La comtesse Erika von Brockdorff, née le à Kolberg en Poméranie (aujourd'hui Kołobrzeg en Pologne) et morte décapitée à la prison de Plötzensee de Berlin le , est une résistante allemande au nazisme, membre de l'Orchestre rouge.

Biographie

Avant-guerre Erika Schönfeldt est née le à Kolberg. Après avoir obtenu son abitur, elle fréquente une école ménagère, puis s'installe à Berlin en 1929. Elle y travaille d'abord comme employée de maison, puis projectionniste et, après une formation complémentaire en sténographie, travaille comme secrétaire. En 1937, elle épouse l'artiste plasticien (1915-1999). Leur fille Saskia naît la même année.

La résistance Ils rejoignent le cercle d'opposants au régime nazi créé par l'acteur et que fréquentent aussi Hans Coppi, Karl Böhme et .

Après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Cay von Brockdorff est incorporé.

En 1941, Erika von Brockdorff obtient avec Elisabeth Schumacher un poste au Reichsarbeitsdienst, le Ministère du travail.

Après l’attaque allemande contre l’Union soviétique le , les activités du groupe de résistance sous la direction de Hans Coppi s’intensifient. Le cercle appartient au mouvement de résistance qui sera plus tard désigné par les nazis sous le nom d'Orchestre Rouge. Celui-ci réunit différents cercles de résistance sous la direction de Harro Schulze-Boysen et d’Arvid Harnack.

À la fin de l'année 1941, Hans Coppi cache une radio au domicile du couple von Brockdorff, dans l'intention de la réparer. Durant l'été 1942, Erika von Brockdorff aide le parachutiste allemand , le cache chez elle et l'aide à entrer en contact avec les Soviétiques.

Le , la plupart des membres du groupe de résistance sont arrêtés, parmi lesquels Mildred Harnack.

Arrestation et condamnation Erika von Brockdorff n'est arrêtée que le et, après des mois d'isolement dans la prison de police d'Alexanderplatz, emmenée à la prison pour femmes de Berlin-Charlottenbourg. L'accusation est portée par . Il l'accuse d'avoir agi par dépendance sexuelle à l'égard de l'opérateur radio soviétique infiltré et non par motivation politique. Cependant, Erika von Brockdorff revendique sa motivation politique et se moque de lui. Quand il lui ordonne de cesser de rire, elle répond puis .

Erika von Brockdorff est condamnée par la Cour martiale du Reich à de prison le pour avoir caché une radio. Mildred Harnack est condamnée à dix ans de prison et les hommes du groupe à la peine de mort.

Apprenant cette sentence qu'ils considèrent comme trop légère, Adolf Hitler et Wilhelm Keitel font casser le procès. Un nouveau procès a lieu en . La motivation politique d'Erika von Brockdorff est désormais reconnue et on ne parle plus de complicité mais de trahison. Pour sa défense elle prétend que la radio ne fonctionnait pas, mais le juge rejette l'argument.

Erika von Brockdorff est condamnée à la peine de mort.

Exécution Comme elle l'avait dit au tribunal, elle monte à l'échafaud, le rire aux lèvres, provoquant l'horreur du bourreau et de ses assistants.

Durant ses derniers mois de détention, elle partage la cellule d'Elfriede Paul qui la décrit comme une femme très drôle et vivante. écrit-elle dans la lettre d'adieu à son mari du .

Elle est décapitée par guillotine le à la prison de Plötzensee. Le même jour, douze hommes du groupe de résistance et d'espionnage Orchestre rouge sont guillotinés.

Après l'exécution, son corps est remis à l'anatomiste Hermann Stieve, qui utilise les cadavres des personnes exécutées pour ses recherches sur les ovaires et sur le système reproducteur féminin. Les restes des victimes retrouvés tardivement dans l'hôpital La Charité de Berlin, sont identifiées à partir de 2016 et inhumées lors d'une cérémonie œcuménique au Cimetière de Dorotheenstadt à Berlin le .

Après la guerre, Manfred Roeder prétend avoir tenté de sauver la vie des deux femmes, Mildred Harnack et Erika von Brockdorff. De fait, toutes deux ont d'abord été condamnées à des peines de prison avant qu'un deuxième jugement ne les condamne à mort.

Famille Cay von Brockdorff, arrêté en 1942 sur le front de l'Est, est condamné à quatre ans de prison pour "préparation à une haute trahison". Il purge sa peine dans un bataillon disciplinaire de la Wehrmacht. Il est fait prisonnier par les Britanniques puis libéré en 1946. Il se remarie avec et devient après la Seconde Guerre mondiale un haut responsable culturel de la République démocratique allemande.

Leur fille, ne reçoit la lettre d'adieu que lui a adressée sa mère que 63 ans plus tard, après la réunification de l'Allemagne. Hommages

Des rues sont renommées en son honneur dont une à Leipzig et une à Korschenbroich. Elle reçoit l'Ordre de la Guerre patriotique à titre posthume en 1969Neues Deutschland, 23 décembre 1969.. En , un Stolperstein à son nom, est apposé à Berln-Friedenau, Wilhelmshöher Strasse 17 En , le parvis de la gare de Berlin Südkreuz prend son nom. Une maison d'enfants à Zinnowitz porte son nom depuis 1952 Une sculpture de Fritz Cremer à Brême est érigée en 1984, avec l'inscription

Bibliographie

Filmographie

39/45 : Les Résistantes allemandes, film documentaire de Barbara Necek, 2021 Hinrichtung der Mutter, témoignage vidéo de Saskia von Brockdorff, voir sur Zeit Zeugen Portal

Références

Catégorie:Résistante allemande Catégorie:Naissance en avril 1911 Catégorie:Naissance à Kołobrzeg Catégorie:Décès en mai 1943 Catégorie:Décès à Berlin-Plötzensee Catégorie:Condamné à mort exécuté en Allemagne au XXe siècle Catégorie:Condamné à mort guillotiné Catégorie:Décès à 32 ans Catégorie:Orchestre rouge Catégorie:Récipiendaire de l'ordre de la Guerre patriotique, 1re classe Catégorie:Personnalité exécutée par le Troisième Reich Catégorie:Stolpersteine Catégorie:Condamnée à mort exécutée