thumb|Le préservatif, le mode de contraception masculin le plus connu. La contraception masculine est l’ensemble des méthodes pouvant être utilisées par les hommes pour prévenir les grossesses, en interrompant la fonction fécondante des spermatozoïdes, en bloquant leur libération ou en interférant avec leur capacité d'atteindre et féconder un ovule dans l'appareil reproducteur féminin.
Outre le coït interrompu (ou méthode du retrait), très peu fiable et insécurisante pour le couple, les deux principales méthodes efficaces de contraception masculine sont : le préservatif (une gaine étanche fine et souple déroulée sur le gland et le pénis, qui collecte le sperme, empêchant toute entrée de spermatozoïdes dans le vagin) lors d'une relation sexuelle. À la différence des autres moyens de contraception, il présente aussi l'intérêt de protéger contre les maladies sexuellement transmissibles (MST) ; la vasectomie (une procédure chirurgicale, qui bloque les canaux transportant les spermatozoïdes des testicules vers le liquide spermatique).
D'autres méthodes contraceptives masculines sont moins utilisées, ou encore à l'étude, telles que la contraception testiculaire thermique, des crèmes topiques, la pilule pour homme (prise quotidienne), des injections visant à bloquer la spermatogenèse (à diverses étapes du processus de développement des spermatozoïdes, par voie hormonale ou chimique), des implants à longue durée d'action, des dispositifs externes thermique.)...
Cependant, hormis le préservatif, la plupart de ces méthodes n'éliminent les spermatozoïdes qu'après trois mois, voire plus. Pour les procédés réversibles, il faut ensuite, souvent, plusieurs mois pour retrouver un sperme fécondant.
La diversité des contraceptions masculines déjà disponibles est mal connue du grand public, et même des médecins prescripteurs, et que les méthodes hormonales masculines, l'occlusion réversible des canaux déférents et la contraception thermique sont encore souvent freinée par des questions d'acceptabilité (chez les praticiens, comme chez les usagers potentiels) faisant que les grandes entreprises n'investissent pas ou peu dans cette direction.
Seuil Depuis 2007, que ce soit pour une méthode thermique ou hormonale, un seuil contraceptif masculin a été défini : un million de spermatozoïdes par millilitre d'éjaculat.... Sous ce seuil, il est considéré que le sperme n'est plus fécondant : sur suivis durant d'ovulation, une seule grossesse est constatée (à la suite d'une mauvaise utilisation de la technique).
Statistiques thumb|Répartition en pourcentage des modes de contraception utilisés dans le monde, montrant que le poids de la responsabilité de la contraception repose le plus souvent sur la femme, alors que le préservatif est aussi le seul moyen de se prémunir contre les MST (ONU, 2022).
La part des couples utilisant l'une des trois principales méthodes de contraception masculine, dans le monde était en 2019, selon l'Organisation des Nations-Unies (ONU). : préservatif : 21 % ; retrait : 5 % ; vasectomie : 2 %.
Contexte, utilité L'ONU prévoit une population de 9,4 à d'habitants sur Terre en 2050, dans un monde qui sera affecté par le dérèglement climatique et la crise de la biodiversité.. Or en 2020, plus de la moitié des grossesses dans le monde sont non désirées..
L'usage de la contraception dans les pays en développement a, selon les estimations, réduit les morts maternelles de 40 % (près de évitées en 2008) et pourrait prévenir 70 % des morts si la demande pour le contrôle des naissances était totalement pourvue...
Selon l'ONU (2019), parmi 1,9 milliard de femmes en âge de procréer (entre 15 et 49 ans), 1,1 milliard souhaitaient une contraception et 10 % n'en ont utilisée aucune faute d'accès à ces méthodes (une grande disparité d'accès est relevée selon les pays, régions et communautés). La stérilisation féminine, définitive, est la plus utilisée (24 % des contraceptions) faute de connaissance et/ou d'accès à d'autres méthodes bien tolérées, et potentiellement réversibles..
Dans ce contexte, les options de contraception masculine permettent de réduire la charge contraceptive des femmes et encourager une plus grande équité dans le monde en matière de contraception..
Cela souligne l'importance d'une contraception accessible pour les deux sexes, laquelle fait l'objet de recherches de nouveaux mécanismes d'action et d'autres méthodes possibles d'administration. Parmi ces pistes figurent des « contraceptifs réversibles à action prolongée » (LARC), des gels transdermiques quotidiens, des pilules orales quotidiennes et à la demande, des injectables mensuels et des implants... Des efforts pour développer des contraceptifs masculins sont en cours depuis de nombreuses décennies, mais leurs progrès sont ralentis par un manque de financement et d'implication de l'industrie. En 2024, la plupart des financements pour la recherche sur les contraceptifs masculins proviennent de sources gouvernementales ou philanthropiques.....
Méthodes « barrières » Préservatif
Indice de Pearl en utilisation optimale : 3 ; indice de Pearl en pratique courante : 14..
Dans le cadre de la prévention des infections sexuellement transmissibles (IST), le préservatif masculin est le seul moyen contraceptif également efficace pour lutter contre la transmission des IST. 1 à 3 % des hommes allergiques au latex doivent se procurer des préservatifs en polyuréthane ou en Polyisoprène synthétique (plus extensible) ; de même quand la (ou le) partenaire est allergique au latex. Un test cutané ou sanguin permet de facilement savoir si on est allergique au latex ou concerné par une possible allergie croisée.
