vignette|Lily Pons en entrevue (). vignette|Feuilleton radiophonique Nazaire et Barnabé (). vignette|Deux jeunes filles, en costume folklorique, participent à l'enregistrement de l'émission Radio Petit Monde sur les ondes de CKAC le .

CKAC est une station de radio AM de Montréal au Québec qui diffuse actuellement sous le nom de Radio Circulation 730 (précédemment CKAC 730, CKAC sports). Propriété de Cogeco Média, elle diffuse de l'information en temps réel sur la circulation routière de à minuit (pré-matinale du lundi au vendredi de ).

Cette station de classe A diffuse sur la fréquence avec une puissance de via un émetteur situé à Saint-Joseph-du-Lac qui pointe vers l'est de Montréal. Le signal est reçu même depuis Ottawa et Québec sans problèmes.

Format Radio Circulation 730 diffuse « la circulation en tout temps » aux cinq minutes, 24 heures par jour, entrecoupée par des pauses publicitaires mises en ondes par un système automatisé. Aussi, pendant les heures de diffusion en direct, la station offre aux 15 minutes un bulletin nommé « Circulation Montréal », qui a remplacé un bulletin de météo. Deux animateurs travaillent ensemble, sauf tôt le matin et tard le soir. En studio, les animateurs ont accès aux images des caméras de surveillance de Transports Québec et de la Ville de Montréal (plus de 170).

Histoire CKAC fut la première radio francophone d'Amérique du Nord et fut fondée par le journal La Presse le . Elle commença à émettre des programmes régulièrement à partir du , soit moins d'un an après Radio Tour Eiffel (qui diffusa régulièrement à partir du ).

Création de CKAC La création de CKAC s'inscrit dans le contexte de l'essor rapide de la radiodiffusion en Amérique du Nord au début des années 1920. Depuis la première émission de KDKA à Pittsburgh en novembre 1920 — considérée comme la première diffusion commerciale régulière aux États-Unis — le nombre de stations et d'auditeurs explose. Au Canada, la station anglophone CFCF de Montréal (fondée en 1919, l'une des premières au monde à diffusion régulière)« Histoire de la radio au Québec », par Pierre Pagé, , , Montréal, 2007. est déjà en ondes, mais aucune station ne dessert les Canadiens français dans leur langue. C'est pour combler ce vide que le quotidien La Presse annonce la création de CKAC le .

Le projet est mené par le journaliste et technicien Jacques-Narcisse Cartier, qui assure à la fois l'installation du matériel et la direction technique de la nouvelle station« Les débuts de la radio à Montréal et le poste CKAC », thèse de maîtrise de Bernard Montigny, Université de Montréal, , 1979.. L'émetteur est installé sur le toit de l'immeuble du quotidien La Presse, rue Saint-Jacques, au centre-ville de Montréal.

La station commence à émettre des programmes réguliers le . L'inauguration officielle de CKAC (Canada Kilocycle America-Canada) a lieu le avec un concert. La programmation naissante mise surtout sur la musique classique, les concerts et les bulletins de nouvelles tirés du journal. À sa création, la station ne pouvait compter que sur récepteurs radio au Québec pour atteindre son auditoire ; ce chiffre passera à quelque appareils dans la province d'ici la fin de la décennie.

Médéric Martin, en 1924 pour les élections municipales de Montréal, et Mackenzie King, pour les élections fédérales en 1925, font usage de ses ondes pour s'adresser directement à leur électorat. En , CKAC diffusa son premier match de hockey sur glace entre les Canadiens de Montréal et les Bruins de Boston.

Joseph-Arthur Dupont devient le directeur de programmes pour l'est du Canada.

En 1929, la station s'affiliait au réseau CBS, ce qui lui permit de diffuser des concerts de grand orchestres américains. La même année, la station de radio créa son propre orchestre qui se produit lors de concerts qui furent repris sur les stations américaines deux fois par semaine jusqu'en 1933. Elle conservera son affiliation avec CBS jusqu'à la fin des années 1940.

