Le Réseau national intégré de radiocommunication (RENIR) est le système de communications sans-fil mobile de grade sécurité publique du gouvernement du Québec. Il s'adresse aux ministères et organismes de sécurité publique, de sécurité civile et de services publics, établis sur le territoire québécois.

Historique La Commission Nicolet, qui a été créée à la suite du déluge au Saguenay en 1996 et de la tempête de verglas de 1998, a identifié comme enjeu la nécessité de se doter d’un outil de communication permettant une concertation entre les intervenants de la sécurité publique et de la sécurité civile. Dans son rapport de 1999, la commission recommande l’intégration et la modernisation des divers réseaux gouvernementaux de télécom munication pour les rendre « interopérables », le tout afin que les divers intervenants puissent communiquer entre eux, quelle que soit la distance qui les sépare.

En 2002, le Conseil du trésor (CT) autorise la Direction générale des télécommunications (DGT) du Sous secrétariat aux services gouvernementaux à mettre en place un nouveau réseau gouvernemental de radiocommunication.

Zone de service La zone de service du RENIR est l’ensemble des routes numérotées et des routes municipales du Québec au sud du 51e parallèle et à l’ouest du 61e méridien. Cette zone représente environ 560 900 kilomètres carrés, ce qui en fait la deuxième plus grande au Canada après le réseau de radiocommunications pour la sécurité publique de l'Ontario (), et une des plus grandes en Amérique du Nord.

Technologie Le service le plus connu du RENIR est le service appuyer-pour-parler (push-to-talk) basé sur la norme APCO P25. Le service est basé sur la solution Motorola ASTRO25 et est de type P25 Phase II.

Le réseau comporte plus de 900 stations radio P25. Les sites de radiocommunication sont raccordés par des liens hertziennes à micro-ondes, et on en dénombre plus de 150 pour relier les infrastructures.

Plus de 200 canaux de communications (paires de fréquences) sont disponibles à travers le réseau. Puisque le réseau est de type P25 Phase II, il utilise à la fois l'accès multiple par répartition temporelle (TDMA) et la l'assignation dynamique de fréquences (ADF). Ces deux mécanismes permettent d'accroitre de façon exponentielle le nombre d'usagers desservis par le système, par rapport aux réseaux mobiles terrestres analogiques.

Principaux clients

La Sûreté du Québec Le ministère de la Sécurité publique Les services préhospitaliers d’urgence (SPU) du ministère de la Santé et des Services sociaux La Société de l’assurance automobile du Québec Le ministère des Transports Revenu Québec Le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) Le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques

Coûts Les coûts associés au RENIR ont fait coulé beaucoup d'encre dans les médias québécois. Les chiffres publics les plus récents proviennent du rapport de 2020 de la Vérificatrice générale du Québec, intitutlé "Réseau national intégré de radiocommunication : coûts et performance".

Entre sa création et le , le RENIR a coûté 351 989 089 $. La vérificatrice explique que l'écart avec l'investissement initialement prévus – soit 143,8 M$ – s'explique par plusieurs facteurs :

des changements aux normes de construction en 2002, qui ont obligé le CSPQ à mettre à niveau des infrastructures comme des pylônes les coûts d'acquisition des équipements ont augmenté, principalement dû à l'inclusion du service de radiotransmission de données qui ne faisait pas partie de la portée initiale. L'augmentation importante du nombre d'effectifs policiers de la Sûreté du Québec l'inflation pendant la période du projet les programmes d'amélioration de couverture.

Dans le rapport, ITQ explique à la vérificatrice générale que la Sûreté du Québec est passée d'une desserte d'autoroutes à une police municipale dans plusieurs régions.

L'exploitation du réseau coûtait en 2019-2020 environ 85 M$ par année. Le rapport explique que le modèle d'affaires du CSPQ est basé sur le financement de ses activités au moyen de la tarification des biens et services offerts aux organismes publics. Le rapport établit également que le montant facturé à la clientèle a créé un manque à gagner de 191,2 M$, mais n'explique pas pourquoi la tarification n'est pas revue de manière à combler le déficit.

Il est difficile d'établir comment ces sommes se comparent avec d'autres initiatives comparables dans le monde. En 2008, l'Alberta allouait 438 M$ pour déployer son réseau de radiocommunications provincial. En 2018, le Manitoba annonçait un investissement de 380 M$ pour moderniser ses réseaux. En 2019, l'Ontario annonçait un investissement de 765 M$ pour moderniser sa radiocommunication provinciale. Cependant, ces montants ne comparent pas des pommes avec des pommes, puisque chaque province possède un territoire différent et débutait sa modernisation à partir d'infrastructures préalables différentes.

Notes et références

Liens externes Services de radiocommunication pour les organisations publiques | Gouvernement du Québec Réseau national intégré de radiocommunication (RENIR) Rapport du Vérificateur général du Québec 2020-2021, octobre 2020 – Chapitre 5

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