François Boulo, né le à Évreux, est un ancien avocat français considéré comme l'un des porte-parole, à Rouen et au niveau national, du mouvement des Gilets jaunes.

Situation personnelle François Boulo grandit à Louviers, dans l’Eure. Ses parents, qui n'ont pas le bac, tiennent une petite entreprise spécialisée dans la vente de clôtures. Il considère avoir été . En 2007, il vote pour Nicolas Sarkozy.

Après des études de droit, il devient avocat. Inscrit au barreau de Rouen depuis 2012, il est spécialisé en droit du travail. Il monte son cabinet d'avocat à l’été 2017. L'Obs et Le Point le décrivent comme un homme fluet et doté d'un certain talent oratoire reconnu par ses pairs ; il est finaliste du concours d'éloquence du barreau de Rouen en 2014.

À partir de 2014, il étudie le budget de l'État français et la dette publique, la création monétaire. Il se dit être influencé par entre autres Emmanuel Todd, Frédéric Lordon, Paul Jorion, Jacques Sapir, Michel Onfray ou Les Économistes atterrés ; il revoit des débats politiques ayant eu lieu depuis les années 1970 pour s'imprégner de connaissances politiques et économiques, notamment sur l'économie réelle. Il envisage de publier le fruit de ses recherches dans un livre ayant pour titre Le Réveil citoyen lorsqu'il rejoint le mouvement des Gilets jaunes. Ce travail aboutit finalement à la publication de son deuxième ouvrage en 2021, Reprendre le pouvoir où il déconstruit cinq dogmes néolibéraux qu'il considère comme une « prison des esprits » : la croissance, la concurrence, la réduction des impôts et des dépenses publiques, la flexibilisation du marché du travail.

En , il annonce sur son compte personnel X qu'il a décidé de ne plus exercer sa fonction d'avocat, dénonçant entre autres le manque de moyens alloués à la Justice et l'impossibilité dans ces conditions de se montrer fidèle aux devoirs de la profession.

Mouvement des Gilets jaunes Il découvre le mouvement des Gilets jaunes à l'occasion d'un jogging lors de la première manifestation autour d'un rond-point le et est ensuite invité à prendre la parole lors d'une réunion à Rouen. Il rejoint le mouvement et est rapidement choisi comme porte-parole, après que . Le , en réponse aux vœux du président de la République, François Boulo publie une lettre ouverte à Emmanuel Macron, dans laquelle il lui expose ses recommandations économiques et sociales pour 2019. Il le presse de prendre en considération la colère et les revendications profondes du mouvement : ; il préconise notamment que .

Il est dès lors invité à intervenir dans plusieurs médias dont LCI le où il est remarqué pour la clarté de ses propos et avoir tenu tête à Patrick Martin, président délégué du Medef: . Il affirme qu'il n'est pas porte-parole national des Gilets jaunes, estimant qu'un seul représentant des Gilets jaunes n'est ni souhaitable car le mouvement est « populaire et protéiforme », ni utile : . Un an plus tard, il reconnaît que si l'absence de représentant national a initialement été une force, elle est devenue un problème car elle n'a pas permis au mouvement de porter un discours clair.

Dès , il . Il estime que Il accuse le pouvoir actuel de « dérive autoritaire ». À l'occasion du premier anniversaire du mouvement, François Boulo estime que beaucoup de personnes n'osent plus manifester de peur de perdre un œil, une main ou d'être soumis au gaz lacrymogène.

