Étobon est une commune française située dans le département de la Haute-Saône, la région culturelle et historique de Franche-Comté et la région administrative Bourgogne-Franche-Comté.
Son histoire remonte au Moyen Âge. Un château féodal est attesté en 1256, construit sur la butte d'Étobon, il dominait les lieux jusqu'en 1519 où il fut incendié et détruit. Cette butte d'Étobon () se détache du paysage et a été le théâtre d'un accident aérien en 1933. Elle appartient au un massif collinéen au cœur duquel se situe le territoire de la commune. Celui culmine à la tête de cheval ().
La commune est reconnue comme village martyr de la Seconde Guerre mondiale. Le , alors que les Alliés sont sur le point de libérer la région, les Allemands répondent aux harcèlements des résistants par l’exécution d’une quarantaine d’habitants.
Géographie Situation
Étobon est un village situé au cœur d'une région boisée et au relief accidenté de la Haute-Saône en Bourgogne-Franche-Comté. Il s'étend sur à une altitude de . Avec ses en 2005, soit 23,3 habitants par km, Étobon est la du département et la ville de France.
Un sentier de randonnée, le chemin de la Cude, traverse le village.
La commune est proche du parc naturel régional des Ballons des Vosges à environ . La grande ville la plus proche est Belfort à ; les villages limitrophes de la commune sont Belverne, Frédéric-Fontaine et Chenebier.
Communes limitrophes
Géologie et relief vignette|gauche|Vue générale du Chérimont depuis le mont Gédry à Arpenans, au centre se distingue la silhouette triangulaire de la butte d'Étobon. vignette|redresse=1.4|Carte hydrographique de la commune.
Étobon se situe au cœur du massif du , un petit massif montagneux dépassant rarement l'étage collinéen. Situé entre les Vosges saônoises, la trouée de Belfort et les contreforts du massif du Jura, le territoire de la commune est particulièrement vallonné et boisé. Le sommet le plus marquant du territoire est celui de l'ancien château féodal qui domine le village par le nord ().. Plus au nord, le territoire de la commune se limite aux flancs de la , un massif qui tient son nom de sa forme ; c'est aussi le sommet le plus étendu et le plus élevé du Chérimont : il culmine à sur le territoire de la commune voisine de Clairegoutte et attient à Étobon. Au sud-est de la commune, le bois de Thure recouvre un sommet notable qui culmine à d'altitude..
Le bassin houiller stéphanien sous-vosgien occupe le territoire communal, recouvert par un Permien épais..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver.. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , Étobon est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Montbéliard, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (81,3 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (81,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (81,3 %), prairies (8,4 %), zones agricoles hétérogènes (8,3 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..
Habitat et logement vignette|Vue générale aérienne de l'habitat d'Étobon.
En 2020, le nombre total de logements dans la commune était de 159, alors qu'il était de 161 en 2015 et de 149 en 2010.
Parmi ces logements, 84,3 % étaient des résidences principales, 6,3 % des résidences secondaires et 9,4 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 86,8 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 11,3 % des appartements..
Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Étobon en 2020 en comparaison avec celle de la Haute-Saône et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi une proportion de résidences secondaires et logements occasionnels (6,3 %) légèrement supérieure à celle du département (6,2 %) mais inférieure à celle de la France entière (9,7 %). Concernant le statut d'occupation de ces logements, 86,6 % des habitants de la commune sont propriétaires de leur logement (86,6 % en 2015), contre 68,8 % pour la Haute-Saône et 57,5 pour la France entière..
+ Le logement à Étobon en 2020. Typologie Étobon. Haute-Saône. France entière. Résidences principales (en %)84,38382,1 Résidences secondaires et logements occasionnels (en %)6,36,29,7 Logements vacants (en %)9,410,78,2
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous différentes formes depuis le : Estobon en 1256, puis Estoboin en 1275, puis Etaubon en 1343.. La commune prend finalement le nom d'Étobon en 1588.
