Fresse est une commune française située dans le département de la Haute-Saône, la région culturelle et historique de Franche-Comté et la région administrative Bourgogne-Franche-Comté.
Le village est très marqué par son passé minier : des mines d'argent sont exploitées du , puis une grande partie de la population travaille aux houillères de Ronchamp du jusqu’au milieu du . Ces activités industrielles induisent prospérité économique et forte démographie, aujourd'hui révolues. La commune ne conserve plus que de petites activités agricoles, commerciales et touristiques, ainsi qu'une scierie, et sa population, après avoir chuté, progresse légèrement, notamment grâce à la proximité du bassin d'emploi de Belfort et Montbéliard où travaillent de nombreux habitants. Géographie Localisation vignette|centre|Le territoire communal dans son contexte local.
Communes limitrophes Le territoire de la commune est limitrophe de ceux de sept communes :
Géologie et relief vignette|gauche|redresse=1.2|alt=Plan de situation des glaciations et de leurs vestiges|Limite des glaciations sur le plateau des Mille étangs et dépôts morainiques.
Fresse est située en bordure du plateau des Mille étangs et au pied des Vosges saônoises. La commune repose sur un sol constitué de dépôt glaciaire dû à l'ancien glacier qui recouvrait la vallée et qui a laissé des blocs erratiques et des verrous.
La superficie de la commune est de ; son altitude varie de Répertoire géographique des communes, publié par l'Institut national de l'information géographique et forestière, ..
Le territoire de Fresse est très accidenté. Autour d'une vallée principale orientée est-ouest se déploient de nombreux vallons secondaires. Fresse constitue topographiquement l'extrémité sud-ouest du massif des Vosges, ce que l'on perçoit aisément parce que le relief y est soudainement abrupt et isole nettement la vallée des communes voisines.
L'altitude la plus basse de est atteinte au lieu-dit les Renards. Les points culminants des lignes de crêtes qui délimitent la vallée sont le Roc du Plainet (), la tête d'Arobert () et le Coporot (), situés entièrement dans la commune, qui partage également avec la commune de Belfahy une ligne de crête dépassant les dont le sommet se situe à , non loin de la limite communale.
La forêt occupe une superficie de .
Lieux-dits, hameaux La commune est composée du village principal, lieu-dit le Bourg, et de très nombreux hameaux, principalement le Magny, le Volvet, les Viaux, la Montagne, le Bas, les Potets, le Montaujeux, le Sapoz, le Montvilley ou Montvilliers, le Larmet, la Chevestraye (prononcer « ch'vétré » avec un premier « é » long), le Plainet (qui comme son nom ne l'indique pas, est le plus en altitude, mais correspond à un assez vaste plateau autrefois assez peuplé pour disposer de sa propre école), la Pessa, les Rondey (sans "s" final), la Croix de Pierre, les Jovis, le Conot.
Beaucoup de ces hameaux sont aujourd'hui sous-occupés, un nombre élevé de maisons ayant le statut de résidence secondaire, certaines étant simplement abandonnées. Les maisons abandonnées ne sont pas rares et lors d'une promenade en forêt, on peut souvent voir les ruines, réduites à quelques pierres, d'anciennes fermes - elles n'ont pas été bâties en forêt, mais c'est la forêt qui s'est installée dans les terres agricoles délaissées. Certaines disposent encore des petits canaux utilisés pour les approvisionner en eau à partir du torrent le plus proche, car la nature des sols ne permettait que rarement de creuser des puits. Au moins quatre hameaux (les Larmets, les Potets, la Chevestraye, le Plainet) possédaient autrefois leur propre école bâtie à la fin du , aujourd'hui reconverties en logements.
Plusieurs hameaux (le Sapoz, le Montvilley, la Chevestraye, la Montagne, le Plainet) se situent à 600 mètres d'altitude et au-delà, ce qui leur donne des valeurs relativement importantes d'enneigement et des hivers longs. Le déneigement, assuré par la commune, y est un service indispensable. On les appelle couramment « les Hauts ».
Hydrographie vignette|Le Raddon à Fresse.
Le Raddon a sa source dans la commune où il se forme à partir de divers ruisselets de montagne. Il est le principal cours d'eau de la vallée qu'il traverse d'est en ouest. C'est un affluent rive gauche de l'Ognon.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Lorraine, plateau de Langres, Morvan » et « Vosges ».. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Belfahy à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Fresse est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (82,4 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (82,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (80,8 %), prairies (8,1 %), zones agricoles hétérogènes (6,4 %), zones urbanisées (3 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (1,6 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de Fresse proviendrait du latin fraxinus (le frêne). Cette essence est en effet largement répandue dans le massif sud vosgien. Par ailleurs, bien que la région soit différente, l'occitan dérivé du latin utilise le mot « fraisse » pour désigner cet arbre. Voir Fraize.