C'est aussi à cette époque, durant la Grande Dépression des années 1930, que Juliette Béliveau, Gratien Gélinas, Hector Pellerin, Rolland Bédard et Ovila Légaré firent leurs débuts à la radio dans les premiers radioromans diffusés au Québec par CKAC dès 1935, notamment dans Le Curé du village de Robert Choquette.

Le , CKAC diffusa le rapatriement des cendres de Calixa Lavallée — le compositeur de hymne national . Elle diffusa également le l'entretien entre Paul Gouin et Maurice Duplessis, qui discutèrent pendant une heure de la fusion annoncée de l'Action libérale nationale et du Parti conservateur du Québec qui formeront l'Union nationale.

En 1944, CKAC attirait par semaine, comparativement à pour Radio-Canada, le radio-diffuseur public. La mesure des cotes d'écoutes est maintenant possible grâce au nouveau (BBM). Lors de la Seconde Guerre mondiale, la station transmettra quotidiennement des nouvelles sur la guerre : Henri Letondal, Ferdinand Biondi et Roger Baulu prêtèrent leurs voix pour informer l'auditoire sur les événements tragiques qui survenaient en Europe.

En 1947, Raymond Lévesque y interpréta ses premières chansons à l'âge de quinze ans.

En 1950, CKAC diffusait et la puissance de l'émetteur fut augmentée pour passer à le jour, la puissance restant inchangée la nuit à . Le site d'émission de CKAC était situé à Saint-Hyacinthe de à .

Du à 1970, le cardinal Paul-Émile Léger récite le chapelet dans son émission le « Chapelet en famille » diffusée depuis la cathédrale Marie-Reine-du-Monde. Ce programme fut si populaire et la progression de l'audience si forte, que la concurrence demanda en vain de diffuser à son tour le programme.

Dans les années 1950, Jen Roger faisait la promotion des artistes québécois par le biais de son émission « Le Palmarès des chansons ». En 1953, CKAC a reçu la médaille de l'Académie française.

Le , un nouvel émetteur directionnel pointant vers l'Est de Montréal au moyen de deux tours fut mis en place à Saint-Joseph-du-Lac (à l'Ouest de l'île de Montréal), ce qui permit de relever la puissance à . À cette époque, ceci était tout à fait exceptionnel pour une station de radio privée, seule la station publique Radio-Canada/CBC étant dans cette situation.

CKAC émet encore de nos jours depuis Saint-Joseph-du-Lac (aux abords du Lac des Deux-Montagnes) à la fréquence .

En 1960, la station remit le Grand prix du disque canadien à Michel Louvain. Janette Bertrand anima l'émission Mon mari et nous pendant plusieurs années. Un sondage réalisé par CKAC en 1961 indiqua que l'opinion publique était favorable à la création d'une loterie provinciale.

Roger Lebel s'inspirait des radios américaines en lançant des discussions ouvertes sur les ondes. En 1965 et 1966, Pierre André Viau animait l'émission Plein air et camping qui portait (surprise!) sur le camping. Le manifeste du FLQ fut lu sur les ondes de la CKAC lors de la Crise d'octobre 1970.

Réjean Tremblay était l'éditorialiste de la salle de nouvelles. Le journaliste Jean-Pierre Charbonneau et l'animateur Michel Desrochers travaillaient eux aussi pour la station. Jacques Proulx animait « Les Prouesses du matin » en semaine de à . Collaboraient notamment à cette émission Jacques Morency (nouvelles), Jacques Lebrun (météo) et Yves Létourneau (sports). Des émissions de fin de matinée étaient animées entre autres par Ghislaine Paradis et Robert Toupin, puis par Serge Laprade et plus tard par Suzanne Lévesque. Le retour à la maison était animé par Louis-Paul Allard. CKAC accordait aussi une grande place à l'humour avec des pastilles comme « Le tourbillon de l'actualité » (Claude Landré), « Le monde à l'envers » (Marcel Béliveau), « Les insolences d'un téléphone » (Yvan Ducharme suivi de Tex Lecor) et « Le coin du Newfie » (Louis-Paul Allard). L'émission « Le Festival de l'humour québécois » avec Louis-Paul Allard, Roger Joubert, Tex Lecor et Pierre Labelle (remplacé ensuite par Benoit Marleau) fut diffusé pendant plus de dix ans (1974-1995) tous les samedis à . Michel Viens animait l'émission d'affaires publiques « Le premier jour » les dimanches matins.

