Antoine Grenier, né le à Brioude et mort le à Paris, est un helléniste puis journaliste français.
Biographie
Né le à Brioude, rue Séguret, Pierre-Antoine Grenier est le fils de Louise Souligoux et d'Antoine Grenier, plâtrierArchives départementales de la Haute-Loire, état civil de Brioude, registre des naissances de 1823, acte (vue 48 sur 100)..
vignette|Daguerréotype de la première promotion de l'École française d'Athènes (février 1848). Grenier, âgé de 24 ans, est assis à l'extrême droite.
Malgré la modestie de ses origines, le jeune Antoine Grenier a un parcours scolaire brillant : élève de l'institution Jauffret puis du lycée Charlemagne, il s'illustre lors du concours général de 1842 en remportant le prix d'honneur de discours latinLe Constitutionnel, 25 mai 1881, .. Admis l'année suivante à l’École normale, il obtient l'agrégation de lettres en 1846. La même année, il fait partie de la première promotion de l'École française d'AthènesGeorges Radet, L'Histoire et l’œuvre de l'École française d'Athènes, Paris, 1901, ..
Après son retour de Grèce, en 1848, il devient professeur de rhétorique au lycée de Montpellier puis en 1849 au Lycée de Clermont-Ferrand à la suite de Benoît Gonod. En 1858, il soutient une thèse de doctorat ès lettres à Lyon et obtient la chaire de littérature française à la faculté de Clermont-Ferrand. C'est dans la capitale auvergnate qu'il fait ses premières armes de journaliste, en devenant le rédacteur en chef du Moniteur du Puy-de-Dôme.
En 1858, il épouse Marie Hainl (1836-1913), fille du violoncelliste et chef d'orchestre George Hainl.
Repéré par le pouvoir bonapartiste, il est mis en disponibilité afin de pouvoir venir à Paris pour y collaborer aux principaux journaux politiques soutenant le régime impérial, tels que Le Constitutionnel à partir de 1861 puis Le Pays, dont il est le rédacteur en chef en 1863. Le , il a été nommé chevalier de l'Ordre national de la Légion d'honneur.
vignette|Caricature de Grenier, rédacteur en chef de La Situation (1868).
En 1867, Grenier devient le rédacteur en chef d'un nouveau journal, La Situation. Lancé le sous la direction d', ce titre résolument anti-prussien combat la politique expansionniste de Bismarck et soutient les intérêts de l'ex-roi Georges V de Hanovre, qui n'est autre que le commanditaire du journalLe Courrier de Bourges, 21 juin 1867, .. Hollander étant mort moins de quatre mois plus tard, Grenier reste seul maître de la Situation à l'automne 1867. Il ne parvient cependant pas à maintenir à flot le journal, dont le nombre de lecteurs n'aurait pas dépassé les 200Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 8 avril 1868, . et dont le dernier numéro paraît le . Malgré cet échec, Grenier obtient une forte indemnité de de la part de son commanditaireAudebrand, .. Le suivant, il fonde Le Dix-Décembre, un hebdomadaire politique bonapartisteLe Figaro, 17 novembre 1868, . qui ne connaît pas plus de succès que La Situation et qui disparaît à son tour en 1869Audebrand, ..
Retiré dans le Puy-de-Dôme après la chute de l'Empire (4 septembre 1870), Antoine Grenier revient s'installer dans la capitale en 1872Audebrand, ..
Après avoir écrit quelques chroniques dans Le Figaro sous le pseudonyme de « Salvator » entre 1872 et 1873, Grenier rejoint définitivement le Constitutionnel, où il succède à Louis Léouzon Le Duc le Le Constitutionnel, 8 février 1874, .. Rédacteur en chef de ce grand journal à l'époque de la crise du 16 mai 1877, il se distingue de la plupart des autres leaders d'opinion conservateurs en combattant le gouvernement de BroglieLe Constitutionnel, 21 août 1877, .. Il contribue ainsi à la défaite du régime de l'ordre moral face aux républicains. Le nouveau gouvernement constitué par ces derniers compte dans ses rangs un ami de Grenier, Agénor Bardoux, ministre de l'Instruction publique. En 1878, Bardoux prévoit de nommer Grenier recteur de l'académie de Grenoble. Ce projet est cependant abandonné en raison d'une campagne hostile menée dans les colonnes du par Francisque Sarcey et Edmond About.
Parallèlement à ses fonctions au Constitutionnel, Grenier a écrit dans Le Triboulet sous les pseudonymes de « Suétone » et de « Jean de Vergogne ».
Souffrant depuis plusieurs années d'une maladie de la vessie, Antoine Grenier succombe à un accès de fièvre pernicieuse le à son domicile du de la rue LaffitteArchives de Paris, état civil du arrondissement, registre des décès de 1881, acte (vue 11 sur 31).. Son portrait funéraire est aussitôt réalisé par Louise AbbémaLe Monde illustré, 4 juin 1881, . dont le père, voisin des Grenier, est l'un des signataires de l'acte de décès du journaliste. Le , après une cérémonie religieuse à l'église Notre-Dame-de-Lorette, Grenier est inhumé dans un caveau familial au cimetière du Père-Lachaise ( division) en présence de nombreuses personnalitésLe Constitutionnel, 28 mai 1881, .Registre journalier d'inhumation, 29 juin 1881, , page 29.
Postérité
Le 19 décembre 1913 est enregistré un don d'Émile George Hainl (1861-1922) à la ville de Clermont-Ferrand : 2119 volumes, 169 partitions de musique, des liasses de manuscrits et 4 portraits de famille. Ce don prend parfois le nom de legs Antoine et Marie-Louise Grenier. Marie (1836-1913), épouse d'Antoine Grenier et fille de George Hainl, avait fait part de son intention de les donner et son exécuteur testamentaire est son frère Émile George Hainl. Marie-Louise (1860-1908) était la fille de Marie et Antoine, la petite-fille de F.G. Hainl et la nièce de E.G. HainlClermont Auvergne Métropole, Archives de la bibliothèque« Un legs à la bibliothèque de Clermont », Le Moniteur du Puy-de-Dôme, 14 mai 1914.
Œuvres publiées La Vie et les poésies de saint Grégoire de Nazianze. Thèse pour le doctorat ès lettres présentée à la Faculté de Lyon, Clermont-Ferrand, 1858, 255 p. De Descriptionibus apud Homerum, Lyon, 1858, 47 p. Idées nouvelles sur Homère, Paris, Durand, 1861, 93 p. La Grèce en 1863, Paris, Dentu, 1863, 256 p. La Vie joyeuse au pays latin à travers l'antiquité, Paris, Dentu, 1875, 275 p.
Références
Voir aussi Bibliographie
Philibert Audebrand, Un Café de journalistes sous Napoléon III, Paris, Dentu, 1888, chap. 2 (consultable en ligne sur medias19.org). Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du , t. 8, Paris, 1872, .
Liens externes
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