Il existe plusieurs étymologies fantaisistes du nom de la commune. Estobon (d'après sa première graphie), serait construit de la façon suivante : « es », « to », « bon », ce qui doit se comprendre comme « près des deux fontaines ». L'élément « es » a valeur d'article-préposition près, « to », « zwo » voulant dire deux et « bon » en vieux patois signifiant fontaine et qu'il faut rapprocher ici du terme d'origine teutonique brunn, bren qui a la même signification.
Une autre explication consiste à interpréter le « to », comme une altération de tectum ou de dach « toit » (en latin et en allemand) : Etobon signifierait alors « près de la fontaine couverte, munie d'un toit ».
Selon Ernest Nègre, Etobon provient simplement d'un nom de personne germanique, StoppoErnest Nègre, Toponymie générale de la France. Formations non romanes.
Histoire Depuis l'époque médiévale, le village d'Étobon est intimement lié à l'histoire du comté de Montbéliard, puis à celle de la Principauté de Montbéliard.
Le Chastel-Thierry Sur la hauteur du village, il existait une importante forteresse, dont l'existence est attestée dès 1256, appartenant aux sires de Chalon. Une charte datée du le nomme Chastel-Thierry en hommage au comte de MontbéliardLes villages ruinés du comté de Montbéliard. Hugues, seigneur de Montbrison et d'Aspremont et fils d'Hugues de Bourgogne en était le suzerain en 1287.. En 1407, par l'avènement du mariage de la princesse Henriette d'Orbe, petite-fille d'Étienne de Montfaucon, la terre d'Étobon et son château passent dans la Maison de Wurtemberg.
Le château était fort d'une part par sa position et de l'autre par les travaux considérables qui avaient été réalisés. Il était situé à au-dessus du village et mesurait dans sa plus grande longueur et de large.
Incendié et détruit en 1519 par le comte Guillaume de Furstenberg, seigneur d'Héricourt, alors en guerre contre le duc Ulric de Wurtemberg, comte de Montbéliard, pour une affaire de succession. Ulric , qui recouvra le château, ne crut pas devoir le remettre en état. Il tomba dès lors en ruine..
En 1580, Jean Ulrich de Steinek vend la seigneurie comprenant les villages de Magny-Danigon, Clairegoutte, Belverne et Étobon à son suzerain, Frédéric de Würtemberg..
En 1587, le village est de nouveau dévasté et incendié par l'armée des Guise et les habitants massacrés. La guerre de Dix Ans qui s'ensuivit, n'apporta au village que peste et famine. On ne comptait alors plus que 22 habitants dans le village.
Dès le milieu du , après le désastre de la Guerre de Dix Ans, les habitants du village, avec la permission du prince de Montbéliard, prirent une grande quantité de pierres du château ruiné pour la reconstruction de maisons. Leurs descendants les imitèrent. Aujourd'hui, il ne reste plus rien du château..
La recolonisation du village débuta en 1662 et se poursuivit en 1715 avec la venue d' éléments suisses francophones et protestants.
En 1748, après la perte des Quatre Terres dépendantes (Clémont, Châtelot, Blamont, Héricourt), la principauté redevient comté. En 1755, un certain nombre d'habitants émigre en Nouvelle-Écosse (Canada) à cause de la surpopulation et de l'interdiction de défricher la forêt de Chagey.
Franabie Franabie ou Frénebie est un hameau situé entre Étobon, Belverne et Chenebier dont l'existence est avérée dès le par une charte de 1152 où Guy et Hugues de Granges donnent à l'abbaye de Bithaine tout ce qu'ils possèdent à "Franabit et Genubit". Leur exemple sera suivi par Guy de Traves, chevalier, qui avec l'accord de sa femme Eluys ou Illiette de Faucogney et de leurs fils Étienne et Rainaud, renonce aux biens qu'il tient dans ses deux localités en faveur du même monastère. Un document de décembre 1287 fait état de la cession de la jouissance viagère du château d'Étobon et de la châtellenie par Renaud de Bourgogne, comte de Montbéliard, en faveur de son frère Hugues. Par ce document Renaud se réserve la "grange de Franabie" et une portion du territoire ainsi décrite : . Franabie semble avoir cessé d'exister vers le début du .
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