Rachat par Télémédia En 1968 CKAC, toujours propriété du journal La Presse, fut vendue à Télémédia à la suite du rachat du journal par Power Corporation.

En 1972, CKAC 730 devint le diffuseur officiel de l'équipe de baseball des Expos de Montréal (devenue les Nationals de Washington en 2004). Jacques Doucet fut engagé par le réseau Télémédia pour commenter les parties. En 1977, la station sœur CITE-FM fut ouverte sur la bande FM.

1979, la journaliste Jocelyne Cazin devient la première femme au Québec à couvrir les faits divers

Dans les années 1980, Jean Brulotte fut le reporter sur la circulation.

Rodger Brulotte anima les matchs des Expos à partir de 1986 et Claude Charron présentait les nouvelles régulières. André Pratte travaillait également à la station. Pierre Pascau animait « L'informateur » dans les années 1980.

René Lévesque, qui avait été journaliste avant d'entrer en politique, termina sa carrière à CKAC aux côtés de Jacques Proulx, peu avant son décès en 1987. André Arthur fut nommé pour le remplacer.

Jacques Proulx fut un chef d'antenne populaire et largement reconnu au Québec. Il avait pour collaborateurs Yves Létourneau (sports), Michel Viens (nouvelles), Claude Picher (économie), Jocelyne Cazin (première femme aux faits divers), Denis Ferland (politique) Pierre Bouchard (ancien joueur de défense du Canadien de Montréal) animait l'émission « Les Amateurs de Sports. »

L'ère Radiomédia CKAC rencontra des difficultés financières à la suite de l'explosion du marché publicitaire et de la multiplication des canaux, notamment à la télévision. Pour contrer ces difficultés, Radiomédia mutualisa les programmes de ses six stations AM afin de constituer un réseau le . Radiomédia participa au capital de CKAC à hauteur de 50 % aux côtés de Télémédia pour former Radiomutuel.

La radio résista alors mieux face à la concurrence, notamment grâce à la force de son signal qui est plus élevé.

La journaliste Nathalie Petrowski animait l'émission « Le décompte de l'actualité ». La tempête de verglas de 1998 reçut une large couverture médiatique. De plus, Gilles Proulx anima « Le journal du midi » de 1994 à 2001.

En 2002, Radiomédia fut rachetée par Astral Media et la grille des programmes mise en place était la suivante : de à , Jacques Fabi animait « Montréal le matin » avec plusieurs collaborateurs; de à , Guy Simard animait « Opinions »; de à , Pierre Trudel animait « Les Héritiers de la gloire »; de à , le psychiatre Pierre Mailloux animait « Mailloux à l'écoute » en compagnie de Janine Ross; de à , Michel Villeneuve animait « Les amateurs de sports »; de à , c'était « Les amateurs de sports en ligne » avec Christian Gauthier; de à , Jean Chartrand animait « Sports et loisirs d'aujourd'hui »; La soirée se termine avec Ron Fournier qui anime l'émission « Bonsoir les sportifs » depuis 1987. Les soirs de matchs de hockey, la programmation habituelle cède le pas à Martin MacGuire et Danny Dubé pour la présentation et l'analyse du match, suivi de l'émission de Ron Fournier.

Les autres animateurs de CKAC étaient Serge Plaisance, Roger Drolet, André Pelletier, Jean-Charles Lajoie, Jérémie Rainville, Rodger Brulotte et Martin Lemay.

L'avenir de la station est remis en doute en raison du déclin de l'audience de la radio AM, un certain nombre d'auditeurs se tournant vers la Première Chaîne de Radio-Canada (CBF-FM diffusée au ).

Le , Astral Media racheta l'ensemble du réseau Radiomutuel avec l'accord du CRTC..

Astral chercha un nouveau repreneur après être devenu son propriétaire via Radiomutuel.

L'ère Corus