Molay est une commune française située dans le département de la Haute-Saône, la région culturelle et historique de Franche-Comté et la région administrative Bourgogne-Franche-Comté.
Molay participe au concours des villages fleuris depuis 1989.
Géographie Localisation Le village de Molay est situé dans la vallée de la Rigotte avec une altitude moyenne de au pied de la « montagne de La Roche » dont le sommet culmine à .
La Rigotte prend sa source dans le village de La Rochelle situé en amont à d'altitude et se perd juste au-delà de la limite du département limitrophe de la Haute-Marne, quelques kilomètres plus loin, sur la commune de Farincourt.
Le village est protégé des vents du nord par la colline de Laître () sur laquelle est implantée l'église comtoise du , commune aux trois villages, La Rochelle, Cintrey et Molay appartenant à la paroisse de Laître.
Au sud, Molay est dominé par le massif de La Roche et en particulier par le « Pain de Beurre » (appelé souvent à tort la « Pierre Qui Vire »). Ce dernier est un ensemble imposant de rochers, détachés de la paroi, et qui offre un panorama sur la vallée (voir photo principale). L'appellation de « Pierre Qui Vire » résulte sans doute d'une confusion qui s'est progressivement installée avec un mégalithe situé dans la forêt en contrebas du « Pain de Beurre ». Ce mégalithe, probable dolmen (d'après les fouilles d'Achille Bouillerot au ) était mentionné « Pierre Qui Vire » sur des cartes anciennes, telles que celle du canton de Vitrey dans l'Atlas de la Haute-Saône de 1858.
Communes limitrophes
Géologie Argiles du Toarcien (env. -183 Ma à -174 Ma), calcaires sableux du Pliensbachien (env. -191 Ma à -183 Ma), argiles du Sinémurien (env. -193 à -191 Ma) au sud du village. Grès du Rhétien (env. -208 à -201 Ma) et marnes du Trias supérieur (env. -237 à -201Ma) au nord. Ce changement d'ère géologique, Jurassique inférieur au sud et Trias au nord, est dû à une faille qui traverse la commune au sud d’est en ouest. Ainsi de nombreux fossiles jonchent le territoire de Molay, tels que des ammonites, des rostres de bélemnites, des gryphées, etc.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat océanique altéré et le climat océanique altéré. et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver.. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de La Quarte à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Molay est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (76,2 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (73 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (34,2 %), terres arables (33 %), forêts (23,8 %), zones agricoles hétérogènes (9 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..
Histoire Préhistoire À Molay, on trouve de nombreux témoignages de la présence d’humains durant le Paléolithique et le Néolithique. En effet, des silex taillés et des haches de pierre polie (en plus petit nombre) ont été trouvés dans les champs en période de labours, du moins sur certains sites à l’érosion favorable (voir photos).
En outre, le camp préhistoriquecamp préhistorique de Bourguignon-lès-Morey, occupé de -4200 à -400 (Néolithique moyen, âge du bronze et âge du fer), l’un des plus importants de l’est de la France, possède sa porte principale à la limite du territoire de la commune de Molay. À quelques kilomètres de là, les grottes qui bordent les pertes de la Rigotte ont été occupées au Magdalénien, aux environs de -, à la fin de la dernière ère glaciaire.
Moyen Âge
Famille de Molay vignette|Jacques de Molay|234x234px|gaucheLes recherches historiques modernes . ont permis d'établir que Jacques de Molay était bien originaire d'une famille de petite noblesse de Molay, en Haute-Saône. Jacques de Molay fut le et dernier grand maître de l'ordre du Temple. Il a été élu à Chypre vers le . Il a été arrêté le vendredi et est mort sur le bûcher sur l'île aux Juifs à Paris le (ou peut-être le 18). Ses parents sont très probablement Girard de Molay et Lucie de Dommarien (peut-être mariée en secondes noces à Girard). Le territoire de Dommarien se situe dans l’actuelle Haute-Marne, non loin de Molay.
