La place Montesquieu est un ensemble architectural de style brutaliste et fonctionnaliste édifié de 1973 à 1981 à Louvain-la-Neuve, section de la ville belge d'Ottignies-Louvain-la-Neuve, en Brabant wallon.
La place abrite des bâtiments de la faculté des Sciences économiques, sociales, politiques et de communication de l'Université catholique de Louvain, appelée UCLouvain depuis 2018 (Collège Jacques Leclercq et Collège Léon Dupriez) et de la faculté de droit et de criminologie (Collège Thomas More), ainsi que les Auditoires Montesquieu.
L'ensemble a été érigé de 1973 à 1981. Son centre est orné d'une sculpture en pierre bleue, réalisée par le sculpteur Pierre Culot en 1980 et intitulée Ronde des menhirs.
Localisation La place Montesquieu, sur laquelle débouchent la rue des Bruyères, la rue de la Lanterne Magique et la rue Montesquieu, se situe à quelques dizaines de mètres au sud de la Grand-Place de Louvain-la-Neuve, tout près de l'Aula Magna et du lac de Louvain-la-Neuve.
Urbanisme Les concepteurs de Louvain-la-Neuve ont veillé à la mixité entre les bâtiments académiques et ceux destinés à la vie urbaine.. Selon Jean Remy . Cette dualité se retrouve ici, où la Grand-Place est entourée de places académiques comme la place Montesquieu et la place du Cardinal Mercier, tout comme elle se retrouve dans l'ancien centre-ville où la place des Sciences est proche de la place des Wallons.
Statut patrimonial Le Collège Jacques Leclercq fait l'objet d'une « inscription » comme monument et figure à l'Inventaire du patrimoine immobilier culturel de la Wallonie sous la référence 25121-INV-0082-01..
Historique Genèse de la ville universitaire de Louvain-la-Neuve Au cours des années 1960, le nombre d'étudiants de l'Université catholique de Louvain augmente rapidement en raison de l'évolution démographique et de la démocratisation des études supérieures.. La loi du sur l'expansion universitaire autorise la partie francophone de l'Université à envisager son expansion à Woluwe-Saint-Lambert et en Brabant wallon, ce qui amène l'Université à acquérir 150 hectares dès sur le plateau agricole de Lauzelle à Ottignies.
Par ailleurs, les tensions entre les communautés linguistiques francophone et néerlandophone deviennent explosives à cause des revendications du mouvement flamand (né dès 1840) qui exige l'homogénéité culturelle de la Flandre. Ces tensions atteignent leur paroxysme en 1967-1968 avec l'affaire de Louvain, crise politique connue sous les noms de « Walen Buiten » (« Les Wallons dehors ») et de « Leuven Vlaams » (« Louvain flamande ») durant laquelle les Flamands exigent le départ des étudiants francophones de Louvain au nom du droit du sol et de l'unilinguisme régional, ce qui amène l'Université à décider le transfert intégral de sa section francophone hors de Louvain et à faire sortir de terre une ville universitaire entièrement neuve à Ottignies à partir de 1970Histoire de Louvain-la-Neuve.
La loi du institue deux universités séparées, la première pierre de la ville nouvelle de Louvain-la-Neuve est posée le et la faculté des Sciences appliquées ainsi que les premiers habitants s'y installent dès 1972.
Grandes phases de la construction de la ville La construction de la ville commence dès 1970 avec le quartier estPierre Laconte, Les Cahiers de l'Urbanisme - 57 - Décembre 2005, Service public de Wallonie - Éditions Mardaga, 2005, .Pierre Laconte, Les Cahiers de l'Urbanisme - 73 - Septembre 2009, Service public de Wallonie - Éditions Mardaga, 2009, . qui regroupe le Cyclotron (1970-1972)André Lanotte, Roger Bastin, architecte, 1913-1986, Pierre Mardaga éditeur, 2001, ., la place Sainte-Barbe (1970-1972), la Bibliothèque des Sciences (1970-1973)Catherine Dhem, Les Cahiers de l'Urbanisme - 73 - Septembre 2009, Service public de Wallonie - Éditions Mardaga, 2009, .Faculté d'architecture La Cambre Horta, Clara n°3/2015: Penser les rencontres entre architecture et sciences humaines, Éditions Mardaga, 2015, ., la place des Sciences (1970-1976) Maurizio Vitta, Atelier d'architecture de Genval. Designing the City, l'Arca Edizioni, 2002, . et la place Croix-du-Sud (1974-1975)PSS-archi.eu : Université catholique de Louvain - Bâtiment CarnoyPSS-archi.eu : Université catholique de Louvain - Auditoires Croix du Sud.
