Champlitte (prononcé [] ou []Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Peeters, Louvain-la-Neuve, 1994, ., en franc-comtois Champitre) est une commune française située dans le département de la Haute-Saône, la région culturelle et historique de Franche-Comté et la région administrative Bourgogne-Franche-Comté.
Champlitte est composée de plusieurs communes associées : Le Prélot (depuis 1805), Leffond, Montarlot-lès-Champlitte, Margilley, Neuvelle-lès-Champlitte et Champlitte-la-Ville (depuis 1972) et Frettes (depuis 1974). La commune de Champlitte est la plus vaste du département et de Franche-Comté, la deuxième plus vaste de Bourgogne-Franche-Comté et la commune la plus vaste de France.
Ses habitants, appelés les Chanitois, étaient au nombre de en ce qui en fait la commune la plus peuplée du canton de Dampierre-sur-Salon. Elle fait partie des de la Communauté de communes des 4 Rivières.
Elle bénéficie des labels Cité de Caractère de Bourgogne-Franche-Comté et Commune touristique. Depuis août 2016, Champlitte est la commune référente pour le développement de la Via Francigena en France et en Suisse (depuis 2021). En 2021, elle est classée Station Verte et reçoit une étoile au guide Michelin.
Géographie La cité surplombe la rivière Salon à l'orée de trois régions historiques : la Franche-Comté, la Bourgogne et la Champagne. Elle est établie sur un promontoire à d'altitude. vignette|centre|redresse=1.5|La rivière le Salon.
Communes limitrophes
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver.. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Chargey-lès-Gray à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Champlitte est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Gray, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (60,2 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (61,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (39 %), forêts (36,7 %), prairies (17,6 %), zones agricoles hétérogènes (3,2 %), zones urbanisées (1,7 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (1,3 %), cultures permanentes (0,3 %), mines, décharges et chantiers (0,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie L'origine du nom de Champlitte proviendrait de (camp des Lites au ) ou de (territoire frontalier). On en retrouve les premières mentions écrites dans la chronique de l'abbaye Saint-Pierre de BèzeBougaud, Garnier (1875) ..
Histoire
Préhistoire La région de Champlitte est occupée très tôt, puisqu'on a retrouvé des preuves de présence depuis ans avant notre ère. Mais les traces d'occupation sont nombreuses dans le secteur surtout à partir du paléolithique moyen.
Antiquité Durant la période gallo-romaine, Champlitte est à proximité de deux voies romaines secondaires, l'une de Langres à Besançon, et l'autre de Danmartin à Langres.
Plusieurs villas gallo-romaines et aussi un trésor monétaire du confirment que l'endroit était habitéDemard (2006) ..
Moyen-Âge Le premier seigneur de Champlitte dont le nom nous est conservé est Gérard de Fouvent.
Un château fort est attesté au Moyen Âge, incendié à plusieurs reprises. Les seigneurs de Fouvent, agissant en maîtres dans leur seigneurie, construisent un château-fort au sommet de la colline, à proximité immédiate d'un foyer de peuplement plus ancien (gallo-romain) : le village de Champlitte-la-Ville situé à , installé en fond de vallée et sans valeur défensive, entre en concurrence avec le centre nouveau-né du château, le castrum qui lui est installé sur une butteAFFOLTER (E.) , Atlas des villes de Franche-Comté, Série médiévale, I, Les bourgs castraux de Haute-Saône, Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, , 1992. Des sondages archéologiques menées par l'INRAP en 2010 attestent cette présence et sa positionVéronique Brunet-Gaston : Le château médiéval de Champlitte in La vie de château, de la forteresse à la résidence de plaisanceInterview de Véronique Brunet-Gaston par Aurélien Bertini produit par les Musées départementaux de la Haute-Saône https://m.musees-franchecomte.com/wp-content/uploads/2011/11/musee-demard-106-les-fouilles.mp3.
Les quartiers d'habitation se fixent à l'intérieur de la forteresse, dans la basse-cour, le bourg se développe dans la vallée, entre le château et le pont ; les halles et les murs sont mentionnés dès 1252: le fossé est le premier obstacle à franchir pour celui qui vient de l'extérieur, il peut mesurer entre 15 et et derrière le fossé se trouve le rempart à l'origine certainement en bois. La proximité du château assure la protection des activités marchandes et artisanales. La ville se peuple ensuite de monastères : prieuré bénédictin de Saint-Christophe à Champlitte-la-Ville, le couvent des Augustins (), le chapitre collégial (1439) . En 1475, quand la ville est ruinée par les Écorcheurs de Pierre de Craon, Charles Quint fait clore le bourg par une muraille bordée d’un fossé et fortifiée de plusieurs tours. Les travaux sont vraisemblablement dirigés par Ambrosio de Precipiano , le même qui réalise les fortifications de Gray et de Dole. Quelques vestiges de cette période sont actuellement encore visibles (tour des Annonciades, tour Charles-Quint, fossé, couvent des Augustins). La topographie des ruelles permet de lire la structure ancienne de la ville.