Selon le mensuel Capital, il est l'une des rares figure du mouvement à faire l’unanimité en son sein. Un sondage lancé en par Éric Drouet sur Facebook pour connaître l'opinion des Gilets jaunes sur leur meilleur représentant médiatique place François Boulo largement en tête; Éric Drouet et Maxime Nicolle lui apportent leur soutien. Il est, selon le magazine belge Humo, « un représentant atypique des Gilets jaunes, un intellectuel avisé qui traduit mieux que quiconque la rage de la rue ». Selon le journal néerlandais Algemeen Dagblad ou le quotidien belge De Standaard, il est considéré comme un des penseurs du mouvement de contestation, la « force tranquille derrière les Gilets jaunes ». Selon El Huffington Post, son éloquence lui a assuré une certaine popularité au sein du mouvement et il a été considéré à un moment comme un éventuel interlocuteur entre le gouvernement français et les Gilets jaunes. Le Huffington Post Italie le décrit comme « le plus apprécié parmi les représentants » des Gilets jaunes. Selon le quotidien espagnol ABC, il est loué pour son intégrité et sa compétence et devient l'un des porte-parole les plus populaires des Gilets jaunes.

Le , il lance un appel à rejoindre la grève générale illimitée organisée par le syndicat CGT. Il indique que , et pronostique que . La vidéo dans laquelle il appelle à la grève générale illimitée, publiée à la mi-janvier par le site Le Média, est vue près de deux millions de fois.

Lors du grand débat national de 2019, il estime que les participants sont pour la plupart des retraités et de la classe moyenne supérieure, qui constituent selon lui l'électorat de Macron.

Prises de position François Boulo se dit sans engagement politique ni syndical et sans religion. Admettant faire partie d'un milieu relativement favorisé, il déclare . Il dénonce les . Il se considère , pensant que c'est ce gouvernement même qui conduit à ce que le phénomène de l'extrême-droite s'amplifie. Pour lui, . Il suggère une peine plancher (trois ans de prison ferme) pour les fraudeurs fiscaux et que le crédit d'impôt pour la compétitivité soit réservé aux TPE et PME.

Souverainiste, il estime que trop de pouvoirs ont été transférés à l'Union européenne qu'il qualifie de « prison institutionnelle ». Il prône et déplore avoir voté « oui » au référendum pour la constitution européenne en 2005. En , il collabore à la revue Front Populaire, créée par Michel Onfray et Stéphane Simon, et qui se propose de réunir ..

Il s’oppose à la formation d’une liste Gilets jaunes aux élections européennes de 2019 car il pense que le Parlement européen n’a pas le pouvoir d'améliorer la vie des gens et qu’une telle liste affaiblirait les partis d'opposition et renforcerait automatiquement le parti au pouvoir..

En , à la suite d’une proposition faite par Indigène éditions, il publie un manifeste intitulé La Ligne jaune, visant à synthétiser les objectifs du mouvement et à répondre à ses détracteurs.François Boulo reversera les droits d’auteur à hauteur de 50% pour les mutilés du mouvement et 50% pour le développement de la plateforme de La Ligne Jaune selon Médiapart. Dans la foulée, il appelle à une structuration du mouvement et lance une plateforme internet du même nom visant à mettre sur pied le premier « référendum d'initiative citoyenne » numérique. Le site est ensuite remplacé par Le Monde d'après. En , il lance sa chaîne YouTube intitulée Praxis.

Il estime en que la crise concomitante à la pandémie de Covid-19 est un aboutissement des dénonciations et des principales revendications du mouvement des ronds-points. Selon lui, il faut mener une autre politique : plus juste fiscalement et démocratiquement. Pour cela, il prévoit un rassemblement avec toutes les forces politiques opposées au gouvernement...

En , il est auditionné par l'Assemblée nationale dans le cadre de la Commission d’enquête relative à l’état des lieux, la déontologie, les pratiques et les doctrines de maintien de l’ordre..

En , François Boulo est invité par plusieurs médias tels que France Culture, Marianne., France Info. ou TV5 Monde. pour présenter son livre Reprendre le pouvoir - manuel d'émancipation politique.

Publications La Ligne jaune, Indigène éditions, 2019.. Reprendre le pouvoir – Manuel d'émancipation politique, Les Liens qui libèrent, 2021..... .

Notes et références

Liens externes

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