Elle se poursuit en 1974-1976 avec l'axe constitué par la rue et la place des Wallons...., la gare de Louvain-la-Neuve et les Halles universitairesLes Halles universitaires sur le site de l'Inventaire régional du patrimoine en WallonieEnesta : Halles Universitaires, Louvain-la-Neuve.
À cette époque, le centre-ville de Louvain-la-Neuve est constitué par la place des Sciences, la place Galilée et la rue et la place des Wallons.
La troisième phase de construction (1977-1981) entraîne la construction d'une partie du centre-ville actuel, avec les Auditoires Agora en 1977PSS-archi.eu : Université catholique de Louvain - Auditoires Agora, la place Montesquieu de 1973 à 1981PSS-archi.eu : Université catholique de Louvain - Collège Jacques LeclercqPSS-archi.eu : Université catholique de Louvain - Collège Thomas MorePSS-archi.eu : Université catholique de Louvain - Auditoires MontesquieuPSS-archi.eu : Université catholique de Louvain - Collège Léon Dupriez, le Collège Érasme, la place Blaise Pascal et une partie de la place Cardinal Mercier en 1979La Grand-Place, la place Blaise Pascal et la place Cardinal Mercier sur le site de l'Inventaire régional du patrimoine en Wallonie, et enfin le Collège Albert Descamps sur la Grand-Place de Louvain-la-Neuve de 1976 à 1981.
Le centre-ville se déplace alors progressivement vers l'axe constitué par la place de l'Université, la Grand-Rue et la Grand-Place.
La quatrième phase de construction (1996-présent) vise à l'achèvement du centre-ville, avec la finalisation de la place Cardinal Mercier où les collèges Désiré Mercier et Michotte sont bâtis entre 1996 et 1999, l'Aula Magna bâtie entre 1999 et 2001L'Aula Magna sur le site de l'Inventaire régional du patrimoine en Wallonie, la finalisation de la Grand-Place de Louvain-la-Neuve avec le complexe de cinéma édifié en 2000-2001 et le côté nord de la Grand-Place., l'Esplanade et la rue Charlemagne (2005), le Musée Hergé (2009) et enfin le complexe hôtelier et résidentiel Resort Urbain Agora (2015-2018)...
Édification de la place Montesquieu La place Montesquieu participe donc de la troisième vague de construction et est contemporaine des Auditoires Agora (1977), du Collège Érasme et de la place Blaise Pascal (1979) ainsi que du collège Albert Descamps (1976 à 1980).
Elle abrite les bâtiments suivants : 1973-1976 : le Collège Jacques Leclercq, construit par les architectes Jean Cosse et Émile Verhaegen, en ce compris le Décanat et la bibliothèque de la faculté des Sciences économiques, sociales, politiques et de communication ; 1978 : le Collège Thomas More ; 1978 : les Auditoires Montesquieu ; 1981 : le Collège Léon Dupriez.
Toponymie La place et les auditoires Montesquieu tirent leur nom du philosophe et écrivain français du siècle des Lumières () Charles Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu.
Le Collège Thomas More, qui abrite la Faculté de droit, porte le nom du juriste, philosophe, humaniste, théologien et homme politique anglais du Thomas More, et est entouré d'une voie appelée le chemin des Décrets.
Le Collège Jacques Leclercq honore la mémoire de Jacques Leclercq (1891-1971), théologien et professeur qui participa à la fondation de l'École des Sciences politiques et sociales de l'Université catholique de Louvain.
Enfin, le Collège Léon Dupriez porte le nom de Léon H. Dupriez (1901-1986), économiste et professeur à l'Université catholique de Louvain de 1930 à 1972.
