(prononcé en anglais Prononciation en anglais britannique retranscrite selon la norme API ; condensé de l'anglais , ), souvent abrégé en XR, est un mouvement social écologiste international qui revendique l'usage de la désobéissance civile non violente afin d'inciter les gouvernements à agir dans le but d'éviter les points de basculement dans le système climatique, la perte de la biodiversité et le risque d'effondrement social et écologique.
Fondé au Royaume-Uni en , XR est officiellement lancé en octobre de la même année avec le soutien d'une centaine d'universitaires. En , la première « semaine internationale de la rébellion » mobilise des manifestants dans plusieurs pays, conférant au mouvement une dimension internationale. Des branches apparaissent notamment aux États-Unis, au Canada, en Australie, en Suisse, en France, en Belgique, en Allemagne, en Afrique du Sud et au Brésil.
Le mouvement est régulièrement qualifié de « radical », tant par la presse que par ses militants, bien qu'une partie de la gauche le considère comme trop timoré..
Historique En 2016, , un groupe d'activistes britanniques, créé la même année et destiné à la protection de l'environnement par les moyens de l'action directe et la désobéissance civile, échoue dans sa tentative de stopper l'extension de l'aéroport de Londres-Heathrow....
Au début de l'année 2018, des militants de la mouvance écologiste, dont des membres de , organisent des rencontres de réflexion et d'élaboration de nouvelles formes d'action plus efficaces que les traditionnelles manifestations de rue. Ils s'inspirent notamment des travaux de la chercheuse Erica Chenoweth, spécialiste des mouvements de résistance civile non-violents..
Au mois de , ils créent le mouvement social écologiste (XR.) qui compte, parmi ses membres fondateurs les plus notables : Tasmin Osmond et George Barda, participants du mouvement social , version anglaise de l' démantelée en 2012. ; Roger Hallam, agriculteur biologique, fermier durant quinze ans dans une ferme bio mais aussi chercheur sur le thème de désobéissance civile au King's College de Londres.. Depuis , certaines déclarations de cet activiste sont à l'origine d'une controverse (voir section polémiques) ; Gail Bradbrook, docteure en biophysique Simon Bramwell, ancien ouvrier du bâtiment...
Le , le journal britannique The Guardian publie une tribune signée par près d'une centaine d'universitaires qui appellent à l'action urgente face à la crise écologique et affirment leur soutien au collectif Extinction Rebellion.... Dans une deuxième lettre, publiée le , une centaine de signataires, dont le linguiste américain Noam Chomsky, la journaliste et altermondialiste canadienne Naomi Klein et l'écologiste indienne Vandana Shiva, appellent les citoyens de tous les pays à se mobiliser et à rejoindre des mouvements tels qu'Extinction Rebellion...
Extinction Rebellion (XR) est officiellement lancé, à Parliament Square, une place de Londres, le , par une déclaration de rébellion devant le palais de Westminster. Un millier de manifestants sont présents. Sont également présentes deux représentantes du Parti vert de l'Angleterre et du pays de Galles, Caroline Lucas, qui siège à la Chambre des communes du Royaume-Uni, et Molly Scott Cato, députée européenne, ainsi que la militante suédoise Greta Thunberg. L'événement ouvre une campagne de désobéissance civile prônant l'état d'urgence climatique... Le mois suivant, Extinction Rebellion enchaîne, durant une semaine, diverses actions militantes, dont le « rebellion day » (« jour de rébellion »), journée au cours de laquelle cinq ponts londoniens enjambant la Tamise, les ponts Westminster, Waterloo et Blackfriars notamment, sont bloqués..
Répondant à l'appel d'Extinction Rebellion UK pour la diffusion de son mouvement à l'international, une branche française est créée en .. À la mi-, elle compte plus de neuf cents membres. Une « déclaration de rébellion » est lancée le par XR France, place de la Bourse, à Paris... Plusieurs personnalités sont présentes et prennent la parole : Susan George, présidente d'honneur de l'organisation altermondialiste Attac, les chercheurs Jean-Baptiste Fressoz, Pablo Servigne, Claire Levy et la militante écosocialiste Corinne Morel Darleux..
En , dans les colonnes du quotidien français Le Monde et du journal belge Le Soir, Extinction Rebellion reçoit l'agrément de suisses, français et belges... Sept mois plus tard, dans une lettre ouverte publiée par The Guardian, australiens lui apportent son soutien...
Depuis sa fondation en Angleterre, Extinction Rebellion a essaimé dans de nombreux pays tels que l'Inde, le Japon, la Nouvelle-Zélande, l'Australie, le Ghana, l'Afrique du Sud, la Colombie, le Brésil, les États-Unis, le Québec, l'Irlande, la Suède, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, la Belgique, la Suisse et la France... La dimension planétaire du mouvement écologiste partisan de la désobéissance civile est affirmée, mi-, par la tenue de la « semaine internationale de la rébellion » dans plusieurs pays..
En , selon Radio France internationale, Extinction Rebellion regroupe plus de , répartis dans soixante-dix pays., dont environ en France. De son côté, la chaîne de télévision française d'information en continu CNews avance que le mouvement disposerait de structures locales dans , mais estime qu'il est très difficile d'établir le nombre de ses militants..
Signes distinctifs vignette|gauche|Logo d'Extinction Rebellion.|alt=Photo couleur d'une femme de profil portant, sous un ciel bleu, un drapeau au fond vert, frappé d'un cercle noir contenant un sablier figuré par deux triangles accolés. Le mouvement Extinction Rebellion, dont le nom se rapporte à l'extinction des espèces, s'est doté d'un symbole faisant référence à l'extinction massive en cours...
