 2012, Abdelrahman Ayachi est contacté par les services de renseignement français pour enquêter sur les enlèvements des journalistes James Foley et John Cantlie. Il fait des recherches et donne quelques informations sur l'enlèvement, mais sa mort quelques mois plus tard interrompt son enquêteEmmanuelle Skyvington, “Au nom du père, du fils et du djihad” : le réalisateur explique ses choix, Télérama, 20 octobre 2016..
Le , il prend d'assaut la prison d'Idleb. Il est cependant blessé au cou par un tir de sniper.
Abdelrahman Ayachi est tué au combat le près du village de Senjar, au sud-ouest d'Ariha, dans le gouvernorat d'IdlebLe fils du Cheikh Bassam est mort en Syrie, Belga, 20 juin 2013.Georges Malbrunot, Mort du chef rebelle franco-syrien Abdelrahman Ayachi, alias Abou Hajar, L'Orient indiscret, 16 juillet 2013.. Raphaël Gendron est également tué en Syrie dans les rangs de Suqour al-Cham, le Le Franco-algérien Raphaël Gendron, proche des milieux islamistes belges, décède en Syrie, Le Soir.be, 15 avril 2013.Raphaël Gendron est mort en martyr, DH.be, 15 avril 2013..
Annexe Documentaire Stéphane Malterre, Au nom du père, du fils et du dihad, 2016. Stéphane Malterre, Syrie : la mort en face, Français et chef rebelle, 2016.
Voir aussi Alfred de Montesquiou, Un clan au cœur du djihad, Paris Match, . Emmanuelle Skyvington, “Au nom du père, du fils et du djihad” : le réalisateur explique ses choix, Télérama, .
Notes et références Notes
Références
Catégorie:Naissance en 1980 Catégorie:Naissance à Aix-en-Provence Catégorie:Décès en juin 2013 Catégorie:Mort lors de la guerre civile syrienne Catégorie:Chef rebelle de la guerre civile syrienne Catégorie:Membre d'une faction armée islamiste