Comme l'année académique 2015-2016 marquait les 500 ans de la publication à Leuven de L'Utopie de Thomas More., le conseil rectoral de l'UCL en a fait une Année Louvain des utopies pour le temps présent.. Très symboliquement, une voie qui va de la place Montesquieu, où se dresse le collège Thomas More, vers la gare des bus a été renommée « voie de l'Utopie » par les bourgmestres de Louvain-la-Neuve et de Louvain (Leuven) à la fin de cette année académique.
Architecture La proportion des façades de cette place ne laisse pas deviner l'ampleur des bâtiments qui se trouvent à l'arrièreGhislain Geron, Patrimoine architectural et territoires de Wallonie : Court-Saint-Étienne, Mont-Saint-Guibert et Ottignies - Louvain-la-Neuve, Service public de Wallonie et éditions Mardaga, 2010, ..
Collège Jacques Leclercq Le côté oriental de la place est occupé par le Collège Jacques Leclercq qui est l'un des trois bâtiments, avec le Collège Léon Dupriez et le Collège des Doyens, à accueillir la Faculté des sciences économiques, sociales, politiques et de communication de l'UCL.
Le Collège Jacques Leclercq a été construit par les architectes Jean Cosse et Émile Verhaegen entre 1973 et 1975 et est éminemment représentatif de l'architecture brutaliste, caractérisée par des surfaces de « béton brut » qui présentent une texture héritée du bois de coffrageHomify : Exemples d'architecture brutaliste, le béton « brut de décoffrage ».Maison d'architecte : architecture en Belgique. gardant la marque des planches de bois qui ont servi au moulage Sous l'influence du brutalisme, leurs veinures ainsi que leurs lignes de jointureDanièle Pauly, Le Corbusier: the Chapel at Ronchamp, Birkhäuser, 1997, ..
École des sciences politiques et sociales, auditoires Leclercq et bibliothèque de la faculté Le Collège Jacques Leclercq se compose de deux bâtiments. Le plus important des deux occupe le de la place Montesquieu et abrite l'École des sciences politiques et sociales, la bibliothèque de la faculté ESPO et les 19 auditoires Leclercq, dont la capacité varie entre 20 et 75 places.
Ce bâtiment, édifié en briques orange et en « béton brut », est recouvert par deux toit en appentis couverts d'ardoises qui simulent une toiture en bâtière (toit à double pente).
La façade disposée du côté de la place Montesquieu, rythmée par une série de pilastres en béton, est divisée en deux parties fort différentes. Dans la partie gauche, les pilastres supportent une terrasse dont le garde-corps est constitué de panneaux en béton. Cinq hautes baies vitrées à encadrement de béton partent de cette terrasse et montent jusqu'au toit. Dans la partie droite de la façade, les pilastres du rez-de-chaussée supportent des parallélépipèdes de brique en encorbellement.
Le pignon sud, flanqué d'une tour semi-circulaire, est composé de pans de briques rectangulaires ou triangulaires séparés par des montants et des traverses en « béton brut ». Ce pignon est percé de deux oculi, l'un au-dessus de la porte d'entrée et l'autre, coupé en deux par une traverse de béton, sous le toit en appentis.
Le pignon nord est assez semblable au pignon sud mais est plus symétrique. L'entrée est surmontée d'une baie en demi-lune surmonté d'un oculus faisant seulement les trois quarts d'un cercle. Ici aussi, ces surfaces vitrées sont divisés par des traverses de béton.
L'arrière du bâtiment présente une façade de douze travées et trois niveaux. Le rez-de-chaussée est scandé par treize contreforts triangulaires à l'aspect « béton brut » très marqué, séparant douze fenêtres au pied desquelles se trouvent des fenêtres basses obliques. Le premier étage et le deuxième étages sont découpés chacun en douze petites alvéoles en « béton brut » encadrant des fenêtres petites et grandes groupées par trois.
Secrétariat et Décanat de la Faculté Le second bâtiment qui compose le Collège Jacques Leclercq occupe le de la place Montesquieu et abrite le Décanat et le Secrétariat administratif la Faculté.
Il est relié au pignon nord du bâtiment précédent par un long passage couvert orné d'une large baie en demi-lune.
Comme le bâtiment qui occupe le , le est édifié en briques orange et en « béton brut » mais il est recouvert d'une toiture en bâtière et non d'un double appentis.