Le logo du collectif, présenté comme un « symbole de l'extinction », reprend un motif inventé en 2011 par un artiste installé à Londres et promoteur d'un projet anticonsumériste. Sur un fond vert, un cercle noir, figurant la planète Terre, entoure un sablier formé par deux triangles. Ce pictogramme renvoie à l'impératif politique proclamé par Extinction Rebellion : l'urgence d'agir pour enrayer la disparition des espèces vivantes engendrée par le changement climatique (selon les Nations unies, un million d'espèces animales et végétales sont menacées d'extinction dans les décennies à venir.)...
Il forme aussi le « X » de XR, autre nom du mouvement, ou formalise un raccourci pour le mot « extinction ». Le vert représente son combat écologique et le noir, couleur du deuil, la gravité de la situation.
Extinction Rebellion a adopté pour slogan :
Modes d'actions et revendications Le mouvement Extinction Rebellion est né du constat établi par des militants écologistes de l'inefficacité des méthodes classiques de contestation, en particulier la traditionnelle manifestation de rue. Il puise son inspiration dans les actions entreprises par le mouvement populaire , la philosophie de contestation par la non-violence et la désobéissance civile fondée par Gandhi et la stratégie de lutte du mouvement afro-américain des droits civiques. Extinction Rebellion s'inspire également des actions des suffragettes. Il dénonce l'inaction des gouvernements face au changement climatique et œuvre à une mobilisation mondiale autour d'un sentiment commun d'urgence... Le mouvement, qui s'est développé grâce à la mise en avant de ses initiatives et de ses revendications sur les réseaux sociaux, organise diverses actions de désobéissance civile non-violente. Depuis son apparition à Londres en 2018, le rassemblement d'activistes écologistes radicaux, qui n'a ni chef ni hiérarchie, multiplie, dans le monde entier, les actions coups de poing spectaculaires et transgressives comme des occupations de l'espace urbain de grandes villes. Ses membres n'hésitent pas à s'attacher, à l'aide de glue, à des bâtiments publics, à bloquer la circulation routière et empêcher l'accès aux sièges de grandes entreprises. Extinction Rebellion a coordonné certaines de ses actions avec le mouvement des Gilets jaunes..
Les revendications de l'organisation Extinction Rebellion portent sur la reconnaissance par les médias et les différents gouvernements nationaux de la gravité de la crise écologique, la réduction des émissions de dioxyde de carbone (de sorte à atteindre la neutralité carbone en 2025 pour la France), la fin de la dévastation des écosystèmes planétaires et la création d'une assemblée citoyenne chargée de mettre en œuvre la transition écologique.... La branche française a la spécificité d'avoir séparé dans ses revendications la neutralité carbone et la fin de l'écocide, qui ailleurs dans le monde, ne font qu'une seule et même revendication...
Principales actions 2018 vignette| à Londres le . Le , organisent le blocage du trafic des cinq principaux ponts de Londres..
2019 La première « semaine internationale de rébellion » est organisée du 15 au .. À Londres, des militants en nombre bloquent, pendant une dizaine de jours, des lieux emblématiques tels que le carrefour d'Oxford Circus... Les militants français, à l'initiative de Greenpeace, ANV-COP21 et les Amis de la Terre, bloquent à la Défense une antenne du ministère de la Transition écologique, et les tours Total, EDF et Société générale... Au Québec des activistes s'enchaînent aux portes du bureau du premier ministre François Legault.. Des actions auraient eu lieu dans de ..
En avril, le mouvement bloque une partie de la rue commerçante Oxford Street à Londres. Plus d'un millier d'arrestations de militants s'ensuivent..
Des militants québécois perturbent le congrès de l'Association pétrolière et gazière du Québec le , alors que celle-ci venait d'être rebaptisée « Association de l'énergie du Québec » (AEQ), afin de dénoncer un greenwashing.. D'autres groupes environnementalistes sont également présents pour « enterrer l'ère des fossiles »..
Le , à Paris, un blocage pacifique du pont de Sully est réprimé par la police. La diffusion d'images de gaz lacrymogènes projetés en plein visage sur des manifestants assis provoque de nombreuses réactions : le réalisateur Cyril Dion déclare qu'il refuse l'Ordre national du Mérite., du fait de cette violence disproportionnée du gouvernement à l'égard de sa population. Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner demande alors un rapport au préfet de police de Paris..
La deuxième « semaine de rébellion internationale » débute en France le samedi au matin par l'occupation et le blocage du centre commercial Italie Deux dans le de Paris.. Les activistes partent d'eux-mêmes dans le cours de la nuit.. Ils occupent ensuite, à partir du lundi , la place du Châtelet et le pont au Change à Paris... Qualifiée de ZAD par certains journalistes, la place est neutralisée par des centaines de manifestants qui empêchent la circulation sur les voies adjacentes, ainsi que sur le pont au Change. Des gendarmes mobiles, positionnés dès le début de l'action près des lignes de bloqueurs, n'interviennent pas lors de l'installation. De nombreux activistes s'attachent à l'aide de « bloqueurs de bras » (« armlocks ») afin de ralentir, voire d'empêcher la police de les évacuer.. Les militants décident également de procéder à des actions dans différentes enseignes du centre de la capitale, dont un fast food..
D'autres actions se déroulent en même temps à Berlin, Madrid, Londres, Amsterdam, en Nouvelle-Zélande et en Australie. Trente-sept citoyens australiens sont inculpés tandis que trente Néo-Zélandais interpellés sont relâchés sans qu'aucune charge ne soit retenue contre eux.. À Londres, plus de sont arrêtés en trois jours.. Le , trois membres d'Extinction Rebellion ont escaladé le pont Jacques-Cartier à Montréal, avant de brandir des banderoles incitant à la mobilisation contre les changements climatiques. Le pont a dû être bloqué et les 3 grimpeurs ont été arrêtés par la police à leur descente..