Parallèlement, Jacques Mourant a publié une synthèse des recherches précédentes (celles de Charles Duvernoy publiées dans son Nobiliaire du Comté de Bourgogne) et des siennes pour établir la filiation suivante vers Jacques de Molay :
La veuve non désignée de Raymond de Molers (Molay), leurs fils, également décédés Ansissius et Hugo (1097). Aimé de Molay a deux fils ; il cède au couvent de La Charité ses droits dans les églises de Fretigney et d’Étrey (1188). Pierre de Molay, prêtre (1213). Gérard de Molay, chevalier dont le suzerain était Jacques de Vellefaux, chevalier, seigneur de La Rochelle, nommé Jacques de La Rochelle, seigneur de Vellefaux, lui-même vassal, pour ledit fief, de Henri de Vergy, sénéchal de Bourgogne (1255-60). Aimé, chevalier de Molay, possédait à Nantouard, Angirey, Vellefrange (1261-62). Jacques de Molay, dernier grand-maître de l’ordre du Temple. Gérard de Molay, écuyer, tient de Vaucher de Montfaucon la maison forte de Bonboillon (1305-1315). Élisabeth de Molay, seconde femme de Ferry de Châtillon-Guyotte (1334). Jacques de Molay avait pour frères et sœurs : Pierre, doyen du chapitre cathédral à Langres, décédé en 1318, enterré dans la cathédrale de Langres avec son neveu, prénommé Jacques et prébendier dans le même chapitre ; Pierre, doyen du chapitre de Troyes, décédé en 1333 ; Jean, le frère de Pierre selon le testament de celui-ci, cité dans les actes de 1272, encore vivant en 1333, dont on ne sait s’il était marié ou religieux ; Girard II, seigneur de Molay, et de la maison-forte de Bonboillon en 1305, décédé avant 1333 ; Jeannette et Guillemette, dont l’une aurait épousé un de Choilley et l’autre un de Baissey.
À la génération suivante, les seuls neveux connus de Jacques de Molay étaient des religieux :
Jacques, enfant de Girard II ou de Jean, prébendier, enterré avec son oncle Pierre dans la cathédrale de Langres ; Guillaume, fils de Girard II, vicaire général de Besançon en 1344 ; Jean, fils de Girard II ou de Jean, à la cour de Bourgogne en 1402 et rendant encore hommage à l’évêque de Chartres en 1404, pour un fief dû à ses anciennes fonctions de chantre à la cathédrale de Chartres.
Cette famille de Molay ne s’est pas agrandie au cours du et elle disparait progressivement au siècle suivant.
Famille de Lassau De la fin du XVème au milieu du XVIIème siècle, c'est la famille de Lassau (parfois orthographié Lassaut, Lassault ou Lassaux) qui règne sur Molay. Le meurt Louis de Lassau seigneur de Molay et capitaine de Morey pour Guillaume de Vergy, comme l'indique sa pierre tombale qui se trouve dans l'église de Laître (voir photo rubrique patrimoine).
À partir du XVème siècle En 1425, le village de Molay est composé de deux entités Molay-La-Ville et Molay-Laître. Molay appartenait au Comté de Bourgogne (actuelle Franche-Comté) et dépendait du Saint-Empire romain germanique puis de la couronne d'Espagne avant d'être rattaché à la France, par le traité de Nimègue en 1678. Cependant la langue française y était la langue officielle pour les actes juridiques.
En 1614, Molay, avec 68 ménages, appartenait à M. le comte de Champlitte, au marquis de Vielpont et à M. de Lassaut.
État-Civil Les registres paroissiaux de Laître, couvrant la période 1595 à 1802, sont les plus anciens du canton de Vitrey-sur-Mance et incluent le village de Preigney. Ils sont accessibles aux Archives départementales de la Haute-Saône, notamment au format numériqueformat numérique. Ensuite, les registres d'État-Civil ont été tenus sans discontinuité et sont également archivés et accessibles dans la même institution.
D'après le "Plan Napoléonien" (voir image ci-dessous) de 1835, le village est composé de 90 maisons dont un manoir (Ensemble de bâtiments datant du XVème ou XVIème siècle, appelé "Maison de Jacques de Molay" par les habitants par tradition orale), deux moulins à farine sur la Rigotte et trois fours à pain banaux pour 372 habitants.
Le , la commune de Molay achète deux sources situées sur la commune de La Rochelle pour subvenir à ses besoins en eau. En 1862 deux fontaines de Molay sont alimentées par les sources achetées l'année précédente et viennent compléter les puits creusés autrefois par les habitants auprès de leurs maisons.
Le , à l'église de Laître, on baptise une nouvelle cloche gravée "Je m'appelle Clotilde Stanislas" en l'honneur de son parrain M. Pierre-Étienne-Stanislas Pétiet ancien notaire honoraire de Cintrey, et de sa marraine Marguerite Marie-Clotilde comtesse de Terrier-Santans.
L’école de garçons de Molay-Laitre fut supprimée le au profit d'une école mixte au rez-de-chaussée du bâtiment de la mairie de Molay. L'instituteur M. Jobert "descendit" alors à Molay.
La ligne de chemin de fer vicinal Molay - Vesoul