Le Sifflet est un hebdomadaire satirique illustré français publié entre 1872 et 1878.

Histoire

Fondé en , Le Sifflet a pour directeur Arthur Lévy, pour rédacteur en chef Michel Colbeaux, dit Anézo, et pour gérant Anatole Le GuilloisLe Sifflet, 17 janvier 1872., remplacé entre le second et le numéro par S. HeymannLe Sifflet, 28 janvier 1872..

À l'instar de L'Éclipse et du Grelot, chaque première page présente un dessin humoristique ou une caricature en couleur. Ces gravures sont souvent anti-bonapartistes ou anti-royalistes, la jeune Troisième République étant alors menacée par les velléités de restauration monarchique exprimées par les partisans des régimes politiques précédents. Les prétendants monarchistes seront notamment tournés en dérision par Le Guillois, qui revendiquera pour lui-même la succession des rois mérovingiens à la une des numéros du au .

Dès son lancement, le Sifflet a maille à partir avec la censure. Le dessin du premier numéro ayant été refusé, Henri Demare doit improviser au dernier moment une nouvelle composition, représentant une allégorie du nouveau journal sous la forme d'un bouffon armé d'une plume et assis sur un piédestal dominant un roi carotte en pleurs.

Le numéro du , pour lequel A. Humbert a imaginé une parodie anti-bonapartiste d'affiches publicitaires, provoque une petite manifestation entre la place de la Bourse et le boulevard Montmartre, des bonapartistes ayant tenté de déchirer tous les exemplaires d'un kiosqueLa République française, 23 mars 1872, ..

À la mi-, un autre numéro du journal est saisi dans les kiosques et les librairiesLa France, 19 avril 1872, ..

Le numéro du affiche le faire-part de décès du dessin censuré, qui était intitulé Le Shah à l'Opéra. Un procédé semblable est employé le suivant.

Le , la première page du Sifflet est occupée par un cadre vide, la censure ayant interdit une caricature de Meyer parodiant le portrait du prince impérial exposé au Salon par Jules LefebvreLe Rappel, 9 mai 1874, .. Le dessin du est également censuré.

En , un dessin représentant le « grand combat entre le XIX siècle et l’Univers » est refusé car le second journal y était symbolisé par une écumoire, allusion blessante au visage grêlé de Louis VeuillotLe XIX siècle, 15 juin 1875, .. Au mois de juillet suivant, une nouvelle charge anti-bonapartiste est interditeLe Temps, 29 juillet 1875, ..

Des changements radicaux ont lieu au mois d'. Doté d'un nouveau rédacteur en chef, Jules Cathy, le Sifflet, désormais sous-intitulé « journal humoristique de la famille », abandonne les caricatures au profit de portraits de personnalités et de reproductions de tableaux de maîtresJones, ..

Après 290 numéros, Le Sifflet cesse de paraître régulièrement en . Son dernier numéro est daté du .

Collaborateurs notables

Références

Voir aussi Bibliographie John Grand-Carteret, Les Mœurs et la caricature en France, Paris, Librairie illustrée, 1888, . Philippe Jones, « La presse satirique illustrée entre 1860 et 1890 », Études de presse, vol. VIII, , 1956, . Charles Virmaître, Paris-Canard, Paris, Savine, 1888, . Liens externes

Présentation et 138 numéros consultables (1872-1874) sur le site de l'Université de Heidelberg.

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