La seigneurie de Champlitte appartient ensuite à une branche cadette de la maison de Vergy, et la ville prospère sous la protection des sires de Vergy.
Champlitte fait successivement partie des diocèses de Langres, de Dijon puis de Besançon.
Elle est chef-lieu du district de 1790 à 1795.
Constitution de la commune Champlitte a absorbé en 1805 Le Prelot, formant la commune de Champlitte-et-le-Prélot. Bien plus tard, une nouvelle fusion est opérée, le , et la commune de Champlitte est créée par la réunion des anciennes communes de Champlitte-et-le-Prélot, Champlitte-la-Ville, Leffond, Margilley, Montarlot-lès-Champlitte, Neuvelle-lès-Champlitte.
Le , la commune a été agrandie par le rattachement de Frettes, ancienne commune appartenant auparavant à la Haute-Marne.
En superficie, c'est la commune la plus étendue du département de la Haute-Saône.
Chronologie 1479 : Durant la guerre de succession de Bourgogne, les troupes de Louis XI détruisent Champlitte. 1538 : Charles Quint fait entourer la bourgade reconstruite d'un fossé et de murailles fortifiées de plusieurs tours dont certaines sont encore existantes : tour Charles-Quint, tour des Annonciades. 1560 : François de Vergy succède à Claude de Vergy (son oncle), et devient gouverneurs suppléants du comté de Bourgogne pour le roi d'Espagne. Le siège militaire se trouve au château de Gray. 1562-1566 : construction probable du château de Champlitte, par Nicolas Moris. 5 septembre 1574 : Philippe II d'Espagne fait de la terre de Champlitte un comté en faveur de François de Vergy, gouverneur du comté de Bourgogne et de Charolais, à raison de ses grands servicesDoubs, Arch.dép., B 578. 1595 : siège de Champlitte par Henri IV. 1620 : fondation du couvent des annonciades célestes. 9-14 septembre 1636 : premier siège de la cité pendant la guerre de Dix ans, par le duc de Saxe: la ville tient bon et repousse les assiégeants. août 1638 :second siège du conflit: les habitants trouvent refuge dans le château face aux attaques des troupes françaises. Les troupes du duc d'Angoulême, général de Louis XIII, incendient la forteresse et la ville. 1674 : remaniements du château. 1751 : château de nouveau incendié. 1781 : reconstruction du château par l'architecte Claude Joseph Alexandre Bertrand, à la demande d'Hippolyte Jean-René de ToulongeonJean-Pierre Jacquemart, Architectures comtoises de la Renaissance 1525-1636, Presses Universitaires de Franche-Comté, Besançon, 2007.
Politique et administration Rattachements administratifs et électoraux La commune fait partie de l'arrondissement de Vesoul du département de la Haute-Saône, en région Bourgogne-Franche-Comté. Pour l'élection des députés, elle dépend de la première circonscription de la Haute-Saône.
Elle est depuis 1793, et jusqu'à la réforme territoriale de 2014, le chef-lieu du canton de Champlitte.
Intercommunalité La commune fait partie de la communauté de communes des quatre rivières, intercommunalité créée en 1996.
Tendances politiques et résultats
Liste des maires
Jumelages Champlitte et le département de la Haute-Saône sont jumelés avec la municipalité de Martínez de la Torre (Veracruz, Mexique) depuis 1986..
Population et société Démographie
Manifestations culturelles et festivités 22 janvier : Saint-Vincent, fête du saint patron des vignerons. Juin : Festival de guitares. Journées Européennes du patrimoine Rétro-mobile. La fête des morts (Día de los muertos)
Vie associative
Bureau d'information touristique des 4 Rivières Champlitte Patrimoine et Culture Les Amis du peintre Bernard Marion ; Association Alfred Giess ; Association Développement Durable du Canton de Champlitte (ADDCC). ; Passion d'antan ; Amicale laïque ; Bibliothèque de Champlitte (un des points lecture du réseau de bibliothèques de la Médiathèque Départementale de Prêt de la Haute-Saône - MDP70) ; Union Sportive Chanitoise ; Association intercommunale pour l'enfance ; La Confrérie Saint-Vincent ; Les Compars de Chanitte ;