Histoire Mines vignette|La caserne des Fressais située à Champagney.
Au , des mines d'argent sont ouvertes et se développent autour des hameaux. Cette industrie finit par disparaître au après plusieurs tentatives de relance. Au début du , la crise agricole touche la France et le village de Fresse..
Les habitants décident alors de franchir le massif du Plainet et le Mont des Vannes (différents chemins sont empruntés en fonction du puits où les ouvriers doivent se rendre.) par groupes et de se faire embaucher comme mineurs aux houillères de Ronchamp. L'activité minière, alors en pleine croissance, a besoin de main-d’œuvre et de nombreux Fressais sont embauchés, jusqu'à représenter la moitié de l'effectif de la compagnie au milieu du ...
En 1873, un phalanstère est construit en face du puits Sainte-Pauline à Champagney, ce bâtiment comporte à l'origine quatre chambrées de seize lits. Il accueille alors soixante-quatre célibataires venant de Fresse pour travailler aux mines en semaine, ce qui lui vaut le surnom de « caserne des Fressais »François Mathet, Mémoire sur les mines de Ronchamp, ..
Les Fressais vivent et travaillent ensemble à Ronchamp, développant ainsi une forte camaraderie et une conscience de classe qui favorise plusieurs grèves. L'une d'entre elles, survenue illégalement en , cause le renvoi de certains ouvriers. À la fin du , l'éloignement des puits de mines qui sont creusés de plus en plus vers le sud, obligent de nombreux mineurs du village à déménager. Ce phénomène provoque une forte baisse de la population qui passe ainsi de en 1906 à trente ans plus tard. En 1886, l'effectif des houillères compte dont 150 seulement vivent à Fresse. Malgré tout quelques mineurs continuent d'habiter dans le village.
Le village fait partie du territoire du bassin minier jusqu'au .. Une statue de sainte Barbe (patronne des mineurs) est installée dans la forêt avant d'être disposée dans un petit oratoire, toujours visible au . Elle rappelle le passé minier de la commune qui s'est étalé sur quatre siècles de l’ouverture des mines d'argent à la fermeture des houillères de Ronchamp.
Seconde Guerre mondiale À la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'armée allemande, voulant atteindre sans succès un groupe de maquisards du Plainet, a exécuté plusieurs habitants du hameau de La Montagne le ..
Une bataille a eu lieu le entre les armées alliées, qui subirent de lourdes pertes, et l'armée allemande au col de la Chevestraye. Depuis le col, et pendant près de deux mois, les Allemands bombardèrent quotidiennement la haute vallée du Rahin, tout en étant eux-mêmes bombardés par des batteries américaines placées à Servance.. Situé près du col, le hameau du Bois la Dame n'a pas résisté à cette bataille d'artillerie : il fut entièrement ruiné, et est resté à l'abandon. De nombreuses maisons des différents hameaux voisins ont également subi des dégâts.
Politique et administration vignette |gauche|Carte départementale représentant en rouge la communauté de communes des mille étangs.
Rattachements administratifs et électoraux La commune fait partie de l'arrondissement de Lure du département de la Haute-Saône, en région Bourgogne-Franche-Comté. Pour l'élection des députés, elle dépend de la deuxième circonscription de la Haute-Saône.
Elle fait partie depuis 1793 du canton de Mélisey. Dans le cadre du redécoupage cantonal de 2014 en France, ce canton s'est agrandi, passant de 13 à 34 communes.
Intercommunalité La commune fait partie de la communauté de communes des mille étangs depuis le .
Liste des maires vignette|La mairie.
Population et société Démographie
Au début du , le pic de population est dû à l’embauche des habitants aux houillères de Ronchamp, rendant le village prospère. Mais à la fin du même siècle, les charbonnages s'éloignent de plus en plus, c'est ainsi que les déménagements causent une baisse importante de la population qui est très forte tout au long du , accentuée par le déclin puis la fermeture des houillères mais aussi par l'exode rural et les deux guerres mondiales.
Services La commune possède une agence postale communale dans la mairie, une salle polyvalente et un centre de secours et d'incendie.
Santé