Gel contraceptif thumb|Illustration du mécanisme d'action d'une contraception masculine par injection de gel contraceptif dans le canal déférent. L'opération est réversible (le gel peut être dissous par injection de bicarbonate de soude). Le (RISUG) est un polymère de haut poids moléculaire (constitué d'anhydride maléique de styrène dissous dans du diméthylsulfoxyde) qu'on injecte dans les canaux déférents. Ce gel s'y polymérise, se solidifiant en quelques minutes, offrant une contraception réversible, sans interventions d'hormones, ni effets hormonaux : au moment de l'éjaculation, les spermatozoïdes passant dans le canal y restent bloqués par le gel, sans pouvoir gagner le liquide spermatique. Le sperme perd donc son pouvoir fécondant.. Cette opturation est réversible, par injection de bicarbonate de soude, lequel dissout le gel.. Aux États-Unis, cette contraception, dont la mise au point a été financée par la fondation Parsemus et sa filiale d'entreprise sociale Revolution Contraceptives, est annoncé pour 2026 sous le nom de Vasalgel ou « Plan A » ; il s'agit d'un gel constitué d'acide styrène-alt-maléique (au stade des essais sur le modèle animal en 2019)..
Interrupteur à sperme L'un des moyens de contraception en cours de développement, parfois dénommé « interrupteur à sperme », est un dispositif implanté sur les canaux déférents permettant au porteur d'en obstruer ou d'en libérer la circulation. Comme pour une vasectomie, l'efficacité après chaque activation de la position d'obstruction doit être contrôlée par spermogramme trois à six mois après la modification. En 2016, il est en cours de test auprès d'une première cohorte de ., après avoir été conçu et produit par la société suisse PES Innovation AG, sous la marque Bimek SLV, du nom du concepteur de l'objet Clemens Bimek..
La société semble donc être en cours d'essai clinique, leur validation permettant de la certification européenne et de l'enregistrement du brevet, elle serait en 2021 encore prête à recevoir de nouveaux candidats au test clinique..
Méthode hormonale Il n'existe pas, en 2025, de solution commercialisée.
Dans les années 2010/2020, plusieurs méthodes, utilisant notamment des hormones stéroïdes (androgénothérapies, association de progestatifs et de testostérone.) sont étudiées...
Un gel contenant des androgènes. ainsi qu'une contraception orale. sont en cours de test en 2025.
Contraception médicamenteuse non hormonale YCT529 est un médicament en développement dans les années 2020, dont la mise sur le marché pourrait intervenir en Europe vers 2030. Il s'agit d'un antagoniste du RAR-α, qui a pour effet de diminuer drastiquement le nombre de spermatozoïdes fabriqués par l'homme..
Stérilisation
Vasectomie
Indice de Pearl en utilisation optimale : 0,1 ; indice de Pearl en pratique courante : 0,15
La vasectomie., ou ligature des canaux déférents., est une opération chirurgicale utilisée comme méthode de stérilisation réversible. Elle consiste à sectionner ou bloquer les canaux déférents, qui transportent les spermatozoïdes chez des individus mâles. Récemment, des techniques de vasectomie mini-invasive sans scalpel et des techniques d’occlusion ont simplifié ce geste en diminuant les risques de complications (douleurs, hématomes, syndrome douloureux post-vasectomie), tout en améliorant l’efficacité de la procédure.
En cas de regret, des possibilités de reperméabilisation (réversibilité) existent, mais ne sont pas toujours efficaces.
Méthodes dites « naturelles » Contraception thermique par remontée testiculaire alt=Anneau contraceptif testiculaire Andro-switch|vignette|Anneau contraceptif testiculaire Andro-switch, visant à maintenir les testicules dans le corps (contre la base du pénis) pour faire remonter leur température à près de , ce qui inhibe la production de spermatozoïdes. Ne doit pas être mis sur le marché, détenu ou utilisé avant marquage européen CE, par précaution, à la suite d'une décision. de police sanitaire de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), du ..
Indice de Pearl 0.53 à 2.53 selon études. Et soumis a critiques.
Démontrée en Inde dans les années 1930 par la médecin suisse Martha Voegeli, qui constate une baisse de la fertilité masculine grâce aux bains chauds quotidiens, la contraception thermique par remontée testiculaire est reprise avec diverses variantes, souvent artisanales et non validées par les autorités sanitaires. Il ne semble pas y avoir de données globales précises sur l'utilisation volontaire de la contraception testiculaire thermique dans le monde. Elle semble encore peu répandue et surtout utilisée dans le cadre d'études cliniques et de groupes spécifiques intéressés par des alternatives non hormonales. Selon A. Faix (2023), vers 2022, elle est utilisée, sous contrôle médical, par plus d'un millier d'hommes en France.. Les variantes employées consistent en : une brève mais forte augmentation de la température interne du scrotum (38 à ) une fois par jour ; une augmentation faible ( durant la journée). en utilisant le corps comme source de chaleur, probablement moins efficace ; une augmentation de durant 15 ou par jour pour augmenter la température des testicules, également en utilisant la chaleur corporelle..... Toutes entraînent une réduction de la production de spermatozoïdes.